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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 20:36

Témoignage de Sophie sur ce qui s'est passé :

« Le mardi 9 novembre on est partis de Clémenceau pour aller à la Comédie, où les lycées devaient se rejoindre. Arrivés là-bas, on était une cinquantaine. On nous donne les tracts à distribuer, et nous commençons tout de suite. Là, un fourgon de la police municipale arrive et nous dit d'arrêter de tracter sur la place de la Comédie. On décide de bouger, car on ne veut pas d'ennuis avec la police. On va donc au Rives du Lez, sur l'avenue Mendes France au feu rouge. Là, on a ralentit un peu la circulation, mais on tractait. On ne pouvait pas faire autrement. On ne s'est pas mis au milieu en bloquant tout. Quand les voitures avaient les tracts, on les laissait passer. Tout d'un coup, on entend des sirènes, donc on se met tous sur le trottoir. Les policiers nationaux arrivent en uniforme avec deux camions et une voiture (peut-être même plus, je m'en rappelle pas trop). Là, certains lycéens entendent les policiers dire "on prend les gros bras". Donc, tout le monde crie "Ils prennent les gros bras. Les gars, courrez". Ils prennent deux "gros bras" et en mettent un dans un camion, l'autre dans une voiture. Un garçon se précipite et demande "c'est quoi ton nom ?" Il se fait embarquer lui aussi dans le camion, une autre qui le suivait crie "T'a le numéro de l'avocat ?". Hop, dans le camion lui aussi. Un lycéen de Jean Monnet arrive après eux et dit au policier qui ont embarqué nos quatre camarades "s'il vous plaît relâchez les, ils ont rien fait" d'une voie calme. Le policier sort sa matraque et le tape violemment à la hanche, et lui met un chassé dans les jambes, ce qui l'a fait tomber (il a d'ailleurs un bleu énorme à la hanche). J'étais à 5 centimètres, et je suis restée là, choquée, en le regardant se relever. Tout le monde a applaudit ironiquement la police, et moi j'ai rien fait, bugant en revoyant la scène, mais comme j'étais la plus proche, c'est moi qu'ils ont pris. Tout ce paragraphe c'est déroulé en 30 secondes.

J’étais dans la voiture avec Clément de Jean Monnet (moi je suis de Clémenceau). Dans le camion il y avait Nat de Paul Valéry, Roman de Joffre, et Laurie de Sète (lycée Charles de Gaule). Nous étions tous mineurs. Dans le camion, les flics les ont traités de "petit pédé" (c'est ce qu'ils m'ont dit... moi j'étais en voiture pas dans le camion). Apparemment, y'a un flic qui a demandé à un des gars qui se sont fait arrêter avec moi (je sais plus lequel) si il voulait bien signer une décharge comme quoi le flic n'été pas responsable de ce qui s'était passé pendant l'interpellation. Ca va, il est pas débile, il a pas signé. Arrivé à l'hôtel de ville, on a été fouillé et on nous a interrogé individuellement. Nat (l'étudiant de Paul-Va), pendant qu'on attendait pour l'interrogatoire était stressé, sous pression (comme nous tous) et il a sorti à un flic (tout en étant d'un calme étonnant) qui parlait super mal "t'as vu comment tu parles ? Le flic a réagi au quart de tour, il a dit :"Ouais, t'as de la chance que j'ai l'uniforme, sinon si je te croise dans la rue je te nique ta gueule. Je te jure je vais te rechercher, et je vais te défoncer ta petite gueule, parce que quand t'a des reubeux en face de toi, tu fermes direct ta gueule..."Bref, il a fait un speech de 5 minutes en répétant à chaque fin de phrase "je te nique ta gueule". Je me souviens juste du début, parce que après c'était tellement répétitif que ça m'a saoulé, j'ai même plus écouté sinon j'allais péter un plomb, et c'est exactement ce qu'ils voulaient.

...

Quand les manifestants qui avaient distribué les tracts avec nous sont allés faire un sitting à 13 heures devant l'hôtel de police, la police leur avait déclaré que nous serions relâchés à 14H et sans aucune poursuites. Mais on est rentrés à midi au commissariat central, et ce n'est qu'à cinq heures qu'ils ont appelés les parents (soi-disant qu'ils avaient oubliés de les prévenir). Or, comme nous n'étions pas majeurs, nous ne pouvions sortir sans les parents. Ce qui fait que le premier est finalement sorti à 18H et le dernier à 19H. Nous sommes donc restés entre 6 et 7H à l'hôtel de police.

Nous sommes pourtant convoqués au tribunal le mercredi 15 décembre à 10H30 pour le motif d'entrave à la circulation. Ils ont mis sur la convocation que nous avons bloqué la voie à l'aide d'objet et que nous nous sommes mis au milieu sans bouger, ce qui est totalement faux. Certains policiers m'ont dit que je risquais 4500 euros d'amende et 2 ans de prison pour mineur, mais ils ont dit des choses différentes à chacun pour nous perdre. »

Sophie

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Published by AL Montpellier - dans Infos locales
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