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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 16:54



Analyse des perspectives du
mouvement populaire hellénique, publiée dans le numéro de décembre
2011 du journal anarcho-syndicaliste grec « Rocinante ». 

grece-miser.jpgDepuis le 11 novembre
dernier, grâce à des procédés peu éloignés de ceux d'un coup
d’État parlementaire, le chef de gouvernement grec est un
banquier. Dans ce même gouvernement s'entassent des représentants
du fascisme grec dans ses différentes versions. Le gouvernement est
soutenu par tous les partis bourgeois les plus importants, d'une
forme ou d'une autre, émanant d'une volonté propre ou non.
Cependant, ses partisans
les plus conscients, et sans l'ombre d'un doute, sont, d'une part,
son bras fasciste -lequel a permit l'existence du gouvernement quand
le système politique a tenté de passer la relève, pas directement
aux banques, mais à lui-même– et d'autre part un (pas si) nouveau
« parti de la classe patronale », qui se compose de
quelques néolibéraux autoritaires, ceux qui ont, par la droite,
détruit l'ancien gouvernement...

Il est plus que clair que
nous sommes en train de vivre un processus de fascisation de l'Etat
grec. Lobbies bancaires et patronaux, bandes d'ultradroite, clans
politiques en bataillons rangés, ont pris le pouvoir du « système
politique pourri », pour appliquer leur politique sans
restrictions superflues. C'est vrai que la tentative d'accompagner le
coup d’État parlementaire par un enthousiasme social généralisé,
lors duquel des chômeurs lanceraient des pétales de roses aux
banquiers, ne fut pas un grand succès.  Et ça ne sera pas si
facile, avec un peuple qui a faim. D'autre part, cependant, les
reflets sociaux contre la tentative d'établissement du fascisme
politique n'ont pas fonctionné. Le danger de la défaite totale des
résistances sociales n'est pas immédiat, toutefois sa
dégénérescence graduelle est quelque chose que nous devons
empêcher.

En ce sens, il y a deux tendances, dont
le choix doit être évité pour le bien des mouvements sociaux.

La première est
l'attitude « trop optimiste », qui voit de toutes parts
la tendance à l'expansion des mouvements sociaux et les perçoit
comme un pôle agressif et révolutionnaire. Depuis le mouvement des
« indignés », jusqu'aux masses insolites, sans aucun
doute, qui développent des initiatives qui en d'autres temps
auraient été perçues comme d'intéressants mouvements marginaux
(comme par exemple les divers mouvements populaires qui refusent de
payer), il y a des analyses de tous types, qui ne prennent pas en
considération l'absence de toute stratégie orientée vers la
transformation sociale, surestiment le caractère crucial de la
bataille et appellent à un soulèvement du peuple entier, comme si
c'était le remède qui soigne tout. Avec cette attitude nous
risquons de subir le même sort que les fortifications françaises
lors de la seconde guerre mondiale : que l'ennemi puisse passer
sans avoir à s'affronter à elles.

La seconde attitude
dangereuse est l'attitude « conservatrice ». C'est une
attitude qui, dans les circonstances actuelles, opte pour la
mystification des structures, commence par mettre l'accent sur la
nécessité réelle de l'organisation et de la conscience, par
lamenter son absence, mais finit par renier tout mouvement social, au
nom de cette même absence. Cette attitude, incapable de comprendre
que la guerre vient de commencer sans nous consulter, essaie de la
développer jusqu'à ce que les conditions soient favorables selon
nos propres nécessités. En paraphrasant ainsi un poème de Nikos
Karuzos, qui soutient que, de fait, « l'histoire nous attend à
l'arrêt du trolleybus ». Cette tendance ne concerne pas
seulement les principaux secteurs de la gauche dogmatique et
spécialement le Parti Communiste, comme certains le supposent. Il
concerne aussi le mouvement anticapitaliste, il nous concerne, des
fois, chacun de nous. Pour cette tendance, l'analogie avec la
fortification française des années 40 et encore plus réaliste.
Qu'il nous plaise ou non,
il n'y pas de possibilité d'option. Le fascisme politique est ad
portas et vient s'ajouter à la misère économique et à la
destruction du travail. Nous devons combiner la création de
structures sans abandonner l'affrontement. Générer des processus
sans ignorer la stratégie. Tout ceci est-il trop et trop tard ?
Peut-être. Mais comme l'a écrit Bertolt Brecht, « quand tu ne
pourras plus lutter, tu mourras, même si ce n''est pas ta faute ».
Pour les travailleurs, c'est la bataille de la survie :
organisation et lutte à la fois.

Journal anarcho-syndicaliste
« Rocinante »
Grèce.

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