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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 15:34
Manif pro-Palestine interdite à Paris: le témoignage des militants d'AL

Le gouvernement socialiste durcit sa répression des mouvements sociaux. Après avoir interdit la manifestation pro Palestine du 19 juillet à Paris, la police attaque les manifestants. Voici le témoignage de militants d'Alternative Libertaire présents sur les lieux...

Manuel Valls ne voulait pas de manifestation de soutien à la Palestine à Paris ? Il en a eu plusieurs !

Le gouvernement Valls a voulu interdire la manifestation parisienne prévue ce samedi 19 juillet en soutien à la Palestine occupée. La raison ? De prétendus « débordements » à la précédente manifestation parisienne qui, pourtant, ont été directement provoqués par la Ligue de défense juive (LDJ), un groupe de combat d’extrême droite. La vérité est, qu’en réalité, ce gouvernement a choisi son camp : celui des bourreaux.

Mais on ne peut empêcher la solidarité de s’exprimer. Métro Barbès, ce samedi, à l’heure dite, des milliers de personnes étaient au rendez-vous. Dans la foule, aux côtés de très nombreux drapeaux palestiniens, flottaient des drapeaux du NPA, d’Alternative libertaire et d’Ensemble. L’Union syndicale Solidaires était là aussi, ainsi que des militants de la FA et les principaux groupes de soutien à la cause palestinienne (GUPS, Génération Palestine...).

Face à nous, des hordes de robocops interdisant le départ en manifestation.

Lasse d’être ainsi immobilisée, la foule est alors partie en manifestation à rebours, en remontant le boulevard Barbès. A peine avait-elle fait quelques dizaines de mètres que la foule était de nouveau bloquée par la police, à hauteur du métro Château-Rouge. Les premiers tirs de grenades lacrymogènes n’ont pas tardé. Mais celles-ci n’ont réussi qu’à provoquer le départ de plusieurs petites manifestations dans les rues adjacentes.

Alternative libertaire a, pour sa part, marché avec plusieurs centaines de personnes qui ont gravi Montmartre, jusqu’à atteindre le Sacré-Cœur à quelques centaines. Les rues de la butte ont résonné tout du long des slogans pour la Palestine libre ! Depuis le Sacré-cœur, les anticolonialistes ont ensuite redémarré une manifestation sauvage que la police, malgré ses efforts, s’est avérée incapable de stopper.

Remontée bientôt à 2000 personnes environ, la manif s’est vue de nouveau bloquée par les CRS. Elle a alors emprunté les boulevards de Magenta, de Strasbourg et de Sébastopol, gonflant jusqu’à 3000 personnes, dans une ambiance vindicative et sereine à la fois. Elle ne s’est dispersée qu’une fois parvenue aux Halles-Châtelet. Autant dire que nous avons fait largement passer notre message de solidarité, sans doute même davantage que si la préfecture nous avait accordé le traditionnel parcours Bastille-Nation !

Pendant ce temps, à Barbès, où quelques militants d’AL étaient restés, cela tournait à l’émeute, avec jets de projectiles, tirs policiers au Flash-ball, poubelles incendiées et affrontements jusque dans la soirée. Trente-trois interpellations sont à déplorer.

A ce stade, il est important d’apporter une précision : aussi bien à Barbès que dans la manifestation sauvage, les saillies antisémites ont été rares et bien isolées. L’intelligence collective de la foule, son autodiscipline dans une situation pourtant tendue, ont été impressionnantes. Ici, une ahurie brandissant un ananas [1], avant d’être rabrouée ; là, un jeune faisant une quenelle provoquant aussitôt l’intervention de manifestant.e.s lui expliquant le sens réel de son geste, et pourquoi il n’avait rien à faire ici. Dans un autre registre, quelques exaltés ont clamé çà et là « Allahu akbar » sans que personne ne les suive.

Dans le reste de l’Hexagone, la solidarité s’est exprimée également dans la rue puisque des milliers de personnes ont manifesté à Marseille, Tours, etc.

Plus que jamais, exprimons notre solidarité avec les palestiennes et les Palestiniens. Exigeons l’arrêt des offensives israéliennes contre la Bande de Gaza !

Plus que jamais, dénonçons l’attitude complice du gouvernement français vis-à-vis des crimes du gouvernement israélien !

Des manifestant.e.s d’Alternative libertaire, le samedi 19 juillet

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 17:06
Marre de la répression anti-syndicale à l'Université Montpellier III!

L'administration de l'Université Paul Valéry ne cesse de harceler les militants syndicaux qui s'opposent aux politiques d'austérité mises en place par cette soi disant direction de "goche"... Voici le communiqué des syndicats.

Les organisations soussignées demandent l’abandon par l’Université Montpellier 3 des poursuites disciplinaires contre deux syndicalistes de Solidaires Étudiant-e-s et une du SCUM/CNT-SO (Confédération Nationale du Travail – Solidarité Ouvrière) pour l’accusation fantaisiste de « trouble à l'ordre public ».

Les trois militant-es sont accusé-es de trouble à l'ordre public et d'agression à l’encontre de membres de l'UNI en avril 2014 lors des élections étudiantes à Montpellier 3. Les poursuites de l’université contre ces militant-es sont intolérables. Ils et elle ont été interdit-es de présence sur le campus durant 30 jours, causant l'impossibilité de se rendre aux examens !!!! La présidence a refusé tout dialogue, toute rencontre et ne répond même pas aux courriers qui lui sont adressés. A partir de faits mineurs, la Présidente et le Vice-Président s'acharnent sur les militant-es pour leurs activités syndicales dans l’université.

Face aux provocations répétées de l'UNI (organisation de droite extrême), accompagnée de militant-es du FNJ (Front National de la Jeunesse) et de la Ligue du Midi (groupuscule violent local d'extrême-droite), la Présidence a préféré faire intervenir CRS et BAC pour les protéger, opération qui a coûté des milliers d'euros au contribuable ! Les pressions policières, des militant-es faisant le geste de la quenelle, les inultes racistes, homophobes et islamophobes,... Autant de provocations et d'agissements qui ne sont pas acceptables sur un campus d'université. Un membre de la BAC a d'ailleurs affirmé être venu pour « protéger son neveu » illustrant les magouilles et les arrangements entre forces de l'ordre et groupuscules violents. Par ailleurs, preuve que l'UNI n'est pas la bienvenue à Paul-Valéry, elle a obtenu aucun élu (30 voix sur 20 000 étudiants!) contre 4 élu-es pour les organisations signataires (plus de 400 voix) !

Ce n'est pas la première fois que la présidence de l'Université Montpellier 3 s'adonne à la répression et au flicage. Elle dispose de listes noires illégales d'étudiant-es jugé-es indésirables (recours à la CNIL), elle a également poursuivi en conseil disciplinaire - lors du mouvement en 2013/2014 contre les mesures d'austérité - des étudiant-e-s mobilisé-es sans preuve valable (le dossier n'a d'ailleurs donné aucune suite)...

Mais qui sont les « agresseurs » ?

Sont-ce celles et ceux qui se battent pour une université publique, gratuite, critique et réellement ouverte à toutes et tous qu’ils et elles soient avec ou sans papiers ? Les personnel-le-s qui subissent contrats précaires à répétition, conditions de travail et de rémunération toujours plus dégradées ? Ou celles et ceux qui orchestrent licenciements, externalisation, coupes budgétaires, suppressions de postes, de filières, privatisation et dégradent ainsi les conditions de travail, de vie et d’études de la majorité des étudiant-e-s et personnel-les et l’imposent avec la force de l'intervention policière, couverts par les groupuscules d'extrême-droite ?!

Il apparaît ainsi que l’extrême-droite et la présidence se rencontrent inévitablement quand il s’agit de réprimer les étudiant-e-s en lutte. Sous couvert d'une image contestataire, la Présidence utilise les moyens législatifs répressifs et sans dialogue qui ont servi de socle au phénomène d’hyper-présidence, de concentration des pouvoirs, dû aux réformes universitaires LRU et Fioraso, qu'ils ont pourtant publiquement dénoncés.

Ces méthodes intolérables ne se retrouvent pas qu’à Montpellier. Partout les mêmes procédés sont employés par l’Etat afin de casser les mobilisations collectives, seule issue à un système qui menace chaque jour un nombre toujours plus grand d’entre nous.

Loin de ne frapper que nos seul-e-s militant-e-s, la répression s’abat sur tou-te-s celles etceux qui relèvent la tête pour se défendre. Ainsi, à Caen, le directeur de l’hôpital a fait appel aux forces de l’ordre contre le personnel gréviste en lutte contre les suppressions de postes et les réductions budgétaires. À Amiens Nord, ce sont plusieurs syndicalistes CGT de Goodyear, en lutte contre plus de 1200 licenciements, qui ont été condamné-e-s à de la prison avec sursis, tandis que d’autres ont été placé-e-s 39 heures en garde à vue suite à une plainte pour « menaces » d’un syndicat de cadres. En Espagne, ce sont récemment plusieurs années d’emprisonnement qui ont été requises contre des salarié-e-s d’Airbus qui avaient participé à la grève générale en 2010…i

Signataires : Solidaires Etudiant-e-s Montpellier, SCUM/CNT-SO, SUD Education 34, SUD Recherche 34, Solidaires 34

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 15:11
Conférence débat le 23 mai au CAD: Maghreb : Révolution, luttes sociales et répression

Depuis 2011, les pays du Maghreb sont agités par une vague de contestation sociale sans précédente. Elle a même mené à la chute de Ben Ali en Tunisie. Trois ans après qu’en reste-t-il ? Malgré une forte répression, les luttes sont toujours vivaces au Maroc, alors qu’en Tunisie on s’achemine vers un retour à la normale sous la férule d’ Ehnahda, le parti islamiste "modéré".

Nous vous invitons à en discuter avec Mohamed Aamami, militant communiste libertaire tunisien en exil et un militant marocain du mouvement du 20 février. Ils nous feront un topo sur la situation, d’un point de vue libertaire.

Déroulement de la soirée :

18h30 : Accueil

19h : Projection d’extraits du film Dégage de Mohammed Zran

19h30 : présentation de Mohamed Aamami et d’un militant du Mouvement du 20 février marocain sur la situation au Mahgreb, suivie d’un débat.

20h30 : Fallait pas, repas et apéritif partagé, chacun amène ce qu’il veut.

Conférence débat le 23 mai au CAD: Maghreb : Révolution, luttes sociales et répression
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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 08:21

Un bon sketch du groland qui résume bien beaucoup de choses...

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 09:24

Laissera-t-on ce gouvernement au service des riches continuer de matraquer nos droits sociaux pour gaver patrons et actionnaires ? Laisserons-nous les fascistes occuper les rues et déborder des urnes ? Nous avons nos poing serrés, nous avons nos luttes et nos solidarités : il est plus que temps de reprendre l’offensive et de bâtir, dès maintenant, un avenir débarrassé du capitalisme, de son cortège d’oppressions et d’aliénations. Que, de nos millions de poumons, tonne notre révolte !

Pour les patrons, avec le gouvernement PS-EELV, c’est tous les jours Noël ! Des cadeaux, toujours des cadeaux… Les derniers en date ? 30 milliards d’exonération fiscale au profit du patronat auxquels s’ajoute la promesse de 50 milliards de réduction des dépenses à tailler dans nos services publics.

Les « pauvres » entreprises du CAC 40 devaient en avoir bien besoin, elles qui ont versé, pour la seule année 2013, la coquette somme de 43 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires.

Miam. Enfin, pas pour tout le monde ! Avec un nouveau record du chômage, des licenciements et des fermetures de boîtes toutes les semaines, l’emploi est sacrifié sur l’autel des bénéfices. Hollande, Ayrault et maintenant Valls se sont invités, réjouis, au bal du Medef. Le ticket d’entrée ? Chômage, précarité et bas salaires.

Pourtant, s’ils dansent, c’est au bord d’un volcan.

Au bord du volcan

Non contents de mener tambour battant leur politique antisociale, ils s’attaquent aux plus démunis en stigmatisant les roms. La promesse du droit de vote aux étrangers est remisée sous clé, tandis que le ministère de l’Intérieur continue la chasse aux sans-papiers.

Dopé par les manifs réactionnaires du printemps dernier, le FN se frotte les mains et voit son heure arriver. L’extrême droite a conquis quatorze mairies et le FN rêve à présent tout haut de marche au pouvoir. Les agressions fascistes et racistes qui se multiplient nous donnent un avant-goût de ces heures sombres.

Faire le choix de la rue

Pourtant, celles et ceux qui produisent les richesses, les travailleurs, les travailleuses et tous les précaires, peuvent relever la tête. Il est possible de sortir de l’attentisme et de se mobiliser : par la grève, dans nos luttes et nos résistances quotidiennes.

Mais aussi en démontrant notre force dans la rue, le 12 avril, le 1er mai.

C’est bien le choix de la rue qu’il faut faire, car nous n’avons rien à attendre d’un gouvernement dit « de gauche », quand bien même il serait « vraiment de gauche ».

Le pouvoir, c’est nous, voilà ce que les capitalistes et leurs laquais doivent comprendre. Et pour changer la société, la seule solution c’est de nous organiser par nous-mêmes.

L’heure est à la construction d’un vaste mouvement anticapitaliste et autogestionnaire, qui pose les jalons de la révolution sociale de demain. Avec le capitalisme, il n’y a pas d’arrangements : il faut rompre avec. Maintenant.

AL fédéral le 12 avril

Face au PS, carpette du patronat, tous dans la rue!
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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 09:00
Daniel Guérin, penseur du communisme libertaire

Historien engagé, socialiste révolutionnaire (marxiste et libertaire), anticolonialiste, antifasciste, antiraciste, antimilitariste, militant de l’émancipation homosexuelle… Il n’est pas aisé de résumer en quelques mots la contribution intellectuelle et militante de Daniel Guérin au mouvement révolutionnaire, telle a été la diversité de ses engagements pendant plus d’un demi siècle.

Né le 19 mai 1904, Daniel Guérin sera de tous les combats, jouant souvent un rôle de pionnier. Son Fascisme et grand capital de 1936, par exemple, rédigé sur le conseil de Simone Weil et d’autres amis antifascistes et inspiré par les travaux de Léon Trotsky, d’Andres Nin et d’Ignazio Silone, sera une des premières études scientifiques du fascisme, et reste pour beaucoup son chef-d’œuvre.

Son étude controversée de la Révolution française, La Lutte de classes sous la Première République, 1793-1797, parue en 1946, provoque un tollé parmi les historiens universitaires (et surtout communistes ou communisants) mais est pour Jean-Paul Sartre« un des seuls apports enrichissants des marxistes contemporains aux études historiques ».

Daniel Guérin est aussi un anticolonialiste de la première heure, ayant compris très tôt, après des séjours au Liban, en Syrie, à Djibouti et au Vietnam en 1927-1929, les réalités sociales du colonialisme et l’hypocrisie de la prétendue « mission civilisatrice » de la République française.

Il joue un rôle instigateur dans le mouvement de soutien aux nationalistes et révolutionnaires marocains et algériens, et figure par exemple parmi les premiers signataires du « manifeste des 121 » de 1960, qui déclare sans ambages que « la cause du peuple algérien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres ».

Quand François Mitterrand (alors ministre de l’Intérieur) déclare que « l’Algérie, c’est la France », Guérin lui répondra (à un meeting organisé par le Comité d’action des intellectuels contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord) que « l’Algérie n’a jamais été la France ».

Á l’époque où se déclenche la Guerre froide, Guérin fait également partie de la minorité d’intellectuels de gauche qui rejette l’hystérie belliciste provoquée par la guerre de Corée en refusant de s’allier à Moscou ou à Washington et en revendiquant « le droit d’attaquer le Big Business, sans pour autant cesser d’être, depuis toujours, un adversaire déclaré du régime stalinien et de la politique extérieure russe ».

Et en 1968, Guérin est parmi les premiers à reconnaître l’importance et la signification du mouvement de mai, faisant publier dans Le Monde du 8 mai, avec Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Michel Leiris et Colette Audry, une déclaration faisant appel à « tous les travailleurs et intellectuels à soutenir moralement et matériellement le mouvement de lutte engagé par les étudiants et les professeurs ».

Dans les années 1960 également, Guérin fait figure de pionnier de l’émancipation homosexuelle et il est considéré dès 1968 comme le « grand-père » du mouvement gay. Pierre Hahn, militant en vue du mouvement de libération homosexuelle et un des fondateurs du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR), dans lequel Guérin a milité aussi un temps, a écrit dans une lettre à son ami : « Plus qu’à nul autre, les homosexuels vous sont reconnaissants, et moi le premier, pour tout ce que vous avez fait en leur faveur et à une époque où le dire jetait un discrédit sur son auteur. [...] Mais ce que vous nous avez apporté de plus précieux, c’est une œuvre tout à la fois politique (dans le sens traditionnel) et sexologique : c’est La Peste brune plus Kinsey ; c’est Fourier et les textes contre le colonialisme ; c’est enfin vous-même ».

Pour une révolution totale

Figure donc sans doute unique de la gauche française de son époque. Mais il est important de souligner qu’il ne s’agissait pas pour Guérin d’engagements distincts, sans rapport les uns avec les autres. Pour Guérin, le but était une « révolution totale » qui viserait l’exploitation capitaliste et coloniale et l’aliénation de l’individu.

Interviewé en 1969 dans Le Monde, au moment de la parution de son Essai sur la révolution sexuelle après Reich et Kinsey et de son Pour un marxisme libertaire, on lui a demandé si cette simultanéité d’édition représentait une coïncidence. Il a répondu catégoriquement « non » : « Les thèmes traités sont unitaires. La critique libertaire du régime bourgeois ne va pas sans une critique des mœurs. La révolution ne peut être seulement politique. Elle doit être, en même temps, culturelle, sexuelle et transfigurer ainsi tous les visages de la vie et de la société. »

Syndicalisme et pivertisme

Ses premiers engagements l’ont conduit au Parti socialiste-SFIO, aliéné par la mentalité petite-bourgeoise de trop de ses militants, par son électoralisme et son anticommunisme foncier, et qu’il a bientôt quitté.

Après un passage chez les syndicalistes révolutionnaires regroupés autour de Pierre Monatte et de Maurice Chambelland (avec lesquels il a participé à la campagne pour la réunification du mouvement syndical), Guérin retrouve le chemin de la SFIO en 1935 et joue un rôle dirigeant dans la Gauche révolutionnaire de Marceau Pivert, puis dans le Parti ouvrier socialiste et paysan (PSOP) après 1938.

Bien que grand admirateur de Trotsky avec qui il était d’accord sur la plupart des grandes questions stratégiques, et proche des trotskystes « entristes »‚ qui s’opposaient à la direction de la SFIO et du PSOP, Guérin rejetait néanmoins la conception bolcheviste du rôle du parti : « L’organisation révolutionnaire qui a fait défaut en juin 36, ce n’était pas, je le crois, une direction autoritaire, émanant d’un groupuscule ou d’une secte mais un organisme de coordination des conseils ouvriers, issu directement des entreprises occupées. L’erreur de la Gauche révolutionnaire, ce ne fut pas tant d’avoir été incapable, dans son impréparation, de se transformer en un parti révolutionnaire du type léniniste ou trotskyste, mais de n’avoir pas su, ou pu, aider la classe elle-même à trouver, face à l’imposture du [gouvernement de] Front populaire, sa forme propre de pouvoir. »

Une gauche « divisée, ossifiée, négative, la vue bornée par d’énormes œillères »

Son expérience de la gauche française dans les années 1930 et pendant la guerre, les recherches qu’il avait effectuées sur les origines du fascisme l’ont amené à rejeter la sociale-démocratie et le stalinisme comme stratégies pour triompher sur le fascisme et pour empêcher la guerre. Elles l’ont convaincu que « l’antifascisme ne triomphera que s’il cesse de traîner à la remorque de la démocratie bourgeoise ».

Ses recherches sur les conflits de classe au sein du camp républicain sous la Première République l’ont amené à des conclusions similaires, puisqu’elles ont mis l’accent sur les conflits d’intérêt entre la bourgeoisie avancée et les « bras nus » : les interprétations bourgeoise, social-démocrate et stalinienne de la Révolution française avaient comme but, selon Guérin, de justifier l’« union nationale » et d’« enchaîner le prolétariat au char croulant de la bourgeoisie ».

La critique du " jacobinisme " marxiste

La Lutte de classes sous la Première République représente justement un tournant idéologique, et un premier pas vers une critique du marxisme classique.

Guérin confiera à Marceau Pivert dans une lettre de novembre 1947 : « Le livre est une introduction à une synthèse de l’anarchisme et du marxisme-léninisme que je voudrais écrire un jour. » Selon C.L.R. James, écrivain marxiste trinidadien et ami de Guérin, ce livre « est imprégné de l’expérience et de l’étude du plus grand événement de notre temps : l’éclosion puis la dégénérescence de la Révolution russe, et animé par un souci implicite : comment les masses révolutionnaires peuvent-elles éviter l’écueil redoutable de la bureaucratie, de la résurgence d’un nouveau pouvoir d’État oppressif et établir la démocratie directe ? »

La conception de la dictature d’un parti se substituant à la classe ouvrière, agissant par procuration en son nom, représente pour Guérin le « point central d’un mécanisme au terme duquel la démocratie directe, le self-government du peuple, se mue, graduellement, par l’instauration de la "dictature" révolutionnaire, en la reconstitution d’un appareil d’oppression du peuple ».

Pour Guérin, l’embryon de la dictature stalinienne est à trouver dans certaines conceptions de Lénine et il considère que le socialisme doit s’en débarrasser pour retrouver son « authenticité libertaire ».

Le virage libertaire

Ce tournant politique et idéologique chez Guérin représente le début d’une évolution qui sera continué par La Révolution francaise et nous (rédigé en 1944), Quand le fascisme nous devançait (1954), Jeunesse du socialisme libertaire (1959), Front populaire, révolution manquée (1963), Rosa Luxemburg et la spontanéité révolutionnaire (1971).

Dans les années 1950, comme beaucoup d’anciens trotskystes ou de trotskystes « critiques », aussi bien que d’anciennes et anciens militants de la Fédération communiste libertaire (FCL, qui disparaît en 1956 sous le coup de la répression étatique), Guérin avait appartenu, « sans trop y croire », à des formations socialistes de gauche : la Nouvelle gauche, l’Union de la gauche socialiste et, brièvement, le Parti socialiste unifié. Mais son évolution idéologique finira par l’amener à militer dans les rangs du mouvement communiste libertaire.

En 1984, Guérin repensera au voyage de 1930 en Indochine et à la petite bibliothèque qu’il avait emportée avec lui : Marx, Proudhon, Sorel, Lagardelle, Pelloutier, Lénine, Trotsky… De tous, c’est Marx dont l’effet avait été « prépondérant ». La lecture de Marx, expliqua-t-il, lui avait « dessillé les yeux, dévoilé les mystères de la plus-value capitaliste, enseigné le matérialisme historique et dialectique ».

Vingt-cinq ans plus tard, Guérin redécouvrira Bakounine, dont la lecture a eu l’effet d’une « seconde opération de la cataracte » et l’a rendu « pour toujours allergique à toute version de socialisme autoritaire, qu’il se nommât jacobin, marxiste, léniniste, trotskyste ». Cette découverte coïncide avec les événements hongrois de 1956, le XXe congrès du PCUS et la banqueroute du molletisme, et l’incite à relire les critiques de Lénine formulées par Rosa Luxemburg et à étudier la tradition conseilliste, deux influences importantes.

Pour une synthèse du marxisme et de l’anarchisme

Se disant « socialiste libertaire » dans les années 1950 avant de passer par une phase « anarchiste » dans les années 1960, dès 1968 Guérin prônait le « marxisme libertaire », étiquette qu’il remplacera peu après par « communisme libertaire » pour ne pas s’aliéner ses nouveaux camarades anarchistes.

En 1969, avec Georges Fontenis parmi d’autres, Guérin lance le Mouvement communiste libertaire (MCL), et finit par adhérer à l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL) en 1980. Il y restera jusqu’à la fin de ses jours en 1988. « La spécificté du communisme libertaire, écrit Guérin en 1984, tel que j’en esquisse les contours, est intégrationniste et non microcosmique, elle se voudrait synthèse, voire dépassement, de l’anarchisme et du meilleur de la pensée de Marx. »

Guérin était tout aussi critique de l’anarchisme « traditionnel » qu’il l’était des marxismes autoritaires et dogmatiques, et notamment de son rejet de l’organisation, de sa compréhension simpliste et manichéenne du rôle de l’État dans des sociétés modernes, industrielles, de plus en plus internationalisées.

Guérin admirait Proudhon, dans lequel il voyait le premier théoricien de l’autogestion, tout en rejetant certains aspects réactionnaires de sa pensée sur les femmes, les homosexuels… (Cf son Proudhon, oui et non). Mais il appréciait surtout Bakounine, qui pour Guérin avait beaucoup en commun avec Marx, qui représentait un anarchisme révolutionnaire ouvrier, et qui avait prévu de façon remarquable les dangers d’un communisme étatiste. Enfin, il trouvait des qualités à Max Stirner, notamment son intérêt pour la libération sexuelle et à sa détermination à attaquer les préjugés bourgeois.

Guérin s’intéressait aussi beaucoup aux idées d’un Diego Abad de Santillán sur l’autogestion économique « intégrée » et aux propositions du collectiviste belge César de Paepe sur l’organisation nationale et transnationale des services publics dans un cadre libertaire.

D’autre part, le communisme libertaire ne rejetait pas les aspects du marxisme qui semblaient à Guérin valables et utiles :
le concept de l’aliénation, compatible avec l’accent anarchiste sur la liberté individuelle ;
l’insistance avec laquelle il considérait que l’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ;
l’analyse de la société capitaliste ;
la dialectique historique matérialiste.

Guérin était convaincu qu’un communisme libertaire représentant une synthèse du meilleur du marxisme et de l’anarchisme serait beaucoup plus intéressant aux « travailleurs avancés » que « le marxisme autoritaire dégénéré ou le vieil anarchisme démodé et fossilisé ». Mais il insistait qu’il n’était pas théoricien, que le communisme libertaire n’était encore qu’une approximation et non un dogme. « La seule conviction qui m’anime, disait-il, est que la future révolution sociale ne sera ni de despotisme moscovite ni de chlorose social-démocrate, qu’elle ne sera pas autoritaire, mais libertaire et autogestionnaire, ou, si l’on veut, conseilliste. »

Par David Berry, historien (université de Loughborough)

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 08:54
Des milices fascistes dans le métro lyonnais-riposte des libertaires

Les groupuscules fascistes multiplient les milices "anti-racailles". Dernière manifestation de cette tendance puante, les Identitaires entendaient "chasser la racaille". Ils ont du battre en retraite face aux libertaires unis de l'AL, la CGA et la CNT...

Le groupuscule Génération Identitaire (anciennement Jeunesse Identitaire) est coutumier du « happening » médiatique sans lequel il ne serait pas très visible. Leur dernier coup n’est rien de moins qu’une tournée dite « de sécurisation » des transports en commun qui n’est qu’un prétexte à une propagande raciste. Le lundi 14 avril, des militantEs de la CLAF (Coordination libertaire antifasciste) ont perturbé, avec l’aide des habitantEs du quartier de la Guillotière, la pseudo action de sécurisation des identitaires lyonnais.

Pas de milice fasciste dans les transports en commun et nulle part ailleurs.

Les faits ont déjà eu lieu à Lille le 14 mars der­nier et à Lyon une pre­mière fois le 25 mars. Il est à noter que ce groupe fas­ciste n’en est pas à son coup d’essai puisqu’en juillet 2010, il pro­cé­dait à la même pro­vo­ca­tion raciste sur les berges du Rhône.

Comme toute action de ces mili­tants d’extrême droite, elle n’a pour objec­tif que d’avoir lieu une fois et face caméra si pos­si­ble, les médias ser­vant de caisse de réso­nance à une opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion qui vise à les faire connaî­tre du grand public.

À Lyon la pre­mière virée dans le métro avait été un flop en terme de venue jour­na­lis­ti­que. Mais le lundi 14 avril, les Identitaires avaient conviés la presse régio­nale quo­ti­dienne et un ’grand’ média (Canal plus) pour les suivre.

Complaisance policière avec les fascistes, tentative d’intimidation contre les antifascistes

La CLAF (coor­di­na­tion liber­taire anti­fas­ciste avec AL, CGA, CNT) a donc décidé le soir de leur « action » (ndrl lundi 14 avril) de dis­tri­buer un tract (en pièce jointe) à Bellecour rap­pe­lant qui étaient les nervis de Générations Identitaires et sur­tout les nom­breu­ses agres­sions dont ils ont été auteurs.

La police s’est char­gée de pro­té­ger les mili­tants racis­tes dans la soirée (alors même qu’ils déver­saient leur pro­pa­gande raciste dans le métro en y fai­sant la milice). Elle a par contre pro­cédé à un contrôle d’iden­tité sur des per­son­nes qui se ras­sem­blaient contre cette milice place Bellecour puis a tenté de leur arra­cher les tracts qu’elles dif­fu­saient . L’atti­tude de la police était net­te­ment plus com­plai­sante avec les mili­tants iden­ti­tai­res.

Vers 20h, l’infor­ma­tion est donnée que la milice Identitaire est dans le métro et qu’elle se dirige vers Guillotière. Les mili­tan­tEs de la CLAF ont donc décidé de les accueillir comme il se doit avec le sou­tien des habi­tan­tEs du quar­tier en scan­dant « milice fas­ciste hors du métro, milice raciste hors du métro » et « Oui à l’auto­dé­fense, non aux fachos ! ».

Les fas­cis­tes se sont alors repliés dans la rame de métro (arrêté un quart d’heure) pro­té­gés par la police natio­nale, la BAC et les agents des TCL. Le métro est resté à l’arrêt alors que les usa­gers sor­taient au fur et à mesure que nous expli­quions qui étaient cette « milice iden­ti­taire », auteu­rEs d’agres­sions racis­tes pré­ten­dant « sécu­ri­ser » le métro. Le tout sous l’œil avide des jour­na­lis­tes bien pré­sents. Ce fut donc un total échec de leur com­mu­ni­ca­tion.

On notera donc que la police natio­nale aux ordres du Parti ’socia­liste’, que les agen­tEs TCL de mes­sieurs Rivalta (Sytral) et Baverez (Keolis), que la police muni­ci­pale de Monsieur Collomb ont col­lec­ti­ve­ment concouru à pro­té­ger une milice fas­ciste dans le métro des TCL, mais on notera aussi qu’un élan popu­laire des habi­tan­tEs du quar­tier Guillotière et des usa­ge­rEs ont mis en déroute le plan de com­mu­ni­ca­tion raciste du grou­pus­cule fas­ciste Génération Identitaire .

Vidéo dis­po­ni­ble ici : http://youtu.be/8lQ­fIr­Q1RmM

Alternative Libertaire (AL) , Coordination des Groupes Anarchistes (CGA) et Confédération Nationale du Travail (CNT)

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 09:25
Bases de l'économie marxiste: la valeur

Cet article de Tantquil.net explique ce qu'est la valeur. Ce concept, qui peut sembler très abstrait explique dans une large mesure le fonctionnement du capitalisme...

Avec la crise, les analyses économiques se multiplient et l’on entend parler partout de « richesse produite », de « prix » qui augmentent ou de « coût du travail », mais très rarement de la « valeur ». Ces définitions sont souvent utilisées sans que l’on sache à quoi elles correspondent réellement. Pourtant ce concept de « valeur » est fondamental pour comprendre le fonctionnement du système capitaliste et la crise qu’il traverse actuellement.

Différence entre prix et valeur

À force de regarder un peu trop BFM TV, on pourrait se dire que si un objet a une certaine valeur et que l’on est prêt à payer un certain prix pour l’avoir, c’est parce qu’on en a besoin. En tout cas, c’est l’idée que défendent les capitalistes. Pour eux si je meurs de soif dans le désert et que je rencontre la seule personne qui a de l’eau à plusieurs kilomètres à la ronde, je suis prêt à payer très cher pour le premier verre d’eau qu’il me vend. Au fur et à mesure que ma soif s’étanchera, je serais prêt à payer de moins en moins cher pour ces verres d’eau. Cette idée, appelée « utilité marginale », est théoriquement vraie, mais n’a en réalité quasiment jamais lieu.

En effet, il nous arrive assez rarement de nous perdre dans le désert. Et lorsque cela arrive, il est encore plus rare qu’un sale chien tente de nous vendre de l’eau au prix de l’or. En général lorsque l’on a soif notre problème est plutôt de savoir ce qu’on va choisir de boire entre du Cacolac, de la Vichy Célestin ou du Sélecto.

Bien sûr, la facilité d’accès joue sur le prix que l’on va payer pour son Cacolac : il sera forcément plus cher dans une épicerie de nuit que si on l’achète à Aldi, mais il restera toujours dans la même gamme de prix. Jamais ma canette de Cacolac ne coûtera 100 € et personne ne l’achètera à ce prix-là. Si un épicier fou pense que le Cacolac n’est pas vendu à son juste prix et tente de le vendre à 100 €, soit j’irais dans une autre épicerie soit je reporterais ma soif sur une brique de Candy’Up moins chère.

On constate donc qu’il y a un socle commun qui fait qu’un produit reste dans une certaine gamme de prix. Bien qu’il puisse y avoir certaines variations dans le prix d’une marchandise, qui sont dues à de nombreux facteurs, ce prix tourne toujours autour du même axe. Cet axe c’est « la valeur » d’une marchandise. En réalité, le prix n’est qu’une forme particulière que prend cette valeur lorsqu’elle est mise en vente. Une forme où la valeur est traduite en euros ou en dollars.

C’est quoi cette valeur alors ?

Bien sûr, si une marchandise vaut quelque chose c’est également parce que l’on a un intérêt à l’utiliser. C’est avant tout pour se servir d’un bien qu’on décide de l’acheter. Mais cette « valeur d’usage » n’est pas quantifiable et n’intéresse pas le capitalisme.

En effet, difficile de savoir combien vaut le délicat et désaltérant goût chocolaté d’un Cacolac un soir d’été, et d’ailleurs le patron n’en a rien à foutre. Produire du Cacolac, des Dragibus ou du quinoa bio ne change rien du moment qu’il parvient à le vendre à un prix qui lui permet de retirer suffisamment de profit. Pour le capitalisme, seule cette « valeur d’échange » existe. Et c’est donc dans l’échange que l’on voit apparaître cette valeur. Normalement on se pose la question de savoir combien vaut une canette de Cacolac uniquement lorsque l’on veut l’acheter ou la vendre.

Sauf qu’avec le système capitaliste on est sûr de pouvoir échanger sa canette à (presque) n’importe quel moment. Même si l’on ne souhaite pas vendre sa canette de Cacolac on sait combien elle vaut. La valeur devient permanente. On ne parle plus de « valeur d’échange », mais de « valeur » tout court. Elle devient autonome de l’achat ou de la vente des marchandises1.

C’est d’ailleurs l’existence de cette « valeur » qui nous permet de regrouper des objets aussi différents qu’un kilo de riz, un Ipad Air ou un litre d’eau du robinet sous la même appellation de « marchandise », car c’est la quantité de valeur contenue dans ces biens qui permet de les comparer entre eux.

Mais si ce n’est ni l’utilité, ni la rareté, ni le principe de l’offre et de la demande qui donne cette valeur à une marchandise, d’où vient-elle ?

La source de la valeur

Les capitalistes pourraient dire que, si cette marchandise vaut tant c’est parce qu’elle leur a coûté quelque chose à produire et qu’ils perdront de l’argent s’ils la vendent moins cher. Mais regardons de plus près ce qui, pour le patron, constitue ce « coût » de production :

- Le Travail des ouvriers. Que le patron a payé, sous forme de salaire, à ses employés pour acheter leur force de travail.

- La Plus-value : La part de travail des ouvriers que le patron n’a pas payé et qu’il s’approprie pour faire son profit.

- Les Matières premières : Qui ont une valeur, mais parce qu’il a fallu qu’un certain nombre de personnes vendent leur force de travail pour les produire. Pas d’acier sans le travail du mineur extrayant du charbon et du fer, ni sans celui de l’ouvrier sidérurgiste faisant fondre l’un avec l’autre. À chacun de ces niveaux de production, divers patrons ont également récupéré une certaine plus-value.

- Les Machines et l’électricité : Qui ont également une certaine « valeur », mais parce qu’il a également fallu que des prolos vendent leur force de travail pour les fabriquer. Pas de machines sans employés pour les monter et les entretenir, ni d’électricité si personne ne fabrique et ne surveille les réacteurs des centrales nucléaires. Là aussi à chacun des niveaux de production, divers patrons ont également récupéré une certaine plus-value.

On constate que pour ce capitaliste, le « coût » de production est en réalité la somme des salaires qui ont été nécessaires pour produire une marchandise auquel il faut ajouter la somme des plus-values que les patrons récupèrent pour leurs profits2.

C’est donc en réalité l’ensemble du travail passé qui a été nécessaire pour produire les matières premières et les machines, ainsi que le boulot actuel qui les utilise pour donner une nouvelle marchandise, qui donne de la valeur à une canette de Cacolac. Enfin bref, tout ça pour confirmer la révélation tonitruante suivante : Toute la valeur vient du travail !!!

Vous allez me dire et alors, ça me fait une belle jambe. Sauf que c’est justement là d’où viens tout les problèmes du capitalisme. Il tente de faire baisser le travail nécessaire pour la production d’une marchandise car il le considère comme un « coût », alors que c’est seulement ce même travail qui peut produire la valeur nécessaire au développement du Capital. La crise actuelle en est un parfait exemple.

Dans une prochaine notion on essayera de voir comment le travail passé et réactivé par le travail présent ainsi que de définir ce qu’est cette « quantité de travail » et comment elle se transforme en « valeur ». On verra ensuite quel est le lien entre la valeur et la crise actuelle du capital à travers la notion : Qu’est ce que c’est… la crise de la valeur.

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 08:19
Le gouvernement grec main dans la main avec Aube Dorée

Voici un article de la presse bourgeoise qui revèle les liens entretenus entre la milice néo nazie Aube Dorée et le gouvernement grec...

Le secrétaire général du gouvernement d'Antonis Samaras, le premier ministre grec, a démissionné, mercredi 2 avril, sur fond de collusion supposée avec Aube dorée, après la diffusion d'une vidéo en caméra cachée le montrant discutant avec le porte-parole du parti néonazi.

Alors que le Parlement a voté mercredi la levée de l'immunité parlementaire de cinq députés d'Aube dorée, dont le porte-parole, Ilias Kassidiaris, celui-ci a distribué aux médias une vidéo où l'on voit Panayiotis Baltakos convenir avec lui que l'offensive judiciaire actuelle contre Aube dorée serait une initiative du gouvernement d'Antonis Samaras contre son parti, crédité d'environ 8 % des intentions de vote dans les sondages.

Dans sa lettre de démission, quasi immédiate, M. Baltakos dit partir « pour des raisons de sensibilité personnelle après le tintamarre provoqué par ce sujet ». Il a reconnu s'être entretenu avec Ilias Kassidiaris au Parlement, dans les jours qui ont suivi l'inculpation en octobre de plusieurs députés d'Aube dorée, après l'assassinat d'un musicien grec par un membre de ce parti :

« Les bureaux du gouvernement et d'Aube dorée sont voisins. (…) On me pressait de dire que j'avais participé à un complot contre Aube dorée, et j'ai essayé de me défendre. »

LEVÉE DE L'IMMUNITÉ PARLEMENTAIRE

Sur la vidéo, apparemment tournée clandestinement dans un bureau par M. Kassidiaris, dont on ne fait qu'entendre la voix, M. Baltakos explique que les ministres de la justice et de l'ordre public « auraient convaincu » la procureur de la Cour suprême de lancer des poursuites pénales contre des députés d'Aube dorée.

Selon M. Baltakos, ces ministres l'ont persuadé que ces députés « étaient des païens, nazis et idolâtres ». Le ministre de la justice, Charalambos Athanassiou, a aussitôt assuré dans un communiqué que « les charges contre Aube dorée n'ont d'autres motifs que judiciaires ».

Sur demande de la justice, qui enquête depuis plusieurs mois sur les violences perpétrées par Aube dorée, le Parlement grec a voté jusqu'ici la levée de l'immunité parlementaire de 14 de ses 16 députés.

Après avoir bénéficié de plusieurs années d'impunité, Aube dorée est actuellement soupçonnée de nombreuses agressions, visant principalement des étrangers, et d'au moins un autre meurtre.

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 07:12
Situation économique en Espagne: relance épisode 2

Comme on l’a vu précédemment, ça ne va pas fort dans la péninsule ibérique. Chômage à 26%, PME en berne, consommation au niveau de l’Ethiopie avant l’invention du feu, salaires dignes d’un travailleur Nike en CM1 du Pakistan et des banques qui vont de sauvetage en sauvetage… Pourtant, tout va aller pour le mieux, selon les experts. Alors, pourquoi tant d’optimisme? Voyons ce que nous disent un peu les messagers du patronat.

La réorientation

C’est le grand discours du moment : maintenant que les réformes sont passées, que les patrons ont fait des tapis de peaux avec leurs prolos, on peut retourner à l’époque où l’Espagne était compétitive. C’est une stratégie qui avait marché, après tout, après la guerre civile. Et c’est aussi avec ce brillant remède que les Pinochet and Co ont remis l’Amérique du Sud sur les rails de l’activité, dans les années 70.

Décortiquer les analyses de certains « experts » employés par de grandes banques d’affaires peut permettre de mieux comprendre ce qui risque rapidement d’arriver à la population ibérique. Ainsi selon l’expert de Natixis Patrick Arthus :

« Avec l’avantage de coût salarial par rapport à l’Allemagne, la France, l’Italie, mais aussi […] la moindre qualification de la population active, le rôle futur de l’Espagne semble devoir être le centre de production milieu de gamme pour les entreprises européennes et le marché européen. L’Espagne jouerait pour l’Europe à peu près le même rôle que la Chine pour le monde depuis la fin des années 1990. »

Vendre tout à l’exportation, maintenir les salaires au plus bas.

Du coup, des entreprises reviennent, pour profiter de cette main d’œuvre pas chère. Et comme après la guerre civile, ce sont les Ricains qui s’enthousiasment le plus : « les investisseurs semblent avoir rayé le pays de leur liste noire. « Viva España», clamait récemment Morgan Stanley… », rappellent les experts de Natixis.

Ces derniers ajoutent :

« Désormais, les ventes à l’extérieur couvrent plus de 30% du PIB. Un mouvement qui s’accompagne d’une compétitivité accrue, les salaires ayant chuté ».

On a même droit à un exemple :

« Certains fabricants, comme General Motors, sont en train de déménager leur production de la Corée du Sud vers l’Espagne. Je pense notamment à l’Opel Mokka, qui sera produite à Saragosse pour profiter des coûts moindres, en Espagne, de la logistique et de la production, qui compensent largement le coût horaire moindre d’un travailleur coréen. ».

Bien sur cette analyse « d’expert » est largement partagée par la classe politique du pays :

« Nous sommes en train de passer du BTP à un modèle basé sur la compétitivité et l’exportation », a expliqué le ministre des Affaires étrangères1.

Celui-ci ajoute dans une interview que : « la grande révolution, c’est le nombre de PME, dans tous les secteurs, qui se sont joints à cette nouvelle dynamique [de l'export, ndlr.] ». Plutôt marrant quand on voit que 47 000 PME ont été détruites ! On sent qu’elles n’ont pas trop eu le choix !

Toujours en verve il rajoute même :

« Il est certain aussi que des secteurs industriels, comme l’automobile, se repositionnent par rapport au nouveau marché du travail. » Là aussi la déclaration est comique quand on voit que l’Espagne vend deux fois moins de caisses qu’avant la crise ! (Plus de détails dans la première partie de cet article). L’Espagne veut donc devenir l’atelier de l’Europe.

Le problème, c’est que pour vendre, il faut qu’il y ait des acheteurs. Or, dans la crise qu’on connaît, rien ne nous dit qui va consommer tous ces produits. L’idée serait de refaire le coup des années 70, c’est-à-dire endetter les principaux pays consommateurs pour qu’ils puissent relancer les exportations des autres, en priant pour que tout ça ne s’effondre pas encore plus vite.

Encore faudrait-il que ce soit possible aujourd’hui, et on peut clairement en douter. Par exemple, la France, premier acheteur de l’Espagne2, est parti pour subir elle aussi la morosité des cures d’austérité. Alors à qui vendre ? Surtout que selon les analystes les plus optimistes, principalement ceux des banques espagnoles3, il faudrait une croissance de 2,5% chaque année en Espagne, pour qu’elle rejoigne les chiffres d’avant la crise… d’ici 10 ans ! Entretemps, nul doute que la population ne va pas se tourner les pouces.

L’autre problème, c’est que contrairement au passé, l’Espagne a aujourd’hui, énormément de concurrents. Forcément, à crise mondiale, conséquences mondiales…

Pour comprendre ça, il suffit de se pencher sur le « coût » horaire moyen du travail par pays : celui de l’Espagne est celui qui baisse le plus en Europe4. Le gouvernement s’arrache pour rattraper le tiers-monde en compétitivité5. Il tourne aujourd’hui autour de 20€ et des poussières par heure contre à peu près 35 en France et en Allemagne. Le problème, c’est qu’un pays comme l’Ukraine a une main d’œuvre qui coûte huit fois moins cher6. Pour la Chine c’est six fois…

Alors autant le dire, avec une telle concurrence le retour au plein emploi même en généralisant du travail presque gratuit, c’est mort.

Et les prolos dans tout ça ?

Clairement, ça ne passe pas comme dans du beurre. Car pendant que les uns parlent de « relance » de l’activité économique, les gens, eux, galèrent grave. En réalité, la « relance », c’est tout simplement la pire des austérités. Et outre que ça ne marche pas vraiment pour le moment, ça a des conséquences directes sur le marché du travail.

Par exemple, on disait que le chômage avait baissé sur le dernier mois. Eh bien, sur 65 000 emplois créés, 39 000 sont temporaires, et 13 000 à temps partiel7. Le nombre d’heures de boulot travaillées augmentent peu, c’est leur répartition qui est en cours. On va enfin pouvoir « travailler deux heures par jour », comme disait le bouquin. Mais par contre attention les salaires de misère et les cadences de travail.

Par ailleurs, le chômage a beau se « stabiliser », le FMI annonce quand même qu’il ne prévoit pas de le voir descendre sous la barre des 25% avant…2018 ((http://www.miguelangeldiez.com/2013/12/31/espana-2014/)).

Les foyers ont perdu en moyenne 2400€ sur quatre ans et 22,2% de la population est ou risque d’être sous le seuil de pauvreté.

L’écrasement des salaires, le chômage forcé, la disparition progressive de leur épargne, provoquent la grogne de la population.

Alors forcément, les gens squattent de partout. Dans tous les patelins les plus pourraves d’Espagne, s’installent chaque jour des pauvres, toujours plus loin des centres économiques, toujours plus loin d’un taf autre que de débrouille. On estime ainsi que l’économie informelle espagnole représente entre 18,5 et 25% du PIB ((http://sociedad.elpais.com/sociedad/2013/10/28/actualidad/1382994085_201499.html)), ce qui veut dire qu’une partie immense du prolétariat n’a quasiment pas droit au salaire indirect (Qu’est ce que c’est … le salaire indirect).

Parmi eux, se développent des liens économiques parallèles organisés par des gens qui croient dur comme fer qu’un autre monde est possible, tant qu’il est à la marge. Le discours général est souvent le même : « nous avons mangé notre pain blanc, maintenant nous sommes punis ». Remplaçant Dieu comme dans cet épisode de South Park8, l’économie nécessiterait, pour se relancer, que nous nous mettions au diapason, que nous devenions des « consommateurs responsables »9.

Monnaies sociales et communautés alternatives poussent comme des champignons dans une bouse par temps d’automne10.

Face à la crise, les gens se regroupent pour survivre. Les étudiants, les chômeurs, les RMI, bref, deux jeunes sur trois sont chez leurs parents à 30 ans et ces prolétaires n’ont vraiment pas les mêmes problèmes que Tanguy11 dans un pays où près de 2 millions de foyers sont sans revenus directs.

La solidarité tourne autour du logement depuis la fin du mouvement indignés, ce n’est pas par hasard mais parce que c’est le secteur dans lequel la « correction » a ses effets les plus dévastateurs. C’est là aussi que le paradoxe entre la masse de surproduction et la pénurie est le plus évident.

Si ces modes d’organisation ne portent pas les germes de la révolution, ils sont avant tout les réponses de survie d’une population toujours plus nombreuse. Ce trop-plein de prolétaires se résume dans un chiffre : depuis la crise, au moins 225 000 espagnols ont quitté le pays (700 000 selon d’autres sources12).

Le problème, c’est que les alternatives ne suffisent et qu’il n’y aura pas assez de miettes pour tous les nouveaux pauvres. En effet, il faut bien dire que devenir un pays du tiers-monde ne se fait pas sans peine. Pendant que certains vivent à la marge, la consommation s’effondre, le gros de la population voit ses conditions de vie se dégrader et a de moins en moins à perdre.

Et c’est bien cela qui inquiète le pouvoir.

Un cas dans le quotidien de la lutte : l’affaire de Burgos.

A Burgos dans le nord du pays, le maire a récemment lancé dans le quartier de Gamonal un projet gargantuesque de boulevard cyclable. Le tout pour 8 millions d’euros, dans une ville ou le chômage a quasiment triplé depuis la crise13. Forcément, ça a mis le feu aux poudres.

Les manifestations se sont multipliées, les habitants du quartier ont bloqué les travaux tous les jours… la situation a vite dégénéré.

Le maire de la ville (qui vit dans une maison luxueuse non déclarée, construite par l’entrepreneur chargé du projet de boulevard. Lequel a déjà été condamné pour un cas de corruption urbanistique et est soutenu par le principal journal local dont il est par ailleurs propriétaire… bref vous avez compris) a vite laissé le dossier au gouvernement et aux « antidisturbios » (police anti émeute).

Le problème c’est que cette petite histoire de corruption municipale, a engendré des mobilisations un peu partout. Des rassemblements de soutient ont eu lieu à Madrid, Valence, Saragosse, Alicante14 et Barcelone où les Mossos d’Esquadra (la police catalane) ont pu enfin tester leur nouvelle arme le canon à ultrasons15.

Vous l’aurez compris, si l’Etat donne autant de pouvoir aux cerbères espagnols, c’est que les prolos ne vont pas se laisser faire, et ne sont pas dupes de la relance !

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