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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 09:37
La grève se poursuit au Bangladesh
Un article de la presse bourgeoise sur le Bangladesh...
Des dizaines de milliers d'ouvriers du textile ont bloqué des rues, mis le feu à des usines et se sont heurtés à la police lundi, exigeant un salaire mensuel minimum équivalent à 100 dollars.

Quelque 300 usines ont été fermées pour prévenir toute attaque d'usines de la part de manifestants, a précisé son adjoint, Mustafizur Rahman. «La situation est très volatile. La police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour disperser les ouvriers incontrôlables», a-t-il ajouté, précisant que plusieurs dizaines d'ouvriers et quelques policiers avaient été blessés.

Les manifestations contre les faibles salaires et les mauvaises conditions de travail ont secoué le secteur de l'habillement du Bangladesh depuis l'effondrement en avril du Rana Plaza, qui a tué plus de 1.100 personnes. Dans le faubourg de Savar, où l'immeuble s'est effondré, des ouvriers en colère ont mis le feu à au moins deux usines, a déclaré Reaz-Bin-Mahmood, vice-president de l'association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh.

Le pays exporte pour Walmart, H&M et Carrefour

Le Bangladesh est le deuxième exportateur de vêtements au monde, fournissant notamment des grands noms tels que l'américain Walmart, le français Carrefour ou encore le suédois H&M. Pilier de l'économie, le secteur avec ses 4.500 usines représente 80% des exportations annuelles s'élevant à 27 milliards de dollars.

Mais la grande majorité des 3 millions de travailleurs ne gagnent qu'un salaire de base mensuel de 3.000 taka (38 dollars) - soit un des plus bas au monde - suite à un accord tripartite entre les syndicats, le gouvernement et les fabricants signé en août 2010.

En juin, le gouvernement avait mis en place un groupe de travail spécial pour examiner les salaires et les syndicats ont demandé un salaire mensuel minium de 8.114 taka (100 dollars). Les propriétaires d'usine ont rejeté la demande, affirmant qu'ils pouvaient augmenter les salaires de seulement 20%, à 3.600 taka, en raison de la conjoncture économique mondiale morose.

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 12:30

Au Brésil, les syndicats d'enseignants en grève se heurtent violemment à la police pour défendre leurs droits. Un bon exemple pour les enseignants français qui doivent comprendre que pour gagner une lutte, il faut aller plus loin que chanter devant le rectorat.... Voici une vidéo du monde sur leur mobilisation.

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 10:34
L'extreme droite française à la rescousse d'Aube Dorée

Un article de la presse bourgeoise sur le soutien de l'extreme droite française à Aube Dorée, ces rats d'égout dénoncent une nouvelle affaire Méric en Grèce.

Deux militants de l'extrême-droite française, Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti, se sont indignés ce samedi de l'arrestation du chef du parti néonazi grec Aube dorée et de plusieurs de ses membres. Ils y voient "une nouvelle affaire Méric".

Alexandre Gabriac de feu les Jeunesses nationalistes et Yvan Benedetti de feu l'Oeuvre française se sont indignés samedi du coup de filet au sein du parti grec Aube doré (photo d'illustration).

Du soutien au delà des frontières hélleniques. Les militants d'extrême droite Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti ont qualifié l'arrestation samedi de leurs "camarades" du parti néonazi grec de l'Aube dorée de "répression scandaleuse", lors d'une conférence de presse samedi soir à Grenoble.

"Cette répression scandaleuse qui fait fi du droit grec, s'apparente à un coup de force (...) dans un pays livré aux bandes gauchisantes", a déclaré Yvan Benedetti, ancien président du groupuscule d'extrême droite, l'Oeuvre française, en marge d'une réunion de militants se réclamant "nationalistes".

"Le gouvernement grec a calqué la France. Il a vu qu'il n'y avait pas énormément de réactions quand on tentait de réduire la liberté d'expression", a ajouté Alexandre Gabriac, ex-président des Jeunesses nationalistes dont le mouvement ainsi que celui de Yvan Benedetti ont été dissous en juillet sur décret présidentiel.

"Une nouvelle affaire Méric"

Samedi les autorités grecques ont arrêté Nikos Michaloliakos chef historique du parti néonazi Aube dorée et plusieurs députés dont étaient proches les Jeunesses nationalistes fondées par Alexandre Gabriac. Le vaste coup de filet a été lancé après le meurtre d'un musicien antifasciste qu'Alexandre Gabriac a qualifié de "pseudo-agression", estimant que le meurtrier, un militant de l'Aube dorée, avait agi pour "se défendre".

"La répression nous soude entre camarades européens", a ajouté Alexandre Gabriac qui pour l'occasion portait un tee-shirt à l'effigie de l'Aube dorée. Le militant a qualifié ces arrestations de "nouvelle affaire Méric" faisant référence au décés du militant d'extrême gauche Clément Méric lors d'une rixe avec la Troisième Voie, mouvement d'extrême droite dissous lui aussi. La réunion devait rassembler une centaine de personnes selon les organisateurs, qui appellent à "une révolution nationale" afin de combattre "la dictature socialiste".

Les deux groupuscules d'extrême droite ont déposé des recours en référé suspensif devant le Conseil d'Etat afin d'obtenir l'annulation de leur dissolution. Leur requête doit être examinée le 21 octobre.

Deux militants de l'extrême-droite française, Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti, se sont indignés ce samedi de l'arrestation du chef du parti néonazi grec Aube dorée et de plusieurs de ses membres. Ils y voient "une nouvelle affaire Méric".

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Alexandre Gabriac de feu les Jeunesses nationalistes et Yvan Benedetti de feu l'Oeuvre française se sont indignés samedi du coup de filet au sein du parti grec Aube doré (photo d'illustration).

AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

Du soutien au delà des frontières hélleniques. Les militants d'extrême droite Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti ont qualifié l'arrestation samedi de leurs "camarades" du parti néonazi grec de l'Aube dorée de "répression scandaleuse", lors d'une conférence de presse samedi soir à Grenoble.

"Cette répression scandaleuse qui fait fi du droit grec, s'apparente à un coup de force (...) dans un pays livré aux bandes gauchisantes", a déclaré Yvan Benedetti, ancien président du groupuscule d'extrême droite, l'Oeuvre française, en marge d'une réunion de militants se réclamant "nationalistes".

"Le gouvernement grec a calqué la France. Il a vu qu'il n'y avait pas énormément de réactions quand on tentait de réduire la liberté d'expression", a ajouté Alexandre Gabriac, ex-président des Jeunesses nationalistes dont le mouvement ainsi que celui de Yvan Benedetti ont été dissous en juillet sur décret présidentiel.

"Une nouvelle affaire Méric"

Samedi les autorités grecques ont arrêté Nikos Michaloliakos chef historique du parti néonazi Aube dorée et plusieurs députés dont étaient proches les Jeunesses nationalistes fondées par Alexandre Gabriac. Le vaste coup de filet a été lancé après le meurtre d'un musicien antifasciste qu'Alexandre Gabriac a qualifié de "pseudo-agression", estimant que le meurtrier, un militant de l'Aube dorée, avait agi pour "se défendre".

"La répression nous soude entre camarades européens", a ajouté Alexandre Gabriac qui pour l'occasion portait un tee-shirt à l'effigie de l'Aube dorée. Le militant a qualifié ces arrestations de "nouvelle affaire Méric" faisant référence au décés du militant d'extrême gauche Clément Méric lors d'une rixe avec la Troisième Voie, mouvement d'extrême droite dissous lui aussi. La réunion devait rassembler une centaine de personnes selon les organisateurs, qui appellent à "une révolution nationale" afin de combattre "la dictature socialiste".

Les deux groupuscules d'extrême droite ont déposé des recours en référé suspensif devant le Conseil d'Etat afin d'obtenir l'annulation de leur dissolution. Leur requête doit être examinée le 21 octobre.

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 09:30
Le cyberpunk, un courant critique du capitalisme?

Voici un article sur le cyberpunk, courant de la science fiction qui critique les derniers déploiements de la modernité capitaliste.

Le cyberpunk, et son univers de science fiction réaliste, explore les dérives de la société moderne.

En 1988, un article évoque le phénomène du cyberpunk. Son auteur, Mark Downham, est alors une figure de la scène post-punk et situationniste en Angleterre. Il publie un texte dans le magazine de Tom Vague, qui concilie pensée anarchiste et univers cyberpunk.

« Le cyberpunk est une vraie arnaque. Il s’agit essentiellement de quelques modèles technico-urbains réunissant, au sein de la fragmentation techno-culturelle post-situationniste, science fiction et théorie critique, elles-mêmes mêlées à toutes sortes de fictions », ouvre Mark Downham. Il définit le cyberpunk qui se rapproche de l’univers de la science fiction, avec une critique de l’aliénation technologique. Le cyberpunk explore le futur proche dans une veine situationniste. Dans cet univers éclectique, se côtoient des auteurs aussi différents que Guy Debord ou J.G. Ballard.

« Le cyberpunk tente de démystifier les codes culturels afin de déchiffrer les stratégies dissimulées de domination, de désir, de détermination, de pouvoir et de volonté d’exercer le pouvoir », décrit Mark Downham. Le cyberpunk évoque la dimension cybernétique et mécanique d’une vie réifiée. Ce mouvement propose une critique radicale des technologies virtuelles et de leur emprise sur l’existence humaine. Les précurseurs du cyberpunk des années 1980 vont de Philip K. Dick à l’Internationale situationniste. Le cyberpunk découle d’un regroupement générationnel d’écrivains. Ce mouvement culturel alimente un véritable underground intellectuel.

« L’un des traits caractéristiques du cyberpunk, en tant que genre de la science-fiction, est l’intensité visionnaire et la concentration imaginative, un niveau accru et inédit de conceptualisation », souligne Mark Downham. Cette littérature fourmille de détails sur la vie quotidienne pour créer un véritable univers original.

Dans les années 1980, l’informatique et les ordinateurs se développent. Le cyberpunk valorise alors le hacking et le piratage. Les flux technologiques semblent plus complexes, mais aussi plus fragiles. « Nous pouvons provoquer l’effondrement des systèmes bancaires et commerciaux de l’Occident », s’enthousiasme Mark Downham. Le monde technologique devient le jeu des cyberpunks et des nouveaux pirates. « Tout est possible - nous avons déjà demain. C’est aujourd’hui que nous voulons », imagine Mark Downham.

Le cyberpunk s’attache à relier différents domaines de la connaissance dans un éclectisme original. « Les écarts entre les sciences et les humanités : le gouffre entre la culture littéraire, les structures formelles de l’art et de la politique et la culture de la science, le monde de l’ingénierie et de l’industrie - tout converge », décrit Mark Downham. L’auteur insiste sur les nouveautés technologiques. De manière peu critique, il évoque les potentialités des nouvelles machines. Cette fascination de la techno-science peut relativiser l’aliénation provoquée par la technologie moderne qui dépossède les individus de leurs savoir-faire. Mark Downham insiste surtout sur l’appropriation de ses innovations technologiques. Selon lui, « la rue s’approprie toujours les choses ».

Mais le cyberpunk évoque également le thème de la colonisation du corps humain par la machine, avec « les prothèses, les implants électroniques, la chirurgie esthétique, le cyberespace, l’ADN, l’altération générique », énumère Mark Downham. Mais les machines envahissent également le domaine mental, à travers l’intelligence artificielle et la neurochimie. Les technologies modifient radicalement la nature humaine et refaçonnent les individus.

« Le cyberpunk explore l’ironie inhérente à l’adoption de nouvelles manières de voir, qui elles-mêmes proposent de nouvelles formes d’organisation sociale devenues paradoxales ou contradictoires », décrit Mark Downham. Cette science fiction réaliste exagère les problèmes de la réalité et multiplie les métaphores de l’être humain avec les robots, les androïdes ou les cyborgs.

A l’image des situationnistes, les cyberpunks observent les évolutions de la société et ses nouvelles tendances. Ils attaquent non seulement la société actuelle mais aussi la société en devenir. Le cyberpunk renouvelle également la critique de la société spectaculaire marchande à l’ère du progrès scientifique. « La convergence des télévisions, des télécommunications et ordinateurs crée une idéologie du déterminisme technologique et des futurs préfabriqués qui reflètent le Spectacle actuel », observe Mark Downham. Les nouvelles technologies renforcent l’abrutissement, la désertification et l’artificialisation de la vie. Seules les apparences prédominent. Une logique mortifère colonise tous les aspects de l’existence. « Les changements technologiques atteignent aussi d’autres zones : culturelles, économiques, géopolitiques, psycho géographiques », précise Mark Downham.

Le cyberpunk observe également une société de la connexion et de la communication qui renforce la séparation entre les êtres humains et le vide de l’existence. « Nous sommes le Spectacle. Nos relations et notre néant spirituel et social sont le Spectacle », analyse Mark Downham. Cette logique spectaculaire marchande dépossède les individus de la conduite de leur propre existence. A l’ère de la postmodernité, le Spectacle ne cesse de s’approfondir pour détruire l’ensemble des relations humaines. « Les cyberpunks, comme Marcuse, Adorno, Althusser et les autres membres de l’École de Francfort lors de leurs discussion, savent que le Spectacle est un réseau sémiotique vorace, inéluctable et réifié qui transforme tout en marchandises, selon une logique qui fait glisser l’humanité dans le fascisme rhizomatique », analyse Mark Downham.

Dans son roman Substance mort, Philip K. Dick décrit une vie biologique, sans esprit ni sensibilité, qui se contente d’un fonctionnement mécanique avec un inlassable schéma de comportement.

L’aliénation technologique est critiquée car elle renforce la consommation et la passivité. « La convergence de l’ordinateur domestique, de la télévision et des lignes téléphoniques forme le réseau d’une nouvelle machinerie sociale virtuelle, qui témoigne de la consommation spectaculaire des produits et des dépendances », observe Mark Downham. Cette description semble désormais banale dans notre société moderne avec des individus constamment fixés à leurs écrans.

Debord observe une virtualisation de l’existence à travers les objets. Désormais, ce sont les flux d’information et les écrans qui composent cette virtualité.

Le film Blade Runner décrit un futur proche dont les tendances de la société contemporaine se renforcent. Le personnage en cavale semble réaliser une dérive situationniste. Il traverse l’espace urbain en se laissant bercer par le flux des évènements. « Il y a également des images d’espaces à l’abandon, d’espaces qui ont perdu leur dessein originel et introduisent le désordre dans la fiction cyberpunk et la théorie psycho géographique situationniste », décrit Mark Downham. Des bâtiments obsolètes comme des entrepôts à l’abandon, des horloges, des labyrinthes de ruelles dessinent un désert urbain.

Dans Blade Runner, les Réplicants sont des androïdes. Ils doivent servir dans la division du travail mais deviennent ensuite hors-la-loi car certains d’entre eux se sont rebellés. Le personnage de Deckart doit alors les éliminer. Cet ancien policier se laisse enrôler dans ce travail car c’est devenu sa seule identité, sans laquelle il n’est plus personne.

Le Los Angeles japonais de Blade Runner semble très hiérarchisé. Même les immeubles adoptent des formes pyramidales. Au sommet de la hiérarchie se situe le docteur Tyrell. Il dirige son entreprise qui fabrique les Répliquants. Mais Roy, un androïde, finit pat tuer Tyrell son propre créateur.

Mark Downham montre bien le foisonnement intellectuel du cyberpunk. Depuis la première parution de son texte, en 1988, de nouveaux films de science fiction ont été réalisés. Le cyberpunk ne cesse de se développer et de révèler une certaine lucidité sur l'effondrement de la civilisation industrielle.

Cet univers de science fiction réaliste irrigue la littérature mais aussi la philosophie, le cinéma et toute une culture populaire. Derrière la science fiction c’est bien la société moderne qui semble attaquée. L’aliénation technologique et l’emprise des machines sur les humains semblent détruire toute forme de rapport sensible au monde. Une vie mécanique et artificielle détruit la sensualité et le plaisir dans les relations humaines.

Source : Mark Downham, Cyberpunk, Traduit de l’anglais par Aude-Lise Bémer, Allia, 2013

Repris sur zones subversives.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 07:26
Les Roms nouvelle cible pour la classe politique

La campagne des municipales a commencé et les politiciens surenchérissent dans le racisme.

Pour deux raisons : ils pensent que ça caresse l’électorat dans le sens du poil (quel mépris !) et, pendant que les médias parlent de ça, ils ne les interrogent pas sur le chômage, la pauvreté et la répartition des richesses.

L’objet des propos les plus vils est variable : une semaine les musulman-es, une semaine les Rroms.

Il y a environ 20.000 Rroms de l’Est en France. L’Europe a créé une règlementation spéciale pour eux : ils et elles ont le droit de venir mais pas de travailler. Pas de revenus, pas le logements sociaux, une migration par groupes, et voilà les conditions de la création des bidonvilles dont politiciens et médias parlent tant.

Les mensonges s’accumulent. L’extrême droite, par la bouche de Manuel Valls, affirme que les Rroms ont vocation à rentrer dans leurs pays d’origine ou qu’ils ne veulent pas, à quelques familles près, s’intégrer.

Logiquement, puisque Valls donne le la du gouvernement en la matière, les expulsions des terrains et bidonvilles sont massives et en nombre croissant : en 2012, plus de 11.000 personnes ont été évacuées de leurs lieux de vie ; pour le premier semestre 2013, c’est plus de 10.000. Et cet été, plus de 3.700 personnes ont perdu leurs (précaires mais existants) lieux de vie.

Ne nous laissons pas berner et distraire. Les ennemis, ce sont les banques, les capitalistes et les gouvernants, pas les personnes pauvres et étrangères !

Alternative libertaire, le 26 septembre 2013

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 10:26
Le "modèle allemand" de réduction des salaires et de dumping social

A l'heure ou le "panzer chancellièr"e Angela Merkel vient d'être réélue voici un article sur le soi-disant modèle allemand à base de dumping social fiscal et de nouvelles technologies...

De l’avis général, le fait que l’Allemagne ait « supporté la crise mieux que d’autres », soit à nouveau « compétitive » et apparaisse « aujourd’hui en si bonne forme économique », serait dû notamment à l’Agenda 2010 de la coalition rouge-verte menée par le chancelier Schröder et à la « restructuration de l’Etat-providence » qu’il impliquait (1). Peut-être les données contenues dans le tableau ci-dessous nous aideront-elles à comprendre ce que cela peut bien vouloir dire. Le site internet du Spiegel l’a publié à deux reprises en novembre 2011, d’abord le 9 novembre sous le titre « Baisse des salaires réels : les Allemands ont de moins en moins les moyens » (2), puis à nouveau le 23, cette fois sous le titre « Salaires réels en hausse : il reste davantage d’argent dans les poches des travailleurs » (3). Alors que le premier article s’intéressait à l’évolution des dix dernières années, le second traitait des perspectives censées être offertes par diverses « options économiques » grâce auxquelles les salaires horaires doivent augmenter de 2,7% en 2012, l’inflation restant quant à elle aux alentours de 1,9%. Mais qui est assez naïf pour croire ce genre de choses ?

Salaires mensuels bruts réels moyens par déciles (en prix constants de 2005)

2000

2005

2010

Variation
2000-2
005

Variation
2000-2
010

1er décile

320 €

289 €

259 €

-9,7%

-19,1%

2ème décile

798 €

636 €

614 €

-20,3%

-23,1%

3ème décile

1290 €

1120 €

1048 €

-13,2%

-18,8%

4ème décile

1658 €

1520 €

1440 €

-8,3%

-13,1%

5ème décile

1958 €

1902 €

1798 €

-2,9%

-8,2%

6ème décile

2253 €

2245 €

2162 €

-0,4%

-4,0%

7ème décile

2554 €

2573 €

2485 €

0,7%

-2,7%

8ème décile

2865 €

2967 €

2845 €

3,6%

-0,7%

9ème décile

3434 €

3543 €

3440 €

3,2%

0,2%

10ème décile

5368 €

5340 €

5481 €

-0,5%

2,1%

Moyenne

2229 €

2201 €

2136 €

-1,3%

-4,2%

Médiane

2096 €

2087 €

1941 €

-0,4%

-7,4%

Source : SOEP v27.

L’agenda 2010 n’a pas seulement (sous le nom de code de « Hartz IV ») réduit, comme chacun sait, de manière spectaculaire les prestations sociales au nom de la « finançabilité de l’Etat-providence » ; il signifia en même temps le feu vert des parlementaires au dumping salarial. Comme tel, il a manifestement connu un franc succès, ainsi qu’il ressort ici du panel socioéconomique (SOEP) de l’Institut allemand pour la recherche économique. Dans le tableau sont indiqués les salaires mensuels bruts pour les années 2000, 2005 et 2010, exprimés en prix constants de 2005 (autrement dit, corrigés de l’inflation) et répartis en dix tranches de revenu. On y voit qu’en moyenne le salaire réel en Allemagne a diminué de 4,2% entre 2000 et 2010, mais on note aussi que ce sont les revenus déjà modestes qui supportent l’essentiel de cette baisse :

· Si l’on excepte le premier décile, qui correspond aux emplois les moins bien rémunérés, il s’avère que plus le salaire est bas et plus grande est la perte de salaire réel.

· Pour l’ensemble des sept tranches inférieures, la perte de salaire réel atteint, en 2010, 9,5% en moyenne.

· Même les salaires des travailleurs et travailleuses qualifiés (la fameuse industrie allemande d’exportation ! – déciles 6 à 8) ont diminué en valeurs réelles.

· Tandis que les six premières tranches subissaient déjà dès 2005 une baisse de leur salaire réel, les autres tranches ne leur ont emboîté le pas qu’au cours de la deuxième moitié de la décennie. La baisse a donc grignoté de bas en haut toute l’échelle des salaires. Seul le décile supérieur fait exception ; pour des raisons que nous n’examinerons pas ici, il joue un rôle particulier.

Il se trouve par ailleurs que, dès 2008, la fondation Hans Böckler – s’appuyant manifestement sur des données de base et/ou une méthodologie différentes (4) – avait présenté une étude d’après laquelle, entre 2000 et 2008, les salaires réels auraient diminué de 0,8% en Allemagne, tandis qu’ils augmentaient dans tous les autres pays de l’UE :

Hausse des salaires réels de 2000 à 2008

Allemagne

-0,8%

Pays-Bas

12,4%

Slovénie

40,3%

Autriche

2,9%

Chypre

12,8%

Slovaquie

48,1%

Portugal

3,3%

Suède

17,9%

République tchèque

49,1%

Espagne

4,6%

Finlande

18,9%

Bulgarie

51,9%

Belgique

7,2%

Pologne

19,0%

Hongrie

66,7%

Italie

7,5%

Danemark

19,0%

Lituanie

104,4%

Malte

7,9%

Royaume-Uni

26,1%

Estonie

132,5%

Luxembourg

8,1%

Grèce

39,6%

Lettonie

188,5%

France

9,6%

Irlande

30,3%

Roumanie

331,7%

Source : Böcklerimpuls, n°14, 2008.

Ajoutons également cette autre donnée empirique : selon Destatis, l’office allemand de la statistique (5), en Allemagne la valeur ajoutée brute par heure travaillée dans les secteurs de la production industrielle qui sont particulièrement cruciaux pour l’exportation, hors BTP – calculée en prix constants de 2000 – est passée de 36,64 €/h en 2000 à 45,77 €/h en 2008, soit une hausse réelle de 24,9% dans ce laps de temps.

En résumé, le fameux « modèle » allemand, qui permit au cours de la dernière décennie de regagner une « compétitivité internationale » soi-disant perdue, reposerait donc sur une combinaison de dumping salarial et de haute technologie. Les gains de productivité sont certes toujours aussi élevés, mais ils ont cessé d’être répercutés – comme c’était le cas à l’ère fordiste et comme ça l’est encore dans tous les autres pays de l’UE – sur les emplois salariés. S’ajoute à cela le fait que la part de la production industrielle dans le PIB est nettement plus élevée en Allemagne que chez ses voisins, et que cet écart, en raison même du moindre coût unitaire du travail, s’est creusé toujours plus à l’avantage de l’industrie allemande, puisque, dans ces conditions, les industries sud-européennes (entre autres) ne sont plus compétitives.

Les ratés spécifiques (excédant, par conséquent, le cadre de la crise économique globale) que connaît la zone euro, dont les pays membres n’ont plus la possibilité de se protéger l’un de l’autre en dévaluant leur monnaie – des ratés qui pourraient aller jusqu’à son effondrement désormais sérieusement envisagé –, proviennent du fait que c’est justement la nation la plus forte économiquement, et en même temps l’une de celles où la productivité du travail est la plus élevée, qui pratique le dumping salarial. On eut d’ailleurs tôt fait de le souligner : la Commission européenne et l’ex-ministre des finances française et actuelle directrice générale du FMI Christine Lagarde, notamment, exhortèrent les Allemands à relever les salaires et à faire preuve de modération dans leurs exportations – bien entendu sans le moindre écho du côté allemand. Qui laisserait de gaieté de cœur un système qui marche aller à vau-l’eau ? On préfèrera recommander au reste de l’Europe de s’aligner sur le modèle allemand : « Nous avons fait nos devoirs. » Toutefois, c’est oublier (ou passer délibérément sous silence) que ledit modèle repose sur une asymétrie et ne peut donc fonctionner qu’aussi longtemps que tous les autres pays ne l’utilisent pas. Le message est à la fois banal et visiblement difficile à faire passer, mais les balances commerciales ne sauraient être toutes positives en même temps, puisque leur somme doit nécessairement donner zéro.

Dans les « pays en crise » de l’Europe du Sud, on opte donc pour une politique d’austérité en comparaison de laquelle « les réformes Hartz IV font figure de séjour de remise en forme au Sri Lanka » (dixit Georg Diez sur le site internet du Spiegel le 02/12/2011) – et qu’en résulte-t-il ? Afin d’éviter un euro-krach, la BCE se voit bien entendu contrainte de racheter un volume toujours croissant de douteuses obligations d’Etat, ce qui entraîne au minimum une tendance à l’inflation. Simultanément, l’UE toute entière file droit vers la récession, Allemagne incluse bien sûr : plus de 60% des exportations allemandes (578 milliards sur un total de 957 milliards d’euros) ont pour destination l’Europe des 27, ce qui représente en 2010 quelque 23% du PIB allemand (6), et les exportations vers le reste du monde s’avèrent en fin de compte tout aussi incertaines. Ce mélange de récession et d’inflation auquel il faut s’attendre, ainsi que leur impact en termes de paupérisation, conduiront vraisemblablement à brève échéance à des révoltes sociales à l’échelle non seulement européenne mais mondiale – révoltes qui, toutefois, sont condamnées à rester impuissantes aussi longtemps que, comme persistent à le faire tous les mouvements de contestation actuels, elles se cramponneront au médium-argent pour en réclamer simplement une plus juste répartition.

Etant donné la productivité du travail que la production agricole et industrielle ont atteinte aujourd’hui – en réalité, dès les années 1980 – et qui ne cesse d’augmenter, une fraction toujours plus réduite de la main d’œuvre mondiale suffit à tout produire. Cette évolution, qu’il a lui-même déclenchée, a placé le mode de production capitaliste – et avec lui l’humanité tributaire de son bon fonctionnement – dans une situation difficile n’offrant, dans le cadre du capitalisme, pas la moindre issue. Il ne faut pas chercher ailleurs la cause profonde de la crise actuelle qui se présente sous l’aspect d’un amoncellement de crises de la dette de plus en plus aiguës. Ceux qui ne produisent pas eux-mêmes – conformément au niveau de productivité atteint, autrement dit la grande majorité – mais refusent cependant de voir leur niveau de vie péricliter, n’ont d’autre choix que de laisser des ardoises, c’est-à-dire de s’endetter, ne serait-ce qu’auprès des producteurs, pour qui vraisemblablement le simple fait de pouvoir continuer à produire constituera déjà une bonne nouvelle. A lui seul, ce mécanisme a maintenu en marche l’économie mondiale durant les trois dernières décennies. Rétrospectivement, le néolibéralisme se révèle ainsi – à l’inverse de ce que prétend sa propre idéologie – comme « le plus gigantesque plan de relance financé par le crédit qu’on ait jamais vu » (Meinhard Miegel). Cependant, la fête devait s’achever un jour ou l’autre, et il semble que ce moment soit arrivé.

Revenons-en à l’UE : à supposer même que – contre toute attente et seulement au prix d’énormes sacrifices, semblables à ceux auxquels on s’apprête aujourd’hui à soumettre, entre autres, les populations grecque, portugaise et espagnole – l’UE, voire la seule zone euro, parvienne à s’aligner sur le modèle allemand et à retrouver sa « compétitivité au plan international », autrement dit à rivaliser avec la Chine, y compris en ce qui concerne les conditions de vie et de travail, où trouverions-nous les consommateurs et consommatrices ayant encore les moyens d’acheter tous nos beaux produits devenus si bon marché ? Du reste, la spirale descendante qui se profile ne concerne pas seulement la consommation de masse et le niveau de vie qui lui correspond, mais également le but même de toute économie capitaliste, à savoir l’extraction de profits. Au niveau de productivité atteint, l’accumulation du capital est devenue impossible sans consommation de masse, et celle-ci à son tour impossible sans un endettement croissant. Le mode de production capitaliste n’offre plus la moindre lueur au bout du tunnel, pas même pour lui-même.

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 17:19

Ce jeudi 26 septembre se tenait à l'Université Paul Valery une assemblée générale afin de protester contre les mesure d'austérité proposées par la présidence de l'Université : fermeture du site de Béziers, sélection par tirage au sort à l'entrée de la fac, licenciement d'une partie des personnels précaires...

La section montpelliéraine de l'UNI, syndicat de droite dure voire extrême, lié à l'UMP a choisi de faire une provocation contre les grévistes. Les militants de l'UNI connus pour professer l'inégalité des civilisations(http://www.liberation.fr/politiques/2012/02/07/gueant-affirme-que-ses-propos-ne-visaient-pas-les-musulmans-francais_794233) sont venus casser la mobilisation.

Etrangers à la fac de lettres, inscrits en fac de droit qui n'est pourtant pas concernée par les mesures d'austérité, ils sont venus casser le mouvement.

Habillés en costume cravate, les militants de l'UNI ont tenté de perturber l'Assemblée Générale aux cris de « Gréviste= futur chômeur », « il y a trop d'immigrés en France » le tout en chantant la Marseillaise.

La dizaine de militants de l'UNI est venue accompagnée d'un service d'ordre de gros bras issu de boites de sécurité privée ou du service d'ordre de l'UMP, qui ont tenté de se faire passer pour des « étudiants concernés par leurs droits au travail ».

Heureusement, la réaction des étudiants de l'Université a été à la hauteur de la provocation, ceux ci leur ont barrés l'accès à l'Assemblée Générale malgré les menaces de leur escorte « d'étudiants de première année » de plus de 45 ans.

Refoulés une première fois, ils sont revenus avec plus de militants. Là encore, des étudiants choqués, des antifascistes, des militants syndicaux, libertaires leur ont barré la route.

Au final, c'est la compagnie d'intervention de la police nationale qui a du protéger les militants de l'UNI qui se sont enfuits sous les quolibets et les moqueries des étudiants.

L'échec de la provocation de la droite extrême venue casser la grève est une bonne chose. Elle et est de bonne augure pour la mobilisation. Néanmoins, nous devons rester vigilants et nous rappeler que les groupes de droite extrême tels que l'UNI sont toujours du coté des possédants. Leur perspective est l'écrasement des précaires et des plus pauvres. Ils doivent être combattus en tant que tels.

Alternative Libertaire Montpellier

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur l'UNI et son histoire trouble.

http://scalp87.over-blog.com/article-14274611.html

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 23:16
Les révoltes de prisonniers des années 70

Voici un article qui revient sur les luttes et mutineries de prisonniers dans les années 70 à l'occasion de l'excellent ouvrage d'Anne Guérin sur le sujet...

Dans les années 1970, les luttes des prisonniers se développent. Ses révoltes alimentent une réflexion sur la prison et l'ordre social.

Même en prison, il est possible de se révolter. Les prisonniers peuvent lutter et s’exprimer directement pour critiquer le quotidien carcéral. Pourtant leur parole reste étouffée. Certes l'actuelle ministre de la Justice, Christiane Taubira, se préoccupe des conditions de vie dans les prisons. Mais elle se contente de discours moralistes et républicains sans jamais faire écho à la voix des prisonniers eux-mêmes. Face à la prison, comme à tous les autres problèmes de la société, la solution ne peux pas venir des ministères mais uniquement des principaux concernés. Les améliorations du quotidien carcéral ont été arrachées par des luttes, des mutineries, des émeutes.

Anne Guérin revient sur les révoltes des prisonniers de 1970 à 1980, dans un livre récent. « Dans la foulée de Mai 68, les prisons, d’abord surprises, incrédules, silencieuses, immobiles, se sont ébranlées », résume l’historienne Michelle Perrot dans sa préface.

Anne Guérin dresse un état des lieux de la prison en 1970. Les conditions de détentions diffèrent d’un établissement à un autre. Mais les bâtiments semblent tous vétustes et construits au XIXème siècle. Les prisons se caractérisent par une surpopulation, avec souvent six détenus dans une cellule de 9m2. Mais l’habitat collectif permet d’éviter l’isolement total. La nourriture est infecte et sans équilibre nutritionnel. La chaleur en hiver et l’aération en été demeurent défaillantes. Des problèmes d’hygiène s’expliquent par la saleté et le manque d’eau. La population carcérale rajeunit mais les soins sont rares.

La violence s’exerce sur les matons mais aussi à travers les auto-mutilations. Le nombre de suicide reste important, avant de s’envoler. En 1970 le travail est obligatoire, mal payé mais indispensable pour avoir quelques ressources. Le travail en prison demeure plus dur, et avec des cadences plus rapides. En dehors de la promenade, les activités sont réservées aux « bons » détenus. L’information est censurée et la culture limitée. Un détenu cultivé qui réfléchit représente un danger pour l’administration pénitentiaire. La discipline militaire s’accompagne de sanctions. Le mitard est une cellule dans laquelle l’individu est isolé dans l’obscurité.

La population carcérale semble surtout issue des classes populaires avec des individus souvent condamnés pour vol. « On ne s’en étonnera pas, sachant que notre code pénal, élaboré pour les possédants, réprime prioritairement les atteintes à la propriété », indique Anne Guérin. La délinquance de rue demeure plus réprimée que la criminalité financière par exemple. Il existe une justice de classe puisque les bourgeois sont largement moins condamnés que les prolétaires. De plus, ils sont condamnés à des amendes et non à de la prison ferme. Les jeunes et les étrangers sont particulièrement représentés en prison. Les sans professions sont très facilement condamnés à de la prison ferme.

Les prisonniers s'expriment

Durant les années 1970, la parole des prisonniers s'exprime davantage. Le Groupe d’information sur les prisons (GIP), animé par des intellectuels comme Michel Foucault, recueille des témoignages. Le Comité d’action des prisonniers (CAP), incarné par Serge Livrozet, permet aux détenus de s’exprimer directement dans son journal. Pourtant, la parole des prisonniers reste considérée comme suspecte par les intellectuels ou les associations. Des témoignages véridiques sont remis en cause.

Les détenus expriment moins des plaintes que des mécontentements. Mais des prisonniers subissent aussi la maladie mentale et les psychotropes. « Mais justement ces serpillières, passives et déconnectées du monde, ne témoignent guère », indique Anne Guérin. En revanche, les détenus évoquent surtout leur situation individuelle sans la replacer dans une histoire et une analyse globale de la prison. Même si des intellectuels, comme Jacques Lesage de La Haye, replacent leur témoignage de la prison dans une réflexion plus large.

Les prisonniers qui témoignent s’inscrivent dans une lutte. Ils tentent donc d’attirer la sympathie sur eux, en éludant certains faits. Les conflits entre prisonniers et les oppositions au cours d’une révolte ne sont pas évoqués. La cruauté et la domination de certains détenus demeure souvent éludée par les témoignages. Le désir et la sexualité restent également des sujets tabous. L’homosexualité n’est pas évoquée. Le droit à une sexualité plus épanouie ne figure pas parmi les revendications de prisonniers. Même l’existence de « parloirs sexuels » n’est pas demandée. Mais la prison détruit également toute forme de désir et de libido.

Les détenus écrivains ne sont pas représentatifs. Ce sont des rebelles en lutte contre l’administration pénitentiaire et contre la société. Mais leur témoignage est plus libre et leur réflexion politique semble particulièrement approfondie. Pour Roger Knobelspiess, l’écriture s’apparente à un moyen de survie en prison. Il exprime sa rage et sa révolte contre un monde à détruire. « C’est pour cela qu’il faut que j’écrive, que je surmonte mon prolétariat de l’inculture pour rendre la réalité carcérale, la réalité judiciaire et, forcément la réalité sociale et politique », souligne Roger Knobelspiess. L’écriture demeure également un moyen d’exister, pour créer un espace de liberté dans l’étouffoir carcéral.

En Mai 68, la révolte n’atteint pas les prisons. En revanche, parmi les mutins des années 1970, certains ont participé au mouvement de Mai 68. Par exemple Serge Livrozet occupait la Sorbonne. Mais les revendications des prisonniers relèvent de la survie. Ils n’aspirent pas à jouir sans entraves, mais simplement à avoir des conditions de détentions moins ignobles.

Les révoltes dévoilent l’horreur du système carcéral. Les mutineries permettent de sensibiliser la population aux conditions de détentions. « La révolte du prisonnier est le mouvement le plus naturel », écrit même en 1972 le futur ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement. Ensuite, les prisonniers ne se contentent plus de subir leur peine et de culpabiliser. Le mouvement de Mai 68 attaque l’ordre social qui produit la criminalité. « Enfant, j’étais voleur par nécessité ; ensuite, je l’étais par défi ; pour finir, je l’ai été par principe », écrit Serge Livrozet.

Des mouvements de réflexion politique

Les maos sont particulièrement actifs dans l’agitation de l’après Mai 68. Ils revendiquent ouvertement la violence révolutionnaire et multiplient les actions. Surtout, ils subissent fortement la répression qui cible en priorité les mouvements politiques. Le ministère de l’Intérieur, paranoïaque et complotiste, pense que les maos sont la cause de toutes les révoltes ouvrières.

Plus de deux cents maos sont alors emprisonnés. Ils continuent la lutte en prison. Les maos participent à des grèves de la faim et obtiennent des avantages. Ils tentent de rencontrer les détenus de droit commun même si l’administration pénitentiaire le leur interdit. Les maos permettent de rendre visible les conditions de détention. Mais ses prisonniers politiques se considèrent comme supérieurs aux prisonniers de droit commun. Ce faux clivage fait l’objet d’un débat constant. Pour le GIP, les prisonniers qui luttent sont politiques. Pour le CAP, proche de l'autonomie désirante, tous les prisonniers sont politiques car ils sont les victimes d’un système d’oppression.

Les maos également sont divisés sur la priorité à accorder aux luttes dans les prisons. Un courant considère que les luttes ouvrières dans les usines demeurent prioritaires. Mais d’autres soulignent que les prisons sont surtout peuplées de prolétaires qui peuvent aussi se révolter. Même si les détenus, souvent d’origine ouvrière, refusent la discipline de l’usine et l’ennui du travail. Les organisations politiques ne les considèrent pas comme appartenant à la classe ouvrière et se désintéressent des prisons. En revanche, le CAP tente de relier les luttes des prisonniers avec les luttes des travailleurs. L'activisme des maos ne se construit pas dans la durée et ils finissent par abandonner la lutte.

Le GIP, animé par Michel Foucault, privilégie l’information et la réflexion sur la prison. Au-delà des clivages politiques, le GIP recueille la parole des prisons pour briser la honte et la culpabilité des détenus. Soutenu par de nombreux intellectuels, ce mouvement bénéficie d’une importante audience médiatique.

Pourtant le GIP n’est pas à l’origine des révoltes de prisonniers. Ses luttes sont souvent spontanées et les détenus connaissent rarement le GIP. L’information reste censurée dans les prisons. Le GIP agit avec le CAP car ses deux mouvements estiment que les luttes doivent être initiées et dirigées par les prisonniers eux-mêmes. Mais des divergences existent. Le GIP privilégie la réflexion intellectuelle. Le CAP assume une tonalité plus radicale et libertaire. Ce mouvement lutte aussi pour l’abolition de la prison.

Le GIP et Michel Foucault analysent la prison comme un reflet de la société dans son ensemble. Un même pouvoir s’exerce à l’hôpital psychiatrique, à la caserne, à l’école, à l’usine. Avec la prison, ce sont toutes les formes de contrôle social qui sont contestées.

Des émeutes et mutineries

En mai 1970, six détenus tentent de s’évader de la prison de Clairvaux à travers un tunnel. Parmi eux, Charlie Bauer raconte cet évènement. Une fois arrêtés, ils sont violemment brutalisés.

En décembre 1971, une révolte éclate à Toul. La suppression du colis de Noël devient l’humiliation de trop qui déclenche la contestation. Le directeur de la centrale multiplie les sanction pour faire régner la terreur. Une fois au mitard, les détenus sont longuement tabassés par les surveillants. Mais les détenus revendiquent davantage une amélioration de leur quotidien plutôt qu’une abolition de la prison.

La révolte, d’abord pacifique, se transforme en véritable mutinerie. Les détenus barricadent les entrées et prennent le contrôle des moyens de communication pour se préparer à un assaut des forces de l’ordre. De jeunes détenus montent sur le toit pour pouvoir balancer des briques. Malgré la répression, la révolte permet de se libérer. Les détenus rendent visibles leurs conditions de détention. Surtout, le système pénal est alors attaqué par ceux qui le subissent directement. Une vague de révolte souffle dans les prisons et les mutineries se multiplient en 1972.

Ses révoltes débouchent vers la réforme de René Pleven. Les conditions de vie dans la prison doivent se rapprocher de celles du monde extérieur. Mais les avancées demeurent timides. Ensuite, les détenus ne connaissent pas leurs nouveaux droits. Surtout, la réforme n’est pas toujours appliquée dans les prisons.

Pendant l’été 1974, marqué par une forte chaleur, une vague de mutineries éclate dans les prisons.

A Clairvaux, prison modernisée, les détenus doivent beaucoup travailler pour un misérable salaire. Surtout, ils contestent la longueur de leur peine et l’utilité de la prison. Lorsque plusieurs détenus sont envoyés au mitard, plusieurs dizaines de prisonniers se solidarisent. La colère spontanée ne s’appuie sur aucune revendication. Pour Charlie Bauer, en 1974, « le temps est plus à la rébellion qu’à la seule revendication. Il nous arrive de manifester pour manifester, sans mot d’ordre ni motif autre que celui d’être en colère, en révolte et en prison ». Des ateliers de travail sont incendiés et les détenus deviennent rapidement maîtres de la prison. Avec les flammes dans la nuit et l’ivresse de l’alcool, cette émeute s’apparente à une fête. Mais la répression devient brutale avec tabassages violents, grenades et tir à balles réelles.

La mutinerie à Nîmes présente les mêmes caractéristiques que celle de Clairvaux. L’émeute semble spontanée, après avoir écouté un discours du Ministre de la Justice qui appelle à plus de fermeté. La colère prime sur les revendications. « Notre but était surtout, je crois, d’affirmer notre impatience, notre ras-le-bol et notre existence. Nous étions encore des humains et nous voulions que les gens le sachent », résume Serge Livrozet. Les prostitués qui observent la révolte dans la prison au cœur de la ville encouragent les mutins et insultent les forces de l’ordre.

Le vent de colère se propage jusqu’à Loos, présentée comme une prison modèle. Mais la liste de revendications révèlent les nombreux problèmes qui existent dans cet établissement. La prison demeure toujours inconfortable en raison de l’enfermement. Mais l’administration pénitentiaire impose également des conditions matérielles insupportables.

D’autres révoltes éclatent. Seul le témoignage de Charlie Bauer décrit la révolte de Muret. Les forces de l’ordre empêchent la casse et la contestation semble pacifique. Mais la répression reste toujours féroce. L’émeute de Saint-Martin-de-Ré démarre avec des feux dans les cellules et devient particulièrement destructrice. A Caen, les détenus demandent l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie. Ils ajoutent « nous refusons désormais la condition de sous-hommes et de castrats ».

Selon Charlie Bauer, ses révoltes expriment une rage et une solidarité mais ne débouche pas vers davantage de réflexion sur les motifs de mécontentement. Pour Serge Livrozet, ses révoltes relèvent de la réaction instinctive mais ne reflètent aucune conscience révolutionnaire. Même si les émeutes permettent aussi de briser l’isolement et les divisions entre les détenus.

La prison après 1975

Malgré les révoltes et la réforme de 1975, la situation ne s’améliore pas. Les suicides en prison commencent à augmenter avec une population carcérale toujours plus importante. La privation de relations affectives et sexuelles demeure un facteur de suicide inavoué. Parmi les auto-agressions, celle de la grève de la faim est directement dirigée contre l’administration pénitentiaire.

A partir de 1975, les détenus considérés comme dangereux sont isolés. Les Quartiers de haute sécurité (QHS) imposent un régime spécial aux détenus qui « visent avec persistance à troubler gravement le bon fonctionnement d’un établissement ». Un détenu est considéré comme dangereux car il refuse de se soumettre totalement à l’oppression de la prison. Le QHS permet de distinguer les criminels qui peuvent être réinsérer dans la société des individus irrécupérables pour le système social. Les QHS concernent donc surtout les grands criminels et les contestataires. Les QHS s’apparentent à un appareil de torture avec le dépérissement sensoriel. Une destruction intellectuelle et relationnelle brisent l’individu.

Les luttes collectives diminuent, dans les prisons comme dans le reste de la société. Le CAP tire un bilan négatif. Les prisonniers et anciens prisonniers aspirent surtout à s’intégrer à la société marchande. La réflexion politique et le discours révolutionnaire les indiffèrent. De même, la classe ouvrière semble très peu concernée par la lutte contre la prison. En plus, ceux qui distribuent le journal du CAP aux alentours des prisons sont sévèrement réprimés.

Les témoignages de la prison semblent homogènes en ce qui concernent les hommes. En revanche, les femmes ressentent différemment l’expérience carcérale. L’opposition entre soumises et insoumises, qui existe aussi chez les hommes, devient plus importante. Les femmes doivent intérioriser les normes patriarcales. Elles doivent devenir soumises, passives, dociles et discrètes. « La plupart des détenues ont intériorisé ce profil et leur adaptation à la prison se fait dans la continuité de leur vie à l’extérieur », décrivent deux féministes emprisonnées : Catherine Erhel et Catherine Legay. Les prisonnières sont souvent issues des classes populaires qui ne remettent pas en cause rôles masculins-féminins traditionnels. Avant la prison, la famille et le couple imposent les normes patriarcales.

Les témoignages de détenues demeurent peu nombreux. Les femmes sont moins en prison que les hommes et en sortent davantage stigmatisées. Claude, braqueuse, insiste sur « la grande misère affective et sexuelle » de ses codétenues. La soumission sociale des femmes est renforcée par des médicaments et des tranquillisants.

Les détenues sont également culpabilisées. Elles sont coupables d’avoir commis un crime mais surtout d’être sortie du rôle de femme soumise et docile qui leur est assigné. La violence semble plus socialement acceptée lorsqu’elle provient des hommes. Les femmes sont perçues comme « les gardiennes et garantes de l’ordre social, familial, moral et bien entendu légal », soulignent Catherine Erhel et Catherine Legay. Mais les femmes ne sont pas toutes de petites détenues modèles. Elles peuvent être violentes. Surtout, elles critiquent la discipline infantilisante.

Les prisonnières, plus que les hommes, s’attachent à entretenir une vie sociale. Elle n’hésitent pas à enfreindre le règlement pour s’échanger des objets, même si le don est assimilé au trafic.

Le livre d’Anne Guérin oscille entre deux tendances. La première, celle sur laquelle insiste cet article, évoque les luttes des prisonniers et les mouvements libertaires pour l’abolition de la prison. La révolte en prison, malgré la répression violente, ouvre un espace de liberté immédiat. Cette critique radicale de la prison remet en cause l’ensemble de l’organisation sociale.

Mais Anne Guérin insiste également sur les réformes ministérielles et sur l’aspect juridique. Le discours social-démocrate de Christiane Taubira ou de l’avocat Henri Leclerc, interrogé dans le livre, demeure sympathique. Toute forme d’amélioration des conditions de vie, surtout en prison, semble indispensable. Mais les projets de réformes de la prison les plus audacieux se heurtent à la réalité de l’institution carcérale. Les réformes politiques, mêmes les plus minimes, sont rarement mises en œuvre par l’administration et l’Etat. Surtout, les désirs des prisonniers ne sont jamais pris en compte par les réformateurs. L’enfermement avec sa privation de liberté ne peut pas permettre l’épanouissement humain.

Source: Anne Guérin, Prisonniers en révolte. Quotidien carcéral, mutineries et politique pénitentiaire en France (1970-1980) , Agone 2013

Repris sur zones subversives

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 09:16
Que valent les théories de Bernard Friot? Revolutionnaire où social démocrate farfelu?

A l’heure où le PS se propose de « réformer » les retraites, ou plutôt de les diminuer sous une forme ou une autre, plusieurs voix s’élèvent à gauche pour défendre « d’autres réformes, citoyennes, démocratique, etc. » L’une d’entre elle est celle de Bernard Friot. Un économiste et sociologue, enseignant à Paris X, proche du Front de Gauche. Mais que propose au juste cet universitaire altermondialiste ? Faut-il prendre pour argent comptant ce qu’il dit ? On va essayer de décrypter son projet de « salaire socialisé ».

Pourquoi parler de Friot en particulier ? A tantquil, on a rien de personnel contre lui. Mais il fallait bien commencer quelque part. Et puis les théorie loufoques de Friot sont bien significatives d’un argumentaire qui obtient aujourd’hui de plus en plus d’échos dans l’extrême gauche, y compris libertaire : une gestion alternative du capitalisme serait possible. Il suffirait ainsi de repeindre en rouge le salariat pour faire disparaitre l’exploitation qui va avec d’un bon coup de baguette magique (et citoyenne)… Allons donc voir ça de plus près.

Tout commence bien : Friot fait une critique du discours patronal sur les retraites. Il explique que la hausse de la durée de travail et du départ à la retraite n’est pas inéluctable, ce avec quoi on ne peut qu’être d’accord…

Ensuite, il explique que les cotisations sociales font partie intégrante du salaire, ce qui est son point de départ.

Salaire indirect ou salaire socialisé ?

En effet, les cotisations salariales s’élèvent à 23% du salaire brut et alors que les cotisations patronales représentent environ 50% du salaire. Si elles ne vont pas directement dans la poche du salarié, elles font partie du salaire, elles financent indirectement une série de caisses. Si celles-ci n’existaient pas, ces dépenses coûteraient très cher au salarié : assurance maladie, chômage et retraites.

Par exemple, un smicard qui travaille à plein temps, va toucher 1 121,29€ net. Cela va représenter son salaire direct. Son patron va aussi payer 23% de cotisations salariales et entre 50% et 53% de cotisation patronales. En plus de son salaire direct de 1121,29€, il touche 257,80€ de cotisations salariales et 571,70€ de cotisations patronales, soit 829,60€ de salaire indirect. Il ne touchera pas cet argent directement, qui servira à payer des cotisations dans de diverses caisses d’assurances étatisées.

Ces cotisations payent l’assurance maladie, le chômage, et les retraites. Quand l’état ou le patronat réduisent le montant de ces allocations, de ces prestations ou augmentent la durée de cotisation, ils réduisent le salaire indirect ou salaire différé.

Là où on sera moins d’accord avec Friot est que celui-ci va parler de salaire « socialisé » pour qualifier ce système de cotisation. Socialisé voudrait dire, que ce salaire appartient à tous les salariés, et que tous décident démocratiquement de comment s’en servir.

Or, c’est loin d’être le cas. Le chômage, l’assurance maladie et surtout les retraites fonctionnent comme des caisses d’assurances. Une certaine cotisation (en trimestres, en heures de travail) ouvre droit à une indemnisation plus tard. Ces gigantesques caisses d’assurances sont gérées par l’état, les patrons et les syndicats représentatifs (qui n’ont qu’un tiers des voix), et si les partenaires ne tombent pas d’accord, c’est une loi qui tranche.

Ce mode de gestion est très loin d’être socialisé, mais plutôt étatisé. S’il suffisait à quelque chose d’être financé par des impôts et encadré par l’état pour être « socialisé », les coups de matraques donnés par des flics à des ouvriers qui se font licencier seraient aussi du salaire « socialisé » redistribué généreusement par l’état.

Une grande réforme magique

A partir de l’idée que les cotisations sociales représentent un salaire « socialisé », Friot développe un grand projet de réforme qui fusionnerait capitalisme et communisme, le tout sans violence.

L’idée de base est simple, peut-être un peu trop simple. Tout le monde touche un salaire, qui est indépendant du travail, grâce à une taxe à 100% sur le chiffre d’affaire des entreprises. L’état redistribue cette taxe sous forme de salaire socialisé et tout le monde devient en quelque sorte fonctionnaire avec 4 grades de rémunération correspondant aux diplômes, comme les grades A, B, et C de la fonction publique.

Des mesures fantaisistes voire étranges…

Tout d’abord, son projet présente des réelles incohérences qui rendent ce système au mieux fantaisiste, au pire illusoire. Parmi les incohérences les plus flagrantes :

- Dans son projet, les retraites n’existent pas et les retraités continuent de travailler, mais selon des modalités assez vagues on ne sait pas s’ils travaillent moins, s’ils s’arrêtent de travailler ou s’ils travaillent jusqu’à leur mort.

- Les bourgeois ne sont pas expropriés, ils sont encore à la tête de leur entreprise mais on ne sait pas trop ce qu’ils en font, on les voit mal attendre à se tourner les pouces sans essayer de s’attaquer au salariés.

- Les salaires sont sur une grille de 4 niveaux de 1500 euros à 6000 euros. Ils sont liés au niveau de diplôme. En gros, un prolo niveau bac ou moins, touche 1500 euros, un ou une fonctionnaire à Bac +3 touche 3000 euros, une titulaire de master 2 est à 4500 euros et un docteur ou universitaire touche 6000 euros et comme par hasard Friot est prof de fac. Du coup, dans ce système, il suffit d’avoir des diplômes pour gagner 3 ou 4 fois plus qu’un prolo de base, et en général les plus diplômés ne sont pas les fils de cantonniers ou les filles de mineurs, mais plutôt issus des couches supérieures les plus riches et diplômées.

Socialiser le salariat ou l’abolir ?

C’est tellement simple que ces réformes ne sont pas très loin du grand coup de baguette magique.

Ce projet réformiste présente les mêmes tares que tous les autres projets réformistes: Les patrons vont –il l’accepter comme ça ? Quel va être le rapport de force pour l’imposer ? On voit mal des élections mettre en place le projet « Friotiste »… Et en cas de révolution, ça serait bête de s’arrêter là…

Et oui, si ce projet se propose de changer radicalement le capitalisme, pour gérer le salariat, il ne prend pas en compte la dynamique même qui pourrait amener à ce changement : la révolution sociale.

Or pour nous, l’abolition du salariat, ce n’est pas juste une belle idée : c’est une arme contre les capitalistes. Si, dans la révolution sociale, nous organisons la société en dehors des rapports capitalistes d’échanges et d’exploitation, à quoi leur servira leur capital, leur or, argent ? En somme, abolir le salaire, instaurer la gratuité c’est agir contre le pouvoir que procure l’argent.

L’utopie bancale de Friot est une resucée de veilles recettes réformistes qui est mêlé à des mesures fantaisistes et incohérentes : ce n’est ni réaliste d’un point de vue capitaliste, ni une arme pour nous, dans cette crise. Aussi, ce qui nous étonne le plus dans ce projet est son relatif succès sur Internet mais aussi au travers d’une série de conférences.

Ce succès est le symptôme du fait qu’il n’y a plus que très peu de critique radicale dans le domaine de l’économie politique, qui soit accessible et audible, ce qui laisse le champ libre pour des hurluberlus dans le genre de Bernard Friot. C’est à nous de faire en sorte que les révolutionnaires soient audibles.

Pour ceux qui veulent voir par eux même ce que dit Friot, quelques articles :

http://www.reseau-salariat.info/5abf1bfb96df1682c10a0539ebb8e8b0

« Les retraités, modèles d’une nouvelle production de valeur économique«

http://www.reseau-salariat.info/d6a9997d6ee5288692bd6f2071e6313e

Repris sur Tantquil.net

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 07:24
Luttes ouvrières dans le monde: grève au Bangladesh

Des centaines de milliers d’ouvriers du textile du Bangladesh ont déversé leur colère dans la rue lundi, bloquant des rues et mettant le feu à des usines faute d’obtenir un salaire minimum de 100 dollars par mois, cinq mois après un dramatique accident industriel.

Jusqu’à 200.000 ouvriers ont manifesté lundi pour le troisième jour consécutif, selon Abdul Baten, chef de la police du district de Gazipur, près de la capitale Dacca, où plusieurs centaines d’usines textiles sont implantées.

Quelque 300 usines ont été fermées pour prévenir toute attaque d’usines de la part de manifestants, a précisé à l’AFP son adjoint, Mustafizur Rahman.

«La situation est très volatile. La police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour disperser les ouvriers incontrôlables», a-t-il ajouté, précisant que plusieurs dizaines d’ouvriers et quelques policiers avaient été blessés.

Les manifestations contre les faibles salaires et les mauvaises conditions de travail ont secoué le secteur de l’habillement du Bangladesh depuis l’effondrement en avril du Rana Plaza, qui a tué plus de 1.100 personnes.

Dans le faubourg de Savar, où l’immeuble s’est effondré, des ouvriers en colère ont mis le feu à au moins deux usines, a déclaré Reaz-Bin-Mahmood, vice-president de l’association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh.

Des milliers d’ouvriers ont par ailleurs attaqué une centre de policiers réservistes à quelque 40 km au nord de Dacca, blessant trois policiers et brisant trois fusils, a dit un officier de police, Rafiqul Islam, à l’AFP.

Refus patronal

Dans la zone industrielle de Tejgaon, à Dacca, des heurts ont opposé des milliers d’ouvriers à la police devant le siège de l’association des fabricants de textile, selon la police.

Un dirigeant syndical, Shahidul Islam Sabuj, a prévenu que les manifestations pourraient se prolonger tant que les salaires ne sont pas augmentés.

«100 dollars c’est le minimum que nous demandons. Un ouvrier a besoin de bien plus pour pouvoir vivre décemment», a-t-il dit à l’AFP;

Des milliers d’entre eux, batons à la main, ont bloqué les routes reliant la capitale Dacca au nord et à l’ouest du pays, interrompant la circulation pendant plusieurs heures.

«Les prix de toutes les denrées principales ont augmenté mais nos payes n’ont pas bougé depuis des années», déclaré l’un des manifestants.

Le Bangladesh est le deuxième exportateur de vêtements au monde, fournissant notamment des grands noms tels que l’américain Walmart, le français Carrefour ou encore le suédois H&M. Pilier de l’économie, le secteur avec ses 4.500 usines représente 80% des exportations annuelles s’élevant à 27 milliards de dollars.

Mais la grande majorité des 3 millions de travailleurs ne gagnent qu’un salaire de base mensuel de 3.000 taka (38 dollars américains) - soit un des plus bas au monde - suite à un accord tripartite entre les syndicats, le gouvernement et les fabricants signé en août 2010.

En juin, le gouvernement avait mis en place un groupe de travail spécial pour examiner les salaires et les syndicats ont demandé un salaire mensuel minium de 8.114 taka (100 dollars US).

Les propriétaires d’usine ont rejeté la demande, affirmant qu’ils pouvaient augmenter les salaires de seulement 20% à 3.600 taka, en raison de la conjoncture économique mondiale morose.

Repris dans la presse bourgeoise

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est constituée d’une fédération de groupes locaux,


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Agenda militant

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MANIFESTATION INTER-REGIONALE ANTIFASCISTE

MONTPELLIER    => DIMANCHE 6 AVRIL

RENDEZ VOUS A 13H A PLAN CABANES

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