Le Sénat vient de voter une proposition de loi UMP supprimant le versement des allocations familiales aux familles dont les enfants sont placés, des familles qui bien souvent ne sont pas de la haute.


Le gouvernement a engagé l’attaque contre les allocations familiales. Il y aura peut-être « mariage et adoption pour tous » mais plus allocations pour tous. Pour livrer l’argent des cotisations sociales des familles au patronat, au nom de la « compétitivité », le pouvoir se pare d’un prétexte social, en déclarant viser les ménages aisés. Mais, c’est le fondement de la politique familiale, le principe de l’universalité des allocations, à terme toutes les familles qui sont attaqués.

Le Sénat vient dangereusement d’ouvrir une brèche en adoptant une proposition de loi UMP par 329 voix contre 16. Elle prévoit de supprimer le versement des allocations familiales aux familles dont les enfants sont placés. Les départements, responsables de ces services sociaux, les récupéreraient (l’Aide à l’enfance pour l’allocation de rentrée scolaire). Pour l’instant, les allocations sont maintenues aux familles sauf avis contraire du juge pour enfants qui a le pouvoir de décider d’une répartition. Demain, elles seraient automatiquement transférées aux départements, le juge ne conservant la possibilité que d’en laisser 35% aux familles.

Ce vote est particulièrement choquant. Dans 80% des cas, le placement a pour cause, non des maltraitances, mais la situation de misère des parents, notamment le logement. Le placement doit être temporaire. L’objectif est le retour des enfants dans le cadre affectif familiales. Le pouvoir du juge permet d’apprécier chaque cas au regard de cet objectif.

Mais pour les sénateurs, souvent élus départementaux, la préoccupation est visiblement tout autre. Il s’agit de faire le fond des poches de familles parmi les plus pauvres, à défaut de s’attaquer à la politique d’austérité des finances locales des gouvernements successifs.

C’est une politique contre les familles, en l’occurrence contre les familles les plus précaires, .

(Repris sur un blog du PCF)