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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 07:45

Nous relayons ici le communiqué des défenotre-damen.jpgnseurs de la ZAD qui vont faire face à une attaque policière imminente (bien que Montpellier soit loin de Nantes).

 

Différentes sources le confirment, une opération militaire d’envergure serait prévu pour vider la ZAD de ses habitant-e-s le 05/12 et ce durant 3 jours.

De plus, des arrêtés pris par le préfet sont assez suspects et corroborent l’info.   Le jugement de destruction pour les constructions du 17/11 se fera le 4, et on se doute bien que la justice ne penchera pas du côté de la résistance…

Alors appel à la mobilisation massive sur la ZAD ‘Notre Dame Des Landes) à partir du 04/12 au soir !

Afin de défendre les lieux construits et d’empêcher leur politique de la terre brûlée ! Plus nous serons nombreux/se-s, plus nous pourrons les freiner dans leur répression et leur destruction de la ZAD!

Nous ne laisserons pas faire ! Résistons toutes/tous ensemble contre ce projet d’aéroport mégalo ! Et contre leur logique de profit au détriment de notre environnement !

Montrons-leur que notre résistance collective est plus forte que leur politique du mépris et de la matraque !

Tous/toutes à la ZAD pour leur dire stop !

Plus d’infos bientôt.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 13:59
frigidaire-vide.jpgUn article du monde.fr sur les conséquences sociales de la crise. N'attendons pas le pire pour nous révolter!

 

Près du quart de la population de l'Union européenne, soit près de 120 millions de personnes, était menacé de pauvreté ou d'exclusion sociale en 2011, a indiqué l'agence de statistiques Eurostat, lundi 3 décembre. 119,6 millions de personnes, soit 24,2 % de la population des 27 pays de l'UE, étaient confrontées à ce risque l'an dernier, contre 23,4 % en 2010, témoignant de l'impact de la crise économique.
 


Les plus fortes proportions de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale se situent en Bulgarie (49 %), en Roumanie et en Lettonie (40 %) ainsi qu'en Grèce (31 % contre 27,7 % en 2010). Les plus faibles se retrouvent en République tchèque (15 %), en Suède et aux Pays-Bas (16 %) ainsi qu'en Autriche et au Luxembourg (17 %). Elles sont 19,9 % en Allemagne et 19,3 % en France, un chiffre stable par rapport à l'année précédente, selon Eurostat.

UNE ENVELOPPE RÉDUITE POUR L'AIDE ALIMENTAIRE

Ces personnes sont confrontées à au moins l'une des trois formes d'exclusion suivantes : le risque de pauvreté après la prise en compte des transferts sociaux ; la privation matérielle grave (fait de ne pas être en mesure de régler ses factures, de se chauffer correctement, de consommer des protéines...) ; la très faible intensité de travail (fait de vivre dans un ménage dans lequel les adultes ont utilisé moins de 20 % de leur potentiel total de travail au cours de l'année précédente).

Dans l'ensemble de l'UE, 17 % de la population est menacée de pauvreté monétaire, 9 % est en situation de privation matérielle sévère et 10 % vit dans des ménages à très faible intensité de travail, selon Eurostat. Ces statistiques annuelles sont publiées alors que les pays européens divergent sur le maintien de l'enveloppe consacrée à l'aide alimentaire européenne dans le budget 2014-2020 de l'UE. Ce programme est contesté par plusieurs pays européens, parmi lesquels l'Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni, pour qui l'aide alimentaire aux plus démunis est une question qui devrait rester du ressort des Etats.

 

En Grèce, le chômage va empirer en 2013 et 2014

 

Le taux de chômage en Grèce va "atteindre et dépasser 26 % en 2013 et 2014", à cause surtout d'une récession inédite en temps de paix, a indiqué lundi 3 décembre la Banque de Grèce (BG) dans son rapport semestriel, qui ajoute : "Le chômage a connu une hausse explosive, passant de 7,6 % en 2008 à 17,7 % en 2011 et à plus de 23,5 % en moyenne en 2012, et cette hausse doit se poursuivre."

 

Les prévisions pour 2013 et 2014 sont pires que celles prévues dans le budget pluriannuel de l'Etat voté récemment au Parlement, prévoyant un taux de chômage de 22,4 % en 2012, une petite hausse à 22,8 % en 2013 puis un recul de 21,4 % en 2014. La raison principale de cette "explosion" est la récession, dont le taux cumulé "depuis 2008 jusqu'à 2013 pourrait atteindre 24 %", souligne la banque. "Cette récession est historiquement inédite pour l'économie grecque en période de paix et les retombées sont graves, non seulement sur les revenus et la population active, mais aussi sur la cohésion sociale", prévient la BG. – (Avec AFP.)

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 11:29

a_quoi_ressembleront_les_soldats_du_futur.jpgDeux armées se faisant face ? Un duel d’artillerie ? Régiment de soldats contre régiments de soldats ? Nope : la guerre a changé. Dans leurs labos et QG’s, les galonnés planchent sur la nouvelle guerre en cours, permanente et asymétrique, avec les centres urbains pour premier champ de bataille. Une évolution contée dans Villes sous contrôle, passionnant ouvrage de Stephen Graham.

 

Chacun sait ou devrait savoir que, dans un monde de plus en plus urbanisé, les guerres à venir seront principalement pour ne pas dire exclusivement urbaines. Et que les frontières entre ennemis extérieurs et intérieurs sont appelées à totalement s’effacer. En haut lieu, c’est-à-dire dans des instances qui échappent complètement au regard et, à plus forte raison, au contrôle des citoyens, des préparatifs sont déjà engagés pour venir à bout des soulèvements populaires que le retour du capitalisme à la sauvagerie de ses débuts ne manquera pas de provoquer. Une sauvagerie sophistiquée propre à ce que les stratèges chargés de la mettre en œuvre appellent «  guerres de basse intensité », où les dernières avancées scientifiques et techniques seront mises au service de la répression, comme elles le sont déjà au service de l’exploitation.

Ainsi en va-t-il des techniques de contre-insurrection urbaine mises au point pour briser toute tentative de subversion et de sédition dans les métropoles du futur. Dans la panoplie sans cesse enrichie des artefacts élaborés à cette fin figurent des robots-tueurs autonomes. Ils seront capables non seulement de détecter, sélectionner et détruire leur cible à partir de décisions fondées sur des algorithmes informatiques, sans aucune intervention humaine, mais de distinguer les cibles des non-cibles. c’est-à-dire les ennemis à abattre des alliés à épargner, grâce à des logiciels de reconnaissance. Dans les centres de recherche publics ou privés financés par le Pentagone, on s’active déjà à mettre au point et tester à coups de simulations électroniques des « protocoles éthiques » [sic] greffés sur des drones sans pilote, des missiles, des bombes ou des engins terrestres conçus pour survoler une ville ou patrouiller dans un quartier, à la recherche des «  bonnes cibles » à éliminer. Comme le note le géographe anglais « radical » Stephen Graham dans Villes sous contrôle, un ouvrage que l’on ne aurait trop recommander pour ne pas mourir idiot — à défaut de ne pas mourir du tout —, ce sera donc à la machine de déterminer si un être humain a droit à la vie ou doit périr1.

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Dans un sous-chapitre intitulé « Entomologie de synthèse », l’auteur montre à quelles extrêmes peuvent mener « le fétichisme de la machine et les fantasmes technophiles » : « Endémiques, selon lui, au mode de production capitaliste », ils fonctionnent «  en tandem avec les fictions d’anticipation, la géopolitique de comptoir et le divertissement de masse  »2. Outre les micro- et nano-technologies, amplement utilisées depuis longtemps pour perfectionner l’armement high tech destiné à annihiler les rebelles métropolitains, proches ou lointains, d’aujourd’hui et de demain, les biotechnologies sont à leur tour mobilisées. Apparemment, en effet, les robots-insectes mis en circulation pour accompagner ou précéder les unités militaires menant des opérations en « terrain urbain hostile », dans les territoires palestiniens occupés, en Irak et en Afghanistan et ailleurs, ne suffisent plus. Baptisés « veuve noire  », « guêpe  » ou « frelon  » par leurs concepteurs, ces micro-robots — ils ne pèsent que quelques dizaines de grammes et ne mesurent que quelques centimètres — peuvent surveiller des bâtiments et pénétrer à l’intérieur pour signaler si un ennemi s’y trouve et avec quelles armes. Cependant, une étape supplémentaire est en voie d’être franchie dans l’innovation meurtrière avec la « rencontre entre la nanotechnologie et la génétique » qui, selon Stephen Graham, «  va ouvrir une nouvelle ère de guerre biologique, une guerre qui se jouera à une échelle microscopique ».

S’appuyant sur les dires d’un lieutenant-colonel de l’US Air Force, le géographe discerne le point d’aboutissement prévisible de cette convergence technologique : fabriquer des « essaims de microrobots volants qui pourraient s’attaquer à l’ADN d’un individu » — préalablement sélectionné dans les bases de données militaro-policières répertoriant ceux suspectés de menacer « nos démocraties » — en injectant des armes biologiques ou génétiques dans le sang du sujet.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin de l’artificialisation du vivant ? La DAPA (Defense Advances Research Projects Agency), soit l’« agence pour les projets de recherche avancée de défense  », succursale scientifique du département de la Défense des États-Unis chargée, en collaboration avec les laboratoires militaires israéliens, de la recherche et développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire, a lancé en 2006 un programme nommé Hybrid Insect. Comme son nom le suggère, il consiste à truffer d’électronique miniaturisée des insectes réels pour en faire des papillons ou des coléoptères cyborgs téléguidables. « En introduisant de la microélectronique dans la chrysalide, on produit un insecte cyborg contrôlable à distance dès qu’il quitté son cocon.  »

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« Withus Oragainstus », by Bansky

Ainsi pourrait-on envisager « des systèmes de video-surveillance capables d’investir et d’habiter en permanence n’importe quelle ville ou quartiers ennemis »3. Bien plus, on songe déjà à déployer un type inédit d’armement microscopique : des essaims d’insectes cyborgs aptes à inoculer des maladies, mortelles ou non, à effets foudroyants ou différés. Nick Turk, historien, journaliste et éditeur étasunien « radical » cité par l’auteur, l’un des meilleurs analystes des projets bellicistes du «  nouvel impérialisme », invite ses lecteurs à « imaginer un monde où le moindre insecte qui voltige devant votre fenêtre pourrait être une espion contrôlé à distance et équipé d’un matériel de surveillance.4 » Mais, ajoute t-il, plus troublante encore est «  la perspective d’armer un jour ces petites créatures, et notamment, selon un scientifique très proche du projet, d’équiper ces insectes cyborgs d’ “armes biologiques” ».

Ce qui précède est une illustration parfaite, c’est-à-dire mortifère, de ce dont s’évertuent à nous prévenir de rares observateurs lucides à propos de ce que l’on persiste à identifier comme « le progrès  », malgré les deux dernières guerres mondiales, Auschwitz et Hiroshima, et maintenant la soi-disant « guerre contre le terrorisme », avec ses centres de torture secrets souvent « délocalisés et ses « exécutions extrajudiciaires ». À savoir que les avancées scientifiques et techniques conjuguées avec le maintien des rapports de production capitalistes qui en déterminent l’orientation et l’utilisation, ne peuvent qu’engendrer une régression d’ordre à la fois intellectuelle, éthique et politique, pour ne pas dire une barbarie accrue, fût-elle new look5.

 

Jean Pierre Garnier

Repris sur Article 11

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 11:17

Bourdieu.jpgCet article de zones subversives critique une forme de pensée critique portée par des sociologues sous le nom de sociologie critique. S'il y a des choses intéressantes, c'est une critique qui n'en reste pas moins enfermée dans un carcan institutionnel....

 

Le sociologue Franck Poupeau analyse le renouveau de la pensée critique. Proche des idées de Pierre Bourdieu et de la gauche de gauche, il tente de se positionner dans le paysage intellectuel de la gauche radicale. Il s’inscrit dans la démarche d’une sociologie critique. Franck Poupeau publie son livre dans la collection Raisons d’agir. Cette association de sociologues critiques défend les organisations du mouvement social et semble proche du Front de gauche. Elle s’inscrit dans un mouvement surtout antilibéral et peu critique par rapport à l’État. Elle ne semble pas davantage s’inscrire dans un mouvement de rupture avec le capitalisme. Franck Poupeau semble attaché à la nécessité de l’avant-garde intellectuelle, dont il considère évidemment faire parti, pour dévoiler les ressorts de la domination. 

Il s’inscrit dans une posture de sociologue. Contre des approches plus philosophiques, il insiste sur la dimension scientifique de sa réflexion. Contre les approches de contre-expertise économique, il s’appuie sur une analyse plus globale.

 

 

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Un renouveau de la gauche critique dans un contexte de crise

 

Les réflexions de Franck Poupeau permettent de comprendre les enjeux politiques autour du renouveau de la pensée critique. Dans un contexte de crise économique, il semble indispensable de réfléchir à une alternative au capitalisme. La sociologie peut surtout permettre d’expliquer les raisons de la faible influence des mouvements contestataires et de la critique théorique sur la réalité sociale.

Les différentes tentatives pour « refonder la gauche » semblent échouer. Pierre Rosanvallon, punching ball favori des bourdieusiens, s’inscrit dans une perspective social-libérale. Il s’oppose au marxisme et à l’altermondialisme. Il s’attache à dénoncer les conséquences de « l’exclusion » pour mieux consolider la paix sociale. Mais la gauche antilibérale se contente de quelques luttes défensives qui se limitent à un repli sur l’État social. La gauche radicale peut également adopter une rhétorique postmoderne, conforme à l’air du temps néolibéral. L’apologie des « réseaux » et des « rhizomes » réduit la contestation à un style de vie. Squats alternatifs et petites communautés sont alors présentés comme des solutions aux problèmes sociaux. Mais le salariat, souvent précaire, demeure la condition la mieux partagée dans le société existante. 

Franck Poupeau souligne que les luttes minoritaires et identitaires ne doivent pas occulter la défense des intérêts des salariés. Il évoque les syndicalistes SUD, et pourrait signaler le mouvement libertaire, qui luttent contre les expulsions de sans papiers et contre les diverses dominations tout en dénonçant l’exploitation capitaliste. La défense des minorités doit s’articuler avec une critique sociale du capitalisme pour ne pas sombrer dans l’apologie de la diversité multiculturelle chère au libéralisme. Les altermondialistes et les communautés s’apparentent à une pensée néo libertaire Mais ils rejettent la dimension essentielle du mouvement anarchiste que constitue son ancrage dans les luttes sociales et dans le salariat.

Les intellectuels et militants de gauche considèrent que la population partage leurs idées progressistes. Pourtant, les classes populaires subissent également la domination et peuvent adhérer à l’ordre social qui les opprime. Mais Franck Poupeau défend ardemment la discipline sociologique avec des accents néo léninistes. Les luttes sociales ne sont pas considérées comme spontanées mais proviennent de conditions sociales objectives. C’est ce genre de discours qui permet à Pierre Bourdieu de décrire le mouvement des chômeurs comme « un miracle social ». Le scientisme côtoie alors la théologie pour expliquer l’irruption populaire. En revanche, Franck Poupeau souligne pertinemment l’émergence d’une « domination de plus en plus subtile et invisible, mêlant contrainte et adhésion, conformisme moral et conformisme logique, méconnaissance et reconnaissance ». 

 

 

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Les limites de la gauche radicale

 

Franck Poupeau analyse la faillite de l’altermondialisme. Ce mouvement, réduit à un spectacle médiatique, semble coupé des luttes sociales. 

L’altermondialisme, avec ses "nouveaux militants", cultive son image médiatique et sa crédibilité. Mais ce mouvement délaisse alors son implantation dans la population pour construire un véritable rapport de force à travers les luttes. « Ce qui était alors en jeu pour ses militants résidait moins dans les moyens d’action directe utilisés que dans les conséquences éventuelles dans le débat public vu au travers de l’image dans les médias » résume Franck Poupeau. Les bureaucrates médiatiques privilégient le dialogue avec le gouvernement et favorisent l’institutionnalisation des organisations du mouvement social. 

Avec le spectacle médiatique, les happenings festifs et bariolés sont plus visibles que les luttes ouvrières jugées « archaïques » et « fossilisées ». Les bureaucrates confondent la fin avec les moyens. Le nombre de manifestants et d’organisations présentes prime sur la construction d’un rapport de force réel. Les mobilisations permettent surtout l’existence d’appareils politiciens et d’organisations insignifiantes. Malgré ses analyses lucides, Franck Poupeau s’en remet aux « luttes pour le travail » et à la mascarade électoraliste du Front de gauche. 

Les intellectuels de la gauche radicale s’enferment dans leur ghetto universitaire. Ils semblent coupés des luttes et des réflexions issus des mouvements de contestation. La séparation entre chercheurs et militants et, plus généralement, entre la théorie et la pratique caractérise le milieu de la gauche radicale. Cette séparation se renforce avec « la frilosité des chercheurs, les contraintes des journalistes et les urgences des militants en lutte » souligne Franck Poupeau. Ce phénomène explique l’émergence de bureaucrates à la fois militants et intellectuels médiatiques. 

 

Les communautés utopiques sont souvent présentées comme des alternatives au capitalisme. Le livre-film sur Les sentiers de l’utopie présente diverses expérimentations politiques. Franck Poupeau, dans un article pertinent, souligne les limites de cette réflexion. La présentation de ses communautés demeure agréable à suivre mais aussi très idéalisée. « Dans ses petits univers formidables, donc, les gens sont formidables et partagent des expériences formidables de créativité artistique, de richesse pédagogique et de vertu politique » ironise Franck Poupeau. 

L'idéologie communautaire repose sur l’affirmation d’un libre choix, dans la manière de vivre et de consommer, souvent illusoire pour la majorité de la population. Cette idéologie se caractérise par la promotion d’un mode de vie, certes en dehors de la société de consommation, mais toujours aussi routinier et ennuyeux. Karl Marx critique les chefaillons proudhoniens, souvent artisans dans l’industrie du luxe, qui défendent la liberté individuelle et la petite économie bourgeoise. Les communautés actuelles renvoient à cette idéologie proudhonienne.

Ses expériences communautaires ne se diffusent pas à l’ensemble de la société. Le capitalisme s’accommode parfaitement de ses marges inoffensives. Ses communautés permettent surtout une autogestion de la misère par les pauvres eux-mêmes. Mais l’alternativisme ne débouche pas vers la construction d‘un autre projet de société. « Ce discours enchanté sur les gens formidables vivant leurs utopies communautaires empêche de voir l’ensemble des conditions sociales, économiques, institutionnelles et symboliques nécessaires à de tels bouleversements politiques » analyse Franck Poupeau. En revanche, ses expériences révèlent l’importance de modifier les pratiques militantes et les relations humaines pour changer le monde.

 

 

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Les limites de la sociologie

 

Franck Poupeau propose une réflexion sur la sociologie et sur ses enjeux politiques. Les émeutes de banlieue en 2005 font l’objet d’interprétations sociologiques qui bénéficient d’une réception politique. Les émeutes sont souvent décrites comme le fruit d’une faible politisation des quartiers populaires. Mais les sociologues ignorent l’histoire des luttes des immigrés. La gauche se cantonne à un anticolonialisme tiers-mondiste mais ne s’intéresse pas aux réflexions et aux luttes qui proviennent des immigrés eux-mêmes. Le discours sécuritaire trouve un écho dans les zones pavillonnaires, avec une petite bourgeoisie qui côtoie les quartiers populaires. 

Franck Poupeau revient sur les nombreux livres publiés peu de temps après les émeutes. Ses textes répondent à une urgence éditoriale et à l’affirmation d’un positionnement dans le champ de la sociologie. L’urgence et l’immédiateté ne permettent pas le recul nécessaire pour la réflexion et l’analyse. 

La sociologie insiste sur les causes sociales des émeutes pour mieux occulter la dimension politique de la révolte. Les analyses sociologiques semblent inoffensives en raison de leur diffusion dans un cadre médiatico-politique, régit par des normes et des contraintes. « Au-delà d’une critique des médias, c’est une critique de la position même de la sociologie comme discours d’expertise qu’il s’agit d’engager » souligne le sociologue. 

 

Franck Poupeau analyse le triomphe d’une sociologie d’État. Les déterminismes sociaux et les conflits politiques sont occultés. La sociologie doit désormais diagnostiquer des « malaises » de la société. Les experts participent au contrôle social et à la construction d’un État managérial attaché à la rentabilité des individus. 

Franck Poupeau dénonce le populisme postcolonial. Cette idéologie s’attache à défendre la culture des dominés. En Amérique latine, les bons indigènes s’opposent à la culture occidentale des blancs colonisateurs. Pourtant, la culture indigène semble loin d’être une voie d’émancipation contre l’universalisme occidental. Au contraire, les cultures indigènes reposent sur des communautés patriarcales et autoritaires. Le primitivisme ne permet pas vraiment l’abolition de toutes les formes de domination. 

Franck Poupeau, après ses critiques intéressantes, continue à défendre la sociologie contre ses détracteurs les plus radicaux. Jacques Rancière critique la sociologie de la domination, incarnée par Pierre Bourdieu. Le philosophe s’attache à la « parole ouvrière » contre les analyses sociologiques sur le prolétariat. Pourtant, les ouvriers qui écrivent font souvent partie d’une minorité très cultivée du prolétariat proche de l’anarcho-syndicalisme

Mais les classes populaires semblent peu politisées et adoptent un rapport d’indifférences à l’égard des affaires publiques. La sociologie doit permettre de comprendre le consentement à l’ordre social de la part des dominés. La connaissance du monde social ne s’oppose pas à l’autonomie ouvrière mais apparaît au contraire comme l’une de ses conditions. 

 

Malgré des réflexions pertinentes, le propos de Franck Poupeau reste limité. Sa défense corporatiste de la sociologie révèle son impuissance. La sociologie s’attache surtout à faire science. La critique scientifique semble nécessaire, mais loin d’être suffisante, pour ouvrir des perspectives émancipatrices. La sociologie se contente d’observer la reproduction sociale alors que la pensée révolutionnaire s’attache surtout aux moyens de la briser. La dimension scientifique occulte l’utopie, la sensibilité critique, le sentiment de révolte qui fondent les luttes sociales. Les avant-gardes artistiques, mais aussi le romantisme révolutionnaire, insistent sur cette dimension sensible, contre le scientisme froid. La proposition de Pierre Bourdieu de fonder un « intellectuel collectif » révèle ses limites. La gauche de gauche se cantonne à une médiocre contre-expertise, avec Attac ou la Fondation Copernic. En revanche l’extrême gauche refuse de penser la perspective d’un renversement de l’ordre social. La réflexion autour de la rupture avec l’État et le capitalisme cède toujours le pas à une ennuyeuse description des dernières réformes libérales. Au contraire, le bouillenement critique qui émane des luttes doit s’articuler avec une perspectivede rupture révolutionnaire.

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 07:39

A l’heure ou la crise touche toute l’Europe, ou la France ratifie le « traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance », en gros la règle d’or, attardons nous sur un pays qui rechigne a le faire et pour une fois ce n’est pas l’Angleterre…

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Un petit peu d’histoire…
La République tchèque est un jeune pays issu du bloc soviétique, puis de la partition en 1993 entre la République tchèque et la Slovaquie. Comme tous les pays issus du bloc soviétique la Tchéquie a carburé sec pour rattraper sont retard sur l’économie mondiale, et a libéralisé son économie en moins de 3 ans à coups de privatisations semi-mafieuses. 

En 1989 au moment de la « révolution de velours », 97% des entreprises de la Tchéquo-slovaquie sont publiques. Le gouvernement dont Vaclav Klaus est alors le ministre des finances (1989-1993) entreprend de privatiser cet ensemble tambour battant en créant un système de capitalisation par coupons. N’importe quel citoyen tchécoslovaque pour à peu près le tiers du salaire mensuel (1035 couronnes tchèques) peut acheter un carnet de coupon qui lui permet ensuite d’acheter des actions de n’importe quelle entreprise privatisée. Le bug c’est que sur la première vague de privatisations 5 banques ou fonds d’investissements avaient déjà racheté 40% des entreprises.

Tant qu'il y aura des coupons...

On voit par exemple apparaitre  le magique Harvardský investiční fond (Fonds d’investissement Harvard), nom donné par Viktor Kožený a son fonds qui promet monts et merveilles aux prolos tchèques s’ils consentent à lui vendre leurs coupons… Pour la blague, un extrait de message publicitaire du fonds:

« Venez déposer vos 1 000 points et retirez, dès à présent, 3 000 couronnes en espèces. Cette offre est valable jusqu’à révocation. Prenez votre décision maintenant ! Les réformes économiques, ça fonctionne ! Le fond d’investissement Harvard : l’assurance de faire de bons investissements. »

En gros les riches ont fait une privatisation pour les riches et les prolos tchèques se sont fait bananer. Les tchèques, oui car les slovaques voyant quelle tournure cela prenait et qu’ils étaient la 5eme roue du carrosse se sont cassés dans leur coin faire leur pays à eux (pas gégé non plus). Mais notons que le grand ordonnateur de tout ce biznèsse, Vaclav Klaus, est actuellement président de la république tchèque et aussi l’homme qui fait mine de refuser de ratifier le traité européen par vague ressentiment nationaliste (il doit bouder du fait qu’il n’y ait pas de coupons dans le traité, ou alors il sent le vent tourner en bonne girouette populiste).

La République Tchèque, c’est un peu l’Allemagne en plus petit.

On vous dira dans un article sur la réindustrialisation que les boîtes allemandes avaient externalisé à bloc à l’est : c’est le cas en Tchéquie. Ici, toute l’économie quasiment dépend des exportations, alors imaginez comme ils vont morfler dans les années à venir, dans un contexte ou la consommation baisse… M’enfin, vous me direz, tout le monde va morfler, alors ça de plus ou de moins…
L’Allemagne est le principal partenaire économique des boîtes tchèques ; donc en 2009, quand l’économie allemande a douillé, le PIB tchèque est descendu de 4,7%. Depuis quelques années de yoyo avec des remontées en 2011 pour finalement passer en récession cette année.

Alors souvent on vous dit que le problème actuel c’est la dette, qu’elle est injuste, que c’est la faute des banquiers, eh ben là, paf : rien du tout. A vrai dire la dette publique est une des plus faibles d’Europe avec un « petit » 41% du PIB, et la dette domestique et privée est de 71%. En Europe, ya que la… Roumanie qui a fait mieux. (En comparaison, la dette publique française a dépassé les 100% du PIB.)
L’inflation était pas énorme jusqu’à mi 2011. Pour le moment, le chômage reste stable, à 8.4%. Bref, tout va bien… ? Eh ben non !

Un pays qui fait glou-glou…

 En l’espace de deux ans, la consommation intérieure a chuté considérablement, et le gouvernement a récemment annoncé qu’elle chutait encore cette année de 0,5%. Entre l’inflation qui a atteint un record en octobre (3.4%, sachant que quand même dans les mesures qu’on va vous montrer y a l’augmentation de la TVA et le travail gratuit), plus le fait que les impôts n’ont pas baissé, on se doute que le Czech way of life a pris du plomb dans l’aile.

Le parti de centre-droite du ministre de l’intérieur avait un slogan assez simple : « coupes, coupes, coupes !»

Et puis, les gouvernements successifs ont pas fait dans la dentelle, réduisant le déficit public annuel (ça veut dire qu’y en a toujours plus quand même !) de 5,8 % en 2009 à 3,1-3,2% aujourd’hui. Alors comme on vous l’a dit c’est une coalition. Le parti de centre-droite du ministre de l’intérieur avait un slogan assez simple : « coupes, coupes, coupes !». Pour une fois qu’un candidat applique son programme…

Du coup, l’économie ralentit, et l’Etat perd des revenus potentiels…le serpent qui se mord la queue quoi. Mais au moins, « le gouvernement a l’entière confiance des  institutions internationales et des marchés financiers  » a dit Petr Necas, le Premier Sinistre tchèque. Ouf!

De son coté, la banque centrale tchèque a abaissé son taux directeur le 1 novembre, il est désormais à 0,05%.  L’enjeu, pour elle c’est d’avoir une monnaie faible, afin de relancer les exportations et les investissements.

En quelques mots, si Dominique, avec ses mille euros et quelques de smicard en France, peut acheter plein de trucs en Tchéquie car le change de monnaie lui est favorable, vu que la  couronne tchèque vaux pas cher, et ben c’est un petit coup de pouce pour les exportations tchèques. Le deuxième objectif, comme on l’explique dans la notion sur le keynésianisme, c’est de favoriser l’accès au crédit, pour pousser les capitalistes a investir du pognon frais… Et ça marche pas forcément.  

Bref si l’objectif de la banque centrale tchèque, à savoir rassurer les marchés en menant une politique « accommodante » a été salué par ces mêmes marchés (y sont sympa quand même), le pays est quand même entré en récession depuis un an, et Moody’s vient d’annoncer que ce trimestre encore, la croissance, ils pouvaient se la mettre sur l’oreille !

Un bordel sans nom

La politique intérieure du pays est très instable depuis sa fondation car aucun des deux partis majoritaires (les sociaux-démocrates du CCSD et le parti de droite libérale de l’OSD) ne peut gouverner seul. Ce sont souvent des gouvernements de coalition de centre droit ou de centre gauche qui dominent l’assemblée.
La république tchèque aussi est un des pays les plus corrompus d’Europe, la preuve : en deux ans depuis les élections de 2010, neuf ministres (sur un total de quinze) ont été relevés de leur poste et seize affaires de corruption ont été révélées. Avec une telle corruption des partis populistes à la Beppe Grillo (comique italien et chef du Mouvement 5 étoiles anti-establishment et démagogique en Italie) font leur apparition dans le paysage électoral Tchèque. Ainsi qu’une remontée du parti communiste KSCM crédité lors des derniers sondages de 20% des votes (deuxième derrière les sociaux démocrates.)

Le début de la crise de 2008 se déroule sous un gouvernement technique national suite à l’élection de 2006 qui voit la chambre des députés être divisée en parfaite égalité droite-gauche de 100 députés chacun. C’est ce gouvernement qui met en place les premières mesures d’austérité.
En 2010 une coalition de droite sort vainqueur des élections et le nouveau gouvernement prône une rigueur budgétaire radicale menée par son premier ministre Petr Necas du parti libéral l’OSD allié avec des conservateurs et des populistes(1).
Inutile de vous dire le programme de l’époque, vous le devinez : un savant cocktail sur les assistés, les Roms, les trop nombreuses dépenses publiques et bien sûr le fait qu’on doit tous faire des sacrifices pour sortir de la merde. Sans oublier qu’à seulement quelques kilomètres de là, le Orban fait fureur (ou Führer, c’est comme on veut) dans sa politique fachotte en Hongrie.

Les différentes mesures instaurées ou en cours par le gouvernement sont:

Le salaire minimum est bloqué.

Dans la fonction publique:
Coupes de 10% en moyenne dans les salaires de la fonction publique. Les primes d’ancienneté sont remplacées par des primes de productivité : certains salariés peuvent perdre jusqu’à 30% de leur salaire.

20% de réduction des subventions aux régions.

Salaires indirects:

Diminution de 60% des indemnités maladies.

Allocations chômage et logement très réduites.

Gel « temporaire » des retraites.

La législation qui entre vigueur l’année prochaine consiste en une privatisation partielle du système de retraites avec l’introduction d’un second pilier, s’ajoutant au système par répartition. Les Tchèques pourront ainsi transférer leur argent vers des fonds de pension privés (de leur propre chef actuellement ce n’est pas encore obligatoire).

Divers taxes sur la consommation:

Taxe de solidarité de 7 % sur les revenus supérieurs à 4 000 euros mensuels
Augmentation, d’un point de TVA passant de 14 à 15  pour la TVA intermédiaire et de 20 à 21 % pour la « normale ». Pour les produits de première nécessité la taxe reste de 4,5%.
Taxe sur le vin.
Taxe sur l’électricité.
Suppression de l’exemption des foyers sur la taxe d’accès au gaz naturel.
Augmentation de la taxe foncière (à 5%).

Et en vrac

Réforme du marché du travail.
Suppression de 6000 lits d’hôpitaux.

De nouvelles mesures d’austérité ont été récemment votées au parlement (plan de stabilisation des finances publiques) le vote était adjoint à une motion de confiance dans le gouvernement. Une fois votées,  les quelques mesures d’austérité ayant eu du mal à passer sont intégrées au budget 2013, budget amputé à hauteur de 46 milliards de couronnes (2Mds d’euros) des baisses drastiques sur des budgets aussi secondaires que la santé, la recherche, l’éducation, les transports, l’écologie, l’agriculture, et la donation à l’union européenne.

Attention ça va chômer sec!    
Mais on vous l’a dit, on est pas loin de la Hongrie, et puis quand même, les partis au pouvoir ont fait une grosse campagne contre les chômeurs, les assistés qui leur creusaient le déficit grave (on s’en doute, on s’en doute).

Le chômage officiel en République Tchèque, on vous l’a dit, c’est pas énorme : 8,4%. Mais c’est difficile de savoir les vrais chiffres, étant donné que le nombre d’ « auto-entrepreneurs » a explosé. On sait simplement, le nombre de chômeurs de longue durée a augmenté en une année de 44% : ça veut dire que si pour l’instant la machine est pas complètement détraquée, et que le chômage structurel ( c’est à dire le pourcentage de chômage minimal, même en dehors des périodes économiques où les patrons licencient plus) était bas vu qu’ils bossaient vraiment pour pas cher, là c’est plus la même histoire : ça devient difficile de retrouver du boulot.

Parallèlement, l’Etat a décidé de se purger l’équivalent du « Pôle Emploi » tchèque…Désormais, les emplois sont gérés par des boîtes privées qui touchent des subsides d’Etat pour chaque emploi « trouvé ».
En fait, la majorité de la population est très inquiète pour son boulot… Et le patronat a déjà préparé le terrain, multipliant les sondages dans la population sur le salaire : par exemple, un sondage montre que 47% de la population serait prête à baisser son  salaire pour pas être au chômedu. Normal quand on voit la multiplication des chômeurs de longue durée.

Tu veux travailler ? Deviens chômeur de longue durée !
Et puis, quand on vous dit qu’ils s’adaptent à tout, les patrons… En accord avec le FESF (le Fonds Européen de Solidarité Financière est le fonds souverain qui intervient sur la dette publique des pays), maintenant, le revenu minimum tchèque ( notre RSA) s’obtient à condition d’accomplir du travail gratuit. Quoi vous croyez que Laurent Wauquiez y avait pensé tout seul comme un grand ? Bah, si ça peut vous rassurer, Orban, (le chef de la « Grande Hongrie ») lui il le fait depuis pas mal de temps avec les Roms !

Tant qu'il y aura des cartes de crédit "sociales"...

 

Relancer la consommation, ça n’a pas de prix…Pour tout le reste y a MasterCard.

 Nouveauté de l’opus 2012/2013 : les chômeurs de longue durée, les handicapés et autres personnes souffrant de graves problèmes de santé recevront une augmentation. Oui. Ah, mais par contre, c’est à condition qu’ils s’engagent à renoncer à leur aide, et à tout dépenser dans des produits de consommation.
Pour ça, on leur file une carte de crédit qui ne fonctionne que pour les biens de consommation et qu’ils doivent dépenser dans l’année ! Le plus fort, c’est qu’ils ne peuvent pas acheter d’alcool ou de clopes avec cette carte, pour lutter contre le marché noir et le trafic. Ils ont pensé à tout.
Ça c’est signé Jaromír Drábek, le ministre des Affaires Sociales. Bon, le fait qu’il ait des liens économiques avec des entreprises de cartes de crédit n’a sans doute rien à voir, ça doit juste être une coïncidence.

Slavia plus du tout ?
Un cas emblématique de l’entrée dans la crise de la république Tchèque, c’est le Slavia Prague. Ce club de foot, le plus supporté du pays, a complètement coulé début 2011, menacé de disparition. Le club était alors géré par une multinationale un peu obscure, ENIC Sports. Au point que le club n’avait pas de président officiel ! Des groupes de supporters se sont violemment affrontés avec la police locale et des supporters adverses. Pour calmer l’émeute, on a mobilisé 200 hommes, des hélicos, la police montée et des chiens policiers…  Rien de moins !
Pour mettre fin au conflit, un joli « Deus ex Machina » est alors sorti de nulle part : le rachat du club par l’ancien ministre des Transports, Aleš Řebíček.  Ce même Aleš Řebíček est un self-made man poursuivi (mais pas condamné !) par la police anti-corruption , et accusé par de mauvaises langues d’avoir des touches avec le crime organisé…

Des thunes pour Jésus-Christ
Bien sur une telle austérité ne peut pas se passer sans la bonne blague des politiciens en recherche d’électorat conservateur. Rassurez-vous, ils ont été à la hauteur : en pondant un projet de loi de restitution des biens confisqués aux Églises sous le régime communiste, restitution de 3 milliards d’euros sous forme de terrains et de bâtiments saisis et 2,35 milliards d’euros à titre de compensation. La crise et l’austérité touchent tous le monde mais de manière bien différente, Bref tant qu’il y aura de l’argent…

 

Repris sur Tantquil.net

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 14:46

 

valls2.jpgPar un de ces curieux télescopages dont l’actualité a le secret, voilà que la fameuse ultra gauche resurgit sous le feu des projecteurs. L’ultra gauche vous savez, c’est ce fantasme que tout bon ministre de l’intérieur qui se respecte se doit d ‘agiter sous le nez de la population pour justifier qui, des nouvelles mesures sécuritaires, qui, des arrestations arbitraires, qui, des répressions sans fondement.

Un fantasme qui a atteint son pic en 2008 avec l’affaire dite de Tarnac, affaire qui ne cesse de se dégonfler jour après jour et qui se révèle être une immense manipulation d’état fabriquée de toutes pièces par Sarkozy et sa bande de pieds nickelés.


Or, au moment où l’on apprend ce mardi 6 novembre que « La justice a ordonné fin octobre l’audition des policiers ayant participé à la surveillance des membres du groupe de Tarnac soupçonnés d’avoir saboté des lignes TGV en 2008 en Seine-et-Marne« , voilà que Manuel Valls, jamais avare de surenchère sécuritaire, nous refait le coup de la menace anarcho-autonome-ultra gauchiste. Attention, tremblez braves gens, la France est en danger, des hordes libertaires s’apprêtent à mettre vos villes et vos villages à feu et à sang.

Justification du déchainement de violence militaro-policière

Donc que dit Manuel Valls ? Lors d’une conférence de presse tenue lundi 5 novembre après une réunion ministérielle sur l’organisation internationale de la police, celui-ci annonce tranquillement à des journalistes qu’il existe des « processus de radicalisation dans de nombreux pays » mais en France, il a pris « des proportions inquiétantes » . Et parmi ces processus de radicalisation, l’ultra gauche occupe donc une place de choix, nécessitant une coopération policière internationale pour faire face « aux formes de violence provenant de l’ultra-gauche, de mouvements d’anarchistes ou d’autonomes« . Et Valls de préciser sa pensée en citant « des groupes violents gravitant autour de projets comme la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin ou l’aéroport de Notre Dame des Landes en France« .

Nous y voilà…. Notre-Dame-des-Landes donc. Pendant que l’ineffable duo Hollande-Ayrault – qui a oublié en cours de route ce que le mot gauche signifiait – a décidé d’envoyer l’armée et la police déloger les opposants au projet d’aéroport, Valls lui, s’empresse de désigner à la vindicte populaire ces vilains fauteurs de trouble dont le seul tort est de vouloir préserver leur lieu de vie. Et au passage, justifie donc le déchainement de violence qui s’est abattu sur ces femmes, hommes, jeunes ou âgées, avec un acharnement qu’Hortefeux ou Guéant ont dû apprécier à leur juste valeur. Une justification qui tient donc un mot : l’ultra gauche. Pas de quartiers, sus à l’anarchie, à mort les libertaires !

Valls, triste clone d’Eric Besson

Désormais, vous, manifestants et opposants  souhaitant soutenir la résistance à Notre-Dame-des-Landes ou à tous ces grands projets inutiles que sont les lignes LGV Lyon-Turin par exemple, le délirant grand stade de Lyon plus connu sous le nom d’ OL Land ou encore le pharaonesque projet de hyper centre commercial du triangle de Gonesse, sachez le, en tant qu’anarchistes, l’Etat ne vous lâchera pas ! Tel est le message délivré par Manuel Valls, triste clone d’Eric Besson, dont les propos, adoubés par Hollande et Ayrault, font craindre le pire en matière de répression.

Une chose est certaine, face à la mobilisation que ne cesse de grandir pour dénoncer les exactions militaro-policières à Notre-Dame des-Landes, ce pseudo gouvernement de gauche a trouvé la parade ultime : faire passer un mouvement de contestation pour un rassemblement de dangereux terroristes. Il faudra s’en souvenir au bon moment…

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 11:27

enfants_gaza-300x200.jpegVoici un excellent article de l'UJFP qui démonte la propagande isralienne...

 

Pour ceux qui, comme moi, ont du mal à rester silencieux face à la propagande et à la désinformation israélienne, et voudraient se lancer dans un débat virtuel par commentaires interposés sur facebook ou d’autres sites où cette propagande sévit, quelques contre-arguments qui peuvent être repris.

1. « L’attaque contre Gaza vise à défendre les Israéliens du sud d’Israël, victimes des tirs de roquettes incessantes des terroristes de Gaza. »

Si le 15 novembre 3 israéliens ont été tués par une roquette pour la première fois depuis plus d’un an et si pour la première fois depuis 21 ans une sirène a résonné à Tel Aviv, c’est de la faute de leur propre gouvernement car tout cela est arrivé après le début de l’attaque israélienne sur Gaza, après l’assassinat d’Ahmad Jaabari. Le gouvernement Netanyahou ne se contente pas d’assassiner les Palestiniens, il prend sa propre population en otage pour des raisons électorales.

Consciente de ça, une habitante du sud d’Israël a d’ailleurs écrit une tribune à Netanyahou dans laquelle elle dit notamment « Si vous voulez mettre un terme aux actions hostiles qui proviennent de l’autre côté, ouvrez vos oreilles et commencez à écouter. Si vous vous souciez de nous, cessez de nous défendre par des missiles, des actions « ciblées » et des « vols dissuasifs ». Au lieu de l’opération Pilier de Défense, lancez-vous dans une opération Espoir pour l’Avenir. C’est plus compliqué, il faut pour cela de la patience, et c’est moins populaire. Mais c’est la seule issue possible. » (NDLR :voir la version complète et originale sur le site de Haaretz et voir la traduction française)

Mais, d’un autre côté, les Israéliens de Tel Aviv comme du sud d’Israël peuvent s’estimer heureux d’avoir des sirènes et surtout des boucliers anti-missiles pour les protéger, sans parler des abris anti-aériens. Les Palestiniens eux n’en ont pas.

Sinon, quelques chiffres qui parlent toujours plus que les mots :
- Nombre d’Israéliens tués par un des tirs de roquette depuis le 15 janvier 2009, et avant hier : 4 (source B’Tselem, ONG israélienne, 7 selon l’armée)
- Nombre de Palestiniens tués par un des raids israéliens depuis le 15 janvier 2009, et avant hier : 300.

Nous prenons les chiffres depuis le 15 janvier 2009, date de fin de la dernière grosse attaque lancée contre Gaza en décembre 2008-janvier 2009 et qui se voulait déjà une réponse aux tirs de roquettes. Pour être gentils quoi… Parce que sinon, on peut aussi calculer depuis le début des tirs de roquettes et ça donne ça :

- Nombre d’Israéliens tués par un tir de roquette depuis le 29 septembre 2000 : 61 (source : Ministère de la défense israélien)
- Nombre de Palestiniens tués à Gaza par l’armée israélienne depuis le 29 septembre et jusqu’au 15 septembre 2012 : 4660 (source B’Tselem)

Ces chiffres ne visent pas à relativiser les morts, car comme on dit, « qui tue un homme, tue l’humanité », mais juste à casser une dernière fois cette idée qu’Israël se défend. Israël attaque.

2. « Depuis des années, le Hamas envoie des Roquettes tous les jours sur Israël »

Faux. Ce n’est le plus souvent pas le Hamas mais d’autres organismes. Le Hamas, tentant de faire respecter la trêve, a même monté une force spéciale chargée d’arrêter les Palestiniens lançant des roquettes comme le rapporte le journal israélien Haaretz . Et donc le Hamas, que ça plaise ou non, et il ne s’agit pas là de le défendre, n’est pas ce “grand mouvement terroriste qui attaque continuellement Israël en lançant des roquettes”, c’est un peu plus compliqué.
Tout comme il est un peu plus compliqué de dire qu’Ahmad Jaabari n’était pas qu’un terroriste. Là encore, on pourra juste citer des responsables israéliens.

Mais si les roquettes ne cessent d’être lancées depuis Gaza, c’est qu’Israël ne cesse d’occuper Gaza. Voudrait-on occuper, affamer, tuer des gens et qu’en plus ceux-ci ferment leur gueule ? Ah, non, on voudrait qu’en plus ils se montrent reconnaissant car en fait, tout ça, c’est pour leur bien, pour les libérer de ces terroristes du Hamas.

3. « Le Hamas se cache derrière la population civile, il va dans les “villages habités” ».

On voit bien que là, c’est à ceux qui reprochent de ne pas aller voir la situation sur place, qu’il faut conseille d’aller voir comment c’est Gaza (Et puis, c’est simple, on peut même le faire avec google earth).

- Premièrement, Gaza est un des endroits au monde le plus peuplé. Et il est entouré par un mur. Où voudrait-on qu’ils aillent lancer leur roquettes ? Sur les grands no man’s land qui les séparent du mur pour se faire sniper ? Peut-être que s’ils avaient des F-16 et des drones comme l’armée israélienne, les choses seraient différentes. Et peut-être que s’ils avaient des F-16 et des drones, et des accès satellites, eux aussi pourraient « cibler » leur tir de roquette et éviter de toucher des civils.

- Deuxièmement, il est aisé de faire la distinction entre civils palestiniens et terroristes palestiniens à Gaza quand ca arrange car ce sont TOUS les Palestiniens de Gaza qu’Israël assiège, enferme, affame, sans chercher à distinguer les civils des terroristes.

- Troisièmement, c’est justement parce que ce sont tous les Palestiniens de Gaza qui sont enfermés, que ce sont tous les Palestiniens qui résistent. Il n’y a pas d’un côté les terroristes qui se cachent et les civils. C’est une même population, solidaire face à l’oppression même si tous n’ont pas choisi de prendre les armes. Par contre, TOUS les Israéliens doivent un mois par an à l’armée israélienne. Donc dire que « les terroristes du Hamas attaquent de pauvres civils israéliens et se cachent derrière ses propres civils », c’est un peu réducteur.

- Quatrièmement, de même, faire une séparation stricte entre le Hamas qui se « cache » et la population civile, c’est oublier que le Hamas a été, lors des dernières élections, largement majoritaire à Gaza, et qu’il est donc très implanté dans la population. Dire ça, ça ne veut pas dire se réjouir de cette élection, mais les Israéliens doivent savoir ce que c’est qu’un gouvernement démocratiquement élu avec lequel on n’est pas forcément d’accord, eux qui vivent dans un pays dirigé par la droite et l’extrême-droite, et dont le ministre des Affaires Étrangères proposait en 2009 de se battre contre Gaza « comme les États-Unis s’étaient battus contre le Japon en 1945 » (cad avec la bombe nucléaire) sans que cela ne fasse réagir personne.

4. Sur le fait qu’« Israël accueille des Palestiniens pour les soigner dans ses hôpitaux »

Bombarder quelqu’un, manquer de le tuer mais le blesser et lui dire après « Mais viens dans mon hôpital si tu veux »… Hmmmm pervers et en même temps, c’est la moindre des choses qu’Israël en tant que responsable doit faire, et pas juste pour une poignée de Palestiniens devant servir d’alibi pour montrer le « grand coeur » d’Israël mais pour tous les Palestiniens blessés.

5. Même chose pour les petits papiers que l’armée israélienne balancerait sur les zones où vivent les Palestiniens avant de venir les bombarder.

Que leur écrivent-ils sur ces petits papiers : « Salut les gars. Bon, on arrive pour exploser vos maisons. On sait que vous ne pouvez aller nulle part pour fuir les bombardements car on vous a enfermé sur ce petit bout de territoire qui fait 350km. Mais essayez quand même. Bisous. » ? Hmmmm…

6. « Israël veut la Paix », les « Peace & love », and Co.

La Paix et l’Amour, sans Justice, ne sont que des concepts creux. Sauf si ce que ce qu’Israël veut c’est la paix du plus fort. Mais ça, il serait temps que les Israéliens comprennent que les Palestiniens ne sont pas décidés à l’accepter.C’est pour cela qu’Israël s’en prend à Gaza et au Hamas, car ils ne sont pas encore aussi corrompus et dociles que les gens de l’Autorité Palestinienne et leurs forces de sécurité qui en sont au point d’empêcher les Palestiniens de manifester en Cisjordanie et de les arrêter.
Si Israël et certains Israéliens préfèrent au Hamas le gouvernement dictatorial de l’AP ce n’est pas surprenant, c’est ce qu’a fait Israël depuis des années avec ses grands copains Mubarak et Abdallah, sans compter les despotes du Golfe. Ce n’est pas surprenant parce qu’en fait les Palestiniens, ils n’en ont rien à faire. Ce qui les intéresse c’est leur « sécurité » personnelle. Ca les choque que deux roquettes soient pour la première fois tombées à proximité de Tel Aviv mais ça ne les choque pas qu’il y ait des blindés israéliens à Bethléem tous les jours et que les Palestiniens entendent les avions de chasse israéliens les survoler tous les jours. Car pour leur « sécurité », il leur faut chercher les meilleurs chiens de garde capables d’empêcher les Palestiniens de réclamer leur droits, quitte à piétiner la démocratie.

Et oui, nous ne sommes pas aveuglé par la « haine d’Israël », nous critiquons aussi des pays arabes. Même des Palestiniens. Car être solidaire des opprimés, c’est être solidaire contre tous les oppresseurs. Mais le premier d’entre eux est Israël.

**

Après tout cela, on vous attaquera surement personnellement, on vous dira peut-être que vous êtes pédant ou imbécile, que vous n’y connaissez rien. Mais ce sera pour éviter d’avoir à répondre sur le fond. Parce qu’il n’y a rien à répondre à ce que nous venons d’écrire. Les faits sont là, nous les avons donné, et les faits sont têtus.

Céline Lebrun

 

Source : www.ujfp.org/spip.php?article2458

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 11:17

chantier espagneUn article de Tantquil.net dans la continuité du précédent. Celui-ci porte sur  la situation sociale plus précisément le chômage et le logement...

 

En Espagne, ça fait longtemps que ça ne va plus…

Ce trimestre, c’est une augmentation du chômage de 1.5%  ( -85 000 emploi) qui le porte désormais à 25,02% de la population active. Orgie de chiffres : il reste plus que 17 320 300 employés officiels en Espagne. Il faut leur rappeler qu’en-dessous de 5 000, ils deviendront une espèce protégée, et là la WWF pourrait débloquer des fonds pour eux, comme pour les pandas et les rhinocéros.

D'autres coupes sont possibles...

Inutile de dire que de mémoire d’Espagnol, c’est du jamais-vu, même si c’est un pays où il y a toujours eu beaucoup de chômage structurel (une armée de réserve c’est toujours bon pour un patron qui veut pas payer trop cher des nouvriers). Ya bien eu, après la crise pétrolière, une grosse montée du chômage en 1976, mais rien de comparable.

Dans le rôle de Madame Irma, le secrétaire d’Etat de l’Emploi et du soutien aux entreprises a déclaré (sans déconner) qu’il voyait une stabilisation dans le rythme de destruction d’emplois. Puis que bon, jusqu’à fin 2013, fallait être un poil honnête, ça risquait de continuer à chuter, après quoi promis on allait voir ce qu’on allait voir. Pour terminer, il a aussi dit qu’il y avait quand même « de grandes incertitudes ». Bel effort. Et merci pour tout, coco.

Les tendances générales, c’est que :
– Ces suppressions d’emplois sont en général dans le public : 50 000 sur les 96 000 depuis juillet, alors que le public en Espagne est assez faible (3 millions sur un total de 17,3). Dans l’année c’est du 220 000 contre 600 000. C’est dire si les « recortes » (le plan d’austérité) sont hardcore, puisque ce sont là les emplois directement gérés par l’Etat.
- De plus en plus de chômeurs sont de « longue durée » (plus d’un an) : avec une montée de 21% en un an (450 000 quand même !) on arrive maintenant à 2.5 millions. Et parmi les secteurs dont ils viennent, si évidemment le tertiaire est salement touché (10.3%), il y a tout simplement 100 000 personnes de plus qui étaient déjà chômeurs de longue durée…en tout ça nous fait à peu près 600 000.

Ca sent l’émigration, c’est le FN qui va devoir stigmatiser l’ « Opusdéisation » de la France, ( l’opus dei c’est une organisation de cathos militants, fondée en 1928 en Espagne, mais qui s’est surtout développée a près la victoire de Franco, et s’est mondialisée… Son siège est à Rome, elle dépend directement du Pape).

Ou révéler le scandale de l’omniprésence du chorizo et de la paella dans les cantines de la république.
Qui plus est, la majorité des nouveaux chômeurs de longue durée n’arrivent pas à trouver un premier job (ou vivent chez papa-maman, ou squattent et vivent comme ils peuvent. A noter que le squatt d’habitation recensé a augmenté de 50% à Madrid).
-Mais le chômage touche pas que les rejetons : 10% des foyers espagnols ont tous leurs membres au chômedu ou pire : soit 1.700 000 foyers, 310 000 de plus que l’an dernier! Dans un pays où près d’un million de maisons sont vides à cause de la crise du BTP, on vire parents et familles à tour de bras.
- Comme en France, de plus en plus de gens se lancent à leur propre compte. Alors que Sarko a créé le fameux statut d’auto-entrepreneur, qui permet à n’importe qui de payer des charges comme un vulgaire patron, tout en touchant le salaire d’un ouvrier (ou moins même, c’est des prestations), l’Espagne voit le nombre de personnes à leur propre compte monter : ils sont 3 millions maintenant, et bien que pas mal galèrent grave, ils rentrent pas dans les statistiques du chômage. Il faut prendre en compte aussi que pas mal ont créé leur propre boîte parce que l’Etat a annoncé une prime de 5000€ et plus pour tout patron qui crée un emploi en CDI…du coup pas mal de gens ont monté leur boîte…qui coule évidemment, vu la conjoncture.
- Les chômeurs sont de plus en plus jeunes : c’est carrément 1 million d’Espingouins de 16 à 19 ans qui sont ni à l’école, ni employés (source Fundación de Estudios de Economía Aplicada, FEAA). Ils étaient moins de 400 000 ya juste cinq ans.
- Et les contrats à durée indéterminée, malgré leur large flexibilisation (voir les mesures dans l’article « l’Espagne se grippe ») coulent à pic : – 179 000 ce trimestre, pour 15 000 contrats temporaires en plus : désormais, 24% des contrats sont temporaires. Ca veut dire que même avec les mesures les plus délirantes pour flexibiliser, le gouvernement PP n’arrive même pas à convaincre les boîtes de donner du CDI, bien qu’elles aient une jolie prime (que leur paient donc les contribuables) au CDI.

« Travail forcé et génération perdue »
C’est d’ailleurs très intéressant de voir les discours du directeur de cette fondation (le FEAA). Il explique dans une conférence ses inquiétudes face à ce « capital humain » qui est en jachère : il se « décapitalise ». Toujours pour lui, il faut lui permettre de se « recycler », sans quoi on risque de se trouver face à une génération perdue. Enfin il insiste sur le fait qu’il s’agit d’un « investissement purement productif ».

Dans la même conférence, la secrétaire d’Etat aux Universités a répondu qu’effectivement ils fallait suivre l’exemple de l’Allemagne ou de la Suisse et rapprocher les études du monde du travail : en gros, rien de neuf pour les prolos, mais pour les fil-le-s de la classe moyenne, on sait jamais, une relance et hop ! C’est reparti comme en 40. Pour ça, il faut être prêt et proposer une « grande flexibilité » aux acquéreurs potentiels de toute cette main d’œuvre made in Spain.

Ce qui est intéressant derrière tout ça, c’est ce que ça signifie : il ne s’agit pas d’une « génération perdue » dans une perspective de relance :il s’agit du prolétariat espagnol post-crise de 2007, point barre. Et le débat, c’est est-ce qu’on les laisse croupir ou est-ce qu’on les fait travailler, pour éviter que ça parte grave en brioche. Et la question à mille balles en ce moment, c’est : à quel prix cette « nouvelle génération » sera-t-elle prête à bosser pour pas crever de faim.

Alors si on va plus loin, dans une période où tous les indicateurs sont dans le rouge, ça veut dire quoi encadrer les jeunes prolos ? Ben ça veut dire travail forcé. On a du chômeur, du sans-emploi ? Qu’à cela ne tienne, on va lui trouver du travail, du stage, du service civique, ou dieu sait quelle saloperie pour qu’il travaille pas cher. Cette question, en France, c’est Laurent Wauquiez qui l’avait abordée en proposant de donner des heures de travail obligatoire aux heureux bénéficiaires du RSA.

De son côté, le gouvernement espagnol, dans  lequel il y a décidément de grands farceurs, a décidé de supprimer les prestations du RMR (le RSA espagnol) pour toute personne n’ayant jamais eu un contrat. Or comme on vous l’a dit, ya beaucoup de jeunes ados-prolos qui ont pas encore trouvé un job légal, ne serait-ce qu’une fois. Conséquence : pour toucher le RSA espagnol maintenant, ils devront trrouver au moins un boulot, à n’importe quel prix. Et avec un peu de chance ils le garderont sous la pression économique et/ou familiale. Rien de tel pour casser le marché.

Et la relance me direz-vous ? Ben, c’est-à-dire… C’est ptêtre pas pour tout d’suite. Le secteur de l’industrie augmente un peu mais sans non plus faire des flammes. Et, oh la bonne idée, le BTP se remet à embaucher. Ca tombe bien, on est en pleine période de préparation d’un projet qui va faire passer les pyramides d’Egypte pour des pâtés de sable : EuroVegas*** (*** un projet démentiel sans la moindre information sur les modalités de son financement ) . Et puis les Espagnols, ils commencent à maitriser, ça, le BTP, puisque ça représentait 17% de leur activité avant la crise, et que maintenant, ils viennent prendre le pain dans la bouche de nos Polonais sur les chantiers de France.

LE LOGEMENT

Alors on a parlé du chômedu, mais si vous êtes amateurs de sensations fortes, faudra se pencher sur un autre secteur où les espingouins font très fort : le logement. D’abord faut quand même savoir que malgré une faible densité (une des plus faibles d’Europe, avec 46 millions d’habitants seulement), l’Espagne tient le pompon en terme de constructions : 25 millions dans tout le pays. C’est du délire, et ça entraîne des chiffres tout aussi délirants au niveau du logement :
- Au moins 2,5 à 3 millions de baraques vides ! Et encore, les dernières stats de l’INE, c’est-à-dire l’INSEE espagnol en gros (pas très fiables) parlent de 6 millions de baraques vides !
- Un taux de location d’à peine 10%, contre 50% de moyenne en Europe. Plus dingue encore, les logements sociaux : là où il y a une obligation ( via la loi SRU, pas non plus respectée, hein faut pas exagérer) de 20% en France, en Espagne, la moyenne des HLM et autres appartements de location gérés par le public est de 0,5%.

Alors forcément, quand on rajoute ce qu’on vous disait sur le BTP avant, en ce moment c’est le gros bordel. La crise a eu son premier impact sur la « bulle immobilière », aux States comme en Espagne : ici c’est 150 milliards, 15% du PIB annuel de l’Espagne, les fameux « actifs toxiques » de l’immobilier espagnol.
Ya des quartiers entiers qui se sont retrouvés vides du jour au lendemain ou qui se sont jamais remplies, un peu comme c’est arrivé aux States il y a quelques années.
Le problème de cette branche, c’est que personne ne veut de ces baraques. Alors à terme y va pas y avoir 36 solutions : ‘va falloir détruire des maisons pour relancer le marché de l’immobilier (et donc bonjour les boîtes qui vont fermer, les petits proprios qui vont douiller.

L’autre enjeu, et c’est celui là qui nous intéresse, vu qu’on a pas trop l’intention d’investir dans la pierre à Jerez, c’est qui va payer l’ardoise des petits propriétaires qui se sont mis des crédits de malade dans ces baraques qui valent pas plus cher qu’une poignée de germanium. Sans compter que comme on vous l’a dit, y a presque 2 millions de foyers où y a pas de rentrées d’argent parce que tout le monde est au chômage.

Le résultat n’a d’ailleurs pas tardé : depuis 2009 et l’explosion de la crise en Espagne, on compte pas moins de 200 000 expulsions ! Récemment une basque, Amaia Egaña, s’est suicidée à l’arrivée des huissiers au moment d’être expulsée de sa maison, ça a fait jaser.

Pauvre Amaia… Mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. C’est quand même une moyenne de 140 avis d’expulsion par jour, dans tout le pays.

Ça a obligé les pouvoirs publics à « agir », pour pondre une espèce de loi à la con comme le fameux « droit opposable » des Don Quichotte, qui en France fut un grand succès, ya qu’à aller en parler au clochard de votre rue.

En l’occurence il s’agirait  de permettre aux familles « les plus vulnérables » d’avoir des logements d’urgence accessibles durant une sorte de trêve hivernale. Ca devrait pas être trop compliqué, avec 1 millions de logements directement construits et inhabités d’avance depuis la flambée du logement en Espagne, ya dix ans!
L’AEB (en gros, un consortium des banques espagnoles) a déclaré mettre en place un moratoire de deux ans sur les expulsions et cesser pour les « cas d’extrême nécessité ». A partir de la semaine du 16 novembre sont prévus des débats pour définir ces « cas d’extrême nécessité ».  Affaire à suivre.
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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 11:15

Dès 9h du matin, des milliers de manifestant-e-s ont convergé vers le bourg de Notre-Dame-des-Landes. Vers 11h, c’est un cortège immense qui s’est élancé en direction de la zone à défendre dans un chouette bazar. Immense, mais aussi plein de gens d’horizons divers : venus de la région ou de l’autre bout de la France ou de l’Europe ; jeunes ou plus âgé-e-s ; familles ou groupes en luttes ; comités locaux ou individu-e-s...

 

Un cor­tège aux ambian­ces variées aussi entre bat­tu­ka­das, cho­ra­les impro­vi­sées ou non, bal­lade tran­quille et bandes de clowns, par­semé d’un dra­peau aux cou­leurs de la lutte : un cercle rouge entou­rant un avion barré. Une joyeuse bande accom­pa­gnée de trac­teurs et de camions char­gés d’éléments de char­pen­tes, de divers maté­riaux de cons­truc­tions, de cha­pi­teaux, de mara­bouts. Selon nos comp­ta­ges, on dénom­brait envi­ron 40 000 mani­fes­tant-e-s accom­pa­gné-e-s de plus de 400 trac­teurs. Cette grande mani­fes­ta­tion popu­laire a encore une fois démon­tré l’échec de la cam­pa­gne des auto­ri­tés pour divi­ser l’oppo­si­tion à l’aéro­port et à son monde.



Vers 13h, le début du cor­tège est arrivé sur le site de réoc­cu­pa­tion alors que la fin de la manif n’était pas encore partie du bourg ! Pendant qu’un cam­pe­ment d’accueil se mon­tait dans un champ, le défri­chage a com­mencé sur le ter­rain choisi pour accueillir le nou­veau lieu d’orga­ni­sa­tion : un bois de châ­tai­gners par­semé de clai­riè­res en cours d’expro­pria­tion. On était plein à faire la chaîne pour ache­mi­ner les maté­riaux de cons­truc­tion déchar­gés des trac­teurs au bout du chemin boueux. Les char­pen­tes des struc­tu­res de base a été mon­tées très rapi­de­ment. Pendant ce temps, dans le champ, de nom­breux grou­pes en luttes témoi­gnaient des luttes qu’illes mènent ici et ailleurs contre l’amé­na­ge­ment du ter­ri­toire et le monde qui va avec.

A la fin de la jour­née, les murs de la cabane de dis­cus­sion et la cui­sine col­lec­tive sont érigés. On cons­truit aussi sani­tai­res, dor­toirs, ate­lier et mobi­lier, et autres peti­tes struc­tu­res. De nom­breu­ses autres caba­nes ame­nées lors de la jour­née seront mon­tées dans les jours qui vien­nent.

On était des dizai­nes de mil­liers pour occu­per ce nou­veau lieu d’orga­ni­sa­tion de la lutte contre l’aéro­port et son monde. Ça fait une belle force col­lec­tive pour inten­si­fier la lutte d’ici dans la pers­pec­ti­ves des tra­vaux qui s’annon­cent. Cette force col­lec­tive, on sou­haite aussi qu’elle donne de l’énergie à tou-te-s cel­leux qui sont venu-e-s de plus loin pour lutter contre les pro­jets et autres merdes qu’illes se pren­nent sur la geule.


Par ici la lute conti­nue dans le temps qui vien­nent : ce week-end et la semaine pro­chaine pour conti­nuer la recons­truc­tion sur le ter­rain occupé aujourd’hui, dans la forêt de Rohanne et ailleurs ; le week-end pro­chain pour la mani­fes­ta­tion men­suelle contre l’aéro­port et son monde à Nantes samedi 24 ; et dans les mois qui vien­nent pour empê­cher la des­truc­tion de la forêt de Rohanne et les pre­miers tra­veaux du bar­reau rou­tier prévus dans les mois qui vien­nent - des rendez-vous qui seront relayés sur le site web zad.nadir.org.

Alors qu’ils pen­saient vider la zone, le mou­ve­ment contre l’aéro­port et son monde prend de l’ampleur. Une lutte col­lec­tive qui ne fait que com­men­cer.

P.-S.

(Article publié sur le site : http://zad.nadir.org )

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 11:10

espgane-austerite.jpgLes plans d'austérité se succèdent en Europe avec la régularité d'un métronome. Voici les derniers en Espagne...


Alors, voilà le catalogue de l’austérité 2012/2013 en Espagne, annoncé par le grand manitou delà-bas, Mariano Rajoy. D’entrée, l’objectif, c’est 89 milliards d’économie. Y devrait se rencarder avec David Copperfield…
Comme vous pourrez le voir avec l’article précédent sur les « recortes » de l’an dernier, autant la dernière fois c’était flexibilisation du travail, contrats d’emplois jetables pour tout le monde, coupe franche du salaire direct (le salaire quoi) et indirect (retraite, sécu,..) , plus des dizaines de cadeaux fiscaux aux patrons pour les aider à créer de l’emploi, autant là c’est directement tout l’appareil d’Etat qui est démembré.

Et c’est hal-lu-ci-nant. J’veux dire. On parle pas de la Grèce ou de la Hongrie là. L’Espagne, c’est la 13e puissance économique mondiale. Voilà ce que le gouvernement a promis le 12 juillet dernier, puis en gras les coupes décidées un mois plus tard en rajout, et pour les années à venir. 

Impôts indirects
- Augmentation de l’IVA (notre TVA à nous) de 18 à 21%. Le taux réduit passe de 8 à 10%. Stabilisation à 4% pour les produits de première nécessité.
- Augmentation de la taxe sur le tabac.

Emploi public 
- Suspension de la prime de Noël.
- Fonctionnaires : réduction du nombre de jours de jours libres, limitation des journées pour les délégués syndicaux aux minimas fixés par la loi, justifications supplémentaires aux exigences légales nécessaires en cas d’incapacité temporaire (en gros devenir malade devient risqué, sur un contrat public précaire c’est la porte au bout de deux semaines).

Appareil d’Etat, communes
Le problème en ce moment en Espagne, c’est qu’il y a un mouvement « anti-politiques » assez fort. Bon, ça fait pas passer des nuits blanches à Rajoy, mais quand même, faut donner un peu l’impression d ‘attaquer tout le monde.
Du coup, dans le secteur des politicards aussi on coupe aussi : ça rappelle un peu les purges de Staline, en 27, quand il buta à tout-va dans ses propres rangs pour mieux renforcer son pouvoir.

Là c’est pas le peloton d’exécution, c’est juste la porte pour 30% des conseillers municipaux et la diffusion de leurs salaires pour ceux qui restent, ainsi que ceux des maires. L’idée, là, c’est de choquer un peu le citoyen pour justifier le matraquage en règle de tout l’appareil d’Etat.

Autre coupe budgétaire : les aides aux partis et syndicats. Ca touche les syndicats, mais aussi le MEDEF espagnol, à la hauteur de 20%. Le patronat soutient. Patriotisme oblige. De son côté, le gouvernement baisse de 600 millions d’euros ses frais.

Et puis le gros engagement de Rajoy, c’est que pour arriver à ces 65 milliards, c’est liquidation totale des services publics du transport, bateaux, avions, tout ! Mais pas que les boîtes : tous les services associés (routes, bateaux, trains etc) sont vendus au plus offrant. Récemment c’est quand même Iberia qui était déjà partiellement privé, qui a fusionné avec British Airways, sous peine de mettre la clef sous la porte. C’est une fusion qui a tout l’air d’un rachat, d’abord parce qu’Iberia annonce 2 000 à 6 000 suppressions d’emplois , mais aussi parce que l’ancien boss de la section syndicale majo d’Iberia explique clairement que la boîte est en train de devenir le low cost de British Airways .
A été actée aussi la suppression des entreprises publiques « de proximité »

Pour reprendre ce que disait notre camarade Rataxès dans son article sur la Grèce : on peut tondre plein de fois un mouton, on peut le désosser qu’une fois. C’est ce que ressent tout le monde en Espagne, tous partis confondus, même la presse de droite : on fait la grande braderie, mais on sent que ça va rien régler du tout. Au contraire, l’Espagne va être au bord du chaos.

Éducation, santé
Après avoir pensé couper 10 milliards en juillet, Rajoy a finalement annoncé que le chiffre gagnant serait le 15 : 15 milliards de coupes budgétaires dans la santé. Pendant ce temps, le taux d’infirmières au chômage en Andalousie atteint bientôt les 50%. En 2014,l’objectif fixé est de 19 milliards. Le ministre de l’éduc a carrément pris les devants et annoncé aux parents qu’il faudra désormais faire plus attention à leurs gosses . Évidemment, on peut d’avance deviner des tas de mesures discriminatoires pour ramener les femmes au statut de « amas de casa » (maitresses du foyer). Comme le montre les annonces autour d’une possible restriction du droit à l’avortement…

Pour les branleurs , les RSA, tout ça…
Réduction du chômage au 6° mois, de 60 à 50%.
Suppression du RMR (RSA espagnol) pour toute personne n’ayant pas encore contracté de travail (donc il s’agit clairement d’une mesure pour obliger les jeunes à bosser à n’importe quel prix. Faut rappeler qu’il y a 970 000 jeunes de -19 ans qui sont ni à l’école ni dans un boulot légal).

Cadeaux aux patrons:
- Flexibilisation des horaires commerciaux, surtout dans les aires touristiques.
- Les cotisations sociales (patronales) baissent d’1% en 2013 et en 2014 1% encore.
 

 Une série d’articles va suivre dans les tout prochains jours, sur le logement, le chômage, les perspective sécessionnistes en Espagne, et une analyse des luttes et de l’activité de crise du prolétariat.

 

Repris sur Tantquil.net

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