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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 11:55

revo-espagne.jpgContenu original:Avec la nouvelle année la formule du blog change. En plus de partager des news glanées sur internet ainsi que des infos locales, nous avons décidé de donner plus de place à des contenus originaux, rédigés exclusivement pour notre blog...

Voici une série de textes sur le thème de l’autogestion : qu’est-ce qu’on entend par là ? Quelles expériences ? Quelle théorie ? Quelles sont les limites et les critiques à apporter au concept ?

La Révolution Espagnole sur fond de guerre avec le Franquisme voit de nombreuses tentatives de mise en commun des moyens de production et des terres, parfois réussies parfois rencontrant des limites…

 

Le début de la guerre d’Espagne

 

En 1936, l’économie de l’Espagne est encore en grande partie basée sur le monde agraire. L’industrie commence à se développer, mais reste concentrée dans quelques zones. A la suite de l’offensive franquiste, le pays est en état de guerre, coupé en deux zones, la zone républicaine regroupant 5 millions d’habitants, la Catalogne regroupant à elle seule près des deux tiers de l’industrie, ce qui a représenté un atout de taille.

Cette situation, si elle a pu favoriser l’autogestion en raison de l’écroulement des structures anciennes, a induit deux types d’obstacles : la fermeture des frontières et le blocage des ressources et des débouchés des zones franquistes d’une part, la concentration d’une partie de la mains d’œuvre dans les industries de défense, ou sa mobilisation militaire d’autre part. Le camp républicain s’est retrouvé confronté à des difficultés d’approvisionnement, tant en produits alimentaires qu’en matières premières. On peut ajouter aussi les obstacles politiques –tiédeur du gouvernement Blum, manipulations staliniennes, et, en Espagne-même, entraves aux initiatives autogestionnaires de la part du gouvernement républicain-.

Le mouvement a démarré par une grève de huit jours et la constitution de milices anti-fascistes. Les expériences de reprise en main de la gestion des structures économiques par les travailleurs se sont multipliées, allant même jusqu’à un fonctionnement sans numéraire pendant deux semaines en Catalogne.

 

Les principes de la mise en commun

 

Le principe premier est celui de la mise en commun des moyens de production sur des bases rationnelles et égalitaires, avec une recherche de l’autonomie de fonctionnement de chaque structure, économique ou politique. Les autogestionnaires, après expropriation des terres, des usines et des ateliers, se sont efforcé de mettre en place une restructuration par le bas.

On cherche à mettre en commun aussi bien les marchandises et les matières premières que les ressources financières. Dans le secteur agricole, le fonctionnement collectif, outre la collectivisation des terres, se traduit aussi par l’usage commun des outils et des machines. On applique parfois la « prise au tas » préconisée par Kropotkine, dans des magasins communaux. Dans d’autres cas, ce sont les syndicats ou les coopératives qui prennent en charge la redistribution, pour empêcher le gaspillage et le sabotage.

On retrouve le mode de fonctionnement à la base dans le domaine politique, où c’est le niveau communal qui est privilégié.

Le but est à la fois de sortir de la misère, éventuellement de dégager une marge de production ou de temps pour satisfaire d’autres besoins, et d’améliorer le quotidien, par exemple en développant l’équipement sanitaire.

D’une façon générale, on a cherché à augmenter les salaires et à resserrer leur éventail. Dès 1937, la CNT décide d’une échelle des salaires selon des normes nationales pour les collectivités agraires. Si l’on a pu observer des attitudes diverses concernant l’usage de la monnaie-maintien ou suppression de la monnaie nationale, création de monnaies locales-, la constante a été le refus obstiné de toute spéculation, thésaurisation ou accaparement. Dans ce but, on fixait souvent un prix unique pour les produits alimentaires, on supprimait les intermédiaires, par exemple en expulsant les armateurs du port de Barcelone, ou encore on créait localement une monnaie « fondante », c’est-à-dire perdant sa valeur en très peu de temps, suivant une idée de Malatesta. Le type de solution dépendait le plus souvent du maintien ou non de l’influence de l’Etat dans la zone considérée.

A noter qu’il n’y eu pas de collectivisation des banques, en raison du faible degré d’organisation des employés, syndiqués la plupart du temps à l’UGT, d’inspiration social-démocrate, donc opposée à la collectivisation. Cette absence de réquisition a empêché une centralisation des moyens, qui aurait permis l’établissement d’un plan financier en bonne et due forme.

Un autre trait caractéristique des collectivités, tant agricoles qu’industrielles, est leur attention portée aux chiffres. Cela est lié à la fois à leur volonté d’autonomie et d’entraide, à la nécessité de planifier les échanges pour répartir les surplus, et à l’effort de construction selon un mode fédéraliste, que ce soit sur le plan syndical, politique ou économique. On est frappé, dans chaque structure, par la tenue minutieuse d’une comptabilité, même rudimentaire, par la manie d’enregistrer toutes les opérations parfois5, par la multiplication des enquêtes, par l’attention portée aux statistiques. Les ressources étant limitées, et tout étant à construire, il s’agissait de connaître et de coordonner la production de chacun et d’organiser la circulation des marchandises et des matières premières, si nécessaire d’établir une forme de planification par le bas, de façon à satisfaire les besoins de chaque commune.

Ce mode de fonctionnement impliquait un minimum de formation. De là la mise en place d’écoles pour former des corps de techniciens aptes à apprécier et changer les procédures et à rendre compte auprès de leurs collectivités ou des instances fédérales.

Le manque de formation initial était manifeste non seulement au niveau technique mais plus généralement au niveau culturel. L’histoire aura retenu l’attention particulière portée par les révolutionnaires espagnols à l’alphabétisation, à l’édition non seulement d’ouvrages politiques ou techniques, mais aussi de littérature, à la reprise en main de la gestion des lieux culturels, par exemple les cinémas à Barcelone.

Tous les principes et les modes d’organisation décrits ci-dessus, et les réalisations qu’ils ont induites, n’ont pas entraîné un replis sur soi de chaque commune ou collectivité. Bien au contraire, c’est la solidarité qui a primé, tant entre membres d’une même structure -par la constitution de caisses de compensation- qu’entre les structures –par les échanges des excédents, mais aussi par l’organisation de l’accueil de réfugiés chassés par l’avancée franquiste-.

 

Comment gérer les résistances à la collectivisation ?

 

En ce qui concerne les réfractaires aux nouveaux modes de fonctionnement, les anciens patrons et cadres, lorsqu’ils n’avaient pas fui, étaient autant que possible maintenus en tant que techniciens ou directeurs commerciaux, sous le contrôle des assemblées générales d’atelier ou d’usine. Les individualistes étaient tolérés. Il y avait coexistence à Barcelone de boulangeries gérées par le syndicat de l’alimentation et d’autres à gestion traditionnelle. Mais il était entendu que ces entreprises ne pouvaient pas prétendre à la même solidarité que celles fonctionnant dans le cadre de la collectivisation. Ainsi, dans les campagnes, les petits cultivateurs qui avaient voulu rester indépendants ne pouvaient conserver que les terres qu’ils pouvaient cultiver eux-mêmes, terres qu’ils ne pouvaient plus enregistrer au cadastre, ce qui était un moyen de supprimer le droit d’héritage. De surcroît, ils étaient servis en dernier lors de la répartition des aides.

 

Spontanéité et rôle des organisations

 

Les expériences autogestionnaires en Espagne ont-elles été le fruit d’une mobilisation spontanée ou celui d’une élaboration par une avant-garde syndicale ou politique ?

Il semble en fait que les deux cas de figure ont existé. Il est à noter qu’au début, du fait de l’état de guerre lui-même, de la mobilisation et de l’abandon de nombreuses entreprises par leurs patrons et leurs cadres, les anciennes structures tendaient à l’écroulement. La population de la zone antifasciste a donc du de toute façon se débrouiller souvent par elle-même pour assurer sa survie. On peut remarquer aussi que face à une telle situation, les groupes politiques rattachés au gouvernement étaient somme toute mal armés, en raison de leur attente de directives de la part de leurs comités centraux. Or, comme le fait remarquer G. Leval, le travail de la terre demande des réactions en temps réel. En zone rurale, les tenants de l’autogestion étaient donc de fait avantagés, et ont pu s’organiser en collectivités, sans que les membres des partis politiques institutionnels puissent faire valoir une quelconque initiative.

Autre élément à prendre en compte, la survivance, malgré le développement du centralisme et la domination des caciques en Castille par exemple, du droit municipal et coutumier –possible facteur de réaction, mais aussi phénomène local- et de pratiques d’entraide. Les mentalités avaient donc conservé certains réflexes de fonctionnement local.

Par ailleurs, il aurait été étonnant que le milieu militant libertaire –de surcroît principalement de type social, et non individualiste comme en France- soit resté passif et n’ait pas cherché à impulser certaines expériences pour mettre ses idées en application, ne serait-ce qu’en exerçant un contrôle sur certaines activités, par exemple celui de l’utilisation du charbon par la CNT dans le cadre des transports ferroviaires. De fait, en milieu rural, les expropriations et la collectivisation des terres des grands propriétaires a souvent été organisée par des militants de la CNT.

Cela dit, on a parfois accusé ces mêmes milieux d’avoir imposé la collectivisation par la force. Or, on constate que d’une part, dans certaines zones où se concentraient les troupes anarchistes, soit la collectivisation en restait à un stade embryonnaire, soit les collectivités qui s’étaient constituées fonctionnaient indépendamment des groupes anarchistes stationnant à proximité. Ce dernier fait peut s’expliquer par la concentration des énergies des organisations libertaires dans des tâches de défense, et non pas de soutien ou de direction communale ou économique. D’autre part, des collectivités se sont montées et ont perduré pendant toute la guerre dans des zones où les libertaires étaient peu présents. On peut donc bien parler dans ce dernier cas soit de spontanéité, soit en tout cas d’autonomie vis à vis du mouvement libertaire6.

 

Les réalisations

 

Suivant les principes que l’on vient d’évoquer, les membres des collectivités ont développé divers types d’organisation sociale ou économique. On cite le plus souvent les syndicats de coiffeurs, de chauffeurs taxi et d’autobus, d’employés des bistrots, d’ouvriers du bâtiment, et la réorganisation du port de Barcelone. Il s’agissait de distribuer les salaires, d’acheter du nouveau matériel lorsque le budget était excédentaire (cas de la Compagnie des autobus et de celle des tramways), de supprimer les intermédiaires. Plus largement, le mouvement autogestionnaire a tenté de maintenir et de développer les transports nationaux et internationaux –gestion de la circulation ferroviaire dans la zone républicaine, création de nouvelles lignes maritimes vers l’Amérique du Sud, notamment.

Mais les réalisations qui ont concerné le plus grand nombre se situent en zone rurale. Outre les travaux d’irrigation et la généralisation de l’utilisation d’engrais et de machines, indispensable sur des terres pauvres recevant peu de pluie, les collectivités ont développé un réseau de fermes et de pépinières expérimentales, destinées à la fois à fournir certaines semences, à assurer la formation de techniciens agricoles, et à faire circuler l’information concernant des variétés mieux adaptées aux terres espagnoles.

La socialisation de la médecine

 

Un domaine fut particulièrement développé : celui des questions sanitaires. Comme dans tous les secteurs, juillet 1936 a vu la fuite d’une partie des personnels –religieux- des institutions de bienfaisance. Là comme ailleurs, initiatives de membres d’organisations et initiatives spontanées on émergé pour palier à la nouvelle situation, ce d’autant plus que cet aspect était abordé régulièrement dans la presse libertaire. Certains hôpitaux ont continué à fonctionner sous un autre nom, sous  la direction gouvernementale. D’autres furent créés de toute pièce par les syndicats, le plus souvent rattachés à la Fédération nationale des services sanitaires (CNT). Le financement provenait généralement pour partie du gouvernement catalan, pour partie des municipalités du lieu d’implantation. Une fois les tarifs des consultations et des opérations fixées, le système de sécurité sociale était assuré par la Caisse nationale de prévoyance, dont le fonctionnement passait lui aussi en grande partie par l’Etat. Cette acceptation d’une collaboration avec des structures d’Etat peut paraître critiquable. Le problème est que l’Etat semblait seul à même de dégager un financement suffisant –collecte fiscale-, ce dans un secteur où non seulement les syndicats et l’Etat, mais aussi les partis politiques et l’économie privée étaient partie prenante. Ainsi, de nombreux pharmaciens boutiquiers étaient adhérents de l’UGT, et non de la CNT. Il n’en demeure pas moins que parallèlement, des sociétés de secours mutuel et des centres médicaux installés dans les usines se sont montés, indépendamment de tout contrôle gouvernemental ou politicien.

 

Obstacles, problèmes, réussites et échecs

 

L’obstacle pratique principal était le manque de connaissances en comptabilité des membres des collectivités naissantes. Cette lacune était toutefois contrebalancée par la connaissance des processus de production et des besoins, et par l’esprit d’initiative aiguillonné aussi bien par la nécessité que par la volonté de ne pas échouer, eu égard aux critiques que ne manquaient pas d’émettre aussi bien les Républicains non libertaires que les partisans plus ou moins déclarés de la droite.

Par ailleurs, les autogestionnaires ont pu commettre des erreurs stratégiques dans la gestion de certaines activités. Ainsi, le fait de ne pas rationner le carburant servant au transport ferroviaire en pleine pénurie de guerre peut sembler rétrospectivement peu raisonnable.

 

La controverse autour du Décret de collectivisation

 

Ce décret a été émis par la Généralité le 24 octobre 1936. Il avait été élaboré par son Conseiller à l’économie, Juan Fabregas, par ailleurs membre de la CNT.

Il stipule que doivent être collectivisées « les entreprises industrielles ou commerciales qui occupent plus de 100 salariés, celles des patrons factieux ou ayant pris la fuite », celles ayant entre 50 et 100 s’il y a accord des trois quarts des effectifs, d’autres encore présentant une « importance dans l’économie nationale ».

Chaque entreprise collectivisée est dirigée par un Conseil d’entreprise, qui lui-même désigne des représentants aux Conseils généraux d’industrie, chargés d’établir un plan général. Les diverses tendances syndicales et les techniciens sont en principe représentés dans chacune de ces instances.

Il est généralement admis que ce texte n’a fait que légaliser un état de fait, particulièrement en ce qui concerne l’industrie et les transports.

V. Richards considère cependant que, bien qu’étant produit par un anarcho-syndicaliste, un des but du décret était de limiter les réalisations révolutionnaires dans l’industrie catalane. Il remarque en effet que s’en tenir à ne collectiviser que les entreprises employant plus de 100 ouvriers excluait de fait une partie importante de la population ouvrière du contrôle direct de l’économie. La mention de l’ »économie nationale » en tant que critère pour collectiviser certaines entreprises laisse entendre qu’en dernière instance, c’est le Gouvernement de Catalogne –donc les politiciens- qui décide, et non les conseils d’entreprise ou les syndicats. Et en effet, le plan général et les décisions exécutoires sont bien réservés aux Conseils généraux de l’industrie. Aux structures locales est réservée … l’exécution. Il s’agit bien d’un système centralisé, et non autogestionnaire.

 

Les résultats économiques furent inégaux et irréguliers. On peut dire que de nombreux projets se sont concrétisés et ont fonctionné sur le court terme. Ainsi, le fonctionnement collectif des services publics barcelonais fut dans un premier temps satisfaisant, et de façon plus générale, la collectivisation de la branche des transports fut indéniablement une réussite. La situation fut en revanche nettement moins bonne dans l’industrie textile, qui a souffert de la pénurie de matières premières. Ce secteur a tout de même vu le passage du travail à la pièce au travail à la journée et aux 40 heures par semaine, et si les salaires y ont baissé, il y eu en fait amélioration du coefficient du salaire horaire. Une réussite incontestable fut celle constituée par le maintien quasi permanent de la distribution d’eau, de gaz et d’électricité en Catalogne, interrompue uniquement pendant les bombardements.

En milieu rural, certaines expériences ont été des réussites sur le court terme. Il est vrai qu’au départ, une grande partie des haciendas étaient délibérément laissées en friche par leurs propriétaires. La mise en valeur commune de ces terrains agricoles ne pouvait donc que constituer une amélioration, que ce soit du point de vue de la vie quotidienne des paysans ou de celui des échanges entre villages et du ravitaillement général. Cela est notamment valable lorsque les fermes expérimentales jouaient leur rôle.

Reste la question de savoir si toutes ces structures, tant industrielles qu’agricoles, ont réellement permis de créer, même momentanément un nouveau système. En fait, selon le degré d’individualisme des membres des communes ou des ateliers, on a pu parler aussi bien de collectivisation véritable que de « capitalisme collectif », où la répartition des bénéfices constituait la seule différence avec le système précédent. Mais de façon globale, les résultats des entreprise et le témoignage d’ouvriers semblent indiquer que ces derniers se sentaient réellement des collaborateurs responsables de leurs usines ou de leurs ateliers, tout au moins en Catalogne, l’affaiblissement des entreprises de cette région dans la deuxième moitié de la période étant en grande partie la conséquence de la perte des débouchés due à la situation de guerre, et non pas forcément celle d’une mauvaise gestion.

D’un autre point de vue, on a pu constater la persistance d’inégalités entre secteurs. Etant donné l’état d’urgence dans lequel était plongé le pays, les salaires des travailleurs de l’armement étaient sans comparaison avec ceux des ouvriers agricoles. De même, les revenus des employés de restaurants, de bistrots ou de cinémas très fréquentés restaient supérieurs à ceux des serveurs d’entreprises plus modestes ou moins bien situées. De même, certaines usines ayant une grande réserve de matières premières et un outillage moderne avaient un avantage sur celles moins rentables au départ, ou dont la production était pouvait être considérée comme moins importante pour l’effort de guerre. La demande ou le succès continuaient donc à être des facteurs incontournables.

 

 

Quel bilan?

 

Il semble tout d’abord que les collectivisations ont été le fruit d’un mouvement spontané : la population a résisté aussi bien aux tentatives de contrôle du gouvernement qu’à celles de la CNT-FAI. Dans le même ordre d’idée, la grève générale déclenchée en réaction au Decreto de intervencion montre bien que celui-ci était perçu comme étant destiné à servir les intérêts gouvernementaux, et non ceux de la base.

On peut aussi remarquer que l’organisation locale à la base de l’activité économique a permis de résoudre des problèmes insolubles dans d’autres systèmes : la nécessité de survivre par soi-même, ajoutée au désir de montrer que le système fonctionnait, a freiné la baisse des rendements constatée dans les grandes exploitations de Castilles contrôlées, elles, par l’Etat. La collectivisation a souvent rendu possible une rationalisation impensable dans les petites propriétés ou les latifundia.

Par ailleurs, le mouvement autogestionnaire s’est heurté à deux obstacles :

- L’obstacle gouvernemental et partidaire d’une part : en effet, le contrôle des stocks d’or par le gouvernement entravait l’importation de matières premières. En Catalogne, la loi de collectivisation industrielle d’octobre 1936 révélait la volonté des catalanistes d’instaurer un fonctionnement du haut vers le bas. Dans les cas extrêmes, l’opposition politique pouvait se traduire par des actions militaires, comme lors de l’attaque des collectivités aragonaises par la division communiste de Lister. Ces exemples tendent à prouver que la coexistence d’un pouvoir central et d’un pouvoir autogestionnaire est impossible : le premier ne tolère en effet pas le second.

- Les contradictions internes au mouvement autogestionnaire, d’autre part : ainsi, le refus de toute hiérarchie peut être perçu comme un handicap du point de vue militaire, dans la mesure où un minimum de discipline et de coordination semble souhaitable dans toute armée, même révolutionnaire.

Par ailleurs, G. Leval fait remarquer que les milieux libertaires ont fait preuve d’idéalisme en refusant toute alliance formelle et durable avec l’UGT.

Paradoxalement, des membres de la CNT-FAI ont accepté par la suite d’entrer dans le gouvernement de Largo Caballero. L’inverse aurait été préférable, c’est-à-dire compromis avec les idéaux, pour mener à bien la construction syndicale, et intransigeance quant aux principes –refus de participation à tout gouvernement-. En fait, le refus d’alliance syndicale d’un côté, la participation à un gouvernement de l’autre, ont tous deux contribué à l’affaiblissement du contrôle ouvrier, pourtant en grande partie installé initialement.

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