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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 11:15

banderole_paie_ta_secu_emploi.jpgVoici un appel de syndicalistes CGT et Solidaires  de tendance libertaire sur comment obtenir le retrait de l'ANi et créer les réelle conditions d'une lutte d'ampleur...

 

La journée d’action du 5 mars a réuni environ 200000 personnes dans toute la France.

Cette journée, à l’appel de la CGT, FO, Solidaires et la FSU, se voulait une première étape de mobilisation contre la transcription dans la loi de l’accord National interprofessionnel (ANI) dit de « sécurisation de l’emploi » (sic), signé par le MEDEF et les syndicats jaunes CFDT, CGC, CFTC.

Cet accord est une atta­que extrê­me­ment grave contre les tra­vailleu­ses et les tra­vailleurs.

Malgré la gra­vité de cette atta­que, la mobi­li­sa­tion est loin d’être à la hau­teur de la riposte néces­saire. Nous pen­sons qu’il est néces­saire d’ana­ly­ser les causes de cette mobi­li­sa­tion insuf­fi­sante, pour envi­sa­ger une stra­té­gie à même de déve­lop­per le rap­port de force néces­saire contre cet accord scé­lé­rat.

 

Information insuf­fi­sante des tra­vailleurs et tra­vailleu­ses, pro­pa­gande bour­geoise


Si les orga­ni­sa­tions appe­lan­tes ont engagé une large cam­pa­gne d’infor­ma­tion avant cette jour­née (2 mil­lions de 4 pages tirés et en grande partie dif­fu­sés pour la CGT par exem­ple, à la fois dans les boites et sur les ter­ri­toi­res), celle-ci n’a pas suffit à inter­pel­ler la majo­rité des sala­riéEs.

Malgré le tra­vail d’arra­che-pied de mil­liers de mili­tan­tEs syn­di­ca­lis­tes, une majo­rité des sala­riés n’a pas connais­sance de cet accord ou n’en per­çoit pas le carac­tère gra­vis­sime.

 

Quelles en sont les rai­sons ?


La pro­pa­gande patro­nale et étatique d’abord, qui repré­sente un rou­leau com­pres­seur idéo­lo­gi­que.

L’ANI a été signé en plein com­men­ce­ment de la guerre au Mali et a été oppor­tu­né­ment relé­gué à la marge des actua­li­tés dans les médias bour­geois.

L’ensem­ble des « éditorialistes » s’est ensuite empressé de faire l’apo­lo­gie de cet accord. Cela a été accom­pa­gné par une vio­lente cam­pa­gne contre la CGT, accu­sée de jusqu’aubou­tisme et de suren­chère radi­cale.

Pour appuyer cette cam­pa­gne de pro­pa­gande, les médias bour­geois ont pu comp­ter sur la par­ti­ci­pa­tion active de l’appa­reil CFDT, dont plu­sieurs diri­geants ont été récem­ment remer­ciés pour leur bons et loyaux ser­vi­ces au PS et à la bour­geoi­sie (Nomination de François Chèrèque à l’IGAS, chargé du suivi sur le plan pau­vreté, de Laurence Laigo au cabi­net de Najat Vallaud Belkacem, de Nicole Notat au groupe de Travail « Promouvoir et valo­ri­ser l’entre­pre­na­riat res­pon­sa­ble(sic), entre autre choses...)

Cette cam­pa­gne média­ti­que a ainsi mis en avant les pré­ten­dus aspects posi­tifs de l’accord, en se gar­dant bien de mettre en ques­tion leur réa­lité, et en mas­quant les mesu­res anti­so­cia­les qui cons­ti­tuent l’ossa­ture de cet accord.

A côté de cette cam­pa­gne média­ti­que, les orga­ni­sa­tions jaunes signa­tai­res ont mené leur propre cam­pa­gne en faveur de l’ANI dans les entre­pri­ses, déni­grant les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les s’y oppo­sant, ajou­tant leur voix à celle des patrons.

De telles cam­pa­gnes ne sont pas une nou­veauté. Mais le mou­ve­ment syn­di­cal et le mou­ve­ment social doi­vent se doter de leurs propre moyens de contre-pro­pa­gande à l’échelle de masse, et les déve­lop­per. A ce titre, le très faible inves­tis­se­ment du champs audio­vi­suel (inter­net) par les OS les prive d’un moyen effi­cace sur ce ter­rain.

A côté de cela, l’ensem­ble des tra­vailleu­ses et des tra­vailleurs mobi­li­sés, l’ensem­ble des orga­ni­sa­tions popu­lai­res qui cher­chent à déve­lop­per la lutte, ont tout inté­rêt à déve­lop­per leurs pro­pres outils pour com­bat­tre la pro­pa­gande bour­geoise : argu­men­tai­res écrits, tracts, affi­ches, vidéo expli­ca­ti­ves, blogs, etc...

Enfin, sur les ter­ri­toi­res (quar­tiers, com­mu­nes), nous avons tout inté­rêt à déve­lop­per des espa­ces de coor­di­na­tions de cette contre-pro­pa­gande, de manière inter­syn­di­cale à la base. Cela afin de tou­cher les tra­vailleu­ses et tra­vailleurs des entre­pri­ses ou la pré­sence syn­di­cale est inexis­tante, et de contri­buer ainsi à déve­lop­per l’orga­ni­sa­tion dans les entre­pri­ses, et rendre plus concrète la pers­pec­tive de déve­lop­pe­ment de la grève.

 

Conséquence de la logi­que électoraliste


L’échec du 5 mars a aussi pour cause les illu­sions entre­te­nues sur « la gauche » et plus lar­ge­ment « le chan­ge­ment par les urnes », par les partis poli­ti­ques, les médias, mais aussi les appa­reils et les mili­tan­tEs poli­ti­ques électoralistes au sein des orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les et plus lar­ge­ment des orga­ni­sa­tions popu­lai­res.

Tout d’abord parce que celles-ci ont entre­tenu l’idée que la nature du pou­voir poli­ti­que chan­geait en cas d’alter­nance, alors que l’Etat, quelle que soit la cou­leur poli­ti­que des gou­ver­nants, défend les inté­rêts de la bour­geoi­sie. La seule dif­fé­rence est éventuellement la méthode, encore qu’en période de crise, celle-ci varie peu, à part sur le plan verbal.

Les seuls pro­grès sociaux n’ont jamais été l’oeuvre que du rap­port de force, arra­chés à la bour­geoi­sie et à l’Etat par la lutte.

Ces illu­sions ont donc contri­bué à désar­mer les tra­vailleu­ses et les tra­vailleurs, en leur fai­sant croire -ou ten­tant de leur faire croire- que l’alter­nance allait entraî­ner un chan­ge­ment de poli­ti­que, ou au moins une pause dans l’offen­sive capi­ta­liste.

En réa­lité, malgré quel­ques mesu­res visant à accré­di­ter cette stra­té­gie de com­mu­ni­ca­tion, les mau­vais coups ont com­mencé à pleu­voir sur les tra­vailleu­ses et tra­vailleurs dès le début de l’alter­nance. La logi­que électoraliste a conduit à conce­voir la période comme une rup­ture alors qu’il s’agis­sait pour l’essen­tiel de la conti­nuité d’une période d’offen­sive capi­ta­liste en période de crise.

Ensuite, parce que les réseaux poli­ti­ques pro­ches du pou­voir socia­liste dans les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les com­bat­tent toute pers­pec­tive de mobi­li­sa­tion d’ampleur contre le gou­ver­ne­ment. Soit en défen­dant ouver­te­ment sa poli­ti­que au nom du « moin­dre mal », soit en enfer­mant l’acti­vité syn­di­cale dans une acti­vité de lob­bying, tour­née vers l’inter­pel­la­tion des par­le­men­tai­res, plutôt que vers la cons­truc­tion d’un rap­port de force sur le ter­rain économique.

A l’opposé de cette logi­que, les tra­vailleu­ses et tra­vailleurs ont tout inté­rêt à uti­li­ser les armes du mou­ve­ment syn­di­cal (grève, boy­cott, sabo­tage, blo­cage de la pro­duc­tion et des flux économiques...), à cesser de consi­dé­rer l’Etat comme un outil neutre mais plutôt comme un défen­seur du patro­nat quelle que soit la cou­leur des gou­ver­nants, et à déve­lop­per par­tout des outils d’une lutte pro­lon­gée (caisse de grève, liens au sein des ate­liers, des ser­vi­ces, entre entre­pri­ses...).

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