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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 11:56

reformisme.jpgC’est quoi le Keynésianisme ? Un truc des années 30 ? La théorie d’un économiste ? Le programme économique du Front de Gauche ? Une tentative de sauver le capitalisme ? Oui tout ça…  Et ça mérite d’en comprendre les bases, à une heure ou cette théorie revient en force.

 

Mais avant tout, un rappel du contexte : La crise de 1929 mit le capitalisme à genoux. Une épidémie de suicides par défenestration chez les traders obligea les badauds new-yorkais à craindre le passage sous les grands buildings bancaires…. Pour des millions de prolétaires, ce fut la faillite totale, le chômage et les expulsions.

Puis, boostée par les commandes de l’Etat, l’industrie de l’armement « relança » le reste de l’économie.

Après une guerre mondiale durant laquelle les gens eurent tout le loisir de s’entretuer suffisamment pour écouler un bon paquet des armes fabriquées, un semblant de « paix » fut restaurée (en réalité, le système capitaliste ne connut désormais qu’un état de guerre de basse intensité permanente…).

Qui c’était, ce Keynes ?  

Keynes était un bourgeois anglais super flippé de la crise du capitalisme. Il voyait derrière la crise le spectre de la révolution communiste. Ça ne lui plaisait pas des masses. Les gens risquaient de s’énerver, de piller les boutiques où il faisait ses courses, de s’inviter chez lui pour s’y loger vu que c’était vachement grand et qu’il y avait une meilleure vue sur Londres etc.

Keynes, le MacGyver du capitalisme?

Il fallait donc sortir le capitalisme des crises qui l’agitaient régulièrement, si on voulait qu’il ne soit pas renversé par les prolétaires.

Problème : tout seul, le marché, n’en déplaise aux collègues économistes bourgeois de Keynes, n’arrivait visiblement pas à se réguler.

Les investissements se concentrent sur certains secteurs, et pas ceux qui permettent des profits à long terme (toujours le même discours, encore aujourd’hui)  les crises de surproduction sont régulières…

(On vous renvoie là-dessus à la notion crise.)

 

Commençons par rendre à césar ce qui est à césar : Ce brave Keynes fait partie des premiers économistes bourgeois à ne pas croire en une espèce de fonctionnement magique de l’économie.

Il remet en cause la théorie de la loi des débouchés de J. Say (qui explique que toute marchandise produite trouve forcément un débouché).

Pour Johnny Keynes, la monnaie possède une valeur en soi, elle n’est pas neutre. Ce qui veut dire qu’elle peut servir de réserve de valeur. Qu’on peut stocker du pognon afin de l’utiliser plus tard, comme une épargne, et que dans cette mesure on ne peut pas dire que la monnaie est juste un outil d’échange, car c’est aussi quelque chose qui a une valeur par elle même.

Il dit aussi que les agents économiques ( comprendre: les patrons) anticipent sur les investissements qu’ils vont faire. Ce qui influe directement sur la production ( investir par exemple dans l’appareil productif va développer la production).  Et il ajoute que dans certains cas l’ensemble des investissements et donc de la production sont trop bas et ne permet pas le plein emploi, car les patrons préfèrent attendre, garder leur argent, plutôt qu’investir tout de suite.

Cette situation de sous-emploi peut durer voire s’aggraver en cas de crise : le sous-emploi affaibli la consommation qui affaibli à son tour encore plus l’investissement et la production (toujours cette histoire d’anticipation par les patrons, ce qui explique aussi tous ces sondages sur « le moral des patrons », dans les journaux économiques).

Et là on arrive au cœur de la théorie keynésienne. En effet Johnny boy a bien compris une chose : le marché ne peut se sortir seul de cette situation. Il préconise alors l’intervention de l’Etat. Pour sortir du cercle sous emploi/baisse de la consommation décrit plus haut, il pense à deux solutions.

1)  D’ abord il s’agit de relancer la consommation en multipliant les dépenses de l’Etat, ce que l’on a appelé la politique des grands travaux. Elle permet de créer des emplois mais aussi de créer des débouchés pour les entreprises. Tout cela a bien entendu pour effet de relancer la consommation.

2)  Mais Johnny boy ne s’arrête pas là.  Il préconise aussi des mesures pour relancer l’investissement : il s’agit principalement de simplifier l’accès aux thunes pour les entreprises qui veulent investir, voire de mener une politique pour inciter les entreprises à préférer investir maintenant.

Et oui, le problème avec l ’argent, c’est qu’il faut qu’il tourne pour que l’économie capitaliste fonctionne. Si les gros capitalistes préfèrent le stocker en attendant les jours meilleurs, ça craint pour relancer la machine. Pour ce faire, Keynes propose de faciliter l’accès au crédit, notamment en baissant les taux d’intérêts. Il faut selon lui augmenter massivement la masse de monnaie en circulation, sans craindre l’inflation. C’est tout bénef : si l’inflation augmente, les riches auront moins intérêt à stocker le fric, et à plus investir, quitte même à s’endetter. L’inflation est aussi une manière de baisser les salaires des prolos qui est moins visible sur la fiche de paye, mais qui revient au même : baisser le coût du travail.

Tout celà c’est bien beau et ça a pas mal fonctionné dans les années trente : on parle ici de l’économie de guerre, qui finalement est assez proche du modèle idéal keynésien : forte commande de l’Etat (en armes et infrastructures) endettement important pour conjurer la crise…

Pendant la guerre et juste après, on découvrit qu’un prof de fac, haut fonctionnaire du trésor et capitaliste à ses heures perdues (ou les notre, plutôt) J.M. Keynes, avait écrit plusieurs bouquins, articles de presses, etc. dans lesquels il préconisait en période de crise, une intervention énergique de l’Etat, à base de commandes publiques, d’une politique de grands travaux, etc.

Comme le système capitaliste adore les savants, et autres « individus hors normes », il propulsa Keynes au rang d’idole. On finit même par parler d’économie keynésienne, de période « keynésienne ».

 

En fait, c’est surtout administrer le système capitaliste sur le modèle de l’économie de guerre permanente, en temps de paix. Et la relance dite keynésienne s’appuie sur une chose : la pratique d’un déficit budgétaire renfloué à terme par l’augmentation des recettes fiscales. En clair, l’Etat s’endette pendant la crise, en espérant qu’en sortant de la crise, il pourra avoir plus de rentrée d’impôts, et donc pourra rembourser : il utilise dès aujourd’hui la richesse  créée demain.

Le problème, c’est que l’endettement contracté durant les crises, ne baisse pas durant la reprise. Tout juste arrête-il de se creuser. Bein oui, le système capitaliste peut repousser la baisse du taux de profit, pas l’annuler…

Et il arrive un moment où il faut passer à une méthode plus énervée, pour relancer le taux de profit : Ce sera la restructuration qui commence dans les années 70 (et qui sera le sujet d’une prochaine notion).

 

Face à la nouvelle crise, qui paraît encore plus grosse qu’en 29, les capitalistes, du moins l’aile gauche se remet à lorgner du côté de keynes. Le problème, c’est qu’ils ont déjà grappillé tout ce qu’ils pouvaient de ce côté là : le taux d’endettement public des pays capitalistes avancés frôle ou dépasse partout les 100% du PIB, c’est-à-dire plus que toute la richesse créée en un an dans le pays !

Bref, ils ont déjà hypothéqué les richesses futures, et ils commencent à s’inquiéter du remboursement.

En ce moment la pratique du déficit budgétaire est un sport à haut risque …

 

Repris sur Tantquil.net

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