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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 17:43

autogestion_web.jpgContenu original:avec la nouvelle année la formule du blog change. En plus de partager des news glanées sur     internet ainisi que des infos locales, nous avons décidé de donner plus de place à des contenus originaux, rédigés exclusivement pour notre blog...

Une série de texte sur le thème de l’autogestion : qu’est-ce qu’on entend par là ? Quelles expériences ? Quelle théorie ? Quelles sont les limites et les critiques à apporter au concept ? Dans ce premier article nous allons évoquer ce que veut dire ce concept et qui en a parlé

Quelques repères sur l’autogestion

 

L’édition de 1980 du Petit Larousse donne la définition suivante : n.f. Gestion d’une entreprise, d’une collectivité par les travailleurs eux-mêmes.// Système de gestion collective en économie socialiste.

L’inconvénient d’une telle définition est qu’elle est quelque peu réductrice. Elle limite en effet l’autogestion d’une part au domaine économique, d’autre part aux individus qui assurent le fonctionnement d’une structure et à eux seuls.

Or, l’autogestion, lorsqu’elle concerne le domaine économique, n’est pas forcément cantonnée au domaine de la production ; il existe des coopératives dite « d’achat », de « consommation ». Le terme recouvre aussi l’auto-organisation des luttes sociales, spontanée ou par une base syndicale, et aussi le fonctionnement des squats.

Par ailleurs, l’autogestion n’est pas obligatoirement le fait uniquement de ceux qui assurent une production ou un service. Ainsi, les bénéficiaires, les usagers peuvent aussi être partie prenante dans les prises de décision concernant par exemple un service public. C’est en tout cas l’une des formes des multiples projets autogestionnaires élaborés depuis maintenant deux siècles.

Pour clôturer cette énumération, on n’oubliera pas de mentionner le municipalisme libertaire, l’autogestion étant tout de même sous-tendue par une vision de transformation politique.

Mais qu’est-ce qui fait courir les autogestionnaires ? Selon Michel Nestor1, « l’autogestion, telle que nous l’entendons, vise précisément la prise en charge par les classes populaires et ouvrières de leur devenir collectif à travers le contrôle démocratique des différents lieux de vie, de travail, d’étude, etc. Par prise en charge, nous entendons la possibilité pour chacun d’avoir le pouvoir nécessaire pour prendre part de façon directe aux décisions qui affectent sa vie quotidienne. A l’heure actuelle, notre existence est régie par un nombre incalculable de rapports de domination où interviennent une foule d’intermédiaires (élus ou non-élus) qui briment notre capacité de déterminer le sens de notre existence, de ce que nous créons et produisons. En continuant de tolérer la relation de gouvernant à gouverné (présupposé de la démocratie bourgeoise) ou celle de patron à employé (fondement du système capitaliste), nous abdiquons toute possibilité réelle de pouvoir auto-déterminer notre vie et de façonner le monde à notre image. »

 

 

 

Les principes

Le principe général est simple : toute structure appartient à ceux qui la font fonctionner : l’entreprise aux salariés (et aux usagers quand il est question d’un service public), le quartier aux habitants… Le but étant de lutter contre le fonctionnement centralisateur de l’Etat et de sortir du capitalisme, on vise à la suppression de toute hiérarchie et de l’accaparement individuel des moyens collectifs de production.

Les décisions pour le moyen et le long terme –statuts d’une association, orientations politiques d’une organisation, adaptation à un changement de situation- sont prises en assemblée générale –section syndicale, comité d’usine, comité de quartier, assemblée des habitants d’un squat,…-. Chaque individu a une voix, quels que soient ses responsabilités ou ses apports, par exemple dans une entreprise. L’élection de cadres est automatiquement liée à des mandats impératifs. Les personnes désignées par ce biais peuvent être révoquées si l’assemblée estime que le mandat n’a pas été tenu.

Dans l’absolu, chaque membre de la structure doit pouvoir se présenter à un poste de responsabilité, une véritable autogestion supposant une rotation périodique des tâches. Dans la pratique, la rotation s’avère possible pour les tâches d’organisation, mais elle est plus délicate à mettre en œuvre lorsqu’il s’agit de postes impliquant des compétences techniques spécialisées. Inutile d’insister sur l’importance de la formation.

Dans une entreprise, les bénéfices sont répartis entre les salariés et un fond consacré au développement de cette entreprise. Plus question de rémunération d’actionnaires.

A ces principes généraux de fonctionnement sont venus s’ajouter au fil des expériences et des problèmes rencontrés la nécessité de combattre des phénomènes de racisme et de sexisme, et la volonté de promouvoir des procédures de production alternatives (organisation du travail, écologie).

 

Quelles façons de le mettre en œuvre ?

 

On peut grosso modo retenir trois façons de concevoir l’autogestion :

La création de petites structures dans un environnement capitaliste hostile. Il y a eu par exemple de nombreuses créations d’entreprises autogestionnaires dans les années 1970 et 1980, dont seul environ un quart ont subsisté, et pas toujours sous leur forme d’origine. Perdure aussi encore aujourd’hui le réseau des SCOPs –controversé, il est vrai-.

L’autogestion des luttes (et l’appropriation plus ou moins généralisée des structures de production et de consommation) dans un contexte de mouvement social fort : on passe à un système de rupture, une situation révolutionnaire. Il s’agit alors d’une transformation macro-économique : une société entière prend ses affaires en main, pour s’acheminer vers un système socialiste. Tout se fait à l’échelle de la société. C’était le cas –momentanément- dans l’Ukraine makhnoviste, au début de la révolution russe, ou dans certaines régions espagnoles en 1936.

Enfin, des expériences autogestionnaires ont été menées sur impulsion étatiste, principalement en Yougoslavie, et dans une bien moindre mesure en Algérie, dans les années 1960. On parle alors d’autogestion « par le haut »…2

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