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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 09:42
Reprise d'un salon de coiffure par des travailleuses en grève

Des travailleuses d'un salon de coiffure reprennent le salon pour financer leur grève à Paris.

Elles sont quatre travailleuses sans-papiers chinoises et un travailleur du salon de coiffure du 50 boulevard de Strasbourg (entre Château d’eau et la gare de l’Est), à Paris, qui n’ont pas été payées depuis décembre. Le patron est parti, sans laisser de trace. Mais Fao-Lin, Feng Zhen, Shuqin et les autres ne comptent pas se laisser faire ! Elles font grève depuis le 3 février et occupent le salon tous les jours de 10 h à 20 h jusqu’à ce qu’elles soient payées.

Le salon n’est pas bien grand : au rez-de-chaussée, c’est la manucure, si on emprunte un petit escalier étroit, se trouve un salon de coiffure où se sont mises en grève deux coiffeuses depuis le 17 février.

Cela fait un an, deux ans voire quatre ans que Fao-Lin, Feng Zhen, Shuqin et leur camarade travaillent ici. Quand elles ont cessé d’être payées, les travailleuses n’ont pas trouvé d’autre recours : elles ont lancé seules la grève. Mais voyant au bout de quelques jours que rien ne se passait, l’une d’elles est allée chercher de l’aide du côté de la CGT. Une copine chinoise lui aurait dit que c’est grâce à leur soutien qu’elle aurait obtenu ses papiers. Deux des travailleuses seraient syndiquées à la CGT depuis 2010.

Quand j’entre dans le petit salon de coiffure, ce lundi 17 février, les femmes sont assises et discutent avec les personnes venues en soutien : l’union locale de la CGT du 10e, l’UJR (Union des Jeunes Révolutionnaires) et l’Organisation de Femme Égalité. Un rendez-vous a été organisé avec la mairie à 17 h, au salon, où le maire se serait plus ou moins engagé oralement à les régulariser.

L’organisation du salon était la suivante : Le patron fournissait le local (les loyers ne sont d’ailleurs plus payés) et un rabatteur pour amener des clients au salon et prenait 50% de ce qu’elles gagnaient.

Depuis qu’il est parti et qu’elles ne sont plus payées, les femmes ont beaucoup de frais : elles doivent tout avancer elles-mêmes pour travailler (matériel de protection contre les solvants agressifs comme les masques, les postiches de coiffure, ongles pour les clientes etc) et peu d’argent.

Samedi 15, les travailleuses ont ouvert le salon et l’ont fait tourner. Ce qu’elles ont gagné est allé alimenter la caisse de grève et leur permet de se payer. Elles vont occuper le salon de coiffure jusqu’à ce qu’elles soient payées et régularisées.

Repris sur Paris Lutte info

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