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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 10:25
Le FN, un parti respectable? Vraiment !?

Le FN veut se faire passer pour un parti républicain, dédiabolisé et loin des dérapages négationnistes du père Le Pen. Pourtant quand on y regarde de plus près ce n'est plus aussi net... La photographie à gauche montre Marine Le Pen chez Serge Ayoub...

Le Front national se réunit ce week-end à Marseille pour son université d’été. À six mois des municipales, Marine Le Pen veut poursuivre son nettoyage de façade du parti et gommer son image d’extrême droite. Le FN n’aurait aucun rapport avec les JNR, le GUD, les révisionnistes, l’ultra droite et autres, affirme haut et fort sa présidente. Faux. Mediapart publie, photos à l’appui, les preuves contraires.

Marine Le Pen a beau assurer que son parti n’a « aucun rapport avec ces groupes, qui expriment d’ailleurs régulièrement leur désapprobation à (son) égard », son vice-président, Florian Philippot, a beau répéter que « le FN n’a rien à voir avec ces personnalités radicales » et qu’il n’est « pas d’extrême droite », les faits sont têtus. De nombreuses photos et documents mettent à jour des liens existant de longue date entre le Front national et ces groupuscules. GUD, JNR, identitaires, néofascistes, etc. : encore aujourd’hui, la barrière est loin d’être étanche (lire notre Boîte noire).

1. Les liens avec les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR)

Cette porosité existe d’abord avec les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), le mouvement – dissout en juillet – de Serge Ayoub, l’ancien leader des skinheads parisiens, dont sont issus les agresseurs de Clément Méric. En juin, Marine Le Pen (qui n’a pas souhaité répondre à nos questions) avait martelé qu’elle « ne connai(ssait) pas précisément ce groupe ». Florian Philippot avait lui affirmé qu’il « ne savai(t) même pas que ça existait » et avait « appris leur existence dans la presse ». Pourtant, en juin 2008, la présidente du FN était présente au Local, le bar associatif d’Ayoub, lors de la première “100 % French Pride” organisée par le site d’extrême droite Fdesouche.com. En août 2010, elle dîne même avec « Batskin ».

En avril 2012, en pleine campagne présidentielle, le même Ayoub appelle dans une vidéo à « voter Marine », la seule « qui défend toujours la France et les Français ». Le 1er juin, pendant les législatives, il tracte avec ses militants sur le marché d’Hénin-Beaumont, à quelques pas de la candidate Marine Le Pen. Interrogée alors sur France 3, la présidente du FN avait affirmé n’avoir « jamais entendu parler » de ce parti solidariste et réfuté tout « lien » avec elle : « Ils sont venus défendre leur candidat » qui se présentait « dans une autre circonscription ».

Mais selon Mathias Destal, le journaliste de Marianne présent, Serge Ayoub était lui « clairement venu pour faire campagne pour Marine Le Pen, avec des tracts qui concernaient bien la 11e circonscription (celle de Le Pen – Ndlr) », tout en profitant « du cirque médiatique pour se faire connaître ».

Plus important encore : ce jour-là, aux côtés d’Ayoub, on trouve Yohan Mutte (cercle violet), impliqué dans l’attaque du bar gay à Lille en avril 2013, Olivier Vivien (cercle rouge) et un certain Serge, surnommé « Sergueï » (cercle vert). Ces deux derniers sont aussi présents… au défilé du 1er Mai du FN, respectivement en 2012 et 2013.

Car des passerelles existent aussi au sein du service d’ordre des événements du FN. Ainsi, Olivier Vivien (cercle rouge) et Daniel Mack (cercle jaune) jonglent entre leurs prestations d’agents de sécurité pour le Front national et leurs apparitions au sein des JNR :

Deux semaines plus tard, le 13 mai 2012, les mêmes défilent en effet avec les JNR, à l’occasion du rassemblement traditionnel de l’extrême droite radicale, à Paris :

Les passerelles sont aussi visibles à l’occasion des élections. Ainsi, l’ancienne conseillère régionale frontiste Sylvie Langlois (exclue en 2008 du FN), était candidate aux législatives de 2012 sous les couleurs du Front populaire solidariste d’Ayoub (qui réunit plusieurs groupuscules régionaux), dans la 8e circonscription du Nord :

Cette porosité s’étend à d’autres figures du Rassemblement bleu Marine (RBM). Le 29 septembre 2011, Serge Ayoub accueille au Local Christian Bouchet, candidat frontiste aux cantonales de 2011 et aux législatives de 2012 en Loire-Atlantique, pour une conférence sur la Syrie.

Bouchet ne lui est pas inconnu, il fut secrétaire général de Troisième Voie et signe dans son journal, Salut public, comme en témoigne cette Une :

Christian Bouchet a également animé le site VoxNR, nationaliste-révolutionnaire, antisioniste et pro-iranien. Mais ces liens ne semblent pas déranger Marine Le Pen, qui l’a à nouveau investi pour les municipales de 2014, à Nantes.

Pas plus qu’elle n’est gênée par son fils, Gauthier Bouchet, qui pose devant un portrait de Bachar el-Assad, lors d’un voyage en Syrie avec son père, à l’été 2011. Ce responsable du Front national de la jeunesse (FNJ) figure sur la liste FN pour les municipales à Saint-Nazaire et est membre de la délégation “communication numérique” du parti.

Plus récemment, le 15 mai, Serge Ayoub a reçu au Local le médiatique Robert Ménard, candidat soutenu par le FN pour les municipales à Béziers.

C’est d’ailleurs sur Serge Ayoub – accompagné de Rodolphe Crevelle, militant anarcho-royaliste à la tête du groupuscule le Lys noir –, que l’ancien président de Reporters sans frontières comptait s’appuyer pour sa campagne.

2. Les liens avec le GUD

C’est avec le GUD (Groupe union défense), organisation étudiante d’extrême droite, que les liens sont plus difficiles à masquer pour le FN. Dans l’entourage de la présidente du FN, plusieurs anciens gudards jouent les conseillers officieux. C’est le cas de l’avocat Philippe Péninque – qui a ouvert le compte suisse de Jérôme Cahuzac en 1992. Cette année, Mediapart l’a aperçu dans la foule du 1er Mai du FN, où il écoutait le discours de la présidente du FN en compagnie de Jean-Claude Nataf, homme de réseaux et de la Ligue de défense juive (LDJ), organisation d’extrême droite sioniste :

La plupart du temps invisible, il gravite dans l’entourage des Le Pen depuis de longues années. Il était aux côtés des Le Pen lors du fameux discours du fondateur du FN à Valmy, le 20 septembre 2006:

En avril 2007, c’est lui qui organise la visite de Marine Le Pen à Aulnay-sous-Bois (voir la vidéo) :

Aujourd’hui, l’avocat ne renie rien de ses années GUD : « Bien sûr », il voit encore ses anciens membres, « on se connaît tous », expliquait-il il y a quelques mois à des journalistes de Canal Plus. Mieux, il s’« honore d’avoir été au Groupe union défense » et estime que « nous serons considérés, quand l’Histoire va nous rendre raison, rapidement, comme des héros et des résistants ».

Autre homme clé autour de Marine Le Pen, son vieil ami de fac Frédéric Chatillon. Cet ancien chef du GUD et ex-directeur de la librairie révisionniste Ogmios était prestataire du FN pendant la campagne présidentielle de 2012. On a pu l’apercevoir lors de meetings et déplacements de la candidate, comme la tournée qu’il a organisée en Italie en octobre 2011.

Il est aussi présent au point presse de Marine Le Pen au Salon des maires, en novembre 2011 :

La mère de ses six enfants, Marie d’Herbais, amie d’enfance de Marine Le Pen et militante historique du FN, est employée au service de communication du Front national et présente chaque semaine le Journal de bord vidéo de Jean-Marie Le Pen. Elle fut même candidate dans la Sarthe aux législatives de 2012.

Chatillon est resté très proche de la mouvance néo-fasciste européenne, mais aussi des Syriens du parti Baas (lire notre enquête sur ses affaires avec la Syrie). À l’été 2006 puis en mars 2008, il accompagne Dieudonné – « un pote », expliquait-il à Mediapart – dans sa tournée à Damas, où ils apparaissent aux côtés de certains dignitaires syriens comme Manaf Tlass, le fils du général et ancien ministre de la défense, ami d’enfance de Bachar el-Assad (qui a fait défection en juillet 2012).

En 2011, Chatillon parraine la création du site Infosyrie.fr, pro-régime (fermé en janvier 2013). À Mediapart, il ne cache pas ses opinions : « Le régime se défend comme il peut, il a raison. Ce n’est pas le monstre que décrivent les médias. Aujourd’hui on cherche un prétexte pour le bombarder. Mais les vrais barbares sont du côté des rebelles ». Il est aperçu à une manifestation de soutien au régime syrien le 30 octobre 2011, dans une période de répression accrue (comme en attestent aussi ces images d’un documentaire de Canal Plus).


Ce jour-là, d’autres anciens du GUD liés au FN sont présents, comme Olivier Duguet, trésorier jusqu’en mars 2012 de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen (lire notre boîte noire):


À la tête de Jeanne, Marine Le Pen a placé Florence Lagarde, amie de fac et compagne de l’ex-gudard Jildaz Mahé O’Chinal, bras droit de Chatillon. Autre personnage-clé de ce cercle des anciens gudards: Axel Loustau. Président de la société privée Vendôme Sécurité, prestataire de service du Front national, Loustau a été candidat FN lors des législatives de 1997, dans les Hauts-de-Seine. En 2012, il a assuré une partie de la sécurité du FN, au défilé du 1er Mai et lors de meetings de Marine Le Pen (lire notre article).

Deux semaines plus tard, il était au traditionnel rendez-vous de l’extrême droite radicale, place de la Concorde, à Paris, devant le cortège du GUD, où il donne l’accolade à Edouard Klein (qui fut le chef du GUD entre 2010 et juin 2012):


Le même Edouard Klein était lui aussi présent au rassemblement pro-Bachar el-Assad, en 2011:

Klein, un autre élément gênant pour Marine Le Pen. Cet ancien chef du GUD a intégré le FNJ au printemps 2012. Cette année-là, il est d’ailleurs présent à la convention présidentielle de Le Pen, à Lille, les 18-19 février, avec son compère du GUD Baptiste Coquelle, adepte des saluts nazis (voir photos ci-dessous). L’Union de défense de la jeunesse (UDJ), avatar du GUD pour se présenter aux élections universitaires à Paris II-Assas, annonce même leur venue sur son site:

Trois mois plus tard, Klein est au 1er-Mai du FN, vêtu d’un t-shirt “les jeunes avec Marine”, à nouveau avec Coquelle:

En décembre 2012, on le voit participer à un tractage du FNJ à Angers, où est implanté un autre ancien chef du GUD (des années 1990): Gaëtan Dirand, secrétaire départemental du Maine-et-Loire et tête de liste à Angers pour les prochaines municipales.

Plus gênant: Klein et Coquelle apparaissent sur les photos du gala des 40 ans du FN, le 11 décembre 2012, à la Mutualité, à Paris. À leurs côtés, Marion Maréchal-Le Pen (en haut à gauche), le président du FNJ, Julien Rochedy (au centre avec un noeud papillon), son adjoint Paul-Alexandre Martin (à sa gauche) et d’autres membres du bureau national du FNJ et candidats frontistes, comme Anne-Sophie Levêque (Nord – 1ère en partant de la gauche), Julien Leonardelli (Pyrénées-Orientales – 2e en partant de la gauche), Adrien Grosjean (Alpes-Maritimes, 1er en partant de la droite), Julie Abraham (Alsace – 2e en partant de la droite):

La petite équipe s’est retrouvée à plusieurs reprises. Comme ici, en 2012:

Ou le 13 janvier 2013, lors de la manifestation contre le mariage pour tous organisée par la « Manif pour tous »:

La députée du Front national collectionne les amitiés sulfureuses: lors d’un défilé du 1er-Mai du FN, elle pose avec le rappeur d’extrême droite Fasc, également batteur dans le groupe Franc Tireur Patriote, proche du groupuscule nationaliste et antisémite “Renouveau français”:

3. Les liens avec l’Œuvre française

L’histoire d’un autre groupuscule est étroitement liée à celle du FN: l’Œuvre française (OF), fondée en 1968 sur les ruines de l’OAS, et dissoute par le gouvernement en juillet. Ce mouvement pétainiste et antisémite a pratiqué l’entrisme au FN pendant des années, plusieurs cadres frontistes conservant la double appartenance. Et à écouter son fondateur, Pierre Sidos, « de nombreux militants de l’Œuvre française appartiennent encore au FN » aujourd’hui (lire notre enquête).

En 2011, lors de l’élection interne du FN, plusieurs têtes pensantes de l’OF font la campagne de Bruno Gollnisch: Yvan Benedetti, conseiller municipal FN de Vénissieux, bras droit et directeur de campagne de Gollnisch; Alexandre Gabriac, conseiller régional FN Rhône-Alpes, devenu chef des Jeunesses nationalistes, la branche « jeune » de l’OF ; Jérôme Guigue (photo ci-dessous), entré au FN en 2006, responsable du DPS (le service d’ordre du FN) Rhône-Alpes ; Christophe Georgy, responsable du DPS « Grand Est », candidat FN à plusieurs élections et animateur d’un site à la gloire de Léon Degrelle, ancien Waffen SS et leader du mouvement collaborationniste belge « Rex ».

En 2008, encore membres du Front national, Gabriac et Benedetti participaient avec l’Œuvre française à un rassemblement néofasciste en Espagne:

On les retrouve en avril 2012 (après leur exclusion du FN) à un rassemblement en hommage à Mussolini, en Italie:

En juillet dernier, Gabriac se recueille sur la tombe de Mussolini pour l’anniversaire de sa naissance:

En mars 2011, un événement met en lumière ces doubles appartenances: une photo montrant Alexandre Gabriac faisant un salut nazi suscite un tollé. Marine Le Pen est contrainte de réagir. Elle annonce à grands renforts de médias l’exclusion de Gabriac et dénonce « l’entrisme » de l’Œuvre française. Une grande partie des cadres frontistes membres de l’OF sont exclus, tel Thierry Maillard, militant de longue date dans le groupuscule et responsable du Front national à Reims.

D’autres seront écartés bien plus tardivement, comme Laura Lussaud, exclue en janvier 2012. Fille et petite-fille de militants frontistes, elle affiche un long CV dans le parti : entrée au FNJ dès ses 13 ans, ancienne secrétaire régionale du FNJ, réélue au comité central du FN en 2011 (après l’élection de Marine Le Pen), candidate FN à Pornic la même année. Elle a rejoint les JN de Gabriac en 2012 et préside le groupuscule « le Clan » à Lyon. Dans une cinglante lettre ouverte à Jean-Marie Le Pen, elle a dénoncé une « purge » et invoqué son militantisme au FN « depuis toute petite ».

Sa grand-mère, elle, est encore membre du comité national du FN, d’après le site du Front national. En 2011, elle était responsable… du comité de soutien de Marine Le Pen en Loire-Atlantique.

Aujourd’hui, le flou demeure concernant certains cadres frontistes. Comme Amaury Navarranne. Responsable de l’Œuvre française à Toulon, cet ancien chef du FNJ dans le Var demeure membre du bureau du FN varois, mais aussi du comité central du parti :

En avril 2012, les Anonymous ont piraté les sites liés aux mouvements d’extrême droite lyonnais et les boîtes mail d’Yvan Benedetti. On y apprend qu’Amaury Navarranne est désormais l’un des bras droits de Benedetti pour l’organisation des camps d’été de Jeune nation. Ce que l’intéressé a démenti à Mediapart.

Parmi les documents piratés par les Anonymous, on trouve des demandes d’adhésion émanant de cadres du FN (lire l’article de Lyon Capitale), mais aussi la liste des membres. Parmi eux, Jean-Marie Cojannot, candidat FN aux législatives de 2012 et aux cantonales de 2011 dans le Vaucluse.

4. Les liens avec les identitaires

Fin 2011, un cadre du FN détaillait à Mediapart les « contacts individuels mais prolongés » de dirigeants du FN issus du MNR (Steeve Briois, Nicolas Bay, Bruno Bilde) avec ceux du bloc identitaire (BI), groupuscule anti-islam et xénophobe (lire notre article). La même année, lors des universités d’été du FN, à Nice, plusieurs responsables du BI, dont Philippe Vardon, étaient présents lors du discours de Marine Le Pen.

Entre les deux formations, les liens ont une dimension plus électorale. Aux cantonales de 2011, le FN a soutenu Jacques Peyrat, proche des identitaires, à Nice. En 2012, le bloc identitaire a réclamé des alliances avec le FN, ce que Marine Le Pen a pour l’instant refusé étant donné leurs divergences idéologiques sur l’Europe notamment. Mais à Nice, Nissa Rebela, la branche locale du Bloc, représenterait un potentiel électoral non négligeable pour le FN.

Le 19 septembre, ces liens prendront une tournure plus officielle, puisque Bruno Gollnisch – membre du bureau politique du FN, député européen, conseiller régional – se rendra à la Traboule, le local des identitaires à Lyon, pour une conférence.

Le 26 février, les identitaires lyonnais avaient déjà reçu Robert Ménard:

L’ancien président de RSF était aussi annoncé le 11 juin chez Jeune Bretagne (né de la scission du Bloc identitaire en 2012):

5. Les sulfureux secrétaires départementaux toujours en place

Les dirigeants du Front national se félicitent régulièrement d’avoir « fait le ménage » dans leur parti. Mais ce grand « ménage » est loin d’être effectif. Y compris parmi les responsables locaux du parti.

Épinglé par StreetPress puis par le livre Bienvenue au Front, Rémi Carillon, secrétaire départemental des Hauts-de-Seine, est toujours en place. Ce candidat FN aux législatives de 2012 s’est illustré par le post, sur site du FN 92, d’une vidéo antisémite de David Duke, ancien du Ku Klux Klan dont il juge les théories « intéressantes » mais aussi par sa version satirique de la Cigale et la Fourmi (où il question d’un « gang de cafards immigrés » qui « squatte » « la maison de la fourmi devenue logement social ») ou encore par sa tribune sur le site « Les 4 vérités » prônant la « méthode forte » « contre l’islamisation ».

Autre secrétaire départemental maintenu malgré son CV, Vincent Gérard, patron du FN de la Haute-Vienne, candidat frontiste régulier et ex-guitariste du groupe skinhead nationaliste Tolbiac’s Toads.

En avril 2012, il agresse le patron d’un bar, à Limoges. Marine Le Pen promet qu’il sera démis de ses fonctions s’il est condamné. Mais malgré sa condamnation à quatre mois de prison avec sursis pour « violences avec ou sous la menace d’une arme » (il a fait appel de cette décision), il figurait cette année au 1er-Mai du FN, sur l’estrade officielle, comme secrétaire départemental:

Jean-Marie Le Pen lui a même renouvelé sa confiance lors d’un déplacement, en mai dernier (voir les images). Et sur le site du parti, il est toujours en poste:

6. Les liens sans frontière avec les négationnistes, néofascistes et néonazis

Le Front national flirte aussi avec des personnalités négationnistes.

Ainsi, en 2011, le FN investit l’ex-MPF Jacques Kotoujansky, pour les cantonales, dans l’Yonne. On le retrouve aux universités d’été du FN, en septembre 2011, à Nice, puis à la tribune du colloque santé organisé par le think tank du parti, à Paris, le 10 novembre 2011. Membre du comité d’action programmatique du FN sur la santé, c’est lui qui a rédigé les propositions de Marine Le Pen sur la Sécurité sociale pour la présidentielle de 2012.

Mais Kotoujansky est aussi un médecin révisionniste, comme l’a révélé la journaliste Claire Checcaglini dans son livre Bienvenue au Front (Jacob Duvernet, 2012). Adepte des thèses de Thierry Meyssan, il a donné des conférences sur le 11-Septembre et a créé sa propre association conspirationniste, « Vérité & Liberté », visible sur le site, kotou.fr, dédié à la théorie du complot.

Autre exemple, Mathieu Spieser, membre du FN dans les Hauts-de-Seine et du DPS. Ce jeune homme, qui assure régulièrement la sécurité des Le Pen (photos ci-dessous), dialogue avec des négationnistes et antisémites notoires, tels que Robert Faurisson, Hervé Ryssen, Vincent Reynouard, comme en attestent plusieurs mails publiés par le site Fafwatch (à voir ici, , ou encore là), où il apparaît sous l’identifiant « msierra88″. Il figurait aussi sur la liste des invités du “forum de la nation” de l’Œuvre française, le 15 octobre 2011.

Le 13 janvier 2013, c’est un autre élu connu pour ses déclarations racistes, négationnistes et antisémites (notamment dans les années 1980-1990), qui défile avec le Front national, lors de la manifestation contre le mariage pour tous: Nick Griffin, chef du British National Party, parti d’extrême droite britannique. Le député européen a assisté à des meetings du Ku Klux Klan (lire ici et ), nié l’Holocauste en le comparant au « canular du XXe siècle », expliqué qu’il rêvait « d’une société entièrement blanche » et prôné la « suprématie blanche ». En 1998, il a été condamné à 2 ans de prison avec sursis pour incitation à la haine raciale (lire notre article).

Derrière eux on retrouve… Mathieu Spieser:

À l’étranger aussi Marine Le Pen conserve des contacts avec des personnages sulfureux (lire notre article sur son front européen). En 2006, lors de la dernière « fête des Bleu-Blanc-Rouge», elle pose avec Manuel Andrino, le leader de la Phalange. Cette organisation fasciste espagnole est alors invitée officiellement à la rencontre annuelle du Front national. D’autres responsables du FN (Jean-Marie Le Pen, David Rachline) prennent aussi la pause avec les Phalangistes (voir les photos ici)

En janvier 2012, la présidente du FN se rend aussi au très controversé bal de la Fédération des corporations pangermanistes, à l’invitation du FPÖ, le parti autrichien d’extrême droite. Ce rassemblement annuel de toute l’extrême droite européenne reçoit régulièrement des figures du négationnisme (comme John Gudenus, ex-FPÖ), des responsables internationaux d’extrême droite (le Vlaams Belang belge, le parti national-démocrate allemand – NPD –, le sulfureux Alexander Dugin du parti eurasiste de Russie).

Marine Le Pen y rencontre Martin Graf, député du FPÖ, membre d’Olympia, une corporation secrète interdite aux juifs et aux femmes dont les membres sont chargés de véhiculer, par des biais détournés, des idées néonazies, pangermanistes, antisémites et négationnistes (lire notre article).

En 2012, une photo circule, sur laquelle la présidente du FN pose avec Anthony et Grégoire, deux figures du milieu néo-nazi lyonnais – vraisemblablement en 2006, lors de la dernière « fête des Bleu-Blanc-Rouge », qui était la rencontre annuelle du FN. Anthony (à droite), batteur du groupe néo-nazi lyonnais Match Retour, a notamment participé à la tentative de rassemblement « contre les casseurs », le 22 octobre 2010 à Lyon (voir les images), à l’issue de laquelle quelque 150 personnes ont été arrêtées.

Sur leurs t-shirts, ils affichent des symboles nazis: une croix gammée arrondie avec une tête de mort (emblème des SS gardiens de camps); un détournement de la marque Londsdale en « LoNSDAPe », renvoyant au parti NSDAP d’Hitler. La présidente du FN assure alors n’avoir pas vu la croix gammée et minimise: « Depuis trois ou quatre ans, j’ai dû me faire photographier 10 000 fois, et encore ».

La famille Le Pen était aussi liée avec l’ancien député européen d’extrême droite Franz Schönhuber (décédé en 2005), auteur en 1982 d’un livre dans lequel il défendait son engagement dans les Waffen-SS:

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Published by AL Montpellier - dans FN Parti fasciste extreme droite
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commentaires

Sklerijenn 19/06/2014 19:02

Et oui cette chère Marine au Local d'Ayoub à vomir.... Comme Dieudonné chez Ayoub pour cracher sur le jeune décédé dans des circonstances tragiques, il y a 1 an. La petite fille Le Pen tout sourire avec des Boneheads et pareil pour sa tata Marine... Comme ce conseiller Régional poulain de Goldnish ce cher Gabriac (Conseiller Régional tout de même!! what the fuck o_O!!) devant le drapeau nazi avec un salut à l'appui.
C'est décevant.

ANARTAC 20/09/2013 11:10

A noter aussi que Bruno Goldnish était au local des identitaires à La Traboule à Lyon hier soir pour donner une conférence...

jocegaly 20/09/2013 10:17

Merci pour ce vaste panorama: je le diffuse (sur mon blog et twitter)
De mon coté j'ai un peu décortiqué son discours de clôture de l'UE du FN : http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2013/09/17/28038444.html

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