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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 11:13

Une vidéo hallucinante ou les fafs d'aube dorée se battent main dans la mains avec les flic contre les émeutiers. Les fachos ne sont pas anti-système, ils sont leur dernier recours...

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 14:03
La Grèce s'enflamme en réaction à l'assassinat du rappeur Killah P par les nazis d'Aube dorée

Suite au meurtre de sang-froid de rappeur antifasciste Killah P, la Grèce s'est enflammée. La réponse ne sera pas à la hauteur du drame,mais au moins cela montre que les camarades ne se laissent pas faire. Voici un article d'indymedia Athène relayant la mobilisation dans diverses villes grecques...

Rappeur (AKA ‘Killah P’) et militant antifasciste, Pavlos Fyssas est mort après une nouvelle agression fasciste à Keratsini (un quartier populaire du Pirée) dans la nuit du 17 au 18 septembre 2013, peu après minuit.

L’antifasciste a reçu des coups de couteau directement au niveau du cœur devant les flics des unités DIAS (à moto) qui ont laissé faire. Selon des témoins, les fascistes étaient en masse dans les rues du quartier (d’abord un groupe de 15-20 néo-nazis puis un autre groupe d’une dizaine de porcs racistes qui a fait irruption: voir une traduction partiel en français d’un texte d’indymedia athens pour plus de détails sur le déroulement du meurtre)

L’identité de l’assassin fasciste est désormais connue: âgé de 45 ans et membre d’Aube Dorée, il se nomme Giorgios Roupakias.

Ce mercredi 18 septembre, de nombreuses manifs antifascistes ont lieu partout en Grèce (dans plus de 20 villes, dont notamment Athènes, Patras, Thessalonique…). Dans plusieurs villes, les cortèges en la mémoire de Pavlos ont été attaqués par les flics.

A Nikaia, un bloc anarchiste/antifasciste de 3000-40000 personnes s’est dirigé en début de soirée vers les locaux d’Aube Dorée, mais la police anti-émeute a fait barrage et a répliqué à coups de lacrymos et grenades assourdissantes. A noter qu’un politicard de droite, P. Kammenos, et des charognards de journaleux se sont faits dégager illico par les manifestant.e.s.

En début d’après-midi à Patras, la marche a rassemblé entre 12 et 15 000 personnes: durant la manif, les locaux d’Aube Dorée ont été attaqués à coups de pierres et de cocktails molotov. La police n’a rien pu faire. Un fasciste italien a pointé un fusil sur le cortège avant d’être arrêté. Selon leur presse, près d’un millier de personnes ont pris part aux affrontements.

Dans la ville portuaire de Chania (en Crête), les locaux des fascistes ont subi le même sort: la foule a eu le temps d’attaquer le local néo-nazi mais les flics sont rapidement intervenus en tirant des grenades lacrymo.

La vermine fasciste d’Aube Dorée prévoit de tenir deux rassemblements dans les jours qui viennent: ce 18/09 dans la soirée à leur QG de Larissa et demain (19/09) à Nikea, à proximité du lieu du meurtre. Les antifascistes appellent à un contre-rassemblement.

A Keratsini (ouest d’Athènes) vers 20h, des centaines de manifestant.e.s s’affrontent avec la police (avec entre autre des cocktails molotov). Des barricades sont montées dans plusieurs rues du quartier.

Mise-à-jour, 19/09/2013 à 00h20:

A Panagi Tsaldari (Athènes), des petits groupes de citoyens se mettent sous protection des escadrons de police anti-émeute et caillassent les manifestant.e.s. (On peut voir ces merdes à l’oeuvre dans cette vidéo). Les flics procèdent à des arrestations dans les petites rues après la dispersion du cortège. Beaucoup de poubelles sont incendiées et l’air est irrespirable (dû à l’énorme quantité de gaz lacrymos utilisés).

Peu avant 21h, des petits groupes mobiles d’insurgés attaquent les flics à coups de pierres, après qu’environ 10 personnes aient été arrêtées par la police.

Vers 21h30, les flics appellent des canons à eau en renfort.

Aux environs de 22h30, près de 20 manifestant.es pourchassé.e.s par les flics se réfugient dans une cafétéria: tou.te.s sont arrêté.es.

A Thessalonique, 30 personnes ont été arrêtées. D’après leur presse, deux manifs réunissant 6000 personnes ont été dispersées par des tirs de lacrymo… plusieurs vitrines ont été pétées (sans préciser lesquelles) durant les affrontements (voir une vidéo)

Dans la ville d’Athènes, on dénombre pour le moment près de 65 arrestations lors d’affrontements avec les copains d’Aube Dorée.

Dans la nuit, des rassemblements de solidarité avec les personnes arrêtées ont eu lieu devant plusieurs commissariats. Les flics anti-émeute les ont durement réprimés.

Repris sur le chat noir émeutier

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 10:25
Le FN, un parti respectable? Vraiment !?

Le FN veut se faire passer pour un parti républicain, dédiabolisé et loin des dérapages négationnistes du père Le Pen. Pourtant quand on y regarde de plus près ce n'est plus aussi net... La photographie à gauche montre Marine Le Pen chez Serge Ayoub...

Le Front national se réunit ce week-end à Marseille pour son université d’été. À six mois des municipales, Marine Le Pen veut poursuivre son nettoyage de façade du parti et gommer son image d’extrême droite. Le FN n’aurait aucun rapport avec les JNR, le GUD, les révisionnistes, l’ultra droite et autres, affirme haut et fort sa présidente. Faux. Mediapart publie, photos à l’appui, les preuves contraires.

Marine Le Pen a beau assurer que son parti n’a « aucun rapport avec ces groupes, qui expriment d’ailleurs régulièrement leur désapprobation à (son) égard », son vice-président, Florian Philippot, a beau répéter que « le FN n’a rien à voir avec ces personnalités radicales » et qu’il n’est « pas d’extrême droite », les faits sont têtus. De nombreuses photos et documents mettent à jour des liens existant de longue date entre le Front national et ces groupuscules. GUD, JNR, identitaires, néofascistes, etc. : encore aujourd’hui, la barrière est loin d’être étanche (lire notre Boîte noire).

1. Les liens avec les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR)

Cette porosité existe d’abord avec les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), le mouvement – dissout en juillet – de Serge Ayoub, l’ancien leader des skinheads parisiens, dont sont issus les agresseurs de Clément Méric. En juin, Marine Le Pen (qui n’a pas souhaité répondre à nos questions) avait martelé qu’elle « ne connai(ssait) pas précisément ce groupe ». Florian Philippot avait lui affirmé qu’il « ne savai(t) même pas que ça existait » et avait « appris leur existence dans la presse ». Pourtant, en juin 2008, la présidente du FN était présente au Local, le bar associatif d’Ayoub, lors de la première “100 % French Pride” organisée par le site d’extrême droite Fdesouche.com. En août 2010, elle dîne même avec « Batskin ».

En avril 2012, en pleine campagne présidentielle, le même Ayoub appelle dans une vidéo à « voter Marine », la seule « qui défend toujours la France et les Français ». Le 1er juin, pendant les législatives, il tracte avec ses militants sur le marché d’Hénin-Beaumont, à quelques pas de la candidate Marine Le Pen. Interrogée alors sur France 3, la présidente du FN avait affirmé n’avoir « jamais entendu parler » de ce parti solidariste et réfuté tout « lien » avec elle : « Ils sont venus défendre leur candidat » qui se présentait « dans une autre circonscription ».

Mais selon Mathias Destal, le journaliste de Marianne présent, Serge Ayoub était lui « clairement venu pour faire campagne pour Marine Le Pen, avec des tracts qui concernaient bien la 11e circonscription (celle de Le Pen – Ndlr) », tout en profitant « du cirque médiatique pour se faire connaître ».

Plus important encore : ce jour-là, aux côtés d’Ayoub, on trouve Yohan Mutte (cercle violet), impliqué dans l’attaque du bar gay à Lille en avril 2013, Olivier Vivien (cercle rouge) et un certain Serge, surnommé « Sergueï » (cercle vert). Ces deux derniers sont aussi présents… au défilé du 1er Mai du FN, respectivement en 2012 et 2013.

Car des passerelles existent aussi au sein du service d’ordre des événements du FN. Ainsi, Olivier Vivien (cercle rouge) et Daniel Mack (cercle jaune) jonglent entre leurs prestations d’agents de sécurité pour le Front national et leurs apparitions au sein des JNR :

Deux semaines plus tard, le 13 mai 2012, les mêmes défilent en effet avec les JNR, à l’occasion du rassemblement traditionnel de l’extrême droite radicale, à Paris :

Les passerelles sont aussi visibles à l’occasion des élections. Ainsi, l’ancienne conseillère régionale frontiste Sylvie Langlois (exclue en 2008 du FN), était candidate aux législatives de 2012 sous les couleurs du Front populaire solidariste d’Ayoub (qui réunit plusieurs groupuscules régionaux), dans la 8e circonscription du Nord :

Cette porosité s’étend à d’autres figures du Rassemblement bleu Marine (RBM). Le 29 septembre 2011, Serge Ayoub accueille au Local Christian Bouchet, candidat frontiste aux cantonales de 2011 et aux législatives de 2012 en Loire-Atlantique, pour une conférence sur la Syrie.

Bouchet ne lui est pas inconnu, il fut secrétaire général de Troisième Voie et signe dans son journal, Salut public, comme en témoigne cette Une :

Christian Bouchet a également animé le site VoxNR, nationaliste-révolutionnaire, antisioniste et pro-iranien. Mais ces liens ne semblent pas déranger Marine Le Pen, qui l’a à nouveau investi pour les municipales de 2014, à Nantes.

Pas plus qu’elle n’est gênée par son fils, Gauthier Bouchet, qui pose devant un portrait de Bachar el-Assad, lors d’un voyage en Syrie avec son père, à l’été 2011. Ce responsable du Front national de la jeunesse (FNJ) figure sur la liste FN pour les municipales à Saint-Nazaire et est membre de la délégation “communication numérique” du parti.

Plus récemment, le 15 mai, Serge Ayoub a reçu au Local le médiatique Robert Ménard, candidat soutenu par le FN pour les municipales à Béziers.

C’est d’ailleurs sur Serge Ayoub – accompagné de Rodolphe Crevelle, militant anarcho-royaliste à la tête du groupuscule le Lys noir –, que l’ancien président de Reporters sans frontières comptait s’appuyer pour sa campagne.

2. Les liens avec le GUD

C’est avec le GUD (Groupe union défense), organisation étudiante d’extrême droite, que les liens sont plus difficiles à masquer pour le FN. Dans l’entourage de la présidente du FN, plusieurs anciens gudards jouent les conseillers officieux. C’est le cas de l’avocat Philippe Péninque – qui a ouvert le compte suisse de Jérôme Cahuzac en 1992. Cette année, Mediapart l’a aperçu dans la foule du 1er Mai du FN, où il écoutait le discours de la présidente du FN en compagnie de Jean-Claude Nataf, homme de réseaux et de la Ligue de défense juive (LDJ), organisation d’extrême droite sioniste :

La plupart du temps invisible, il gravite dans l’entourage des Le Pen depuis de longues années. Il était aux côtés des Le Pen lors du fameux discours du fondateur du FN à Valmy, le 20 septembre 2006:

En avril 2007, c’est lui qui organise la visite de Marine Le Pen à Aulnay-sous-Bois (voir la vidéo) :

Aujourd’hui, l’avocat ne renie rien de ses années GUD : « Bien sûr », il voit encore ses anciens membres, « on se connaît tous », expliquait-il il y a quelques mois à des journalistes de Canal Plus. Mieux, il s’« honore d’avoir été au Groupe union défense » et estime que « nous serons considérés, quand l’Histoire va nous rendre raison, rapidement, comme des héros et des résistants ».

Autre homme clé autour de Marine Le Pen, son vieil ami de fac Frédéric Chatillon. Cet ancien chef du GUD et ex-directeur de la librairie révisionniste Ogmios était prestataire du FN pendant la campagne présidentielle de 2012. On a pu l’apercevoir lors de meetings et déplacements de la candidate, comme la tournée qu’il a organisée en Italie en octobre 2011.

Il est aussi présent au point presse de Marine Le Pen au Salon des maires, en novembre 2011 :

La mère de ses six enfants, Marie d’Herbais, amie d’enfance de Marine Le Pen et militante historique du FN, est employée au service de communication du Front national et présente chaque semaine le Journal de bord vidéo de Jean-Marie Le Pen. Elle fut même candidate dans la Sarthe aux législatives de 2012.

Chatillon est resté très proche de la mouvance néo-fasciste européenne, mais aussi des Syriens du parti Baas (lire notre enquête sur ses affaires avec la Syrie). À l’été 2006 puis en mars 2008, il accompagne Dieudonné – « un pote », expliquait-il à Mediapart – dans sa tournée à Damas, où ils apparaissent aux côtés de certains dignitaires syriens comme Manaf Tlass, le fils du général et ancien ministre de la défense, ami d’enfance de Bachar el-Assad (qui a fait défection en juillet 2012).

En 2011, Chatillon parraine la création du site Infosyrie.fr, pro-régime (fermé en janvier 2013). À Mediapart, il ne cache pas ses opinions : « Le régime se défend comme il peut, il a raison. Ce n’est pas le monstre que décrivent les médias. Aujourd’hui on cherche un prétexte pour le bombarder. Mais les vrais barbares sont du côté des rebelles ». Il est aperçu à une manifestation de soutien au régime syrien le 30 octobre 2011, dans une période de répression accrue (comme en attestent aussi ces images d’un documentaire de Canal Plus).


Ce jour-là, d’autres anciens du GUD liés au FN sont présents, comme Olivier Duguet, trésorier jusqu’en mars 2012 de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen (lire notre boîte noire):


À la tête de Jeanne, Marine Le Pen a placé Florence Lagarde, amie de fac et compagne de l’ex-gudard Jildaz Mahé O’Chinal, bras droit de Chatillon. Autre personnage-clé de ce cercle des anciens gudards: Axel Loustau. Président de la société privée Vendôme Sécurité, prestataire de service du Front national, Loustau a été candidat FN lors des législatives de 1997, dans les Hauts-de-Seine. En 2012, il a assuré une partie de la sécurité du FN, au défilé du 1er Mai et lors de meetings de Marine Le Pen (lire notre article).

Deux semaines plus tard, il était au traditionnel rendez-vous de l’extrême droite radicale, place de la Concorde, à Paris, devant le cortège du GUD, où il donne l’accolade à Edouard Klein (qui fut le chef du GUD entre 2010 et juin 2012):


Le même Edouard Klein était lui aussi présent au rassemblement pro-Bachar el-Assad, en 2011:

Klein, un autre élément gênant pour Marine Le Pen. Cet ancien chef du GUD a intégré le FNJ au printemps 2012. Cette année-là, il est d’ailleurs présent à la convention présidentielle de Le Pen, à Lille, les 18-19 février, avec son compère du GUD Baptiste Coquelle, adepte des saluts nazis (voir photos ci-dessous). L’Union de défense de la jeunesse (UDJ), avatar du GUD pour se présenter aux élections universitaires à Paris II-Assas, annonce même leur venue sur son site:

Trois mois plus tard, Klein est au 1er-Mai du FN, vêtu d’un t-shirt “les jeunes avec Marine”, à nouveau avec Coquelle:

En décembre 2012, on le voit participer à un tractage du FNJ à Angers, où est implanté un autre ancien chef du GUD (des années 1990): Gaëtan Dirand, secrétaire départemental du Maine-et-Loire et tête de liste à Angers pour les prochaines municipales.

Plus gênant: Klein et Coquelle apparaissent sur les photos du gala des 40 ans du FN, le 11 décembre 2012, à la Mutualité, à Paris. À leurs côtés, Marion Maréchal-Le Pen (en haut à gauche), le président du FNJ, Julien Rochedy (au centre avec un noeud papillon), son adjoint Paul-Alexandre Martin (à sa gauche) et d’autres membres du bureau national du FNJ et candidats frontistes, comme Anne-Sophie Levêque (Nord – 1ère en partant de la gauche), Julien Leonardelli (Pyrénées-Orientales – 2e en partant de la gauche), Adrien Grosjean (Alpes-Maritimes, 1er en partant de la droite), Julie Abraham (Alsace – 2e en partant de la droite):

La petite équipe s’est retrouvée à plusieurs reprises. Comme ici, en 2012:

Ou le 13 janvier 2013, lors de la manifestation contre le mariage pour tous organisée par la « Manif pour tous »:

La députée du Front national collectionne les amitiés sulfureuses: lors d’un défilé du 1er-Mai du FN, elle pose avec le rappeur d’extrême droite Fasc, également batteur dans le groupe Franc Tireur Patriote, proche du groupuscule nationaliste et antisémite “Renouveau français”:

3. Les liens avec l’Œuvre française

L’histoire d’un autre groupuscule est étroitement liée à celle du FN: l’Œuvre française (OF), fondée en 1968 sur les ruines de l’OAS, et dissoute par le gouvernement en juillet. Ce mouvement pétainiste et antisémite a pratiqué l’entrisme au FN pendant des années, plusieurs cadres frontistes conservant la double appartenance. Et à écouter son fondateur, Pierre Sidos, « de nombreux militants de l’Œuvre française appartiennent encore au FN » aujourd’hui (lire notre enquête).

En 2011, lors de l’élection interne du FN, plusieurs têtes pensantes de l’OF font la campagne de Bruno Gollnisch: Yvan Benedetti, conseiller municipal FN de Vénissieux, bras droit et directeur de campagne de Gollnisch; Alexandre Gabriac, conseiller régional FN Rhône-Alpes, devenu chef des Jeunesses nationalistes, la branche « jeune » de l’OF ; Jérôme Guigue (photo ci-dessous), entré au FN en 2006, responsable du DPS (le service d’ordre du FN) Rhône-Alpes ; Christophe Georgy, responsable du DPS « Grand Est », candidat FN à plusieurs élections et animateur d’un site à la gloire de Léon Degrelle, ancien Waffen SS et leader du mouvement collaborationniste belge « Rex ».

En 2008, encore membres du Front national, Gabriac et Benedetti participaient avec l’Œuvre française à un rassemblement néofasciste en Espagne:

On les retrouve en avril 2012 (après leur exclusion du FN) à un rassemblement en hommage à Mussolini, en Italie:

En juillet dernier, Gabriac se recueille sur la tombe de Mussolini pour l’anniversaire de sa naissance:

En mars 2011, un événement met en lumière ces doubles appartenances: une photo montrant Alexandre Gabriac faisant un salut nazi suscite un tollé. Marine Le Pen est contrainte de réagir. Elle annonce à grands renforts de médias l’exclusion de Gabriac et dénonce « l’entrisme » de l’Œuvre française. Une grande partie des cadres frontistes membres de l’OF sont exclus, tel Thierry Maillard, militant de longue date dans le groupuscule et responsable du Front national à Reims.

D’autres seront écartés bien plus tardivement, comme Laura Lussaud, exclue en janvier 2012. Fille et petite-fille de militants frontistes, elle affiche un long CV dans le parti : entrée au FNJ dès ses 13 ans, ancienne secrétaire régionale du FNJ, réélue au comité central du FN en 2011 (après l’élection de Marine Le Pen), candidate FN à Pornic la même année. Elle a rejoint les JN de Gabriac en 2012 et préside le groupuscule « le Clan » à Lyon. Dans une cinglante lettre ouverte à Jean-Marie Le Pen, elle a dénoncé une « purge » et invoqué son militantisme au FN « depuis toute petite ».

Sa grand-mère, elle, est encore membre du comité national du FN, d’après le site du Front national. En 2011, elle était responsable… du comité de soutien de Marine Le Pen en Loire-Atlantique.

Aujourd’hui, le flou demeure concernant certains cadres frontistes. Comme Amaury Navarranne. Responsable de l’Œuvre française à Toulon, cet ancien chef du FNJ dans le Var demeure membre du bureau du FN varois, mais aussi du comité central du parti :

En avril 2012, les Anonymous ont piraté les sites liés aux mouvements d’extrême droite lyonnais et les boîtes mail d’Yvan Benedetti. On y apprend qu’Amaury Navarranne est désormais l’un des bras droits de Benedetti pour l’organisation des camps d’été de Jeune nation. Ce que l’intéressé a démenti à Mediapart.

Parmi les documents piratés par les Anonymous, on trouve des demandes d’adhésion émanant de cadres du FN (lire l’article de Lyon Capitale), mais aussi la liste des membres. Parmi eux, Jean-Marie Cojannot, candidat FN aux législatives de 2012 et aux cantonales de 2011 dans le Vaucluse.

4. Les liens avec les identitaires

Fin 2011, un cadre du FN détaillait à Mediapart les « contacts individuels mais prolongés » de dirigeants du FN issus du MNR (Steeve Briois, Nicolas Bay, Bruno Bilde) avec ceux du bloc identitaire (BI), groupuscule anti-islam et xénophobe (lire notre article). La même année, lors des universités d’été du FN, à Nice, plusieurs responsables du BI, dont Philippe Vardon, étaient présents lors du discours de Marine Le Pen.

Entre les deux formations, les liens ont une dimension plus électorale. Aux cantonales de 2011, le FN a soutenu Jacques Peyrat, proche des identitaires, à Nice. En 2012, le bloc identitaire a réclamé des alliances avec le FN, ce que Marine Le Pen a pour l’instant refusé étant donné leurs divergences idéologiques sur l’Europe notamment. Mais à Nice, Nissa Rebela, la branche locale du Bloc, représenterait un potentiel électoral non négligeable pour le FN.

Le 19 septembre, ces liens prendront une tournure plus officielle, puisque Bruno Gollnisch – membre du bureau politique du FN, député européen, conseiller régional – se rendra à la Traboule, le local des identitaires à Lyon, pour une conférence.

Le 26 février, les identitaires lyonnais avaient déjà reçu Robert Ménard:

L’ancien président de RSF était aussi annoncé le 11 juin chez Jeune Bretagne (né de la scission du Bloc identitaire en 2012):

5. Les sulfureux secrétaires départementaux toujours en place

Les dirigeants du Front national se félicitent régulièrement d’avoir « fait le ménage » dans leur parti. Mais ce grand « ménage » est loin d’être effectif. Y compris parmi les responsables locaux du parti.

Épinglé par StreetPress puis par le livre Bienvenue au Front, Rémi Carillon, secrétaire départemental des Hauts-de-Seine, est toujours en place. Ce candidat FN aux législatives de 2012 s’est illustré par le post, sur site du FN 92, d’une vidéo antisémite de David Duke, ancien du Ku Klux Klan dont il juge les théories « intéressantes » mais aussi par sa version satirique de la Cigale et la Fourmi (où il question d’un « gang de cafards immigrés » qui « squatte » « la maison de la fourmi devenue logement social ») ou encore par sa tribune sur le site « Les 4 vérités » prônant la « méthode forte » « contre l’islamisation ».

Autre secrétaire départemental maintenu malgré son CV, Vincent Gérard, patron du FN de la Haute-Vienne, candidat frontiste régulier et ex-guitariste du groupe skinhead nationaliste Tolbiac’s Toads.

En avril 2012, il agresse le patron d’un bar, à Limoges. Marine Le Pen promet qu’il sera démis de ses fonctions s’il est condamné. Mais malgré sa condamnation à quatre mois de prison avec sursis pour « violences avec ou sous la menace d’une arme » (il a fait appel de cette décision), il figurait cette année au 1er-Mai du FN, sur l’estrade officielle, comme secrétaire départemental:

Jean-Marie Le Pen lui a même renouvelé sa confiance lors d’un déplacement, en mai dernier (voir les images). Et sur le site du parti, il est toujours en poste:

6. Les liens sans frontière avec les négationnistes, néofascistes et néonazis

Le Front national flirte aussi avec des personnalités négationnistes.

Ainsi, en 2011, le FN investit l’ex-MPF Jacques Kotoujansky, pour les cantonales, dans l’Yonne. On le retrouve aux universités d’été du FN, en septembre 2011, à Nice, puis à la tribune du colloque santé organisé par le think tank du parti, à Paris, le 10 novembre 2011. Membre du comité d’action programmatique du FN sur la santé, c’est lui qui a rédigé les propositions de Marine Le Pen sur la Sécurité sociale pour la présidentielle de 2012.

Mais Kotoujansky est aussi un médecin révisionniste, comme l’a révélé la journaliste Claire Checcaglini dans son livre Bienvenue au Front (Jacob Duvernet, 2012). Adepte des thèses de Thierry Meyssan, il a donné des conférences sur le 11-Septembre et a créé sa propre association conspirationniste, « Vérité & Liberté », visible sur le site, kotou.fr, dédié à la théorie du complot.

Autre exemple, Mathieu Spieser, membre du FN dans les Hauts-de-Seine et du DPS. Ce jeune homme, qui assure régulièrement la sécurité des Le Pen (photos ci-dessous), dialogue avec des négationnistes et antisémites notoires, tels que Robert Faurisson, Hervé Ryssen, Vincent Reynouard, comme en attestent plusieurs mails publiés par le site Fafwatch (à voir ici, , ou encore là), où il apparaît sous l’identifiant « msierra88″. Il figurait aussi sur la liste des invités du “forum de la nation” de l’Œuvre française, le 15 octobre 2011.

Le 13 janvier 2013, c’est un autre élu connu pour ses déclarations racistes, négationnistes et antisémites (notamment dans les années 1980-1990), qui défile avec le Front national, lors de la manifestation contre le mariage pour tous: Nick Griffin, chef du British National Party, parti d’extrême droite britannique. Le député européen a assisté à des meetings du Ku Klux Klan (lire ici et ), nié l’Holocauste en le comparant au « canular du XXe siècle », expliqué qu’il rêvait « d’une société entièrement blanche » et prôné la « suprématie blanche ». En 1998, il a été condamné à 2 ans de prison avec sursis pour incitation à la haine raciale (lire notre article).

Derrière eux on retrouve… Mathieu Spieser:

À l’étranger aussi Marine Le Pen conserve des contacts avec des personnages sulfureux (lire notre article sur son front européen). En 2006, lors de la dernière « fête des Bleu-Blanc-Rouge», elle pose avec Manuel Andrino, le leader de la Phalange. Cette organisation fasciste espagnole est alors invitée officiellement à la rencontre annuelle du Front national. D’autres responsables du FN (Jean-Marie Le Pen, David Rachline) prennent aussi la pause avec les Phalangistes (voir les photos ici)

En janvier 2012, la présidente du FN se rend aussi au très controversé bal de la Fédération des corporations pangermanistes, à l’invitation du FPÖ, le parti autrichien d’extrême droite. Ce rassemblement annuel de toute l’extrême droite européenne reçoit régulièrement des figures du négationnisme (comme John Gudenus, ex-FPÖ), des responsables internationaux d’extrême droite (le Vlaams Belang belge, le parti national-démocrate allemand – NPD –, le sulfureux Alexander Dugin du parti eurasiste de Russie).

Marine Le Pen y rencontre Martin Graf, député du FPÖ, membre d’Olympia, une corporation secrète interdite aux juifs et aux femmes dont les membres sont chargés de véhiculer, par des biais détournés, des idées néonazies, pangermanistes, antisémites et négationnistes (lire notre article).

En 2012, une photo circule, sur laquelle la présidente du FN pose avec Anthony et Grégoire, deux figures du milieu néo-nazi lyonnais – vraisemblablement en 2006, lors de la dernière « fête des Bleu-Blanc-Rouge », qui était la rencontre annuelle du FN. Anthony (à droite), batteur du groupe néo-nazi lyonnais Match Retour, a notamment participé à la tentative de rassemblement « contre les casseurs », le 22 octobre 2010 à Lyon (voir les images), à l’issue de laquelle quelque 150 personnes ont été arrêtées.

Sur leurs t-shirts, ils affichent des symboles nazis: une croix gammée arrondie avec une tête de mort (emblème des SS gardiens de camps); un détournement de la marque Londsdale en « LoNSDAPe », renvoyant au parti NSDAP d’Hitler. La présidente du FN assure alors n’avoir pas vu la croix gammée et minimise: « Depuis trois ou quatre ans, j’ai dû me faire photographier 10 000 fois, et encore ».

La famille Le Pen était aussi liée avec l’ancien député européen d’extrême droite Franz Schönhuber (décédé en 2005), auteur en 1982 d’un livre dans lequel il défendait son engagement dans les Waffen-SS:

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Published by AL Montpellier - dans FN Parti fasciste extreme droite
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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 12:49
Assassinat en Grèce par les nazis d'Aube dorée du rappeur antifa Killah P

Notre époque est marqué par le developpement de toute une série de groupuscules et forces réactionnaires dans un contexte d'austérité capitaliste. Dernière exaction en date de ces groupes, l'assassinat du rappeur Antifa Killah P. Face à ces chiens, ne rien oublier, ne rien pardonner...

Voici un article de la presse bourgeoise.

Le rappeur grec Pavlos Fyssas, connu sous le nom de scène Killah P, a été assassiné dans la nuit de mardi à mercredi à Athènes, devant un café à Amfiali, un quartier populaire du Pirée.

L’artiste, connu pour son engagement dans le mouvement antifasciste, est décédé dans la nuit à l’hôpital de Tzanio, des suites de ses blessures à l’arme blanche.

Le site indépendant EnetEnglish rapporte qu’« un groupe de quinze à vingt fascistes, portant des T-shirts noirs, des bottes et pantalons militaires, déployés » dans la rue, auraient hélé le rappeur de 34 ans, qui se promenait alors avec sa petite amie et un autre couple.

L’agresseur présumé a été appréhendé peu après par la police, selon un rapport d’agence. L’homme de 45 ans aurait reconnu appartenir au parti néonazi de l’Aube dorée et avoir agi avec un motif politique. Le parti fasciste dément toute implication.

Dans un climat extrêmement tendu, Petros Constantinou, leader du parti anticapitaliste Antarsya dénonce ce mercredi sur la radio Skai la passivité des agents de police présents non loin des lieux de l’altercation.

Voici une vidéo du rappeur RIP

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 07:45
Bijoutier assassin de Nice, marre de la démagogie d'extrême droite!

Suite notamment à l’affaire du bijoutier de Nice, une tribune libre parue sur le site d’Union Pour le Communisme.

« Mais il n’est plus l’heure pour personne de cacher le vrai jeu joué. »

L’été de la France paranoïaque traîne en longueur. Dans les journaux télévisés, la trouille dégouline des micro-trottoirs, suinte des voix off, s’étale dans les mines équivoques des présentateurs au chevet d’un pays à feu et à sang. Les faits divers se succèdent, on se sent comme étranglé, étouffé par un corset tissé de meurtres, de braquages sanglants, de vols et d’agressions incompréhensibles. On ne les voit pas encore, ces actes de guerre terrible qui pourtant seraient partout, mais on s’y prépare : quelques excités s’arment, hurlent leur peur dans des réunions de riverains, s’organisent en « voisins vigilants », rivalisent de bêtise et de lâcheté. Une famille rrom entassée à l’intérieur d’un amas de tôles et de bâches en plastique devient l’Ennemi, le Danger ; un voleur soudain mérite de se faire tirer dans le dos pour des bijoux assurés : il paraît que c’est de la « légitime défense ».

Et puis, somme toute, tout a l’air normal. Une fois passé le seuil de son appartement, de sa maison, le « français moyen » ne voit rien de tout cela. Ou plutôt, il ne le voit que dans les on-dit des collègues au travail, les titres des journaux gratuits qu’il parcourt dans les transports, la panique collective de basse intensité.

Bien sur, il y a de la violence. De l’auto-défense aussi. Mais ni cette violence, ni cette auto-défense ne préoccupent les 20h, Manuel Valls, Christian Estrosi et les sympathisants lepénistes.

Cette semaine, les ouvriers de plusieurs usines de PSA ont fait grève. Ils/elles font face à une réduction de leurs salaires, permise par l’ANI – « Accord National Interprofessionnel » – voté par la majorité « socialiste ». La baisse de leur salaire est une violence sans nom, que ne dénonce aucune des forces politiques qui hystérisent le « débat » sur la sécurité. Et pour cause : ces forces sont au service de ceux qui exploitent le travail des ouvriers de PSA, et qui cherchent aujourd’hui à compenser la baisse de leur taux de profit en attaquant les salaires. La lutte que ces mêmes ouvriers ont amorcée, c’est de l’auto-défense. Pourtant, pas un mot dans les JT du soir.

L’enjeu du jour, ce n’est pas de savoir si la mort nous guette au coin des rues, une cagoule sur la tête et une arme de gros calibre entre les mains. L’essentiel des dangers auxquels nous faisons face quotidiennement, nous les trouvons et les trouverons dans des objets aussi banals que nos fiches de paye, nos relevés de compte, nos quittances de loyer, nos factures diverses. Nous sommes en train de subir des blessures que nous ne sentons pas tous encore, et nous allons saigner pour ceux-là même qui nous donnent à contempler ce Crime qui devrait concentrer toutes nos peurs, toute l’appréhension dont nous sommes capables.

Le crime, le véritable crime de masse, c’est celui que commet chaque jour qui passe le gouvernement avec ses mesures antisociales. La bourgeoisie encourage la défense de la propriété par les armes, et condamne dans le même temps les résistances à l’exploitation salariée, que nous devrions subir calmement et pacifiquement. Aucun héros vengeur ne nous sauvera, nous n’avons pas de police que nous pourrions renforcer et qui arrêterait nos agresseurs. Nous sommes notre propre « héros vengeur », et nous ne pourrons compter que sur les formes que nous donnerons à nos luttes pour stopper dès à présent non seulement l’ANI ou la réforme des retraites, mais toute l’organisation criminelle du capitalisme.

Ce constat, à l’heure où tout indique que les directions syndicales ne sont pas même décidées à une mobilisation minimale contre la réforme des retraites, pourrait donner à qui veut lutter des raisons de se morfondre. Il est parfois difficile, devant l’ampleur de ce qu’il y a à gagner, de se résoudre à jeter toutes ses forces dans la construction de la seule défense de nos conditions présentes de vie et de travail. C’est pourtant cette défense qui aujourd’hui paraît à même de balayer la peur qui s’installe, d’imposer le mouvement réel contre l’hégémonie de la trouille. Malgré la politique des Lepaon, des Mailly, nous savons que tôt ou tard, comme dans les usines PSA, les travailleurs se défendent contre les coups qui leur sont portés, et en portent à leur tour. La colère s’exprime encore de manière dispersée, mais elle existe : les tenants du « dialogue social » seraient bien mal avisés de croire qu’elle ne connaîtra jamais d’explosion. On ne peut pardonner ni oublier un crime dont les effets se font sentir chaque jour.

L’image que cette société en crise donne à voir se réduit à présent à celle d’une maison en ruine dont on fermerait les volets par peur du noir, sans comprendre que le toit s’effondre déjà. Nous n’avons pas peur, car nous savons que les véritables dangers qui nous menacent pourront être vaincus, parce qu’il est possible de les désigner et de les écarter ; parce qu’ils ne sont pas seulement des ombres qu’on agite dans la nuit, mais des hommes et des choses qu’on peut attaquer.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 15:18
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Published by AL Montpellier - dans PS CFDT Social traitre
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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 13:33
Est-il possible d'affirmer scientifiquement que les riches sont hautains et narcissiques?

Les cliches sur les riches et la bourgeoisie, et leur pretention ne manquent pas. Mais qu'en est il reellement. Voici les resultat d'une etude sur la vision du monde des bourgeois, qui curieusement pensent que s'ils sont riches c'est grace a leur qualites extraordinaires et non leur naissance ou le travail des autres comme par exemple celui de leurs salaries.

Une étude publiée dans "Personality and Social Psychology Bulletin" révèle des liens étroits entre richesse et narcissisme. Les CSP+ se regardent davantage dans le miroir et pensent "sincèrement mériter plus que les autres". Des conclusions étonnantes ? Pas pour les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, dont l’ouvrage "La violence des riches – Chronique d’une immense casse sociale" paraît le 12 septembre aux éditions La Découverte.

Si vous êtes né à Neuilly, vous n’y êtes pour rien. Pas plus qu’un jeune d’une famille pauvre élevé à Saint-Denis ou Aubervilliers. Mais cet aspect arbitraire des privilèges, la classe supérieure l’a transformé en dû et en mérite. L’héritage est maquillé en des qualités personnelles.

Se dire "je suis riche parce que je le vaux bien", c’est le résultat d’un travail idéologique et d’une escroquerie linguistique mis au point par les riches. Sur les plateaux des émissions télévisées, ils se présentent tous comme des bienfaiteurs de l’humanité, des créateurs de richesses et d’emplois – alors que c’est l’exact inverse puisque le système capitaliste est fondé sur le vol du travail d’autrui.

Des tailleurs Chanel comme une seconde peau

Physiquement aussi, ils cherchent à renvoyer l’image de conquérants. L’étude menée par le psychologue social Paul K. Piff, de l’université de Berkeley, aux États-Unis, pour illustrer les liens entre richesse souligne que plus l’on est aisé, plus l’on s’observe dans un miroir. Se regarder dans la glace, c’est effectivement se mettre en scène devant soi-même. Et le corps montré est le prix de transformations dès la naissance en corps de classe.

Avec leur posture droite, leur maintien, leur teint hâlé, leur manucure, leur élégance même dans une petite robe, les riches peuvent se regarder dans la glace avec plaisir. Face à eux, les personnes dont les mains sont abîmées par le travail ménager, qui grossissent parce qu’elles mangent mal et n’ont pas le temps de faire de l’exercice physique se disent :

"Je vois bien qu’ils me sont supérieurs."

Ce corps de classe exposé aux regards vient d’une éducation explicite et formalisée, d’un travail sur le corps précis, auquel aucun détail n’échappe. Une jeune femme de 20 ans nous expliquait porter les tailleurs Chanel comme une seconde peau : ainsi vêtue, elle était aussi à l’aise que dans un survêtement. Elle nous a confié un souvenir marquant. À quatre ans, sortant de la piscine où elle s’amusait avec ses cousins, elle a entendu sa grand-mère lui dire :

"S’il vous plaît, redressez vos sourcils."

Le miroir n’est pas le seul à renvoyer une image positive des qualités sociales que l’on reconnaît aux riches. Les possessions de ces personnes sont également très bavardes : le bel appartement ou l’hôtel particulier dans un beau quartier, le petit-déjeuner servi au lit, le fait que l’on puisse chaque jour jeter à terre sa serviette mouillée dans la salle de bain et en retrouver une propre et repassée le lendemain, le voiturier à chaque restaurant sont autant de signes qui disent au possédant qu’il est important, qu’on reconnaît sa "classe".

Leur crise est devenue la crise

Les individus ne faisant pas partie de cette classe sont comme tétanisés, ils oscillent entre acceptation de ces propos et non-consentement. Mais, pour le moment, cette guerre de classes idéologique, symbolique et sociale est gagnée par les riches. La preuve, on parle de la crise, alors qu’on devrait dire leur crise, pour bien montrer que nous n’y sommes pour rien.

Si cette crise est devenue la nôtre dès lors qu’il s’agit d’en payer les conséquences, c’est aussi en raison de ce champ de bataille sémantique ouvert par les riches pour stigmatiser et transformer les plus pauvres et la classe moyenne en ennemi intérieur. Les pauvres sont trop gros, des fraudeurs, des malades en trop grand nombre qui détruisent notre système de santé...

Et croyez-le bien : les riches n’ont pas mauvaise conscience, ils sont sincèrement persuadés de leur bon droit. Tout simplement parce qu’ils sont toujours entre eux et que cet entre-soi permanent induit ce sentiment de narcissisme. L’on ne peut que constater qu’au libéralisme économique et financier correspond un libéralisme individuel. Ce libéralisme psychique ne s’embarrasse pas de culpabilité : il est cynique et décomplexé vis-à-vis des valeurs morales et de l’argent.

Les conséquences de ce narcissisme sont énormes en termes de destruction d’emploi et de casse sociale. Avec notre travail critique de sociologues examinant ces rapports de classes et le processus de déshumanisation de notre société, nous espérons être des lanceurs d’alerte. S’il y avait partout des Snowden, des Irène Frachon, peut-être auraient-ils peur. Mais pour l’instant, c’est le sentiment d’impunité qui prédomine.

Par Monique Pinçon-Charlot
Sociologue

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 12:04
Puisque le chomage ne baisse pas, a la place, l'INSEE fait baisser les chiffres

Un des plus vieux trucages de l'etat pour minimiser le chomage est tout simplement de truquer les chiffres. L'INSEE vient d'etre pris la main dans le sac...

S'il a de l'humour, François Hollande peut dire merci à l'Insee. L'Institut national de la statistique a annoncé, jeudi 5 septembre, que le président de la République était parvenu à inverser – virtuellement – la courbe du chômage. Une inversion qui se serait miraculeusement produite début 2013. Alors que le taux de chômage au premier trimestre avait été annoncé en mai à 10,8 % pour la France entière, l'Insee estime désormais qu'il était plus proche des 10,5 %.

Lire notre enquête : "Qui sont les chômeurs ?"

Mais, malheureusement pour le président de la République, cette inversion ne traduit aucune réelle amélioration sur le marché du travail. De simples changements de formulations dans les nouveaux questionnaires, introduits depuis janvier, ont créé un tel changement dans les réponses des Français interrogés que le taux de chômage a artificiellement reculé de 0,3 point par rapport à l'ancien questionnaire. En mai, l'Insee avait été contraint de décaler la publication de plusieurs indicateurs détaillés en raison de ces anomalies.

Un enquêteur de l'Insee ne vous demandera plus, par exemple, si vous étiez "à la recherche d'un emploi, même à temps partiel ou occasionnel ", mais si vous étiez "à la recherche d'un emploi" tout court. Associée à d'autres, cette modification a suffi à faire pencher quelques "oui" du côté du "non". Et à ainsi faire sortir 90 000 Français, virtuellement, des chiffres du chômage. Selon la nouvelle enquête, la France métropolitaine compte ainsi 2 909 000 chômeurs, contre 2 999 000 si l'on prolonge l'ancienne. La définition du chômage au sens du Bureau international du travail, qui sert de référence internationale, prévoit qu'un chômeur doit notamment "avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent". Cela laisse des marges de manœuvre pour formuler les questions, et faire varier d'autant les chiffres finaux du chômage.

"HARMONISER LES QUESTIONNAIRES AU NIVEAU EUROPÉEN"

"Le but était de fluidifier les questionnaires et de les harmoniser au niveau européen", explique la direction de l'Insee, qui s'inquiète qu'un tel bug puisse être pris pour une forme de complaisance ou pire, de manipulation favorable au gouvernement, au moment où tout le monde attend de savoir s'il parviendra à inverser la courbe du chômage d'ici à la fin 2013, comme il s'y est engagé. "Ces changements ont été décidés depuis longtemps et ils entraînent un décalage marginal : 0,3 point, c'est la marge d'erreur traditionnelle du taux de chômage", défend l'Insee pour écarter les soupçons. Par ailleurs, le gouvernement a fondé sa promesse sur les chiffres mensuels du ministère du travail, plus sensibles aux évolutions administratives et aux contrats aidés.

Pour parer aux critiques, l'institut a toutefois décidé de prendre une décision inédite : il publiera désormais, et pour quelques trimestres encore, deux taux de chômage différents, l'un calculé sur le nouveau questionnaire, plus bas, l'autre calculé à partir du taux de chômage de l'ancien questionnaire virtuellement prolongé, plus élevé. Au deuxième trimestre 2013, le chômage "ancienne version" a ainsi atteint 10,9 %, contre 10,6 % pour la nouvelle version. Heureusement, l'Insee s'accorde à dire qu'il a augmenté dans les deux cas de 0,1 point par rapport au premier trimestre. Cela suffit à satisfaire le ministre du travail et de l'emploi Michel Sapin, pour qui ces chiffres montrent que "la situation du marché du travail s'améliore progressivement", puisque cette hausse est moins forte que celle du premier trimestre (+ 0,3 point).

Il n'est pas sûr que les Français s'y retrouvent, eux qui sont déjà perdus entre le nombre de demandeurs d'emploi selon chaque catégorie diffusé chaque mois par le ministère du travail, et le taux de chômage publié tous les trois mois par l'Insee.

Cela devrait toutefois les encourager à réfléchir avec la plus grande attention à la réponse qu'ils donneront dans les prochains mois aux enquêteurs de l'Insee. Un "oui" qui devient un "non", et François Hollande pourrait grâce à eux tenir sa promesse.

Repris sur le Monde.fr

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 00:36

Les puissances occidentales ont commencé à préparer l’opinion publique à une intervention militaire en Syrie. Quels en sont les véritables enjeux ? Où en est la rébellion au régime ? Où en est le régime ? Éclairage d’un point de vue anti-impérialiste.

Après une attaque chimique dans la banlieue de Damas, dont le pouvoir de Bachar al Assad a été accusé sans preuves concluantes pour le moment, les puissances occidentales ont fait semblant de s’émouvoir et ont commencé à préparer l’opinion publique à une intervention militaire.

A l’heure où nous publions cet article, il semble probable que l’armée états-unienne intervienne dans les prochains jours, vraisemblablement avec l’appui de la France.

Si la violence déployée depuis deux ans par le régime de Bachar al Assad pour écraser les rebelles ne fait aucun doute, la guerre civile syrienne ne peut certainement pas se réduire à une lutte entre les "méchants" et les "gentils". La justification humanitaire des bombardements à venir ne doit pas masquer les autres enjeux stratégiques pour les puissances occidentales.

Éclairage de la situation d’un point de vue anti-impérialiste.

Quels enjeux géopolitiques pour les Occidentaux ?

L’intérêt principal des puissances occidentales est de briser « l’axe de la résistance » comprenant la Syrie, le Hezbollah libanais et l’Iran, les seules forces régionales qui résistent à la mainmise occidentale et israélienne sur le Moyen-Orient. En éliminant le régime syrien, il sera plus facile de briser le Hezbollah, le but final étant d’isoler l’Iran pour l’obliger à se soumettre ou pour l’attaquer si le pays refuse.

En arrière-plan il y a bien sûr le contrôle des énormes ressources énergétiques de la région. La guerre civile syrienne est déjà une guerre régionale entre l’Iran et les pétromonarchies du Golfe, avec le soutien de la Russie et de la Chine d’un côté, des puissances occidentales et d’Israël de l’autre.

En même temps, les États-Unis et leurs alliés jouent leur crédibilité dans cette histoire. Ils avaient prévu un effondrement rapide de la dictature, et Bachar al Assad est toujours là, deux ans après le début du soulèvement. Il résiste mieux que prévu, grâce l’aide du Hezbollah, de l’Iran et de la Russie. Son armée est à l’offensive depuis plusieurs mois, les rebelles risquent d’être battus militairement. L’affaire du massacre chimique tombe au bon moment pour intervenir directement et changer le rapport de force.

Cartographie de la rébellion et de l’armée loyaliste

La rébellion est divisée en une multitude de factions qui se partagent en deux camps.
Les partis favorables à la lutte armée réclament depuis longtemps une intervention militaire, ils sont regroupés dans la Coalition nationale syrienne soutenue par les occidentaux, les pétromonarchies du Golfe et la Turquie.
L’opposition civile qui refuse la militarisation de la révolution et souhaite une solution négociée. C’est de ce côté que se trouvent beaucoup de progressistes : contre une intervention armée étrangère (deux positions dans ce sens : celle de Haytham Manna et celle de Samir Aïta).

Militairement, la rébellion est morcelée en plusieurs centaines de groupes armés dont les plus puissants sont les groupes djihadistes.

L’Armée syrienne libre (ASL) est une fiction entretenue pour donner l’impression d’une unité qui n’existe pas sur le terrain. Souvent, des groupes qui se réclament de l’ASL vivent à des degrés divers de la corruption, du racket, d’enlèvements, de trafics de toutes sortes. Il y a parfois des affrontements entre certaines milices pour le contrôle des sources de financements. Dans les zones qu’ils contrôlent, ces comportements provoquent le mécontentement des populations et accroissent l’influence des islamistes radicaux.

Difficile de trouver trace de groupes armés progressistes, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas.

Les groupes affiliés à, ou proches d’Al-Qaïda reçoivent des renforts très importants de l’étranger. Les djihadistes irakiens, saoudiens, libyens, tunisiens, tchétchènes, etc., accourent de partout pour combattre les "infidèles", même d’Europe et des États-Unis. Expérimentés, disciplinés, bien armés grâce à l’agent des pétromonarchies, les djihadistes sont le fer de lance de la lutte contre le régime. Dans les zones qu’ils occupent, ils font régner une dictature pire que celle d’Assad. En plus des exécutions sommaires des partisans du régime, ils emprisonnent des centaines de militantes et de militants d’autres tendances de la rébellion.

La mouvance Al-Qaïda et l’ASL sont contraints de travailler ensemble, mais ce n’est qu’une alliance tactique. Ils se sont déjà combattus à plusieurs reprises et la lutte pour l’hégémonie sur la résistance armée ne peut que s’exacerber.

L’armée de la dictature est affaiblie par les désertions et les pertes. Elle a de plus en plus besoin de diverses milices, souvent fondées sur l’appartenance ethnique ou religieuse. Elles se recrutent parmi les minorités alaouite, chrétiennes, chiite, etc.. qui ont peur d’une prise du pouvoir par les islamistes radicaux, les takfiris.

L’armée de Bachar al Assad reçoit aussi une aide internationale avec des combattants du Hezbollah, des chiites irakiens qui ont leurs propres milices, et des conseillers iraniens. Les Palestiniens liés au FPLP-CG sont aussi à leur côté.

Un affaiblissement ou un effondrement de l’État central ne signifie pas la fin de la guerre. Les groupes qui le soutiennent prendront leur autonomie et poursuivrons le combat pour leur propre compte.

Remue-ménage en Occident

Comme le montre le vote défavorable du parlement britannique, la nécessité d’une intervention militaire ne fait pas consensus dans les classes dirigeantes occidentales. Les réalités de terrain font que s’il sort un vainqueur du champ de bataille syrien, ce sera un ennemi des États-Unis et de leurs alliés.

Liquider ou affaiblir Assad, c’est courir le risque d’une prise du pouvoir par Al-Qaïda, aux portes d’Israël, de la Jordanie et de la Turquie. Une perspective inquiétante pour les intérêts occidentaux. En fin de compte, une longue guerre civile est la meilleure solution pour eux, leurs ennemis continuant à se massacrer pendant longtemps.

Si, finalement, les États-Unis et les supplétifs qu’ils auront trouvé bombardent la Syrie, ce ne sera pas pour mettre rapidement fin à la guerre civile, au contraire. Loin d’apporter une aide à la population civile, une attaque ne ferait que causer plus de destruction, de misère, de morts, de réfugié-e-s.

Si l’attaque est déclenchée avant qu’une enquête sérieuse fasse la lumière sur cette fameuse attaque chimique, cela montrerait une fois de plus le peu de cas qu’ils font de la vérité, de la justice et autres valeurs qu’ils prétendent défendre.

Hervé (AL Marseille) avec Edith Soboul (secrétariat fédéral d’AL), le 1er septembre 2013

 

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 20:23

Voici un article qui détaille comment le flashball est devenu un permis d'estropier pour la police française...

Un jeune intérimaire belge d’ArcelorMittal de 25 ans, John David, blessé lors de la manifestation des métallos mercredi à Strasbourg, a perdu l’usage de son œil après avoir été touché par un tir de Flash-ball.

Suite à cette violence policière – une de plus – , j’ai potassé la réglementation sur l’usage du Flash-ball et l’ai comparé avec les photos d’hier…

Aïe! Problème, big problème même!

Premier chose qui saute aux yeux… l’arme que les gendarmes ont utilisés à Strasbourg, n’est pas un Flash-ball!

Voici un Flash-ball:

flash-ball

Et voici ce qui a été utilisé hier…

LBD-40

Le premier est le vrai Flash-Ball Super-Pro à balles molles de 44mm (29gr.) commercialisé par Verney-Carron, en service depuis 1995, le second est le LDB40 "Exact Impact" à projectiles "mi-dur" de 40×46mm (95 gr. avec partie en plastique) commercialisé par Brugger & Thomet, en service depuis 2006, et conçu pour riposter à des armes réelles…

Voici un tableau comparatif de ces deux armes, où l’on voit bien la différence entre le "vieux" Flash-ball sans viseur au tir approximatif limité à 7-10 m et cette saloperie de LDB40 qui possède un viseur Eotech-552 – destiné à l’usage militaire – , qui a une portée précise entre 10 et 30 m! Selon le CNDS, en dessous de trente mètres le point visé est systématiquement atteint!

Flash-ball superpro & LDB40

 EOTECH sur ldb40

Avec le système de visée EOTECH et la précision du LDB40 pas d’excuse possible…        "là où JE vise, je touche"

Cette arme fut adoptée par les "forces de l’ordre" suite aux émeutes de 2005, pour pouvoir riposter aux agressions par armes. Elle fut discrètement incorporée dans l’ensemble des unités de police et de gendarmerie depuis.

- En 2009, la Direction centrale de la Sécurité publique avait rappelé la proscription de viser "au niveau du visage ou de la tête" et la nécessité d’une utilisation "proportionnée" (SIPA).

- Toujours en 2009, le CNDS à émit de graves réserves quand à son usage lors d’un attroupement et l’a déclaré "peu adaptée lors de manifestations"

-Si le classique Flash-ball n’est pas très efficace utilisé en tir tendu (chute de la trajectoire après quelques mètres) et jamais à moins de 7 m , le LDB40 quant à lui, DOIT être utilisé en tir tendu puisque sa balistique est comparable à une munition réelle (canon rayé), mais il ne peut JAMAIS être utilisé à moins de 10 m. Et point important, les deux ne peuvent en aucun cas être utilisés hors du cadre légal de la légitime défense!!!

Rapport CNDS LBD40

Rapport 2009 du CNDS sur le LDB40 – CLIQUEZ SUR L’IMAGE POUR LA LECTURE

info flashball & LDB40

Ils précisent bien "peut être létal à distance rapprochée"! Et ça vient du Ministère de la défense…

Face à la multiplication de plusieurs blessures sérieuses occasionnées par des tirs de Flash-ball la Direction centrale de la sécurité publique (DSCP) a adressé, en mai 2009, une note aux divers directeurs départementaux leur rappelant les "règles impératives" de l’utilisation de cette arme, notamment le respect des distances minimales "pas moins de sept mètres pour le Flash-ball" et "pas moins de dix mètres pour le LDB40" (15 selon le CNDS), proscrivant la visée "au niveau du visage ou de la tête" et insistant sur le fait que l’utilisation devait être "proportionnée" aux faits et liée à la légitime défense.

Interrogé en 2006 par l’AFP un expert en armes avait déclaré sous couvert de l’anonymat que le Flash-ball est une arme "théoriquement non létale" mais que le tireur ne doit en aucun l’utiliser à moins que la distance prévue (7 & 10 m) et surtout ne pas viser la tête car "une balle de flash-ball à bout portant peut tuer". Dans son entretien avec l’AFP en 2002, l’inventeur du Flash-ball, Pierre Richet, rappelait déjà les règles d’utilisation: "ne tirer qu’en légitime défense, que lorsque l’on risque de prendre un coup ou qu’on en a déjà pris un, ne pas braquer les gens", concluant "si on les transgresse, cela veut dire que l’on est incapable d’utiliser l’arme". CQFD!!!

On peut donc conclure en disant que ce LDB40 est prévu pour tirer de loin et avec précision sur une cible sélectionnée et ajustée… ce qui implique donc un "tir plus réfléchi, précédé d’un temps d’observation et d’ajustement dans le viseur de la cible"! Effectivement, c’est bien ce qui c’est passé à Strasbourg, regardez les photos, vous verrez des gendarmes en position de visée sur appui, viser calmement et consciencieusement leurs cibles – heureusement qu’ils tirent comme des clenches, il y aurait plus de blessés – , mais les photos montrent aussi des gendarmes qui ciblent des travailleurs à moins des dix mètres réglementaires, et surtout dans des situations CALMES, sans aucun danger pour eux!!! Un tribunal français a déjà condamné (30 avril 2012) un gendarme pour ce genre de faute grave ayant conduit à… la perte d’un œil!

Voici les photos qui montrent clairement les gendarmes viser sciemment les travailleurs:

Flash ball et LDB40

On y voit les deux, Flash-ball et LDB40, mais ils avancent et ne sont pas en danger et les "cibles" sont à moins de 10 m..!

projectile du  flashball LDB40

Le projectile du LDB40 a brisé la visière du casque… donc c’est bien la tête qui fut visée!

LDB-40

En sécurité sur une position en hauteur… mais on vise quand même les manifestants..!

flash-ball LDB-40 projectile mi-dur

Même dans une paluche de métallo c’est un fameux projectile, comment déjà? Ah oui, "semi-dur"…

flashball LDB-40 CRS

Ils n’ont pas l’air d’être en danger, les matraques sont posées… mais je vise toujours, on sait jamais!

flash-ball LDB-40 strasbourg

Des travailleurs qui n’ont pourtant pas l’air menaçant se font braqués par un LDB40 quasi à bout portant… ils sont +/- à respectivement 2.5, 4 et 5 m!!!

flash ball LDB-40 CRS rambo

Il a vraiment l’air en danger… Matraques posées sur les boucliers.

LDB-40 et flash-ball BAC

Pas moins de quatre flash-ball..! On dirait que c’est leur première manif, pas fier la BAC…

flashball

Au moins deux qui visent un métallo… Et c’est pas vraiment les jambes qu’ils visent là, hein!

Tout les témoignages parlent de tirs à hauteur de visages et quasi à bout-portant! De toutes façons avec leurs viseurs EOTECH, on voit nettement les yeux de celui qu’on vise… et on se marre "Tiens prends ça dans la gueule connard"! J’imagine bien les discussions au retour à la caserne: "dis donc, tu l’as pas raté le mec, hein. Y reviendra pas de sitôt celui-là…"  Et ils doivent en être fier en plus!

————————————————–

ArcelorMittal: un manifestant belge perd l’usage d’un oeil – article de l’Humanité

Fash-ball: La totale

27 novembre 2007 blog – La liste des blessés s’allonge et la justice traîne

Le flash-ball, une arme à l’origine de graves blessures

AVIS ET RECOMMANDATIONS de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité - Saisine n°2008-1 du 12 mars 2008 (.pdf)

Info du syndicat hier:
Camarades, mauvaise nouvelle concernant John David: il a perdu son œil droit, il a une fracture de la pommette, et 8 points de suture a l’arcade. Il en a pour 5 jours là bas.

Dernières nouvelles: "on rentre à l instant de Strasbourg, John est en état de choc , il a quelques soucis de perte de mémoire suite a son état. Pour l’instant il porte une prothèse oculaire pour quelques semaines. Il va déposer plainte contre les flics francais et espère arriver a faire bouger les choses. Il nous demande un soutien fort et se réjouit de revoir sa famille et ses camas. Il doit rentrer lundi 11/02. Il vous embrasse tous et vous remercie pour votre soutien."

Le flashball ou le droit d'estropier pour la police!
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