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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 13:26

Ceci est le témoignage d'un militant du mouvement social qui à voulu s'impliquer dans le mouvement des Indignés à Montpellier, pensant qu'il y avait une démarche interessante. Il a vite déchanté....

 

 

A Montpellier, nous avons eu une chance incroyable. La dernière mode contestataire est enfin arrivée chez nous et nous avons aussi eu nos Indignés. En tant que militant politique je suis donc allé voir avec quelques camarades de quoi il en retournait. De quoi les indignés sont ils le nom ? Ont-ils un projet de société faisant consensus ? Font-ils la promotion et l’expérience de la démocratie directe ? Quelles classes sociales représentent-ils ? Ont-ils une âme ? Plein de bonnes intentions, nous nous sommes rendus à leurs assemblées générales ayant lieu sur la place principale de la ville où ils projetaient de démarrer un campement façon Puerta del sol.

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’on a été un peu déçus. En fait c’était même franchement de la merde.

 On nous avait promis l’enfer pour le capitalisme, on a eu disneyland : la plupart des discussions tournaient autour de la lutte contre le « système » dans un vocabulaire si vague que n’importe quel politicien aurait pu sortir le même dans un meeting de campagne. C’est à peine si les indignés évoquaient la possibilité de commencer à réfléchir à une opportunité de (peut être) contester le capitalisme. Il faut faire consensus, voilà le maître mot : tout doit rester très, trèèès vague, surtout pas d’action concrète ou de terme qui feraient peur au bourgeois.

Question rapport avec la répression, c’est aussi assez pathétique. Les indignés avaient jugé bon de monter dans les arbres faire des cabanes en attendant la chute du système (quand on parle de régression…), mais en avaient été chassés par la police ; eh bien malgré les coups, les insultes et autres humiliations, ils se réjouissaient de l’attitude des policiers, ces « salariés comme les autres » très gentils. Sympa pour ceux qui ont fini en garde à vue ou qui ont été tabassés.

La délation et les attitudes putassières priment au nom de la « citoyenneté » (mot qui revient jusqu’à l’écœurement) et de la non-violence (autre base de leur dialectique). Enfin, c’est vite dit. La violence existait, de fait. Mais jamais dirigée contre l’état. Il fallait donner une image propre, lisse, inoffensive. Et au nom de cette image, la moitié des participants a été virée, en commençant par les punks à chiens et zonards (sympa l’hygiénisme social) et en finissant par les militants.

Car les indignés ne sont rien d’autres qu’indignés : pas militants, ni révoltés, ni enragés, ni… Non, juste indignés, genre, « putain y a des trucs pas cool qui se passent dans le monde quand même, je crois que je vais m’indignés, un peu plus et je fais un sit-in pour dénoncer l’augmentation du prix des danettes ».

Tout ce qui est politique, certifié révolutionnaire, est proscrit. Au mieux tolèrera-t-on un petit A cerclé dans un coin entre deux slogans réformistes écrits au feutre de couleur sur du carton de récup. L’idéalisme le plus complet prime contre tout discours un peu construit sur l’économie, les classes sociales… Avec toutes leurs références obscures à l’oligarchie financière, au pouvoir de l’argent et à la finance mondiale opposée au peuple de France, on hésite entre Woodstock et Nuremberg.

Les indignés ont tellement peur d’être récupérés qu’ils ne peuvent admettre la moindre politisation sérieuse, et ce non pas pour maintenir la cohésion, mais parce que chaque indigné vient avec ses théories farfelues, tous espèrent convaincre les autres et s’écoutent donc déblatérer leurs délires farfelues.

On a même eu droit à des conspirationnistes (ils nous auraient manqués). Maintenant pour apprendre que le groupe Bildeberg finance en sous-main la CIA, elle-même dirigée par les hommes-lézards du Mossad manipulés par les illuminatis francs-maçons judéo-bolchéviques, plus besoin d’aller sur des sites louches, il suffit de passer au campement des indignés.

Alors, que retirer de tout ça ? Qu’est ce que les indignés à part une perte de temps ? Qui sont ils à part un mélange hétéroclite d’étudiants, de petits bourgeois, de zonards, de gens paumés ?

Mystère, mais en tout cas, c’était vraiment de la merde

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commentaires

Edgar 21/04/2013 21:15

Il peut être vexant en tant que participant d'entendre une critique aussi acerbe et dure dans ses termes ("tas de merde...")
Mais il est tout aussi violent, méprisant et complètement faux d'attribuer une responsabilité aux pauvres dans le fonctionnement du système bancaire et financier.
De même qu'il est faux de se réclamer non-violent, en le confondant avec le fait de se soumettre et de subir la violence d'autrui. Pour faire le choix de la non-violence encore faut-il que ce soit
une véritable décision et mise en pratique déterminée, et pas un nom que l'on met pour décorer notre impuissance, comme on le voit souvent aujourd'hui.

Jaz 02/04/2013 12:40

BAM! je viens de voir un cadavre sur un platane. good shot David.

david 02/04/2013 00:05

Kevin, avec quel argent vis-tu? Comment fais-tu pour manger? Les RSAistes et les smicards doivent-ils culpabiliser, eux, le salauds qui fon vivre les banques (SIC). On reconnait bien là un discours
pseudo-hippie bien pleind e haine envers les PROLÉTAIRES, les ouvriers et les chömeurs. Kevin, je rêve trop qu'on aille ensemble rencontrer les ouvriers et paysans anticapitalistes que j'ai
rencontré au Pérou de Cuzco à Ollantaytambo et la Vallée Sacrée. Tu les ferais sacrément rire, eux qui vivent avec de l'argent et qui font vivre les banques, eux aussi, selon toi. Oui, parce qu'ils
achètent des choses, "les salauds". Tu verrais ce qu'ils te répondraient. Dommage que mon arrière grand-père soit mort, lui qui était anticapitaliste et pour une société socialiste et qui touchait
un salaire "le salaud", lui qui faisait vivre les banques lui-aussi.?
Par contre, la saloperie commerçante, ça tu ne la dénonce pas. Sont "salauds" ceux qui achètent mais pas ceux qui vendent, bien sûr. Parce qu'on ne sait jamais, un jour tu pourras te reconvertir,
et là, tu te feras petit artisan libre et petit commerçant qui râlera contre les charges sociales de l'Etat (j'en ai vu des dizaines comme toi finir comme ça: des babas commerçants artisans à fond
pour le capitalisme mais avec des fleurs, bien sûr).

Lilian 28/03/2013 11:17

En effet, la réponse est facile pour celui qui, avec d'autres, érige des campements de résistance dans le réel, et ne se contente pas de babiller sur internet. La révolution ne se fera pas au chaud
dans son salon.

kevin 24/03/2013 13:51

se dire anarchiste et vivre du rsa c facile...
continuons de nourrir les banque

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