Mais au train ou vont les choses, ou iront ils dans quelques temps? Alors que le gouvernement irlandais annonce la fermeture de plusieurs ambassades, en invoquant les conséquences de la crise, revenons sur l’ensemble des mesures d’austérité prise contre le prolétariat chez ce « tigre celtique », comme disait les médias capitalistes il y a quelques années…

L’austérité succède a l’austérité, les élections passent et des mesures toujours plus dures sont prises. Elles visent à réduire le prix de la force de travail, à faire baisser les salaires directs et indirects.

Quels sont les détails de ces mesures ? Il est difficile dans la presse bourgeoise de trouver réponse a cette question, les approximations sont de règle, on parle vaguement de baisses, évoque ça et là divers aspect des plans sans les détailler. Il est plus important du point de vue de cette presse de revenir sur les réactions des marchés, et c’est normal.

Quand à nous, nous lançons la publication d’un panorama international des mesures d’austérité contre le prolétariat, pays par pays

Ces mesures sont autant d’attaques contre les prolos, camouflées derrière  des annonces bidons sur des mesures exceptionnelles en direction de la bourgeoisie: On en a rien a foutre de la cosmétique du pouvoir, et on va donc se concentrer sur l’important.

Nous n’indiquerons pas toutes les sources , il y en a trop: c’est tout simplement très difficile de compiler toutes ces données, les médias bourgeois ne s’étalant en général que très peu la dessus. Une liste de références tout de même en bas de page.

Si nous oublions des mesures, ou que certaines infos sont incorrectes, n’hésitez pas à nous le faire savoir dans les commentaires.

 

Listes des mesures des différents plans d’austérité

 

 Coût de la vie :

  • Augmentation de l’impôt sur le revenu.
  • Mise en place d’une taxe carbone, ainsi que d’autres sur l’eau (jusque ici gratuite) et la propriété.

Fonction publique (qui représentent 18% des emplois en Irlande)

  • Suppression de 25 000 postes (sur 250 000).
  • Gel des embauches.
  • Coupes budgétaires s’élevant à 10 milliards d’euros d’ici à 2014.

Salaires :

Dans la fonction publique :

  • Baisse des salaires jusqu’à 15 % (notamment parmi les enseignants et les forces de police).
  • Réduction de 4 % des pensions des retraités du secteur public supérieures à 12 000 euros par an.

Privé & général

  • Baisse du salaire minimum de 11,6 %. Soit 1€ de baisse (de 8,65 à 7,65 euros).
  • Recul de l’âge de la retraite, de 65 à 66 ans en 2010, et à 68 ans en 2018.
  • Réduction de 25 % des budgets de la santé et des services sociaux d’ici à 2014.

Éléments du contexte :

L’endettement des ménages avait atteint 190% du PIB à la veille de la crise, notamment dans le secteur de l’immobilier, ce qui a boosté l’économie (industrie de la construction, activités financières, etc.). Le secteur bancaire a enflé d’une manière exponentielle avec l’installation de nombreuses sociétés étrangères. Des bulles boursière et immobilière se sont formées. Le total des capitalisations boursières, des émissions d’obligations et des actifs des banques a atteint quatorze fois le PIB du pays.

Ce qui ne pouvait pas arriver dans ce monde enchanteur arrive alors : en septembre-octobre 2008, le château de cartes s’effondre, les bulles financières et immobilières éclatent. Des entreprises ferment ou quittent le pays, le chômage monte en flèche (de 0% en 2008, il grimpe à 14% début 2010). Le nombre de familles incapables de payer les créanciers croît très rapidement. Tout le système bancaire irlandais est au bord de la faillite et le gouvernement, complètement affolé et aveuglé, garantit l’ensemble des dépôts bancaires à concurrence de 480 milliards d’euros (près de trois fois le PIB irlandais qui s’élevait à 168 milliards d’euros). Il nationalise l’Allied Irish Bank, principal financier de l’immobilier en injectant 48,5 milliards d’euros (environ 30% du PIB).

Les exportations ralentissent. Les recettes de l’Etat baissent. Le déficit budgétaire bondit de 14% du PIB en 2009 à 32% en 2010 (dont plus de la moitié est attribuable au soutien massif aux banques : 46 milliards d’apport de fonds propres et 31 de rachat d’actifs risqués).

Ouf! Grace au FMI et à L’UE, l’Irlande sera sauvée! En échange, bien sur, de redoubler dans l’austérité!

Les taux des prêts accordés à l’Irlande sont très élevés : 5,7% pour celui du FMI et 6,05% pour les prêts « européens ». Ils serviront à rembourser les banques et autres sociétés financières qui achèteront les titres de la dette irlandaise qui, elles, empruntent à un taux de 1% auprès de la Banque centrale européenne. ( Le paragraphe ci dessus  est tiré du texte du CADTM ici: )

Mais qu’à cela ne tienne! L’Irlande serait, au dire de l’OCDE , sortie de la crise: enfin une nouvelle qui rassurera les  prolos irlandais… Du moins ceux qui lisent les rapports de l’OCDE! Le problème, c’est que c’est faux . Et que les prolos irlandais sont bien loin du bout du tunnel.

Un indicateur est clair: L’Irlande, redevenue terre d’émigration, voit fuir sa jeunesse… Les « migrations-parties » (pots de départs) se multiplient !

Dans certaines régions, la moyenne d’age a pris 20 piges, c’est dire!

La crise immobilière est loin d’être finie:

Ainsi, l’économiste irlando-russe Constantin Gurdgiev note sur son blog une augmentation significative des emprunts immobiliers à risque ou déjà en situation de défaut au second trimestre 2011. Selon ses calculs, un prêt sur neuf est menacé de non-remboursement, soit une augmentation de 10,8% par rapport au trimestre précédent. Les prêts non performants représenteraient près de 17,4 milliards d’euros.

On développera tout ça dans un article, Y compris et surtout, les réalités des résistances du prolétariat  mais en bref, en Irlande comme ailleurs, la situation ne peut aller qu’en s’empirant.

 

Informations générales et chiffres

PIB (2010) : 164,6 milliards d’euros

Population : 4 400 000

Taux de croissance (2010) : PIB : – 1 %

Taux de chômage (2010) : 13,6 %

Taux d’inflation (2010)  : – 0,3 %

Solde budgétaire(2010) : – 32,4 % du PIB

Principaux clients : Etats-Unis (19 %), Royaume-Uni (18,4 %), Allemagne (6,9 %), France(5,8 %)

Principaux fournisseurs : Royaume-Uni (37,7 %), USA (11,5 %), Allemagne (8,6 %), France (3,9 %)

Sources: Repris sur Tantquil.net