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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 15:16

jaune-d-oeuf.jpgPour 4 personnes, la sauce hollandaise c'est :

- 200 g de beurre
- 3 jaunes d'oeufs
- 1/2 citron
- sel, poivre

 

Reprenons. La démocratie sauce Hollande c'est  :

200 g de beurre  : pour faire passer les saloperies sans douleur.

Par exemple au moyen de discours lénifiants pré-électoraux où il est question d'humanité et de social, et de respect et de non mélange des genres entre pouvoir et argent, entregent et projets de construction, etc. "Moi, président..."

Les 3 jaunes ce sont Hollande, Ayrault et Valls (Montebourg aussi et Duflot itou, mais bon, ils ne sont pas entièrement concernés ici.)

Un demi citron pour la soupe à la grimace, c'est bien assez : on la trouvait  déjà saumâtre sous Sarko-la-trique, on la trouve pas mieux sous Valls-sans-hésitation.

Sel et poivre, c'est à quoi on chargeait d'antan son bon vieux fusil de chasse pour faire déguerpir les malotrus et autres voleurs de cerises.

On est passé au flashball : celui qui défigure, crève les yeux ; et aux grenades, de celles qui laissent des éclats à vie dans uen trentaine  de corps de militants.

Et c'est là qu'il fallait arriver :

Quelques milliers de cathos dans les rues et on retire le mariage homosexuel

Quelques sourcils levés à Bruxelles, et en avant pour la libéralisation à marches forcées à grands coups de traités anti-démocratiques présentés à aucun peuple, validés par aucun vote sinon celui d'experts technocratiques grisâtres et européens.

Ca tousse toujours sur la politique européenne et la Grèce ? Qu'à cela ne tienne accueillons à l'Elysée Samaras,  premier ministre grec qui déclare : "nous devons écarter les immigrés de notre pays, ils sont devenus la nouvelle tyrannie".

Pareil à Florange : Ayrault désavoue Montebourg qui n'aurait pas fait grand chose en dehors de mouliner des membres supérieurs, mais du coup, ce retour sur ce qui n'était évidemment qu'une pseudo-nationalisation a bien un arrière goût de franche trahison de la classe ouvrière. Du Sarko on vous dit : tout comme.

En revanche, il est hors de question que la chienlit ait gain de cause à Notre Dame des Landes : l'Ayraultport passera ! Les écolos ne passeront pas . Nous, faire machine arrière devant une poignée d'anars mal coiffés ? C'est mal nous connaître !

Le gouvernement français, prêt à toutes les reculades au moindre forcissement du vent, n'hésite pas à matraquer du gauchiste et à casser du paysan.

Expliquons : les reculades c'est parce qu'il y a des cas de force majeure et des évolutions conjoncturelles. Les gauchistes, c'est une constante. Avec une bonne propagande et une commission ça va passer sans problème (confère le beurre plus haut.

Cette commission c'est pour enquêter. sur ... Mais non, la commission ce n'est pas pour enquêter sur quoi que ce soit.

A notre Dame des Landes, la commission post-cassage de militants et agriculteurs, c'est pour rééxpliquer le projet aux ceusses qui comprennent pas depuis vingt ans, que le projet doit se faire au nez et à la barbe du populo.

Parce que l'Ayraultport est un projet tellement en pointe qu'il traîne dans les cartons depuis des lustres. C'est dire si c'est le moment de le faire passer : ça ne peut plus attendre.

C'est ça la démocratie sauce Hollande :  le sarkozysme à visage humain. On te tape, mais avec humanité, on t'enfume comme un lapin dans sa garenne, mais avec componction et rondeur. C'est le libéralisme patelin, la brutalité bonnasse, la société policière benoîte.

Ce qui ne peut plus attendre c'est la mobilisation pour prêter main forte aux camarades sur place dont on sait qu'ils sont sous le coup d'une attaque prochaine des poulets et pandores pour faire table rase de la ZAD.

Solidarité toujours, et disons le bien fort : nous n'avons jamais eu confiance en Hollande, ni dans le PS. Nous avions raison.

AL 95/78

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 21:32

sncf-copie-1.jpgA l'heure ou l'on nous bassine avec le concept d'incivilité pour mieux nous fliquer, alors que la SNCF veut mettre des amendes à tire larigot pour des pieds sur des sièges ou fumer dans les toilettes, voila un article de Rue 89 qui critique ce concept vague et fumeux....


« La SNCF durcit le ton sur les incivilités », pouvait-on lire dans la presse début décembre. Pieds sur les sièges, cigarettes dans les trains non-fumeurs, crachats, portes de train bloquées pour retarder le départ... Ces petits désagréments de la vie collective prennent un sens décisif dans la bouche de Guillaume Pépy, président de la SNCF.

L’entreprise a annoncé un vaste plan de « lutte contre les incivilités », avec des amendes si la « pédagogie » envers les usagers ne suffit pas. La SNCF prend la suite de nombreux services publics de transport, de mairies ou, plus largement, d’établissements recevant du public. Le terme d’incivilités est désormais utilisé à toutes les sauces pour désigner des infractions mineures aux règles de politesse communément admises.

La sociologue Carole Gayet-Viaud, chargée de recherche du CNRS au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), revient sur l’origine du concept, ses définitions à géométrie variable et les interactions conflictuelles qu’il désigne.

Au fil de ses recherches, elle s’est penchée sur un objet d’études qui touche à la vie quotidienne et à la morale. Qu’est-ce qui est admis dans l’espace public ? Que peut-on dire à un inconnu dans la rue ? Pourquoi un rappel à l’ordre peut-il se terminer en bagarre ? Ces questions traversent les travaux de Carole Gayet-Viaud sur la galanterie, la politesse, la civilité, la juste distance entre les personnes dans l’espace urbain.

Rue89 : D’où vient le terme « incivilités » ? Depuis quand est-il utilisé en France et comment a-t-il été importé dans le langage courant ?

Carole Gayet-Viaud : Le terme est assez ancien mais son sens actuel date des années 90. Il vient des Etats-Unis, par l’intermédiaire des théories dites de la « vitre brisée » qui touchent à la politique de sécurité urbaine et à la prévention de la délinquance.

« Broken window theory »

En 1982, les sociologues américains George L. Kelling et James Q. Wilson développent dans The Atlantic une théorie des incivilités à partir de l’exemple de la « vitre brisée » (« broken window »). Selon eux, si on laisse une vitre brisée dans un quartier sans réagir, la situation ne peut que se dégrader : le quartier va se délabrer et la délinquance augmenter.

 

Cette théorie (interprétée de façon variable) a donné lieu à une politique dite de « tolérance zéro » à New York dans les années 90 : une sanction rapide et sévère de tous les comportements contraires à la règle, dans le but d’éviter l’aggravation de la criminalité et la récidive.

C’est l’idée – contestable et contestée – que l’incivilité serait la porte d’entrée vers des formes de violence et de criminalité plus consistantes. Que si on ne punit pas les gens, ils vont récidiver de manière de plus en plus grave.

Très centrée sur la déviance et son contrôle, cette théorie a donné lieu à des politiques dites sécuritaires, dans le but de « corriger avant que ça ne dégénère ».

Mais il y avait un autre versant dans la théorie de la vitre brisée : l’attention aux situations, aux conditions environnementales, pratiques et matérielles d’accomplissement de certains actes (en l’occurrence déviants).

L’idée de l’article fameux de Kelling et Wilson est que si dans un hall d’immeuble on laisse une fenêtre cassée sans la réparer, il va y avoir une spirale du déclin.

D’abord les gens vont commencer à passer plus vite, à s’enfermer chez eux. S’il y a du bruit dans l’escalier ils ne viendront plus voir, des dealers vont s’installer, puis un beau jour il y aura un meurtre parce que « les gens bien » auront déserté les lieux et ceux qui le peuvent auront déménagé.

Cet aspect intéressant a été souvent mal traduit dans les politiques se réclamant de la théorie, et dans le transport des Etats-Unis vers la France.

L’articulation propreté/sécurité a justifié la focalisation des actions sur certains problèmes et désordres urbains très visibles, sous prétexte de leur effet indirect sur le crime, parfois jusqu’à l’absurde. Car chasser les sans-abri du centre-ville, cela n’a plus grand chose à voir avec le fait de remplacer une vitre cassée…

Un autre effet a été de justifier une pénalisation accrue de délits mineurs (transformation en délit de comportements qui ne l’étaient pas, ou aggravation des peines encourues) sous prétexte d’une gradation supposée dans les trajectoires de déviance, appelant une répression « précoce ». Et ce versant est problématique. Si la prison et le répressif prévenaient l’engrenage dans la délinquance, ça se saurait.

Quels comportements range-t-on sous ce terme générique ?

En France, ce sont principalement les travaux du sociologue Sébastian Roché qui ont popularisé la notion et en ont assuré le succès. Pour lui, l’incivilité regroupe un ensemble de comportements mineurs, signe d’un rapport négligent ou réfractaire aux règles de la vie commune, et qui ont des conséquences délétères pour la collectivité. Le fait que ce ne soit pas des délits, trop petits pour être punis par la loi, a d’emblée été considéré comme un problème.

Il a bien montré que c’était souvent une défaillance institutionnelle qui est en cause dans ces problèmes : une division fonctionnelle du travail qui fait que pour un espace donné, on ne sait plus qui est responsable du respect des règles d’usage, et ce qui est à tout le monde finit par sembler n’être à la charge de personne.

Mais une des difficultés de cette vision des choses, c’est l’idée sous-jacente qu’il y aurait d’un côté les gens qui connaissent les règles et qui les appliquent, et de l’autre ceux qui sont réfractaires à la norme, parce qu’ils sont incompétents ou de mauvaise volonté. Il faudrait donc les rééduquer ou les empêcher de nuire.

Sébastian Roché et tous ceux qui se sont intéressés aux incivilités viennent plutôt de la criminologie. Ils travaillent sur le sentiment d’insécurité et la délinquance. Et ce cadrage de la question a laissé des pans entiers du phénomène de côté.

Au départ, la notion est avancée pour faire tenir ensemble des choses assez disparates : la vieille dame qui vole des fleurs dans un massif de la ville, des bousculades dans la métro, les interactions qui tournent à la dispute et vont jusqu’à l’insulte, voire aux coups, les tags, les occupations de halls d’immeubles... La RATP, elle, inclut la fraude dans sa définition et son chiffrage des coûts de l’incivilité.

La civilité met en jeu les conditions de possibilité d’une confiance mutuelle, non seulement entre inconnus, dans la ville, mais aussi avec les institutions. Cela pose donc toujours des problèmes de fond.

Quels lieux et quelles situations sont le théâtre de l’incivilité ?

J’ai beaucoup travaillé sur les « disputes de politesse », dans la rue ou les transports en commun, autour d’un strapontin par exemple. Souvent, on réduit la civilité à quelques attitudes et à un inventaire de mots : « bonjour », « merci », « s’il vous plaît », « au revoir ».

En fait, derrière ces fameuses « règles » auxquelles on réduit souvent la civilité, il y a une appréciation et une interprétation de ce que les règles veulent dire, de leur sens et donc de leur justesse. Et parfois, des désaccords sur le fond.

L’exigence de civilité suppose qu’elle ne soit pas verbalisée : on attend de l’autre qu’il manifeste sa bonne volonté de lui-même.

Dès qu’il y a un manquement apparent, l’interprétation pessimiste, à charge, surgit très rapidement, on se dit : « s’il ne laisse pas ça son siège à la femme enceinte, c’est qu’il n’en a rien à faire ». Quand on doit demander, on estime que l’autre est déjà en faute. Des procès d’intention se nouent, des reproches, des lectures un peu paranoïaques et définitives de la situation adviennent.

Entre des gens qui ne se connaissent pas, les ressorts de l’indulgence sont plus limités qu’entre de vieux amis. La confiance s’effondre vite. Des catégories de personne lèvent facilement le soupçon, d’autres non.

De quelles catégories parlez-vous ?

Prenons la question de l’encombrement dans un bus, qui a l’air très objective et quantifiable. Un jour, j’ai assisté à une scène dans laquelle un jeune homme très chargé portait un grand nombre de packs de bouteilles d’eau, qu’il allait certainement ensuite revendre à la sauvette.

Il a gêné un homme plus âgé, à l’allure respectable, qui a fait une réflexion désagréable et une grimace pleine de mépris.

Cet encombrement-là n’était pas perçu de la même façon qu’on perçoit quelqu’un qui porte des bagages, ou ses cadeaux la veille de Noël, ou des cartons de déménagement... pour la même place occupée. Il y a immédiatement une appréciation morale sur la légitimité des gens à faire ce qu’ils font.

Parfois, cela donne des discussions ou des débats sur le fond. Souvent, une partie reste tacite. Ce sont juste des regards, des moues, ou très souvent, des remarques faites plus ou moins à voix haute, mais sous la forme de commentaires à la troisième personne (« il est gonflé celui-là ! »), adressés à la cantonade.

Pourquoi parler à voix haute sans s’adresser à la personne concernée ?

Ça fait partie de la norme : il est très délicat de donner des leçons de civilité ou de politesse à des inconnus. C’est offensant. Or, les gens ne savent pas formuler les choses sans verser dans le reproche et l’agression. Notamment à cause de ce discrédit et de cette présomption de culpabilité qui viennent très vite, comme je l’ai dit tout à l’heure. C’est une mise en cause assez sérieuse, un discrédit jeté sur la personne.

On l’observe constamment dans les situations où quelqu’un est gêné et ne sais pas comment le dire. Si un non-fumeur est gêné par un fumeur, plutôt que de lui parler, il fait de grands gestes pour chasser la fumée.

Exaspéré, le fumeur préférera s’adresser à son camarade, en disant bien fort : « ah ça m’énerve ça, elle ne peut pas me demander si ça la gêne ! ». Cela crée un dialogue par tiers interposé, assez comique le plus souvent, mais qui peut tourner à la dispute et parfois même en venir aux mains. Et ce sont alors les mêmes gens qui se plaignent de l’impolitesse des autres qui parfois aussi se retrouvent du côté des « mis en cause ».

Vous donnez souvent, dans vos travaux, des exemples dans les transports en commun. Est-ce le lieu par excellence où prennent place les conduites qualifiées d’incivilités ?

Oui, c’en est un lieu important, mais il se passe aussi beaucoup de choses dans la rue. Si les transports sont un lieu où on trouve de l’incivilité, c’est une question d’abord assez bêtement quantitative : c’est parce que tout le monde s’y croise.

Et les enquêtes sur ces incivilités-là (mes propres enquêtes ethnographiques comme l’enquête quantitative menée par Philip Smith et ses collègues en Australie) montrent que ce frottement interactionnel concerne tout un chacun : les cadres moyens, les personnes âgées, les femmes...

L’incivilité ici ne concerne pas seulement, loin s’en faut, les jeunes ou les jeunes de banlieue. Il y a dix millions de voyageurs par jour sur le réseau RATP, c’est une bête question de nombre et de densité dans un espace réduit. On ne peut pas simplifier les choses en disant : « il y a les gentils et les méchants, les bien élevés et les mal élevés ». C’est démenti par les faits.

L’incivilité moyenne concerne l’ensemble des troubles ordinaires de la coexistence, et les conflits d’usage des espaces : entre les fumeurs d’un bar qui sortent désormais fumer dehors et les riverains qui subissent les nuisances sonores, entre les commerçants et les sans-abri, entre les membres d’un jardin partagé et les adolescents qui s’y installent à quinze, etc.

Tout ça peut être qualifié « d’incivilités », mais c’est souvent manquer une partie du problème ; il ne faut pas que cela revienne à adopter un point de vue univoque, centré uniquement sur le droit ou sur la règle et le contrôle.

Quel est le rapport entre les incivilités et l’institution ?

Des organisations comme la RATP ou la SNCF ramènent volontiers l’incivilité à des problèmes entre les usagers. Cela existe mais les gens sont, pour la plupart, plutôt de bonne volonté et surtout, ils tiennent beaucoup aux questions de politesse.

Le discours sur « l’éternel déclin de la civilité », « les normes se perdent » ne me convainc pas. Il y a tout un tas de choses qui jouent dans les interactions : les rapports générationnels, de sexe, interethniques, qui font que les gens se comportent plus ou moins « bien » avec les autres.

Ensuite, les institutions qui accueillent du public (La Poste, les mairies, Pôle emploi) ont une responsabilité. L’association d’usagers de la ligne 13 vous dira que la possibilité d’être civils commence par celle de ne pas se monter les uns sur les autres dans le métro.

Une collègue, Julia Velkovska, travaille sur les boutiques d’un grand opérateur téléphonique français. Elle montre très bien que le fait de faire une scène est parfois une nécessité. Ainsi, quand un client vient parce qu’il a un problème, c’est qu’il n’a pas trouvé de solution sur Internet ni au téléphone. Et il cherche désespérément un interlocuteur, mais sur place, rien n’est prévu pour l’aider.

Sa demande est hors-sujet (les employés sont là pour lui vendre des choses et rien d’autre). Alors, s’il ne fait pas une scène, il ne va pas pouvoir être aidé. Parce qu’il faut pour les employés sortir de leurs attributions, dévier par rapport à leurs règles internes et leur mission, pour aller trouver l’information qui va aider ce client sur son problème. Mais ce n’est pas prévu.


Carole Gayet-Viaud

Très souvent, c’est ce genre de problème que vivent les personnes en contact avec les gens, tous ces métiers du public étudiés par Isaac Joseph et Gilles Jeannot. Si le personnel d’accueil se prend tout dans la figure, c’est qu’on leur reproche que l’institution ferme les écoutilles.

La première des civilités, en ce sens, c’est de donner des recours et des interlocuteurs aux gens qu’on reçoit. L’hospitalité devient parfois une question politique : si on ne veut pas que les jeunes squattent un hall, il faut leur ouvrir des lieux gratuits équivalents.

Par qui est utilisé le mot « incivilités » ? J’ai l’impression de ne l’entendre que dans la bouche des élus, des journalistes, des responsables de services de transports... Pourquoi ?

Effectivement. Même si le terme entre progressivement dans le langage commun, les gens ne se traitent pas « d’incivils » entre eux, ils se traitent de « malpolis », voire de « connard », et j’en passe. L’incivilité est un terme qui décrit un phénomène de l’extérieur et en surplomb. Il s’est imposé par en haut, par son succès médiatique et politique, qui l’a mis progressivement à l’agenda des politiques publiques, depuis deux décennies maintenant.

Vous oubliez une catégorie importante dans la genèse de ce succès : les policiers. Dès 1993, après les émeutes de Vaulx-en-Velin, la directrice des Renseignements généraux Lucienne Bui Trong a publié un livre dans lequel elle définissait une échelle de la violence urbaine. Le stade ultime était la guérilla, le premier degré, l’incivilité.

Avec ce cadrage très criminologique de la question des incivilités qui a longtemps dominé, on pouvait ranger dans un même phénomène les altercations dans le métro et les incendies de boîtes aux lettres. Ce qui n’est quand même pas évident…

Mais ça a compté et contribué à justifier les Loppsi 1 et 2 qui créent de nouveaux délits et augmentent les peines encourues pour des délits mineurs (le vendeur à la sauvette par exemple, ne peut pas être considéré comme responsable d’un sentiment d’insécurité, peut-être même au contraire, et pourtant la peine encourue a été alourdie). Le flou de la notion a donc permis des instrumentalisations très gênantes.

Ce cadrage de la question s’est assez largement imposé, malgré les débats et les critiques, et a favorisé les réflexions et les actions sur l’articulation entre incivilité et délinquance, voire crime, aux dépens de toute réflexion sur l’articulation avec la norme pensée positivement, la civilité, le vivre-ensemble.

Du coup, l’incivilité présume toujours que l’ordre va de soi. C’est à la fois naïf et faux. Et politiquement, par effet de ricochet, on considère souvent désormais que la lutte contre les incivilités, et la civilité d’ailleurs, ne sont que de jolis noms (et des injonctions) servant à cacher un exercice débridé du contrôle, liberticide, que c’est un instrument de la « gouvernementalité » bref, quelque chose de suspect, voire totalement nocif politiquement.

Cette opposition politique entre réactionnaires-défenseurs-de-l’autorité-perdue-à-rétablir d’un côté et critiques-de-gauche-de-l’injonction-à-la-civilité-masquant-le-piétinement-des-libertés d’autre part constitue en fait les deux faces très solidaires d’une même vision, très formaliste, de la civilité. Cela laisse largement hors champ la plupart des questions réelles, de fond, que pose l’interaction civile et ses ratés - ce qui est tout de même dommage.

Un des problèmes qu’il y a derrière tout ça, c’est la vision de l’ordre qui est supposée, qui n’est pas satisfaisante ni d’ailleurs correcte. Penser la réciprocité des perspectives, la nécessité pour ceux qui obéissent aux règles de coproduire ces règles, de pouvoir les critiquer et les transformer si elles ne sont pas ou plus estimées légitimes, tout cela est fondamental dans la définition d’un ordre civil, et donc juste, en régime démocratique. Or, ce lien entre civilité et citoyenneté (active) est souvent totalement occulté. On renvoie alors à un ordre subi auquel il faut se soumettre plutôt qu’à un ordre légitime auquel on consent alors librement à obéir.

Que révèle le discours sur l’incivilité sur notre rapport à la norme, au désordre, à l’éclat de voix, à l’imprévu ? Sommes-nous intolérants ?

Ce n’est pas une tolérance ou une intolérance de principe. Le soupçon de mauvaise volonté vient très vite entre inconnus et fait monter la tension. Ce sont des règles auxquelles les gens tiennent beaucoup, et ils ont un côté schizophrène car le sens commun les empêche d’admettre pourquoi et en quoi c’est important. Les gens racontent : « je ne sais pas pourquoi ça m’énerve autant qu’on me double dans la file d’attente ».

D’un côté, le sens commun dit que toutes ces choses sont négligeables. De l’autre, ce sont des questions de justice, de respect, donc il est assez naturel que cela touche les gens de manière viscérale. Ils n’arrivent pas à résoudre cette contradiction, et continuent à s’en rendre malade tout en disant « je ne devrais pas, c’est plus fort que moi ».

Sur le site internet de la mairie de Nice, on trouve la phrase suivante : « l’incivilité nuit à la paix sociale et à la qualité de vie de chacun d’entre nous. » Pourquoi regrouper tous ces termes à connotation morale dans la même phrase ?

C’est un constat tellement général que je pourrais bien sûr être d’accord. Après, il faudrait voir ce que fait la mairie de Nice pour que ceux qui sont susceptibles d’encombrer les trottoirs avec leurs tentes en carton, ou pour les jeunes qui squattent.

Quelles prises sont données aux gens pour rester civils les uns avec les autres ? L’ordre n’est pas qu’un corpus de règles auxquelles il faut se soumettre. On peut accepter d’obéir, pour autant qu’on considère les règles comme justes et légitimes, qu’on y souscrive.

Dans une campagne d’affichage récente « contre les incivilités », la RATP a remplacé le visage des usagers par des têtes d’animaux, en fonction du comportement reproché : une grenouille pour ceux qui sautent le tourniquet, un buffle en costume pour celui qui pousse les autres dans le métro, etc. Qu’est-ce que ça signifie ?

Ils veulent éviter le côté donneur de leçons, montrer que ces comportements concernent des types sociologiques variés et éviter de les stigmatiser en leur donnant un visage. C’est aussi une façon de communiquer en interne, en disant à son personnel que la direction s’occupe des problèmes qui les touchent.

Cela dit, quand on interroge les gens, on remarque qu’il y a tout un tas d’agacements liés à la cohabitation. Mais c’est le cas pour n’importe quelle forme de cohabitation. Focaliser l’attention là-dessus fait porter la faute, de manière disproportionnée, sur la bonne ou mauvaise éducation des usagers.

Or, encore une fois, ce ne sont pas là les seules difficultés, et ce cadrage exonère la RATP de ses propres responsabilités : ce qu’elle doit à ceux qu’elle accueille, ou encore la responsabilité de l’organisation dans les difficultés que rencontrent les personnels en contact avec le public, comme je l’ai dit plus tôt.

C’est une question de gestion des flux, de l’information, des équipements : la civilité de l’organisation c’est accueillir correctement les gens. Or, le métro est très inhospitalier aux usagers qui ne sont pas des hommes d’âge moyen en parfaite santé. Pour les femmes (avec enfants jeunes, enceintes), ou pour les personnes malades ou âgées, sans parler des personnes handicapées, tout reste à faire.

Si vous êtes enceinte et avez des nausées, vous n’avez qu’à vomir dans la poubelle. Et attendre d’être arrivée à bon port pour trouver un point d’eau. Si vous êtes malade ou avez mal au dos, il n’y a souvent plus de siège pour s’asseoir. Mais dans la campagne, toute cette dimension et tous ces sujets sont escamotés.

Dans les campagnes de ce genre, menées par des réseaux de transport ou des villes, on observe souvent deux phases : d’abord la sensibilisation, puis la répression, à travers des amendes.

Il y a une demande sociale de propreté très forte, et qui va croissant il me semble. Prenons l’exemple des déjections canines : il s’agit bien d’incivilités. Il y a bien un rapport avec les normes communes dans le fait de laisser ou non son chien déféquer sur le trottoir.

Ce type de verbalisation en revanche, n’est pas celui qui me choque le plus, car il est relativement « égalitaire », et ne va pas contribuer à stigmatiser des catégories défavorisées. Mais là encore, il y a une sélection des priorités dans le choix des politiques à conduire, où mettre les moyens, à quoi employer les personnels payés par les deniers publics.

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 13:07

hongrie.pngL’austérité c’est aussi le sort de la Hongrie, portée par un parti de droite dure à en faire rêver un Fillon (dont un des fidèles soutien, L. Wauquiez, a déclaré publiquement l’année dernière sa sympathie au régime) ou un Copé qui a encore il y a quelques temps appelé au travail forcé pour les allocataires du RSA… Comme quoi ils peuvent se mettre d’accord, les deux coté de l’UMP. Bref, un état des lieux de la situation, et des mesures d’austérité: et pour commencer et rire un peu quand même, une ch’tite citation du chef d’état, qui lui aussi « veut moraliser le capital »:

« Le capitalisme spéculatif est dégradant car il nuit aux entreprises et aux emplois en Hongrie et dans le monde entier. C’est pourquoi le nouveau système économique en Hongrie doit se fonder sur la production, c’est-à-dire le travail, en lieu et place de la spéculation. » Extrait du discours d’investiture de Victor Orban en 2010.

 

 

Listes de mesures d’austérité en HONGRIE :

 

Salaires directs et indirects (chômage, retraites, sécu…) :

  • les allocations chômage sont passées de 120% à 90% du salaire minimum, le 1° mois, puis 80% et 70% pour le 2° et le 3° mois (la durée est passée de 270 à 90 jours).
  • Suppression du 13° mois des retraités.
  • Report de l’âge a la retraite de 57 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes avant 2009 à 62 en 2009 et 65 ans aujourd’hui.
  • Inscription dans la constitution d’un prélèvement sur les revenus des ménages fixe de 16% et non plus progressif en fonction des revenus comme avant.
  • Les bénéficiaires de minimas sociaux devront travailler s’ils veulent conserver leurs droits.
  • Suspension, voire suppression des allocs en cas d’absentéisme scolaire.
  • Baisse des pensions d’invalidités de 80 000 à 28 000 Forint par mois (280 à 100 euros), dont beaucoup de personnes ont été exclues.

 

Fonction publique :

 

  • Réforme du statut des fonctionnaires qui permet de virer n’importe quel fonctionnaire sans motifs après un préavis de 2 mois.
  • Gel des salaires des fonctionnaires.
  • Non remplacement des fonctionnaires partant à la retraite (sauf dans la santé).
  • Suppression du payement simultané des salaires et des retraites de certains fonctionnaires.
  • Licenciements massifs dans l’éducation, les hôpitaux, la télévision, l’Opéra, dans les ministères, même dans l’armée (!!!), et bientôt dans les universités etc…

 

Coût de la vie :

 

  • Hausse de la TVA de 20 à 25%, puis à 27% cette année (la plus haute d’Europe, pour l’instant…), elle reste à 18% pour certains produits subventionnés (produits alimentaires de bases, chauffage…).
  • « taxe Hamburger », sur les produits gras, trop salés et les boissons trop sucrées. Cette taxe doit être élargie sur la bière et le café. Augmentation des taxes sur l’essence, l’alcool, les cigarettes et les jeux de hasard.
  • Taxe sur les transactions financières. La « Taxe Tobin » a juste été un peu adaptée puisqu‘elle concerne toutes les transactions (retrait, virement…) que ce soit pour le simple gars ou le gros actionnaire.
  • Augmentation de 12 à 18% des taxes sur les médicaments subventionnés.
  • Taxe sur les appels téléphoniques à partir de juillet 2012 (fixe et portable).
  • Nouvelle taxe sur les ventes des télécommunications, de l’énergie, de l’eau et de la grande distribution.

 

Privatisations / liquidations :

 

  • Privatisation des 25 % restants de l’aéroport de Budapest (75% déjà vendu à l’aéroport de Londres en 2005), fermeture d’une partie de l’aéroport et fermeture annoncée de l’aéroport de Pécs-Pogany.
  • Compagnie aérienne Malév liquidée (c’était la plus grosse compagnie hongroise ).

 

Conditions d’exploitations :

 

  • A partir de septembre 2012, les nouveaux étudiants bénéficiant d’une formation financée, devront signer un contrat qui les contraindra à travailler au pays pendant un nombre d’années deux fois supérieur au temps passé sur les bancs de la fac (ex : 10 ans pour un master)
  • Baisse du nombre d’étudiants pouvant toucher les bourses.
  • Baisse de 18 à 16 ans de la date de scolarité obligatoire.
  • Baisse de 10% du budget des écoles de Budapest (pour essayer de sauver la compagnie de transport urbain en pleine faillite).
  • Baisse des aides aux collectivités locales.
  • Mesures anti-pauvres d’interdiction de squatter les espaces publics, de faire la manche, de vendre à la sauvette et de faire les poubelles à Budapest.

(clique sur l’image pour l’agrandir)

Situation politique :

 

C’est Victor ORBAN qui dirige la Hongrie avec son parti la Fidesz (droite très « décomplexé ») depuis 2010, il l’était déjà entre 1998 et 2002. Il faut préciser qu’il est arrivé au pouvoir suite à la débâcle du parti socialiste dûe à une série de scandales et ce après 8 ans de gouvernement. L’un de ces scandales fut la diffusion d’un enregistrement en 2007 du premier ministre Ferenc Gyurcsany , où il évoque sans complexe les mensonges de son parti et le peu de solutions qu’il a face aux problèmes économiques du pays. Il dit avoir menti :

«Est-ce que nous devons nous excuser ? Oui. Pourquoi ? Parce que nous avons tardé à faire face à la situation et poursuivi une politique économique insoutenable, parce que nous avons bercé les électeurs d’illusions» et enfin avoir dit « que des conneries » à son peuple pendant des mois. Cette histoire a provoqué des émeutes en Hongrie notamment a l’instigation des groupes fascistes comme le Jobbik, dont on vas parler plus bas.

 

Une nouvelle constitution :

La coalition du Fidesz a une majorité des 2 tiers du parlement et ils en ont profité pour se concocter une réforme institutionnelle sous le nom de « Loi Fondamentale de la Hongrie » en vigueur depuis le 1er janvier 2012.

Du point de vue idéologique, elle fait la part belle à la religion et limite le nombre d’églises reconnues (et donc subventionnées), mais surtout elle inscrit le taux d’imposition sur le revenu fixe à 16%. C’est à dire que les hongrois payent 16% d’impôts, qu’ils soient millionnaires ou smicard. Ils ne se sont pas cachés de l’avoir mis dans la constitution pour empêcher un futur gouvernement de faire payer un peu plus les riches. Au moins eux ils sont au courant de la lutte des classes et comptent bien continuer de la gagner. C’est à ce moment que Hillary Clinton et Cohn-Bendit se sont indignés de la situation. Bon c’est pas à cause de la disparition du mot « république », de la part nouvelle de la religion ou de l’inscription dans la constitution du taux d’imposition, mais parce qu’ils en ont profité pour changer le mode de nomination du président de la banque centrale, qui était avant élu, pour changer par une nomination du gouvernement. Ce point a d’ailleurs finalement été retiré.

 

Les médias :

Une Loi sur les médias a aussi été votée. Elle instaure un « conseil des médias » pour soit-disant vérifier entre autre la neutralité politique des journalistes. Pour la petite histoire, lors d’une manifestation qui rassemblait quand même plusieurs milliers de personnes la télévision publique présentait des images de rues vides, comme s’il n’y avait jamais eu de manifs. Il fallait aller voir la télé privée pour voir la différence. Le privé au service de la liberté d’expression ça ne s’invente pas…

 

 

Droite extrême ou extrême-droite :

 

Cet Orban et son parti sont vraiment bien à droite, mais à côté du parti Jobbik, c’est un petit chou à la crème. Eux sont plutôt dans les rues avec des uniformes, un peu connotés nazi, qui s’appelle délicatement la «Magyar Garda ». Les uniformes c’est pour le folklore, mais les coups qu’ils foutent sur la gueule des roms le sont beaucoup moins. Dans les mairies qu’ils dirigent ils s’en prennent surtout aux Roms, sous couvert qu’ils sont au chômage (parce qu’ils sont feignants bien sur !).

Dans une municipalité, 60% des allocations sont versées sur des cartes ne pouvant être dépensées que pour l’achat de produits présents dans une liste de produits de première nécessité faite par la mairie, et dépensables uniquement dans les commerces locaux ( voir a ce sujet l’article sur la tchéquie, ou cette mesure est appliquée a plus large échelle). Ils ont aussi été dans l’avant-garde du travail gratuit et obligatoire des chômeurs, pour pouvoir conserver leurs allocs.

Ben oui vous savez, faire travailler des gens (bon surtout des Roms bien entendu !) sur de grands chantiers gratuitement, surveillés par des flics à la retraite sur la base du volontariat (pour les flics, pas pour les feignasses bien sur). Sinon, plus d’allocs ! Ça pue le fascisme…

Depuis le 1er janvier une loi votée aussi par la Fidesz a généralisé cette pratique à tout le pays. S’il y en a qui pensent qu’ils ne font pas assez dans le social, obnubilés qu’ils sont sur les roms, ce charmant gouvernement fait ce qu’il peut, ce qu’on présente dans la partie sur l’économie plus loin.


 

 

Quelques cas révélateurs de la crise économique et des « solutions » du gouvernement :

 

  • De nombreuses écoles du pays sont restées carrément fermées cet hiver faute de pouvoir se payer du chauffage. A partir du 1er janvier 2013 les petites écoles doivent être fermées. Enfin sauf si elles se mettent sous la « protection » de l’Eglise.Du coup l’Eglise a récupéré la gestion de pas mal d’entre elles.

 

  • Par souci « de ne pas faire payer au contribuable » la charge des prisonniers , le gouvernement a eu une autre bonne idée : mettre les prisonniers au travail. Vous me direz que c’es pas nouveau, et vous avez raison. Cependant ils ont ajouté quelques nouveautés justement a ce programme d’exploitation (euh, de réinsertion). Ces « prisons d’été » comme on les appels ne sont pas chauffés (pourquoi faire, c’est l’été) et n’ont pas de lumière (pourquoi faire ils ne savent pas lire). En plus c’est aux détenus de payer leurs repas (1euro/jour), sachant qu’ils sont payés 80e/mois (3 fois moins que le salaire minimum). Heureusement il n’ya que 30 jours dans le mois, ça leur laisse quand même 50e/mois. Pour l’instant ca ne fait que couter moins cher aux « contribuables », mais le projet est à terme de faire des profits. Un détenu parlant à la télé disait qu’ici « on a l’impression de vivre plus près de la société normale. »  C’est normal, pas de chauffage, pas d’électricité, un salaire de merde… pas besoin d’aller en prison pour trouver ca.

 

  • Alors là c’est le pompon : selon un décret ministériel, publié lundi 23 avril, dans le Journal officiel, les diabétiques devront se soumettre chaque trimestre à un test sanguin spécifique, visant à contrôler leur consommation d’hydrates de carbone. S’ils sont pris en défaut à deux reprises dans l’année, en clair si leur taux de glucose a augmenté au-delà des valeurs fixées par le décret, les patients concernés se verront refuser l’accès aux médicaments les plus efficaces (insuline analogue) et devront se contenter des traitements à base d’insuline humaine, moins performants et provoquant davantage d’effets secondaires. De plus, ils devront payer plus cher pour leur traitement, dont la part subventionnée par l’Etat va se réduire. Les mineurs et les personnes atteintes d’une forme sévère de diabète seront exemptés de la nouvelle réglementation, qui entrera en vigueur le 1er juillet. Environ cinq cent mille personnes sont atteintes de diabète en Hongrie…

 

Toujours dans le registre des blagues économiques, le gouvernement vient de proposer qu’en échange d’un rachat de dette hongroise d’au moins 250 000 euros, il offrirait la nationalité hongroise, pour d’après eux attirer des investisseurs (surtout chinois). D’accord les immigrés ils aiment pas trop, mais bon faut pas déconner quand même, c’est la crise, tout le monde doit faire des sacrifices… 

 

Repris sur Tantquil.net

La version longue ici: link

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 17:54
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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 11:04

flic-espagnols-300x174.jpgContrairement à ce qu’on a vu avec la gestion française, les flics espagnols ont plutôt tendance à être des… excités. Dans l’article “ l’Espagne se grippe ” on vous avait déjà montré que les “ mossos d’esquadra ”  ne craignaient pas de  matraquer des étudiants plutôt mous, mais le 25 septembre 2012,  on a battu des records avec une intervention extrêmement violente sur le rassemblement à Madrid, qui avait pour but de bloquer “ pacifiquement ” le congrès. Le bilan a été de 35 arrêtés et 64 blessés.

 Quels  types de flics ?
Tout d’abord, il y  a plusieurs corps de police. Les nationaux sont toujours les mêmes depuis Franco : les fameux “ guardia civiles ”. On a même laissé à certains d’entre eux le droit de porter un chapeau ridicule, le tricornio qui date de la période carliste, précisément du milieu XIXe, mais qu’ils abandonnent quand point une émeute : faut pas déconner quand même.


Le pape avec un tricorne de la guardia civil

Ensuite il y a les UIP qui sont un peu les CRS locaux ainsi que les antidisturbios. Il y a aussi la Ertzaintza (police basque) et les Mossos (police catalane), qui sont des polices régionales. Elles ne sont pas plus sympa, faut pas croire : la Ertzaintza en particulier, a des voitures blindées et s’est longtemps cagoulée par peur des retours de bâton de l’ETA. Il faut imaginer un peu dans quelle ambiance peuvent être ce genre de gars qui vivent séparément de la société, et travaillent dans l’anonymat. Alors forcément lorsqu’ils répriment  une manif indépendantiste ça  rigole pas : ils filment ostensiblement tout le monde et tabassent à tout-va ( ici une vidéo où on les voit filmer  ).
Quant aux “ mossos ”, ils se sont distingués le 14 novembre en défonçant un enfant de 13 ans en manif.

 Gestion des manifestations :
Suite à une précarisation accrue, avec  la dégradation de la situation sociale due à la crise, les manifestations ont beaucoup changé. Elles ont connu des records de participation, et contrairement à ce qu’on peut voir en France, il y a souvent peu ou pas de cortèges, ce qui est en partie lié au développement des Indignés. On peut y retrouver des organisations en plein milieu de drapeaux syndicaux, et les services d’ordre ne sont pas directement gérés par les syndicats.

Rassurez-vous, ce n’est pas l’anarchie. Le mouvement se veut “ non-violent ”, mais il n’est pas rare qu’il soit “ anti-violent ” au point qu’il y ait, comme au Québec, des groupes de pacifistes zélés qui  livrent aux forces de l’ordre d’autres manifestants “ violents ”.
Au niveau vestimentaire, le flic espagnol rappelle un peu le flic grec. Rien à voir avec la France et ses playmobils : ici, les policiers sont très mobiles, et ont pour seule protection réelle un casque. Le modèle français, très efficace, consiste plus à repousser, user, séparer et disperser la manifestation.
Le policier espagnol, lui, ne se pose pas  de questions : il charge. Les charges sont assez impressionnantes, surtout parce qu’on sent que fondamentalement, le flic espagnol aime vraiment son métier. A vrai dire, il ferait ça gratuit sans problème. Il en résulte que les interpellations sont surtout là pour faire peur.  Les opérations contre les groupes organisés se font plutôt sur des interventions ciblées en marge de la manif : okupas (squat), locaux de supporters…

 


Les mots de la répression
L’autre volet de la répression, c’est sa justification, par voie de presse. Dans tout média qui se respecte on fait un découpage  entre “ bons ” et “ mauvais ” manifestants, définis par leur rapport à la violence. Par exemple, en France on parle de “ casseur ”. Le « casseur » s’en prend aux symboles de l’Etat, à la police et surtout aux biens publics.

Le terme le plus fréquent en Espagne est beaucoup plus politique que dans les exemples précédemment cités : on parle de “ radicales antisistema ”.
Ce terme a été utilisé pour les groupes d’extrême-droite, dans les années 80 puis pour les l’indépendantistes avec les Kale Borroka (“ lutte de rue ”). Ensuite le terme s’est élargi pour inclure autonomes, chômeurs, punks, mais aussi ouvriers en plein déclassement.
L’autre moment important dans l’histoire de “ l’antisystémité ”, c’est bien sûr les évènements de Gênes, Seattle, et leurs petits en Espagne, Barcelone en particulier. Si ce terme a eu de la concurrence dans les années 2000 (“ anarquistas ”, “ extremistas ”, “ desarraigados ”), il est aujourd’hui devenu le plus utilisé dans toute la presse. On peut penser que  la presse française a servi de modèle, le mot “ casseur ” étant plus ancien et plus connoté encore.

Le cas  de la répression basque : les illégalisations
En Euskal Herria, (Pays Basque) la répression qui a touché les indépendantistes et les autonomes depuis les années 80 est sans commune mesure en Europe. Assassinats politiques, tortures (200 cas répertoriés par an par Amnesty International dans les années 2000), “disparitions”, mais aussi interdiction de toutes les organisations “ abertzale ” (“ patriote de gauche ” ) : de Jarrai et Herri Batasuna dans les années 80, à Batasuna en 2003 (une orga de 70 000 membres quand même), mais aussi l’organisation de  jeunesse Segi, les groupes de “ lutte de rue ” (Kale Borroka) un quotidien basque, les associations d’aide aux prisonniers, enfin les associations internationalistes.

Evidemment, cette stratégie n’est pas tenable ad vitam aeternam : ça coûte très cher, aux uns comme aux autres. Elle a eu le “ mérite ” d’isoler le mouvement basque qui était quand même une sacrée lame de fond. Enfin, oui et non : selon le ministère de l’intérieur, une des élues  d’Amaiur au congrès, (Amaiur : organisation d’union très large montée en 2011 par les indépendantistes basques) aurait aidé les manifestants à passer à travers les cordons de flics depuis l’intérieur, le 25 septembre dernier.



Pour résumer, on peut dire que le maintien de l’ordre espagnol s’inscrit dans une certaine mesure dans la lignée du franquisme. Les polices sont innombrables, caractéristiques d’un régime autoritaire (pour qu’elles ne deviennent pas trop puissantes et ne prennent pas le pouvoir). La gestion des foules est basée sur la violence aveugle, plutôt que sur des dispositifs complexes de maintien de l’ordre. Enfin,  au Pays Basque, le maintien de l’ordre sort complètement de son cadre “ démocratique ” (tenter de plus ou moins respecter les droits de l’homme) pour utiliser des méthodes dans la continuité du franquisme.

 

Rick Hunter et Oulianov

 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 12:57

stigmatisation-chomeurs.jpgUn article sur un des sports préférés des médias: la stigmatisation des chômeurs...

 

 

ly avait longtemps ! Et c'est France 2, chaîne du service public, qui s'est chargée de reprendre ce discours hier soir dans son JT de 20 heures. Chez Pujadas, l'UMP est toujours au pouvoir (le Medef aussi) et information rime avec stigmatisation.


Alors oui, il y a de l'info. Après nous avoir rappelé quelques chiffres (notamment que le montant moyen de l'allocation chômage s'élève à 1.140 €/mois, et que 52% des chômeurs ne sont pas indemnisés par le régime. Mais rien sur ceux, de plus en plus nombreux, qui survivent avec l'ASS ou le RSA, soit 15 €/jour), on nous alerte sur les intentions du Medef de revenir, une fois de plus, à la dégressivité des allocations.

Quelques approximations sont à relever :

• Il faut avoir travaillé 122 jours MINIMUM — le mot n'est pas dit — pour ouvrir des droits. Cet oubli permet de laisser croire aux ignorants/abrutis qu'il suffit de bosser seulement 4 mois pour toucher 2 à 3 ans d'indemnités selon l'âge, ce qui est totalement faux. Mais cet oubli participe de l'ambiance générale d'un "dossier" qui vise à démontrer que la France est bien trop généreuse avec ses fainéants de chômeurs...

• Le commentateur dit que "l'an prochain, le régime devrait perdre 17 milliards d'euros". Or, cette somme ne correspond pas à une perte sèche mais à son déficit cumulé depuis 2001 — car cette année-là et pour la dernière fois, l'Unedic fut légèrement excédentaire. Fin 2012, le déficit annuel s'élèvera en réalité à 2,6 milliards d'euros (32,6 milliards de recettes pour 35,2 milliards de dépenses d'indemnisation), puis à 4,1 milliards fin 2013 selon les prévisions de l'Unedic, qui ne semble pas s'inquiéter outre mesure...

• "Syndicats et patronat devront impérativement arriver à un accord d'ici à la fin de 2013", dit le commentateur. C'est exact dans le cadre de la prochaine renégociation de la convention Unedic, mais pas dans celui de la "réforme du marché du travail" qui a lieu actuellement, bien que le Medef ait remis sur la table le projet d'une réforme de l'indemnisation en contrepartie d'une taxation de l'emploi précaire (à laquelle la CGPME semble favorable sous certaines conditions). Mais cette négociation, elle, doit aboutir d'ici fin décembre.

Passons !
Je vous invite en revanche à écouter attentivement le ton du commentateur lorsqu'il fait la liaison entre les arguments de Geneviève Roy pour la CGPME et ceux de Maurad Rabhi, négociateur de la CGT : "Pour eux, au contraire", dit-il en parlant des syndicats; toujours aussi givrés, ces mecs...

"Ce régime d'indemnisation favorise-t-il oui ou non le retour à l'emploi ? Est-il juste, est-il efficace ?", demande enfin David Pujadas sur un ton qui suggère qu'en France, il y a bien évidemment assez de travail pour tout le monde et que si on n'en trouve pas, c'est parce qu'on ne cherche pas. Une négation récurrente de la réalité, tronquée par la doxa du "Quand on veut, on peut" et du "Mieux vaut un petit boulot de merde [quitte à y perdre financièrement et professionnellement] que de rester chez soi". Toute cette mentalité judéo-chrétienne du soi-disant mérite et du "Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front". Mais puisqu'on parle de religion...

La stigmatisation en guise d'information

Et nous voici chez cette chômeuse-tricheuse, qui déclare ouvertement ne pas rechercher du travail parce qu'elle doit s'occuper de ses quatre gosses, de ses activités associatives, et que son mari gagne suffisamment pour faire vivre la famille. Rappelant que, de toutes façons, elle a cotisé suffisamment longtemps pour ça et que cette indemnisation est tout de même un droit. De quoi scandaliser le téléspectateur — qui, du coup, ne songe absolument pas à Lakshmi Mittal, ce super-tricheur, super profiteur et super-licencieur parmi tant d'autres, ni aux richissimes évadés fiscaux qui volent leur pays.

Chez Nouvelles de France, on s'est indigné qu'on stigmatise cette mère de famille nombreuse… parce qu'elle est catholique ! (Je vous laisse rigoler...) Pourtant, cette femme — qui n'a visiblement pas la religion du travail — a bien raison, après tout. Quel employeur brûle de la recruter, elle en particulier, dans ce contexte de crise où ils sont des millions à postuler en vain ? Si l'assurance chômage est un droit qu'elle a choisi de ne pas assortir de "devoirs", au regard de la situation du marché de l'emploi, est-il bien nécessaire de s'échiner ? Pourquoi la jugerait-on, elle, alors qu'on ne juge pas les entreprises qui suppriment des emplois par centaines bien qu'elles fassent des bénéfices ? (Au contraire, on leur trouve toutes les excuses du monde et on leur fait de la lèche.)

Et pourquoi l'avoir choisie, elle, bien que le commentateur ait glissé en passant que le fait de ne pas rechercher du travail en touchant des allocations ne concerne qu’"une petite minorité de chômeurs" ? Le parti pris est donc évident.

Heureusement que Mathieu Plane de l'OFCE relève ensuite le niveau : non, la dégressivité des allocations n'est pas efficace, elle est même contre-productive, voire dramatiquement risquée en période de chômage massif. Ce n'est pas parce qu'on va réduire ou couper les vivres aux victimes du chômage — quitte à les plonger dans la misère — que celles-ci retrouveront plus vite un emploi… qui n'existe pas.

Quant à l'intervention de François Beaudonnet sur l'indemnisation du chômage en Europe, elle est mince : dire qu'ils sont si bien payés — par le contribuable… — pour se fatiguer si peu ! Il aurait pu creuser sa démonstration, comme l'avait fait Le Figaro en février dernier. Expliquer que depuis les années 90, quasiment tous les gouvernements ont durci à un moment ou à un autre leur système, préférant laisser leurs chômeurs survivre/crever. Résultat :

• Ces mesures, surtout les plus restrictives, ont accentué la précarité et la pauvreté sans faire reculer le chômage.

Aucune corrélation entre durée/niveau d'indemnisation et taux de chômage n'a pu être vérifiée, les pays les plus «généreux» pouvant aussi bien afficher un taux de chômage honorable (Danemark)… que catastrophique (Espagne).

• De même, aucune corrélation entre chômage et coût du travail n'a pu être vérifiée, des pays au coût du travail très élevé (Suède, Danemark, Belgique) pouvant afficher un taux de chômage faible tandis que des pays au coût du travail très faible (Espagne, Portugal, Grèce…) battent de tristes records.

Et rien sur le rôle d'amortisseur de la protection sociale, ô combien précieux, qui permet aux plus démunis de participer un minimum à la consommation, sachant qu'en France 80% de l'activité économique est tirée par la demande intérieure. Sans ces prestations et revenus de transfert, nous serions depuis longtemps en récession !

France Télévisions à la botte du Medef

Plus besoin de l'UMP au pouvoir : comme un bon petit soldat nostalgique, France Télévisions, entreprise publique, se charge elle-même de poursuivre le travail de stigmatisation entamé par Sarkozy et sa clique. Son but inavoué : prouver par a+b que les mesures régressives du patronat sont les plus appropriées.

A France Télévisions, on a aussi droit tous les soirs à des gens comme Yves Calvi dont le “C dans l'air”, fortement marqué à droite et totalement décomplexé, reçoit toujours le même petit club d'invités/experts omniscients, des planqués surpayés qui vous parlent du chômage mais jamais des chômeurs (l'un des plus épouvantables, hormis l'éditocrate Christophe Barbier ou l'économiste Michel Godet, est Guillaume Roquette, un obsédé de la dépense publique qui ose dire sans vergogne que, pour s'en sortir, il faut laisser tout le monde crever !). Ces ultralibéraux nous poussent la sérénade avec la chanson de TINA chère à Margaret Thatcher : There is no alternative, matraquée jusqu'à l'écœurement.

Parfois, Yves Carvi est remplacé par le gentil Axel de Tarlé, VRP multicarte dont j'ai dénoncé ici le billet sur l'indemnisation du chômage en France publié il y a quelques semaines dans le JDD.

Ces gens ne nous informent pas : ils nous lavent le cerveau et tentent de liguer les Français les uns contre les autres, comme le fait le FN. Honte à eux ! Honte à la télévision publique !

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 11:47

imgscan-contrepoints-186-Cope-Fillon-898x1024.jpgDepuis une semaine l’UMP est un véritable champ de bataille. L’enjeu du conflit : la direction du parti. A vrai dire l’issue de celui-ci ne changera pas la donne pour tous ceux et celles qui depuis des années subissent les politiques patronales, racistes et autoritaires mises en oeuvre par les différents gourvenements. Que ce soit l’équipe de Fillon ou celle de Copé qui dirige l’UMP les idées sont les mêmes et seules les personnes sont différentes.


Par contre ce que nous montre ce pataquès c’est la véritable nature de la démocratie bourgeoise. Coups de pression, bourrages d’urnes, retournement de vestes et magouilles en tous genres ne sont pas des pratiques exceptionnelles mais sont, au contraire, les fruits d’un apprentissage sur le long terme. Cet apprentissage est celui qui s’opère à travers l’exercice du pouvoir à tous les échelons : ministères, mairies, conseils régionaux, généraux, etc. Exercice du pouvoir dans le cadre d’une « démocratie » où les pratiques clientélistes et les passe-droits sont monnaie courante, où les élus n’ont pas de compte à rendre après leur élection et où les attitudes de chefaillons sont valorisées.

Le congrès du parti socialiste en 2008 avait donné le même spectacle affligeant. Pour ces partis de gouvernement ces pratiques sont habituelles et normales, ce sont celles du « jeu » de la démocratie bourgeoise. Les enjeux ne sont pas minces : l’exercice du pouvoir offre en effet un nombre incalculable d’avantages personnels à ceux qui y accèdent.

Ces derniers ont beau jeu de stigmatiser les assemblées générales de grévistes à la SNCF ou dans les facs, de stigmatiser les mobilisations, les résistances qui s’expriment face à leurs politiques antisociales et racistes. Même imparfaites, celle-ci seront toujours mille fois plus démocratiques et vivantes que la sinistre « démocratie » bourgeoise.

 

Aujourd’hui, partout c’est par la construction de contre-pouvoirs, de mobilisations, d’assemblées générales dans nos lieux de travail, de vie et d’étude que nous posons les bases d’une démocratie véritable débarrassée des tares de la démocratie bourgeoise. Une démocratie vivante contrôlée par toutes et tous et au profit de tout le monde. Cette démocratie a un nom : l’autogestion.

 

Communiqué fédéral d'Alternative Libertaire

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 12:57

camera.jpgQu'en est-il véritablement de la (vidéo)surveillance ? A quel point sommes nous observés, contrôlés, répertoriés ? Ce sont des questions que chaque dissident est amené à se poser, à condition qu'il soit en mesure d'accepter l'idée que notre société adopte peu à peu une voie totalitaire. Ce n'est qu'en ayant accepté cette idée qu'il pourra se rendre réellement compte du carcan sécuritaire dans lequel tout un chacun est désormais emprisonné...

Les puces RFID...

Leur nom vous a peut-être échappé, mais les puces RFID (Radio Frequency IDentification) sont sans doute les puces les plus omniprésentes. Elles se multiplient à une vitesse folle, au point qu'on a déjà commencé à les coller sous la peau des gens (Verichipcorp) ou dans les vêtements (Bladerunner), avec toujours le même soucis de vendre aux gens la sécurité. L'idée se développe qu'une simple puce pourrait contenir toutes les informations nécessaires à vos tâches quotidiennes, de votre identité à votre sécurité sociale, en passant par la carte de transport, la carte bancaire ou la carte fidélité de votre magasin, tout en contenant un GPS permettant de vous retrouver en cas de problème. Incorporée dans votre clé de voiture, elle servirait de module de reconnaissance contre le vol. Elles sont déjà dans les livres de certaines bibliothèques et commencent à être utilisées en remplacement du fameux code-barres de vos produits alimentaires. Ce sont également elles qui sont contenues dans les bracelets "Bluetag" que portent aux poignet les nourissons dans certains hôpitaux (Filrfid). Bluetag est d'ailleurs un produit de la game Bluelinea, qui a su utiliser la "magie RFID" dans un certain nombre d'autres objets (Bluelinea). Enfin, la boîte de nuit espagnole Baja Beach Club de Barcelon a adopté l'idée d'implanter la RFID sous la peau de ses clients V.I.P. qui voudraient commander plus rapidement (Baja Beach Club)...


La vidéo-surveillance...

Il existe un système de surveillance qui se répend en Angleterre et semble faire baver un grand nombre d'élus européens et qui porte le nom de CCTV (Close Circuit Television). Le concept est simple : il suffit de quadriller toutes les rues d'un quartier ou d'une ville de caméras de surveillance, puis éventuellement de rendre les images accessibles à tout-un-chacun depuis son poste de télévision. Grâce à une console, le quidam pourra alerter directement le commissariat du quartier s'il pense avoir été témoin d'agissement louches. La ville de Middlesbrough en Angleterre est même allée plus loin, couplant ses caméras avec des haut-parleurs permettant au poste de police de réprimander le passant qui aurait enfreint la loi ou les règles en vigueur dans la commune (Dailymail ou Plusnews). Ceci s'intégrant dans un plan plus vaste de vidéo-surveillance, à l'échelle européenne, qui porte le doux nom de Urbaneye. Pour les policiers de la route, le système LAPI (Lecture Automatisée de Plaques d'Immatriculation) permettra, grâce à une caméra installée sur le toit des voitures de police ou sur des lampadaires, de scanner les plaques des voitures en stationnement, afin de repérer les voitures volées, en fonction des informations données par la base européenne des véhicules volés. Dans les pays anglo-saxons, le système donne accès à la carte grise et permet de contrôler l'absence d'assurance... et pourquoi pas un jour la liste des infractions commises par les propriétaires des véhicules ?
Pour le reste, il y a la vidéo-surveillance classique : les caméras placées sur la voie publique, que Michelle Alliot-Marie voudrait porter de 20 000 à 60 000 d'ici 2009. Mais c'est sans compter les caméras privées, qui sont aujourd'hui au nombre de 350 000 en France. On est encore loin des 4,5 millions de caméras de surveillance de l'espace public au Royaume-Uni ! Mais ça viendra, ça viendra...

Ecoutes téléphoniques...

Tout d'abord il y a le simple "fadet" qui permet à la police d'obtenir, sans l'autorisation d'un juge, une réquisition téléphonique de votre opérateur, c'est à dire un relevé détaillé des numéros entrants et sortant de votre portable. Actuellement, ce sont près de 4 millions de ces "fadet" qui sont transmis chaque année. Sinon il y a l'écoute, mais elle est facturée 700 euros (pour 4 mois) par l'opérateur et nécessite l'autorisation d'un juge. Le ministère de la justice en autorise quand même quelques 27 000 par an. La dernière solution reste de déclencher à distance le micro du portable, sans que celui-ci ne s'allume et même s'il est en veille. Pour cela il suffit à la police de se faire envoyer un code informatique par l'opérateur. Ceci permettra d'écouter les conversations à distance, grâce à l'autorisation de sonorisation donnée par la loi "Perben II". De toute façon, les professionnels peuvent faire usage de l'IMSI catcher qui force la transmission de l'International Mobile Subscriber Identity et permet d'intercepter tous les appels GSM non cryptés d'une zone d'écoute...

Donc la meilleure solution quand on veut converser discrêtement, ça reste d'éteindre le portable et d'enlever la puce du boitier...

Les images du ciel...

Qu'on se le dise, elles ne sont pas encore au point ! Si il est possible d'obtenir des images haute résolution de vous depuis le ciel, on est encore loin de pouvoir vous surveiller dans vos moindres déplacements depuis là haut. Pour ce qui est des satellites géostationnaires, ils sont placés sur une orbite située à 36 000 km d'altitude et sont en mesure de prendre des images régulières à la verticale d'un même point à l'équateur, ce qui permet d'obtenir plusieurs images dans une même journée (tous les quarts d'heure), mais de mauvaise qualité. Pour avoir une meilleure qualité d'image, les satellites d'observation (Spot, Formosat, Kompsat...) sont donc placés sur une orbite de 150 à 1000 km d'altitude et programmés pour résister à l'attraction terrestre en rallumant régulièrement leurs moteurs. Il leur faut cependant une à deux heures pour effectuer le tour de la Terre (en fonction de leur altitude), alors il leur faudra faire un certain nombre de tours pour revenir à la verticale du même point, étant donnée que la Terre aura tournée sur son axe entre temps. Le même satellite ne pourra donc prendre qu'une image par jour du même point (plusieurs points, une quinzaine en moyenne, peuvent être photographiés) et ne sera pas capable de voir un grand nombre d'autres points du globe. Ne vous en faites pas, vous n'êtes pas prêt d'être surveillés par satellite !
Par contre, lors de certains événements (G8, matches internationaux...), la police peut désormais sortir les dirigeables et autres drones de surveillance (cf. ELSA et Quadrifrance), ou même en dehors d'événements particuliers, comme ce sera le cas au dessus des banlieues...


Nous sommes sans doute, au vu de ces informations et de toutes celles qui s'y ajoutent, en droit d'être paranoïaques, car l'homme ressent un plaisir énorme à développer les moyens technologiques de son asservissement. La surveillance sous toutes ses formes se développe à une vitesse plus qu'inquiétante, prenant pour terreau la lutte contre la criminalité ou le terrorisme. Notre soucis majeur sera de redéfinir les notions même de criminalité et de terrorisme, afin que la révolte, que le conflit, aient encore droit de cité et que la répression à l'encontre des attitudes non normatives ne devienne pas une banalité. A chacun de prendre les risques et de se mettre en action, afin qu'on puisse réfléchir à la mise en place d'une riposte, qui devra passer sans doute par l'élimination pure et simple de toutes les formes d'atteinte à notre image, par la destruction ou le contournement des moyens de surveillance.

C'est Urgent ! Big brother n'est plus une allégorie...

Informez-vous, révoltez-vous, impliquez-vous

 

Repris sur  BBoyKonsian

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 11:52

femen-paris-agression-manifestation-1-653x398.jpgCe mois de novembre, répondant à l’appel de mouvements religieux dont certains intégristes, des dizaines de milliers de partisans de la famille traditionnelle et patriarcale ont défilé contre les droits des homosexuels et des lesbiennes. Nous ne pouvons les laisser distiller leurs discours liberticides et homophobes sans réagir.


Ne nous leurrons pas, ces « défenseurs » de l’ordre moral chrétien sont tout sauf tolérants. Contre nos libertés, ils et elles manifestent pour empêcher les pièces de théâtre jugées « christianophobes » et contre le droit à l’avortement. Cette fois, ils et elles marchent contre le mariage de ce qu’ils appellent les « duos homosexuel-les », leur refusant le qualificatif de couple, tant ils considèrent l’homosexualité comme anormale et inacceptable. Ils et elles veulent nous faire croire qu’il faut un père et une mère pour élever un enfant, sous le prétexte que les hommes et les femmes auraient chacun-e-s des qualités innées essentielles à sa construction.

Des préjugés patriarcaux

C’est faux ! Le genre est une construction sociale qui enferme les individus à l’intérieur de normes prétendument naturelles et définies par leur sexe de naissance. Le modèle familial défendu par ces gens est le modèle patriarcal traditionnel responsable de l’oppression des femmes et des homosexuels et des lesbiennes. Loin de garantir l’équilibre des enfants et la stabilité de la société, il est le terreau de la violence. Combien d’homosexuel-les sont mort-es ou vivent caché-es, victimes de l’intolérance ? Combien de femmes ont subi le sexisme, les violences et les inégalités ? Combien d’individus souffrent pour correspondre à des schémas hétéronormatifs qui ne leur correspondent pas ?

JPG - 239.9 ko

Défendons des droits pour tous !

En tant que libertaires nous défendons d’abord l’amour libre car nous refusons les contraintes qui sont celles du mariage comme du PACS. Mais nous n’ignorons pas que ces deux institutions donnent actuellement accès à des droits et nous refusons que les gays, les lesbiennes et les transgenres en soit exclu-es.

Parce que l’homophobie, le sexisme et la famille patriarcale sont générateurs de haine, de violences et d’inégalités ; Parce qu’il n’existe pas de qualités ou de défauts innés attachés au sexe biologique, Parce que l’amour doit être libre et sans contraintes ; Parce que l’attention et l’éducation dont un enfant a besoin ne dépendent pas du sexe de ses parents (biologiques ou sociaux)

Nous revendiquons :

- L’égalité totale entre les homosexuel-les, bisexuel-les, transgenres et hétérosexuel-les, ainsi qu’entre les hommes et les femmes,
- Une éducation favorisant la liberté de mener une vie sexuelle exempte de préjugés sexistes et homophobes,
- l’abolition de la différence de droits existant entre personnes mariées et non-mariées, qui permettrait l’abolition du mariage.

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 13:54

attentat-aube-doree.jpgUn attentat détruit la permanence des locaux d'Aube dorée près d'Athènes. Quelque soient les auteurs, on ne peut que se féliciter que des gens  s'opposent à la progression du nazisme en Grèce. On ne leur souhaite que du succès. Voici la depêche AFP.

 

Une bombe a explosé dans la nuit de lundi 3 à mardi 4 décembre devant une permanence du parti néonazi grec Aube dorée à Athènes, a indiqué une source policière. Il n'y a ni victime ni blessé, seulement des dégâts matériels.

L'explosion a endommagé la façade de l'immeuble accueillant une permanence du parti Aube dorée, qui était alors inoccupée, dans la zone industrielle d'Aspropyrgos de la banlieue ouest d'Athènes. Les vitres de plusieurs bâtiments aux alentours ont explosé. 

Aube dorée a fait une percée au Parlement lors des élections de juin, remportant 18 sièges sur 300. Pour de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme, le parti néonazi est soupçonné d'être derrière la multiplication récente des attaques et des violences racistes contre des immigrants en Grèce.

Lire sur le monde.fr : Le parti néonazi grec accusé d'agression sur des étrangers

Le Parlement a récemment levé l'immunité de trois des députés de ce parti, accusés d'avoir renversé des étals tenus par des immigrants sur un marché. Leur porte-parole, un parlementaire également, est aussi sous le coup de poursuites judiciaires pour une agression et de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer l'interdiction de ce parti violent.

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