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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 10:29

Et voici le texte d'appel du collectif Antifa de Montpellier qui vient de se lancer.

La crise économique et sociale qui secoue l'Europe et notamment la France favorise la montée des idées fascistes. Ce mouvement se nourrit des inégalités économiques et sociales engendrées par le système capitaliste; il concentre la colère populaire sur les minorités stigmatisées en raison de leurs origines, leur sexualité ou leur culture.En ce sens il peut ,en temps de crise, être un recours pour les classes dominantes.

Que constatons-nous aujourd'hui ?

- une dédiabolisation des théories du FN opérée ces dernières années, et à laquelle les médias ont contribué.

- un développement en France ces dernières années de groupuscules se revendiquant explicitement du fascisme, de théories racistes, sexistes, homophobes, antisémites,...

- une tendance générale à la banalisation et au développement des idées les plus réactionnaires, chauvines, brisant la solidarité dans les classes populaires et préférant l'impasse identitaire.

Au-delà du développement des groupuscules fascistes, c’est la reprise et le développement des idées fascistes dans la population qui est également à souligner et à combattre.

Face à cela une réunion large des forces antifascistes de Montpellier et de sa région (partis, organisations, syndicats, collectifs et individus) nous semble indispensable. Notre lutte antifasciste se doit de garder comme objectif de rester populaire sans restriction d'âge ni de genre.

Un tel collectif peut permettre de mettre en place sur le long terme un collectif de vigilance, un réseau d'alerte en cas d'événements organisés par l'extrême droite, ainsi que des actions de sensibilisation, en direction de la population notamment sur les lieux de travail, dans les facultés et les lycées...


Participant-es actuel-les au collectif antifasciste 34 :
Des individu-es, AL (Alternative Libertaire), CGA (Coordination des Groupes Anarchistes), CNT Éducation 34, LDH (Ligue Des Droits de l'Homme), NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PG (Parti de Gauche), Scalp - No Pasaran, Solidaires, Solidaires Étudiants,
UEC (Union des Étudiants Communistes)

Collectif Antifasciste34
antifa34@riseup.net

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 10:16

Un collectif antifa auquel nous participons vient de se lancer, nécessaire face à la montée des fachos. Voici l'article paru dans le midi libre ainsi que le texte d'appel du collectif, toujours plus intéressant que les médias bourgeois...

 

Une dizaine d'organisations de gauche et libertaires estiment qu'il faut réagir à la montée en puissance des idées d'extrême droite dans l'opinion.

Un collectif antifasciste est actuellement en cours de construction à Montpellier. Une dizaine d'organisations de gauche et libertaires ont d'ores et déjà accepté d'y participer : Alternative Libertaire, Coordination des Groupes Anarchistes), CNT Éducation 34, Ligue Des Droits de l'Homme, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Scalp - No Pasaran, Solidaires, Solidaires Étudiants, Union des Étudiants Communistes. Selon leurs représentants, la création de ce collectif répond à une situation marquée par "une montée des scores du FN et un adhésion à ses théories" ainsi que l"la réactivation de groupuscules se revendiquant explicitement du fascisme, de théories racistes, sexistes, homophobes, antisémites".

Sitation "dangereuse" dans les campagnes

L'objectif assigné à ce regroupement d'organisations est d'assurer une "vigilance", "un réseau d'alerte en cas d'événements organisés par l'extrême-droite". Dans son communiqué, le collectif estime que la situation à Montpellier est "favorable" mais bien plus "dangereuse dans d'autres villes comme dans les campagnes avoisinantes".

Ces dernières semaines ont été marquées à Montpellier par plusieurs actions menées notammnent par l'organisation de l'ultra-droite La Ligue du Midi. Ses militants étaient ainsi présent pour protester contre la venue de Daniel Cohn-Bendit la semaine dernière à Montpellier.

Midi libre

Création d'un collectif antifasciste à Montpellier
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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 09:50

La Bolivie est devenue la première nation à se libérer de la malbouffe de McDonald, qui a lutté pendant plus d’une décennie pour conserver son icône «rouge». Et cette victoire de la Bolivie a encore fait la une des journaux.

Après 14 ans de malbouffe dans le pays et en dépit des nombreuses campagnes de promotion, McDonald a été contraint de fermer en 2002, ses 8 restaurants boliviens dans les principales villes de La Paz, Cochabamba et Santa Cruz de la Sierra.

McDonald a servi ses derniers hamburgers en Bolivie un samedi à minuit, après avoir annoncé un plan de restructuration global dans lequel il allait fermer ses portes dans sept autres pays à faibles marges bénéficiaires. Une victoire pour la santé des peuples du sud.

L’échec de McDonald en Bolivie a eu un impact profond qui a donné lieu à un documentaire intitulé “en Bolivie Por que quebro McDonald» ou «Pourquoi la Bolivie a fait faillite». Ce documentaire tente d’expliquer pourquoi les Boliviens n’ont jamais délaissé leurs empanadas traditionelles pour un Big Mac de merde et plein d’OGM.

Le documentaire comprend des entrevues avec des cuisiniers, des sociologues, des nutritionnistes et des éducateurs qui semblent tous d’accord sur un point ; les Boliviens ne sont pas contre les hamburgers en soi, sauf qu’ils sont juste contre les «fast-food» « La malbouffe » est un concept largement refusée dans la communauté bolivienne.

Cette histoire a également attiré l’attention du monde entier vers la restauration rapide en Amérique latine. Le blogue de El Polvorin a déclaré: « Le Fast-food représente le contraire de ce que les Boliviens considèrent comme étant un vrai repas. Pour être un bon repas, la nourriture doit avoir être préparé avec amour, dévouement avec certaines normes d’hygiène, sans OGM et de temps de cuisson approprié ».

 

Reportage en espagnol :

Article original en anglais :

http://www.hispanicallyspeakingnews.com/latino-daily-news/details/mcdonalds-closes-all-their-restaurants-in-bolivia/12787/

Traduction : Armand Pouliot

Macdo fuit la Bolivie
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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 12:32

http://lagendarmerit.free.fr/public/TAG-12-12.jpgVoici le communiqué d'un centre social à Forcalquier qui est en butte à la pression de l'état..

 

UNE OCCUPATION PAISIBLE, UN PROJET POUR TOUS !

Depuis juillet 2012, l’ancienne gendarmerie de Forcalquier (04) abandonnée depuis 10 ans par le Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence est occupée paisiblement par une quinzaine de résidents permanents. Ceux-ci ont fait de ce lieu (avec des moyens dérisoires) un Centre Social et Culturel Autogéré pour Tou-te-s (CSCAT) qui outre le logement d’urgence et l’entraide propose de nombreuses activités. Les squatteurs demandent, depuis l’ouverture, l’obtention d’un bail gratuit* jusqu’aux travaux de réhabilitation mais le président du Conseil général et député des Alpes-de-Haute-Provence Gilbert Sauvan a préféré porter plainte et obtenir en justice notre EXPULSION. Malgré les plaidoiries de notre défenseur maître Olivier Lantelme, le juge des référés ne veut pas entendre que le droit au logement peut primer sur le droit de propriété (surtout dans le cas de logements laissés vacants comme ici !). Il continue de refuser un jugement sur le fond et ordonne à chaque référé l’expulsion des résidents assignés… Notre avocat ayant réussi à dénoncer la formule habituellement utilisée contre les squatteurs « et de tous occupants de son chef » qui bafoue le principe du contradictoire et tient plus de la formule magique que de la justice, l’EXPULSION ne peut concerner que les résidents identifiés et jugés

  • certaines associations ont déjà bénéficié de ce type de baux.

Les 3 audiences en référé (octobre, janvier et mars) ont donc condamné 7 des 15 résidents permanents (expulsables à partir de juin prochain). En avril 2013, un seul de ces 15 résidents a reçu une proposition de relogement alors que le préfet répondait en novembre à notre demande de réquisition du lieu « qu’il n’y avait pas de problème de logement dans ce département »… et d’autres assignations sont en cours suite à une nouvelle visite de l’huissier la semaine dernière…

Enfin, le député-maire de Forcalquier Christophe Castaner (qui s’est engagé lui aussi à reloger l’ensemble des résidents avant toute expulsion) refuse toujours de nous fournir l’eau au mépris du bon sens et malheureusement, pour lui, de la loi. Voilà deux « socialistes » qui votent pour les lois de réquisition à Paris mais ne les appliquent pas chez eux… On a les idées sociales qu’on peut !

Nos revendications :

  • • pas d’expulsion sans relogement de tous les résidents du lieu !
  • • ouverture d’un dialogue avec le Conseil général afin d’obtenir un bail gratuit jusqu’au début des travaux…
  • • être associé à la réflexion sur les projets de réhabilitation, celui piloté par le Conseil général pour y loger le futur Centre médico-social et le projet de réhabilitation et d’animation du lieu en Centre Social et Culturel Autogéré pour Tou-te-s (CSCAT). Ce dernier projet chiffré a été déposé auprès de la Région par l’association Quedal 04, il est consultable sur le blog de « la gendarme rit » et le site de Quedal 04.
  • raccordement au réseau d’eau courante de la ville (coupée depuis le 7 mars !!).

SOUTIEN ET CIE !

Nous ouvrons une caisse de soutien juridique au bénéfice de notre avocat afin qu’il puisse continuer à nous défendre (notamment pour obtenir en justice le raccordement à l’eau), cette caisse sera proposée lors de chaque événement dans le lieu… Enfin nous redisons merci aux 355 signataires de la pétition et rappelons le soutien des organisations et collectifs suivants : Quedal 04, Attac 04, CGT France Agrimer, FASE, NPA, PCF, CRIP, Voie Prolétarienne, Fédération Anarchiste, Ligue des Droits de l’Homme, La Libre pensée, Radio Zinzine…

L’ordonnance de référé du 18 mars confirme malheureusement sans surprise l’expulsion de Xavier. Le juge lui donne le bénéfice des 2 mois réglementaires à réception du commandement de quitter les lieux confirmant par cela le fait qu’aucun constat d’effraction n’ait été produit par le Conseil général… Mais profitant du fait que l’accusé se défende lui-même, le juge note qu’il « indique que d’autres personnes identifiées demeurent dans les locaux » et affirme de manière mensongère « qu’il ne le démontre pas ». Pourtant, Xavier avait bien rappelé dans sa plaidoirie que Maître Lantelme avait déjà fourni lors de l’audience du 7 janvier une liste des résidents…

Merci de nous aider à faire circuler ce tract largement…

 

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 10:12

Voici un reportage d'Article 11 sur l'emprise de la Mafia dans le Sud et de l'Italie et comment celle ci se substitue parfois à la bourgeoisie locale...

 

La route est bordée d’oliviers, d’orangers et de fenouil sauvage. Un superbe paysage de campagne calabraise gorgé de soleil, à peine scarifié par quelques lointaines éoliennes. Peu avant d’arriver, Silvio – un ami d’origine sicilienne – prévient : « À partir de maintenant, tout ce que vous voyez est contrôlé par la mafia.  » Sous les oliviers, le fumier.

La route mène au centre de rétention local, qui a été bloqué un temps en 2010 lors de la révolte des travailleurs immigrés de Rosarno – ville située à une centaine de kilomètres de là1. Aux abords, les migrants se font plus nombreux. Des hommes, jeunes pour la plupart, qui marchent le long de la route. Ils n’ont pas accès aux transports locaux – tous privatisés. Une banale manifestation de racisme ordinaire, d’après nos compagnons italiens. Comble de l’hypocrisie, ce sont ces migrants privés de droits et surexploités qui maintiennent à flot l’agriculture intensive du coin.

Un aéroport fait face au centre – « pratique » pour les expulsions... Umberto, la quarantaine, attend dans le café qui le jouxte. Les présentations faites, il raconte. Dans la région, il est le seul employé de Libera Terra. L’organisation fait partie du réseau Libera, qui regroupe plus de 1 200 associations ou collectifs italiens luttant contre la mafia de diverses manières. Libera Terra se consacre à la gestion des terres confisquées à la mafia. Six coopératives ont déjà vu le jour, et la septième s’organise progressivement, sur les 100 hectares de terres que l’association vient de récupérer dans les environs.

Le projet va à contre-pied des pratiques agricoles de la région. Il s’agit de proposer une production bio basée sur des circuits courts, afin de garder la main sur la transformation et – à terme – la commercialisation sous un label éthique. Le contexte s’y prête : jusqu’ici, il n’existait pas de production agricole pour le marché local dans la région, les camions de l’agro-industrie faisant des aller-retours à Naples. D’autres producteurs pourront ensuite rejoindre le projet s’ils respectent le cahier des charges de l’association : agriculture bio et pas de contrôle mafieux. Pour l’instant, les réactions de la population locale balancent entre rejet apeuré et attentisme dubitatif.

La Pieuvre

« Avant, dans le sud de l’Italie, on disait qu’il n’y avait pas de mafia. Maintenant, tout le monde prétend qu’elle est morte », remarque Silvio, dubitatif. À ses yeux, toutes les activités économiques alentour (agriculture, tourisme, bâtiment...) sont contrôlées plus ou moins directement par la mafia locale, la ’Ndrangheta. Et de montrer du doigt ce petit village Potemkine scintillant, non loin, dans le soleil rosé de la fin d’après-midi. Toutes les activités de cette station balnéaire sont entre les mains du clan mafieux local, la famille Arena. Les touristes l’engraissent sans avoir la moindre idée de l’envers du décor – ou sans vouloir y prêter attention.

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Crotone

Jusque dans les années 1980, la ’Ndrangheta, branche mafieuse d’origine rurale, s’était spécialisée dans les enlèvements. L’organisation tirerait désormais les deux tiers de ses revenus du trafic de cocaïne, en association avec des cartels mexicains et colombiens. Depuis l’affaiblissement de la Cosa Nostra sicilienne, la ’Ndrangheta est considérée comme l’organisation criminelle la plus prospère de la péninsule, avec un « chiffre d’affaire » estimé à 44 milliards de dollars en 20082. Soit plus ou moins le PIB de la Slovénie. Discrète, elle a su diversifier ses activités, plaçant ses billes dans des entreprises, s’adonnant au blanchiment d’argent, au trafic d’armes ou de déchets toxiques.

Plus loin s’étend un champ couvert d’éoliennes. D’après Umberto et Silvio, leurs pales seraient au centre d’un gigantesque scandale de détournement de fonds de l’Union européenne, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros. De fait, les énergies renouvelables sont un investissement logique pour toute organisation disposant de quelques fonds, particulièrement en Italie - troisième acteur européen en matière d’énergie éolienne. Une grande opération de “nettoyage”, opportunément nommée “Autant en emporte le vent”, a d’ailleurs eu lieu en Sicile, mettant à jour de complexes montages financiers autour de la construction de parcs éoliens. Détourner les grasses subventions de l’UE s’avère rentable.

Les lois de confiscation

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La lutte menée par Libera Terra s’appuie sur des outils juridiques spécifiques. Une première loi avait imposé un régime d’isolement particulier pour les chefs de clans, afin d’éviter qu’ils ne continuent à diriger leurs affaires de la prison. Puis après des années de combat et l’assassinat du leader paysan communiste Pio La Torre, la possibilité pour les juges de confisquer les biens des personnes condamnées pour conspiration mafieuse a été introduite dans le système judiciaire italien en 1982. Mais c’est une troisième loi qui permet aujourd’hui à l’association de lutter efficacement contre les mafiosi, explique Umberto : «  La première loi de confiscation ne disait pas quelle fonction devaient avoir les terrains confisqués : ils restaient en pratique entre les mains de la mafia. Libera est née en 1996, et s’est immédiatement attelée a la rédaction d’une loi obligeant à une utilisation sociale des biens confisqués. Nous avons récolté plus d’un million de signatures et lancé une loi d’initiative populaire. Elle concernait la confiscation des biens des mafieux, mais aussi des politiciens corrompus - le Parlement l’a entérinée pour les premiers, pas pour les seconds. »

Mais l’aspect légal ne suffit pas à briser l’omerta, encore moins à changer les pratiques. « Dans le sud de l’Italie, et surtout dans cette région, les pratiques mafieuses paraissent normales, explique Silvio, embrassant le paysage du regard. Les gens qui ont grandi ici ne voient pas où est le problème. Qu’il s’agisse de trouver du travail ou d’ouvrir un commerce, il faut passer par la mafia.  » Umberto précise : «  C’est pourquoi nous intégrons toujours une formation “antimafia” à nos activités. Par exemple, les personnes qui viennent pour un chantier dans une des coopératives ne bossent que le matin : l’après-midi est consacré au travail de déconstruction de l’emprise de la mafia. »

Intimidations

Une fois le processus d’expropriation lancé, les familles mafieuses résistent, explique Umberto : « Nous avons tenu un grand congrès antimafia ici-même, le 24 septembre 2010, sur ces terres confisquées au clan Arena. Pendant celui-ci, des membres du clan cultivaient ce champ « confisqué ». Quand la police leur a expliqué qu’elle saisirait leurs outils, tracteurs et machines s’ils continuaient, ils ont arrêté. Mais ils se sont vengés en détruisant cette maison, qui avait été confisquée également.  » Réaction classique : pour les mafias, il est essentiel que les biens ainsi perdus ne puissent être réutilisés, ni devenir une vitrine de la lutte contre leurs intérêts.

Les pressions subies ne sont généralement pas directes, du moins pas dans cette coopérative. D’autres ont subi des atteintes matérielles – l’une a ainsi vu tous ses oliviers centenaires coupés en une nuit – mais jamais contre les personnes. Ce serait attirer l’attention du pays entier sur le travail de l’association, ainsi que sur le clan local. Conséquence : les pressions se font plus insidieuses. « Cet autre terrain a aussi fait l’objet d’une bataille symbolique, raconte Umberto, la famille Arena habitant à 50 mètres. Le “patron”, à qui ces terres ont été confisquées et qui est théoriquement assigné à résidence, a invité les volontaires qui travaillaient ici à venir visiter « ses propriétés ». Pour montrer qu’il n’avait pas peur de nous... » Des tactiques d’intimidation qu’il est possible de contrer, explique-t-il, prenant un autre exemple : « Quand nous avons décidé de semer sur ce terrain, nous avons découvert que la famille Arena nous avait précédé. Nous avons alors décidé de récolter les plantes semées par les mafieux. Mais un problème s’est posé : impossible de trouver une moissonneuse, personne ne voulait nous en prêter une. La préfecture a donc lancé une demande publique, puis convoqué un par un les agriculteurs locaux. Cela a permis de trouver une moissonneuse, sans connaître le nom du propriétaire. Il a même fallu dissimuler tous les signes distinctifs de l’engin... Un autre souci s’est ensuite posé : personne ne voulait le conduire. Nous avons finalement trouvé deux gardes forestiers, qui sont venus en avion depuis le Nord de l’Italie. Ils étaient protégés par la police à l’aller, au retour, et pendant qu’ils moissonnaient... Et l’année suivante, quelqu’un de la région a accepté de conduire la moissonneuse.  »

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 11:06

revolte.jpgVoici un texte de Frantz Fanon sur l'usage de la force face à nos oppresseurs...

 

Encore un très bon texte ressorti par nos camarades de Libération Irlande. Il est tiré de l’œuvre majeure de Frantz Fanon Les damnés de la terre. Un des deux livres que tout militant des black panthers devait avoir lu… Les écrits de Fanon, théoricien majeur de la décolonisation, restent toujours d’actualité malheureusement.

A la formule “Tous les indigènes sont pareils », le colonisé répond : “Tous les colons sont pareils.” Le colonisé, quand on le torture, qu’on lui tue sa femme ou qu’on la viole, ne va se plaindre à personne. Le gouvernement qui opprime pourra bien nommer chaque jour des commissions d’enquête et d’information. Aux yeux du colonisé, ces commissions n’existent pas. Et, de fait, bientôt sept ans de crime en Algérie et pas un Français qui ait été traduit devant une cour de justice française pour le meurtre d’un Algérien. en Indochine, à Madagascar, aux colonies, l’indigène a toujours su qu’il n’y avait rien à attendre de l’autre bord. Le travail du colon est de rendre impossibles jusqu’aux rêves de liberté du colonisé. Le travail du colonisé est d’imaginer toutes les combinaisons éventuelles pour anéantir le colon. Sur le plan du raisonnement, le manichéisme du colon produit un manichéisme du colonisé. A la théorie de “l’indigène mal absolu” répond la théorie du “colon mal absolu”.

L’apparition du colon a signifié syncrétiquement mort de la société autochtone, léthargie culturelle, pétrification des individus. Pour le colonisé, la vie ne peut surgir que du cadavre en décomposition du colon. Telle est donc cette correspondance terme à terme des deux raisonnements. Mais il se trouve que pour le peuple colonisé cette violence, parce qu’elle constitue son seul travail, revêt des caractères positifs, formateurs. Cette praxis violente est totalisante, puisque chacun se fait maillon violent de la grande chaîne, du grand organisme violent surgi comme réaction à la violence première du colonialiste.

Les groupes se reconnaissent entre eux et la nation future est déjà indivise. La lutte armée mobilise le peuple, c’est-à-dire qu’elle le jette dans une seule direction, à sens unique. La mobilisation des masses, quand elle se réalise à l’occasion de la guerre de libération, introduit dans chaque conscience la notion de cause commune, de destin national, d’histoire collective. Aussi la deuxième phase, celle de la construction de la nation, se trouve-t-elle facilitée par l’existence de ce mortier travaillé dans le sang et la colère. On comprend mieux alors l’originalité du vocabulaire utilisé dans les pays sous-développés. Pendant la période coloniale, on conviait le peuple à lutter contre l’oppression.

Après la libération nationale, on le convie à lutter contre la misère, l’analphabétisme, le sous-développement. La lutte, affirme-t-on, continue. Le peuple vérifie que la vie est un combat interminable. La violence du colonisé, avons-nous dit, unifie le peuple. De par sa structure en effet, le colonialisme est séparatiste et régionaliste. Le colonialisme ne se contente pas de constater l’existence des tribus, il les renforce, les différencie. Le système colonial alimente les chefferies et réactive les vieilles confréries maraboutiques. La violence dans sa pratique est totalisante, nationale.

De ce fait, elle comporte dans son intimité la liquidation du régionalisme et du tribalisme. Aussi les partis nationalistes se montrent-ils particulièrement impitoyables avec les caïds et les chefs coutumiers. La liquidation des caïds et des chefs est un préalable à l’unification du peuple. Au niveau des individus, la violence désintoxique. Elle débarrasse le colonisé de son complexe d’infériorité, de ses attitudes contemplatives et désespérées. Elle le rend intrépide, le réhabilite à ses propres yeux. Même si la lutte armée a été symbolique et même s’il est démobilisé par une décolonisation rapide, le peuple a le temps de se convaincre que la libération a été l’affaire de tous et de chacun, que le leader n’a pas de mérite spécial. La violence hisse le peuple à la hauteur du leader. D’où cette espèce de réticence agressive à l’égard de la machine protocolaire que de jeunes gouvernements se dépêchent de mettre en place.

Quand elles ont participé, dans la violence, à la libération nationale, les masses ne permettent à personne de se présenter en “libérateur”. Elles se montrent jalouses du résultat de leur action et se gardent de remettre à un dieu vivant leur avenir, leur destin, le sort de la patrie. Totalement irresponsables hier, elles entendent aujourd’hui tout comprendre et décider de tout. Illuminée par la violence, la conscience du peuple se rebelle contre toute pacification. Les démagogues, les opportunistes, les magiciens ont désormais la tâche difficile. La praxis qui les a jetées dans un corps à corps désespéré confère aux masses un goût vorace du concret. L’entreprise de mystification, devient, à long terme, pratiquement impossible.

F. Fanon, Les damnés de la terre, Paris, Gallimard, 1991, p. 126.

 

Repris sur Feu de prairie.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 10:02

charlie_chaplin.jpgVoici un article de zones subversives qui critique la valeur travail à tout prix....

Le socialiste Paul Lafargue et l’écrivain Robert Louis Stevenson dénoncent la civilisation industrielle fondée sur le travail.


L’opposition à l’Accord national interprofessionnel (ANI), une nouvelle réforme du contrat de travail, révèle les limites du mouvement social. Les syndicats et les partis défendent tous une société du plein emploi dans laquelle le travail devient quasiment sacralisé. Le Front de gauche incarne cette aspiration au petit bonheur conforme avec son logement pavillonaire, son amour routinier et son indispensable CDI.

Mais une partie du mouvement ouvrier révolutionnaire n’a pas toujours défendu cette conception du bonheur étriqué et ennuyeux. Le droit au travail semble moins important que le droit à la paresse. Les éditions allia s'attachent à publier des textes percutants qui dressent l'apologie de l'oisiveté.

                      


                             Paul Lafargue et Robert Louis Stevenson - Coffret De la paresse - 2 volumes : Une Apologie des oisifs suivi de Causerie et causeurs ; Le Droit à la paresse.

 

Paul Lafargue et le Droit à la paresse

« Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste », ouvre un texte de 1881 : Le Droit à la paresse écrit par le socialiste Paul Lafargue. « Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture », poursuit le texte. Même la classe ouvrière subit cette religion du travail. Pourtant les prolétaires doivent s’émanciper pour libérer l’humanité du salariat et du capitalisme. Surtout cette classe sociale subit fortement les conséquences du travail. « Toutes les misères individuelles et sociales sont nées de sa passion pour le travail », résume Paul Lafargue. 

Le travail doit éradiquer les sentiments de fierté et d’indépendance des ouvriers. Le docteur Villermé décrit les problèmes de l’Alsace manufacturière. Il observe la destruction par le travail. Cette activité particulièrement dure et pénible ne permet même pas de se loger et de vivre confortablement. « Introduisez le travail de fabrique, et adieu joie, santé, liberté ; adieu tout ce qui fait la vie belle et digne d’être vécue », souligne Paul Lafargue. Son analyse économique précède celle de l’économiste John Maynard Keynes. Paul Lafargue observe que le travail débouche vers une surproduction. Les produits fabriqués en grande quantité ont peu de débouchés, en raison d'une faible consommation. Ce qui alimente une crise économique. 
Les ouvriers doivent s’extraire de la morale chrétienne. Contre les Droits de l’Homme, qui ne se préoccupent pas des conditions sociales d’existence, les ouvriers doivent proclamer un Droit à la paresse. Selon Paul Lafargue le travail doit se limiter à trois heures par jours pour devenir « un condiment de plaisir de la paresse, un exercice bienfaisant à l’organisme humain, une passion utile à l’organisme social ». 

Les machines ne permettent pas à l’ouvrier de se reposer, mais l’obligent au contraire à devenir plus actif et productif. Les prolétaires doivent accepter le travail et l’abstinence pour assurer à la bourgeoisie son mode de vie confortable. Le travail permet l'exploitation du prolétariat au profit du capitalisme. Mais il s'agit également d'une forme d'aliénation qui permet d'accepter les normes, les contraintes et la routine de la vie quotidienne.


                           

Robert Louis Stevenson et le plaisir de l’oisiveté

L’écrivain Robert Louis Stevenson propose Une apologie des oisifs. Il s’inscrit dans le sillage d’une critique radicale du travail et de l’exploitation capitaliste. Son article est publié pour la première fois dans le Conrhill Magazine en 1877. Il écrit dans le contexte du développement industriel de l’Angleterre, avec son travail en usine et sa misère sociale. Mais sa critique radicale du travail semble toujours pertinente et actuelle.

« Cette prétendue oisiveté, qui ne consiste pas à ne rien faire, mais à faire beaucoup de choses qui échappent aux dogmes de la classe dominante, a tout autant voix au chapitre que le travail », résume Robert Louis Stevenson. Il dénonce une société de spécialistes dans laquelle chacun reste cantonné à sa petite activité séparée. Le refus du travail provoque une marginalisation de ceux qui refusent de se soumettre aux règles.

Le romancier développe une critique de l’école. La soumission à la discipline scolaire laisse alors peu de temps pour penser. « Si vous vous repenchez sur votre propre instruction, je suis sûr que ce que vous regrettez, ce ne sont pas les heures passées à faire l’école buissonnière, car elles auront été exaltantes, instructives et bien remplies remplies. Vous préféreriez effacer le souvenir des heures monotones perdues à somnoler en classe », ironise Stevenson. L’école de la rue et de la vie permet davantage une découverte sensualiste du monde, contre la science officielle, glaciale et ennuyeuse. « Mais c’est autour de vous, et au prix d’un simple regard, que vous apprendrez la chaleur palpitante de la vie », précise le romancier. L’école permet surtout d’apprendre la discipline, tandis que l’oisiveté permet de développer l’imagination et la créativité. L’art de vivre demeure le domaine d’étude le plus passionnant et indispenble.


Pour Stevenson, « la faculté d’être oisif est la marque d’un large appétit et d’une conscience aiguë de sa propre identité ». Au contraire le travail consiste à s’enfermer dans la routine et l’ennui. Ceux qui travaillent se révèlent souvent passifs et creux. « Ils ne sont curieux de rien ; ils ne se laissent jamais frapper par ce que le hasard met sur leur chemin ; ils ne prennent aucun plaisir à exercer leurs facultés gratuitement », souligne l’écrivain. Ils développent alors un rapport détaché, voire comateux, à leur propre existence. Dans leur petite vie étriquée, ils ne pensent qu’aux affaires et au respect du professionalisme.

Au contraire, l’oisiveté permet de s’ouvrir à la rencontre, à l’imprévu, à l’aventure. « Et voilà soudain qu’ils se retrouvent à quarante ans, apathiques, incapables d’imaginer la moindre façon de s’amuser », raille Stevenson. Ils subissent une existence terne et monotone, sans plaisir ni passion. « Ce n’est pas vraiment ce que j’appelle réussir sa vie », résume l’écrivain. La logique de la contrainte et du sacrifice prime sur la recherche du plaisir et du bonheur. « Par conséquent, si l’on ne peut être heureux qu’en étant oisif, restons oisifs », résume Robert Louis Stevenson.


La critique du travail remet en cause le capitalisme et l’exploitation, mais aussi tous les autres domaines de la vie. L’existence ne doit pas se réduire à une routine monotone. Au contraire, il semble plus épanouissant de privilégier l’oisiveté dans le plaisir et la jouissance. 

 

Sources:

Paul Lafargue, Le Droit à la paresse, Allia, 2012

Robert Louis Stevenson, Une apologie des oisifs suivi de Causerie et causeurs (Traduit de l’anglais par Laili Dor et Melisandre Fitzsimons), Allia, 2012

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 11:58

                    pole-emploi-nantes.jpg     Un communiqué de la coordination des collectifs de précaires par rapport à l'immolation d'un chômeur à Nantes ou le gouvernement par la voix du puant Michel Sapin a déclaré que l'action des agents de Pôle Emploi était "irréprochable" et "humaine"...

 

« Aujourd’hui, c’est le grand jour pour moi car je vais me brûler à Pôle
emploi. »
Djamal Chaar, Nantes, février 2013.

Djamal Chaar est mort. Il s’est immolé par le feu  mercredi 13 février
2013 face à un Pôle Emploi, à Nantes. Deux jours après, un autre chômeur
tentait de se donner publiquement la mort à Saint-Ouen, et un autre encore
quelques jours plus tard dans un Pôle emploi de Bois-Colombes. Déjà, l’été
précédent, un homme était mort après s’être immolé à la CAF de Mantes-la
Jolie. À l’époque, la ministre des affaires sociales et de la santé, avait
« fait part de sa profonde émotion face à cet acte désespéré d’une
personne que les difficultés de la vie ont manifestement conduit à un
geste tragique». La ministre déléguée chargée de la lutte contre
l’exclusion avait ajouté qu’« en première ligne face à ces difficultés
sociales, le personnel de la Caf a rempli sa mission avec sérieux et
compétence ».

Au lendemain de la mort de Djamal Chaar, le président de la République
évoquera avant tout le caractère « exemplaire » du « service public de
l’emploi ». Les réactions publiques, comme à chaque fois, qualifient le
geste de « drame personnel », on exprime à peu de frais son émotion tout
en cherchant à déresponsabiliser l’institution. Une cellule psychologique
est créée pour les agents, le sale boulot de gestion de la précarité peut
reprendre. Et si quelques voix s’élèvent pour faire du mort une victime,
ces discours participent d’un consensus qui recouvre la dimension
politique de ce qui a eu lieu.

La veille de son immolation, Djamal Chaar écrit : « J’ai travaillé 720h et
la loi, c’est 610h. Et Pôle emploi a refusé mon dossier ». Le ministre du
travail et du dialogue social répondra : «Les règles ont été appliquées
avec l’humanité qui convient, avec les explications nécessaires, mais il y
a parfois des moments où on est dans une telle situation, qu’on ne
comprend plus les explications ».

L’humanité qui convient. Quiconque a affaire à Pôle emploi ou à la CAF
sait ce dont il s’agit. C’est l’Etat qui remet à un agent le soin de
décider des moyens de subsistance d’un autre humain. Ce sont des calculs
comptables qui font oublier les vies derrière les chiffres. Ce sont des
règles d’indemnisation opaques, arbitraires, rarement explicitées et qui
excluent plus de la moitié des chômeurs de l’allocation. C’est le mépris
et le soupçon avec lesquels on traite quiconque dépend d’une institution
pour ses revenus. C’est transformer les droits sociaux en dettes
individuelles et réduire par-là tout horizon, toute capacité à se
projeter.

L’humanité qui convient, c’est nous culpabiliser de n’avoir pas d’emploi
dans cette société-là et nous forcer à jouer le jeu. C’est une logique qui
transpire partout. Elle s’impose aussi à nous dans l’entreprise où chacun
est contraint à grand coups de management de s’impliquer personnellement,
de se réaliser en tant que capital humain, de faire corps avec son travail
aussi indésirable soit-il.

Djamal Chaar a décidé de ne pas faire le grand saut dans le noir en
silence. Nous ne pouvons accepter comme un « accident de parcours » l’acte
d’un homme qui a décidé de mourir en accusant. S’obliger à  parler. Dire
que l’institution tue. Dire qu’il ne s’agit pas de « drames personnels ».
Et si son geste nous renvoie à nous-mêmes, à nos solitudes et nos
découragements, il nous renvoie aussi à la nécessité de s’attaquer à cette
violence qui nous est faite. Dans l’entraide et la solidarité, que nous
éprouvons par bribes au présent et que nous essayons de construire jour
après jour, nous voyons un des moyens pour reprendre, ensemble, prise sur
nos vies.

Des collectifs de chômeurs et précaires réunis en coordination.
CAFCA Ariège, CCPL Lille, Exploités-Énervés Cévennes, CAFards de
Montreuil, La C.R.I.S.E à Nancy, Permanence Précarité CIP-IDF, CNT-UL
Chelles & Marne-la-vallée, Réseau Stop Précarité, Recours-Radiations.
Avril, 2013.

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 10:34

Stelios Vlamakis candidat de l’Aube Dorée en Crète a été jeté à la mer dans le port vénitien de Chania (La Canée), en Crète, par les résidents locaux qui réagissaient aux attaques contre des immigrés et d’autres résidents par des partisans nazis dans le centre ville.

L’incident a eu lieu mardi soir. Les membres de l’Aube Dorée avaient une petite fiesta dans une cafétéria rue Apokoronou, dans le centre-ville de Chania. Environ 10 membres de l’Aube Dorée, ivres depuis le début de l’après-midi, selon des témoins, chantaient des hymnes et faisaient le salut nazi à quelques mètres du fan club de l’AEK Athènes à Chania et à environ 70 mètres des bureaux du comité local du KKE, le parti communiste grec.

 

Les membres du groupuscule néonazi se sont ensuite dirigés vers le port vénitien, ont attaqué deux immigrés, selon des témoins, et ont eu une confrontation verbale avec un enseignant membre du conseil de l’ADEDY, la confédération des fonctionnaires. Arrivés près du port, les nazis ont eu des mots avec des clients d’un magasin et des touristes, mots qui se sont transformés en affrontements avec des activistes anarchistes qui se rassemblaient. Au cours des affrontements un candidat de l’Aube Dorée a été jeté dans le port et deux autres membres de l’organisation fasciste de 43 et 23 ans ont été blessés et conduits à l’hôpital de Chania pour recevoir les premiers soins.

Après être restés « les bras croisés », selon l’annonce du parti communiste, les forces de l’ordre ont arrêté quatre membres du parti nazi, l’enseignant et un serveur. Au poste de police, l’enseignant a déposé une plainte contre deux membres de l’Aube Dorée, les accusant d’outrage, alors que les partisans du groupuscule fasciste ont décidé de poursuivre le jeune professeur, ainsi qu’un journaliste de Chania qui … ne semblait pas être présent lors de l’incident. Les nazis ont ensuite déposé une plainte contre quatre jeunes en les accusant de violence. Ils ont été libérés sur ordre du procureur.

Selon les témoignages de voisins, des membres de l’Aube Dorée ont également attaqué un officier des forces militaire de l’OTAN et ses collègues se seraient précipités pour le défendre.

 

Repris sur ozean news

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 11:21

ville-lyon-facho-L-FQE4sH.jpegVoici un interview sur la stratégie des groupes fascistes sur la région lyonnaise... 

 

Peut-on dire que l’extrême droite lyonnaise est un laboratoire? En quoi? Quelle est la particularité de Lyon?


Stéphane François : Effectivement, nous pouvons le dire, car l’extrême droite y est bien implantée depuis longtemps (n’oublions pas que Lyon fut un haut lieu de la Collaboration). Nous y trouvons différentes tendances de cette famille politique, des catholiques traditionalistes issus de « Petites Églises » jusqu’aux néonazis, en passant par la Nouvelle droite, les nostalgiques de Vichy, les négationnistes et les différents courants identitaires. Cette forte implantation a permis à ces différents groupes d’expérimenter de nouvelles pratiques, comme la volonté de créer un squat d’extrême droite sur le modèle de la Casa Pound italienne, voire de s’implanter à l’université (à Lyon III avec Bruno Gollnisch, Pierre Vial, Jean Haudry, Jean-Paul Allard, Bernard Notin et quelques autres, et à Lyon II avec Robert Faurrisson). Toutefois, de l’aveu même de certains militants d’extrême droite, la périphérie lyonnaise, et notamment les Monts du Lyonnais, sont un bien meilleur réservoir de militants que Lyon même. Ce propos reste à relativiser : les jeunes de cette périphérie font leurs études à Lyon…

Ces mouvements sont composés de jeunes gens qui gravitent dans les milieux de l’extrême droite musclée. Ils recrutent principalement chez des jeunes précarisés, venant de milieux ouvrier ou d’employés, qui sont déçus de la politique de « dédiabolisation », toute relative d’ailleurs, de ce parti, comme certains hooligans, voire des skinheads, et qui recherchent un engagement radical.

Enfin, si on peut parler d’une extrême droite, il ne faut pas oublier qu’il existe au sein de celle-ci des nuances, qui s’incarnent en différents courants. Ces distinctions ne doivent pas être prises sur un mode mineur : elles structurent les rapports et les affinités entre les différents groupes. Ainsi, il existe de grandes différences entre les Identitaires, le Renouveau français, le GUD, les Jeunesses Nationalistes, Terre et peuple et les néonazis/skinheads. En outre, il existe parfois des distinctions fortes au sein d’une même tendance. Ainsi, au sein même de la mouvance identitaire, il y a des visions antinomiques entre le Bloc Identitaire et Terre et peuple.

Peut-on parler d’une radicalisation de l’extrême-droite lyonnaise (augmentation des agressions)? A quoi cela est-il dû?

Oui et non : la violence de l’extrême droite lyonnaise est ancienne, datant des années 1970. Elle a des phases de basses ou de forte intensité, en fonction du renouvellement des militants, et surtout en fonction des stratégies (contrôle ou non de la violence). Ceci dit, actuellement, les groupes qui ont le vent en poupe localement, comme les Jeunesses Nationalistes, ne rechignent pas à faire le coup de poing. En outre, il ne faut pas oublier que la violence d’extrême droite dans le Lyonnais, et en particulier dans ces fameux « Monts » est vieille d’une dizaine d’années…

Au niveau des discours, l’extrême droite lyonnaise a toujours fait partie de celle qui était la plus radicale. C’est le cas notamment depuis le milieu des années 1990 avec le groupuscule identitaire Terre et peuple. L’un des éditeurs négationnistes français est d’ailleurs basé dans une commune des Monts du Lyonnais…

Il y a à Lyon différentes mouvances (identitaires, Jeunesses nationalistes, 3e voie (skins)). Est-ce que ces différentes mouvances sont un phénomène nouveau ou ont toujours existé sous différents noms? Est-ce que cette concurrence leur donne un élan ou au contraire les annihile?

Ces mouvements sont issus de différentes tendances présentes dans la région depuis longtemps. Les identitaires sont plus ou moins des rejetons des thèses de la Nouvelle droite, longtemps présente à Lyon III ; les Jeunesses nationalistes ont des liens, via leurs dirigeants, avec des épurés (les frères Sidos) ; les skins sont présents depuis les années 1970… En outre, certaines figurent identitaires locales, comme Pierre Vial, ex Nouvelle droite, ex Front national, était très proche de certains SS français comme Marc Augier (connu sous le pseudonyme de Saint-Loup) ou comme Maurice Martin (connu sous le pseudonyme de Robert Dun). Il était aussi le filleul du collaborateur Pierre Clémenti. Ce n’est donc pas un phénomène récent.

Leurs origines sont donc à chercher dans le passé. Malgré tout, il y a des transformations, des évolutions : Terre et peuple est une radicalisation des thèses ethno-régionalistes de la Nouvelle droite ; les identitaires ont repris également une partie des thèses de la Nouvelle droite, laissant de côté d’autres moins utiles pour eux ; la nouvelle Troisième voie d’Ayoub redécouvre certaines idées « socialistes » (en fait « nationale-révolutionnaires »). Les idées circulent beaucoup dans ces milieux…

A mon avis, la concurrence entre les différentes forces en présence pousse à la radicalisation, à la surenchère… C’est flagrant avec les responsables locaux de Génération identitaire. Ainsi, la tentative d’acclimater à Lyon l’aide aux SDF « français de souche » à grand renfort de médias montre deux choses: 1/ils sont assez implantés pour le faire; 2/ils sont en concurrence avec d’autres groupes radicaux (jeunesses nationalistes, nationalistes autonomes, etc.) et cherchent à se démarquer (et donc cherchent la provocation qui fera le « buzz »). Cela montre aussi que l’antenne lyonnaise se radicalise : ce type d’action n’est pas anodine et va provoquer une réaction virulente, alors que le Bloc Identitaire cherche à se débarrasser de leur image radicale. Pourquoi ce changement? C’est la conséquence d’une contestation de la ligne de la direction?, l’expression d’une dissension à la tête? D’un changement de stratégie?

Quel rôle joue Bruno Gollnisch sur ces différents mouvements?

A mon avis, il n’en joue aucun, mais il est proche des responsables des Jeunesses Nationalistes (Yvan Benedetti, Olivier Wyssa et Alexandre Gabriac). Gabriac était d’ailleurs un membre du mouvement de jeunesse de celui-ci, Les Jeunes avec Gollnisch. Les trois sont, ne l’oublions pas, d’anciens membres très radicaux du Front national, exclus de ce parti à la suite de l’« affaire Gabriac » : celui a été photographié le bras tendu devant un drapeau nazi, provoquant à la fois son exclusion et le départ de ses proches. Ces derniers sont proches de Gollnisch. Ils l’ont d’ailleurs soutenu lors de la campagne pour la présidence du FN. En retour, Bruno Gollnisch a protesté contre l’exclusion de Gabriac du FN. Il a même nié la véracité des photos le mettant en cause.

Concernant les autres tendances de l’extrême droite, Gollnisch n’a aucune influence sur les identitaires ou sur Troisième voie. Pour la simple raison que nous sommes dans d’autres milieux, avec des références culturelles différentes. Ils ne lui reconnaissent aucune autorité…

Pourquoi tenter de « reprendre » le vieux Lyon? Que représente le vieux Lyon pour eux?

Le vieux Lyon, comme Montmartre à Paris, représente la France dont ils rêvent : une France qui n’est pas coupée de ses racines, de son histoire, une France musée qui pourrait être sortie d’un film d’Audiard. Ce sont des lieux touristiques, certes, mais qui ont su préserver leur cadre de vie. C’est un premier point. Ensuite, il y a la volonté de montrer qu’ils sont présents sur place, que c’est « leur » quartier. En ce sens, il y a une réelle volonté de s’approprier ce territoire, comme leurs aînés l’ont fait dans les années 1960 du Quartier latin à Paris. C’est une façon de montrer leur force.

Quels sont les liens entre l’extrême-droite lyonnaise et suisse? Genève aussi a ses mouvements identitaires et des néo-nazis suisses ont été vus à des manifestations de l’extrême-droite à Lyon? Ces mouvements jouent-ils la carte de l’internationalisation?

Les relations entre les extrêmes droites des deux côtés de la frontières sont plus anciennes, elles existent depuis l’après seconde guerre mondiale, en particulier chez les rescapés du Nouvel Ordre Européen… Dans les années 1970, il y eut un regain d’échanges entre les extrêmes des deux côtés de la frontière, c’est tout. Ces échanges existent toujours au sein des différents courants de l’extrême droite, mais cela ne concerne pas seulement la France : le reste de l’Europe est concernée. Cela relève des échanges inhérents aux partis politiques aux idéologies proches : ils échangent et s’influencent mutuellement. Toutes les formations européennes (et au-delà) ayant des idées similaires se rencontrent et nouent des relations. C’est le cas des partis socialistes, des différents partis de droites, des partis communistes, écologistes, etc. mais, il ne faut pas sombrer dans les fantasmes des « orchestres noirs », des « internationales brunes ». Les tentatives de synergies entre formations extrémistes de droite ont toujours échoué… D’ailleurs, sur le point des identitaires, il n’y a aucune influence lyonnaise : la mouvance identitaire est apparue en Europe, mais aussi aux Etats-Unis et au Canada de façon similaire au cours des années 1990. Je suppose que le repli identitaire était dans l’air du temps à cette époque…

Vous dites que les synergies ont toujours échoué. Pourquoi? J’imagine que le nationalisme va contre l’idée d’une idée de solidarité internationale?

Non, c’est plus simple : l’extrême droite est incapable de s’unir sauf dans de rares cas, par exemple le Front National (et encore : il y a eu des départs et des scissions en son sein)… Chaque leader cherche à tirer la couverture à soi. Ils sont incapables de se trouver un chef qui les fédère. A l’échelle européenne, cela est pareil : les égos, les problèmes relationnels et les divergences idéologiques l’emportent sur la volonté de construire une action commune. Ils sont incapables de s’unir.

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