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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 11:59

fichage.jpgLe fichier biométrique regroupant toute la population ne sera finalement pas mis en oeuvre. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas etre vigilant, un nouveau super-fichier policier a été mis en place et il y peu de perspectives que les socialistes le suppriment....

 

Nous avions été parmi les premiers, peu nombreux il est vrai (le journaliste Jean-Marc Manach, la CNIL, la LDH) à avoir tenté d’alerter nos concitoyens, en particulier via les blogs de Laurent Mucchielli, sur les nombreux problèmes et dangers soulevés par la proposition de loi « relative à la protection de l’identité ».
Définitivement adoptée par le Parlement le 6 mars 2012 (vote en dernière lecture par l’Assemblée nationale : pour, 285 voix ; contre, 173 voix), ce texte avait finalement institué une carte nationale d’identité biométrique équipée d’une puce dite « régalienne » contenant de nombreuses données personnelles relatives à son possesseur (dont deux de ses empreintes digitales) ainsi qu’un fichier dans lequel seraient enregistrées ces mêmes données (appelé « TES » - « Titres électroniques sécurisés » - et rebaptisé « fichier des gens honnêtes » par le sénateur UMP François Pillet). De plus, ce texte autorisait, sous certaines conditions, l’utilisation des empreintes digitales de chaque demandeur de ce titre inédit à des fins de police judiciaire.
Rapidement saisi par plus de 200 parlementaires socialistes, communistes et écologistes, le Conseil constitutionnel vient de rendre une décision (22 mars 2012) dont on ne peut que se réjouir puisqu’elle censure les principales dispositions de cette loi qui avaient suscité les plus vives inquiétudes en matière de fichage et de traçabilité des personnes.
En effet, rappelant que la nature singulière et l’ampleur des données biométriques collectées ainsi que les larges usages dont celles-ci peuvent faire l’objet à des fins de recherche policière (tant en matière judiciaire qu’administrative) apparaissent non seulement disproportionnés au regard des finalités officiellement avancées pour en justifier l’absolue nécessité (sécurisation des procédures de délivrance des documents titres et lutte contre la fraude documentaire) mais aussi attentatoires au respect de la vie privée (article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789), cette institution invalide l’article 5 de la loi ayant créé un fichier biométrique centralisé de la population et son article 10 qui déterminait les modalités d’exploitation des données personnelles enregistrées dans ce même fichier par les services de police et de gendarmerie nationales.
Le Conseil constitutionnel censure aussi l’article 3 de la loi relatif à la seconde puce facultative contenue dans la carte nationale d’identité biométrique en vue de permettre une identification de son porteur dans le cadre des réseaux de communications électroniques. À ses yeux, le « législateur a méconnu l'étendue de sa compétence » en raison du caractère très vague de la formulation de cet article qui ne précise pas notamment la nature des données pouvant être mobilisées à cette fin, les modalités de leur protection et la manière dont il sera possible de s’en servir pour authentifier certains individus qui, comme les mineurs, sont susceptibles de recourir à cette fonction spécifique.

 

Pierre PIAZZA
Maître de Conférences en Science politique
Université de Cergy-Pontoise

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 09:12

italie-naples.jpgLa colère monte en Italie. Des cocktails Molotov ont été lancés, dans la nuit de vendredi 11 à samedi 12 mai, contre un bureau de l’agence italienne de collecte d’impôt Equitalia, dans la ville portuaire de Livourne (centre de l’Italie). Selon l’agence de presse italienne Ansa, les bombes artisanales ont endommagé la façade du bâtiment. La police n’a fourni aucun détail supplémentaire.

 

Désarroi, suicides et violents heurts

Depuis quelques jours, la colère monte en Italie et se cristallise autour des mesures prises par le gouvernement de Mario Monti. Le président du Conseil italien a décidé d’augmenter les impôts pour réduire son déficit budgétaire. Une décision qui a entraîné le suicide de plusieurs salariés et petits patrons, soumis à une fiscalité de plus en plus lourde.

C’est pour cette raison que des heurts entre contribuables et policiers ont éclaté, vendredi, devant plusieurs agences du Trésor public, et notamment à Naples. Les manifestants napolitains ont protesté contre le refus d’Equitalia de fermer ses locaux en signe de deuil pour le suicide de contribuables qui venaient de recevoir des avis de recouvrement, selon eux.

La tension est vite montée comme vous pouvez le voir dans cette vidéo.

Le même jour, deux inspecteurs d’Equitalia ont également été agressés à Milan par un entrepreneur du bâtiment.

Dans le viseur de certains anarchistes

L’agence italienne est aussi visée par des groupes anarchistes, depuis quelques mois. Ces derniers ont envoyé des lettres piégées à Equitalia. Vendredi, un colis suspect contenant une poudre blanche, mais pas de détonateur, a été reçu par l’antenne romaine.

En décembre, le directeur général d’Equitalia avait été blessé au doigt par une lettre piégée. En janvier, trois engins explosifs avaient sauté devant une succursale de l’entreprise à Naples.

Presse bourgeoise – FranceTVi (avec AFP et Reuters), 12/05/2012 

Italie: inspecteurs des impôts agressés à Milan, incidents à Naples et Rome

ROME – Deux inspecteurs de l’agence italienne de collecte des impôts, Equitalia, ont été agressés vendredi à Milan tandis que des échauffourées ont éclaté lors d’une manifestation à Naples devant des bureaux Equitalia, dont un bureau à Rome a reçu un faux colis piégé.

A Milan, un entrepreneur du bâtiment s’en est pris à coups de poing à deux inspecteurs qui se trouvaient dans les bureaux d’un conseiller fiscal à Melegnano en Lombardie.

Presque au même moment à Naples, deux agents de police ont été blessés lors d’affrontements devant des bureaux d’Equitalia où une manifestation non autorisée régulièrement avait été organisée.

Les manifestants ont protesté contre le refus d’Equitalia de fermer ses locaux en signe de deuil pour le suicide de contribuables qui venaient, selon eux, de recevoir des avis de recouvrement.

Ils ont lancé des oeufs et de la peinture rouge sur la façade de l’agence de collecte des impôts qui a abaissé ses rideaux de fer et interrompu la réception du public. Les policiers ont été blessés en refoulant les manifestants qui ont annoncé un autre rassemblement pour le 18 mai.

A Rome, un faux colis piégé contenant de la poudre pyrique (de feux d’artifices et d’explosifs) mais sans amorce a été découvert devant la direction générale d’Equitalia. Le parquet de la capitale italienne a ouvert une enquête. En décembre, un groupe anarchiste avait envoyé un colis piégé au patron d’Equitalia, le blessant aux yeux et aux mains.

Avec la crise économique, beaucoup de salariés perdent leur travail et les faillites augmentent dans un contexte de pression fiscale très forte. Plusieurs dirigeants de PME se sont suicidés de façon spectaculaire ces dernières semaines.

Chargé de collecter les impôts et les charges sociales, l’organisme public Equitalia est impopulaire en Italie. Des citoyens ont manifesté dans le passé devant ses agences, l’accusant de commettre des erreurs alors que l’évasion fiscale est très répandue dans le pays.

Le gouvernement de Mario Monti a placé aux premiers rangs de ses priorités la lutte contre l’évasion fiscale. Le fisc a procédé au recouvrement de 12,7 milliards d’euros en 2011, enregistrant une hausse de 15,5% sur un an.

La semaine dernière, un homme avait pris en otages des employés d’Equitalia à Bergame (nord). Cet homme, qui avait menacé de se suicider, voulait attirer l’attention sur le problème de l’endettement des ménages.

Le chômage a atteint un niveau record à 9,3% en février en Italie.

Presse bourgeoise – AFP , 11/05/2012 18h17 

Colis suspect reçu au Trésor public à Rome 

ROME, 11 mai (Reuters) – Un colis suspect contenant une poudre blanche mais pas de détonateur a été reçu pour les services du Trésor public italien vendredi à Rome.

Cet envoi a coïncidé avec des heurts devant des perceptions impliquant des contribuables mécontents de la politique fiscale du gouvernement de Mario Monti.

Le paquet a été remis aux bureaux romains d’Equitalia, entreprise publique chargée de la perception des impôts et des contraventions en Italie. La police a ouvert une enquête.

En décembre, le directeur général d’Equitalia avait été blessé au doigt par une lettre piégée. En janvier, trois engins explosifs avaient sauté devant une succursale de l’entreprise à Naples.

Le président du Conseil, Mario Monti, a exprimé sa solidarité avec les agents du fisc et doit rencontrer la direction d’Equitalia.

L’entreprise est de plus en plus souvent la cible du mécontentement de contribuables alors que la politique de rigueur imposée par la crise touche les petits commerçants.

Des incidents ont été signalés à Naples où des étudiants, des syndicalistes et des militants de gauche ont lancé des bouteilles, des oeufs et des pétards contre la perception après avoir bloqué la rue à l’aide de poubelles.

A Melegano, près de Milan, deux inspecteurs d’Equitalia ont été agressés par un homme d’affaires lors d’un contrôle fiscal.

La semaine passée, un entrepreneur de 54 ans avait pris en otage un responsable de l’entreprise sous la menace d’une arme à feu avant de se rendre à la police quelques heures plus tard.

Des inquiétudes s’expriment dans le pays face aux risques de manifestations violentes. Des cas de suicides sont largement médiatisés. Le dernier en date est celui d’un plombier sicilien qui s’est immolé vendredi.

Certaines victimes ont expliqué leur geste par l’incapacité dans laquelle elles se trouvaient d’acquitter leurs impôts après les hausses imposées par le gouvernement l’an passé pour réduire les déficits publics.

Presse bourgeoise – Reuters (Antonella Cinelli, Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser), 11/05/2012

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 12:28
 

alain-finkielkraut.jpgUn article d'Alain Badiou sur le racisme social des intellectuels...

 

L'importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend. On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d'en bas, des provinciaux égarés, des ouvriers, des sous-éduqués, effrayée par la mondialisation, le recul du pouvoir d'achat, la déstructuration des territoires, la présence à leurs portes d'étranges étrangers, veut se replier sur le nationalisme et la xénophobie.

C'est déjà du reste cette France "retardataire" qu'on accusait d'avoir voté non au référendum sur le projet de Constitution européenne. On l'opposait aux classes moyennes urbaines éduquées et modernes, qui font tout le sel social de notre démocratie bien tempérée.

Disons que cette France d'en bas est quand même, en la circonstance, le baudet de la fable, le pelé et le galeux "populiste" d'où nous vient tout le mal lepéniste. Etrange, au demeurant, cette hargne politico-médiatique contre le "populisme". Le pouvoir démocratique, dont nous sommes si fiers, serait-il allergique à ce qu'on se soucie du peuple ? C'est l'avis dudit peuple, en tout cas, et de plus en plus. A la question "les responsables politiques se préoccupent-ils de ce que pensent les gens comme vous ?", la réponse entièrement négative "pas du tout" est passée de 15 % de l'ensemble en 1978 à 42 % en 2010 ! Quant au total des réponses positives ("beaucoup" ou "assez"), il est passé de 35 % à 17 % (on se reportera, pour cette indication statistique et d'autres d'un très grand intérêt, au numéro hors série de la revue La Pensée titré "Le peuple, la crise et la politique" et réalisé par Guy Michelat et Michel Simon). La relation entre le peuple et l'Etat n'est pas faite de confiance, c'est le moins qu'on puisse dire.

Faut-il conclure que notre Etat n'a pas le peuple qu'il mérite, et que le sombre vote lepéniste atteste cette insuffisance populaire ? Il faudrait alors, pour renforcer la démocratie, changer le peuple, comme le proposait ironiquement Brecht...

Ma thèse est plutôt que deux autres grands coupables doivent être mis en avant : les responsables successifs du pouvoir d'Etat, de gauche comme de droite, et un ensemble non négligeable d'intellectuels.

En définitive, ce ne sont pas les pauvres de nos provinces qui ont décidé de limiter autant que faire se peut le droit élémentaire d'un ouvrier de ce pays, quelle que soit sa nationalité d'origine, de vivre ici avec sa femme et ses enfants. C'est une ministre socialiste, et tous ceux de droite ensuite qui se sont engouffrés dans la brèche. Ce n'est pas une campagnarde sous-éduquée qui a proclamé en 1983, que les grévistes de Renault - en effet majoritairement algériens ou marocains - étaient des "travailleurs immigrés (...)agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises".

C'est un premier ministre socialiste, bien entendu à la grande joie de ses "ennemis" de la droite. Qui a eu la bonne idée de déclarer que Le Pen posait les vrais problèmes ? Un militant alsacien du Front national ? Non, c'est un premier ministre de François Mitterrand. Ce ne sont pas des sous-développés de l'intérieur qui ont créé les centres de rétention pour y emprisonner, hors de tout droit réel, ceux qu'on privait par ailleurs de la possibilité d'acquérir les papiers légaux de leur présence.

Ce ne sont pas non plus des banlieusards excédés qui ont ordonné, partout dans le monde, qu'on ne délivre aux gens des visas pour la France qu'au compte-gouttes, pendant qu'on fixait ici même des quotas d'expulsions que devait à tout prix réaliser la police. La succession des lois restrictives, attaquant, sous prétexte d'étrangeté, la liberté et l'égalité de millions de gens qui vivent et travaillent ici, n'est pas l'oeuvre de "populistes" déchaînés.

A la manoeuvre de ces forfaits légaux, on trouve l'Etat, tout simplement. On trouve tous les gouvernements successifs, dès François Mitterrand, et sans répit par la suite. En la matière, et ce ne sont que deux exemples, le socialiste Lionel Jospin a fait savoir dès son arrivée au pouvoir qu'il n'était pas question d'abolir les lois xénophobes de Charles Pasqua ; le socialiste François Hollande fait savoir qu'on ne décidera pas les régularisations de sans-papiers autrement sous sa présidence que sous celle de Nicolas Sarkozy. La continuité dans cette direction ne fait aucun doute. C'est cet encouragement obstiné de l'Etat dans la vilenie qui façonne l'opinion réactive et racialiste, et non l'inverse.

Je ne crois pas être suspect d'ignorer que Nicolas Sarkozy et sa clique ont été constamment sur la brèche du racisme culturel, levant haut le drapeau de la "supériorité" de notre chère civilisation occidentale et faisant voter une interminable succession de lois discriminatoires dont la scélératesse nous consterne.

Mais enfin, nous ne voyons pas que la gauche se soit levée pour s'y opposer avec la force que demandait un pareil acharnement réactionnaire. Elle a même bien souvent fait savoir qu'elle "comprenait" cette demande de "sécurité", et a voté sans état d'âme des décisions persécutoires flagrantes, comme celles qui visent à expulser de l'espace public telle ou telle femme sous le prétexte qu'elle se couvre les cheveux ou enveloppe son corps.

Ses candidats annoncent partout qu'ils mèneront une lutte sans merci, non tant contre les prévarications capitalistes et la dictature des budgets ascétiques que contre les ouvriers sans papiers et les mineurs récidivistes, surtout s'ils sont noirs ou arabes. Dans ce domaine, droite et gauche confondues ont piétiné tout principe. Ce fut et c'est, pour ceux qu'on prive de papiers, non l'Etat de droit, mais l'Etat d'exception, l'Etat de non-droit. Ce sont eux qui sont en état d'insécurité, et non les nationaux nantis. S'il fallait, ce qu'à Dieu ne plaise, se résigner à expulser des gens, il serait préférable qu'on choisisse nos gouvernants plutôt que les très respectables ouvriers marocains ou maliens.

Et derrière tout cela, de longue date, depuis plus de vingt ans, qui trouve-t-on ? Qui sont les glorieux inventeurs du "péril islamique", en passe selon eux de désintégrer notre belle société occidentale et française ? Sinon des intellectuels, qui consacrent à cette tâche infâme des éditoriaux enflammés, des livres retors, des "enquêtes sociologiques" truquées ? Est-ce un groupe de retraités provinciaux et d'ouvriers des petites villes désindustrialisées qui a monté patiemment toute cette affaire du "conflit des civilisations", de la défense du "pacte républicain", des menaces sur notre magnifique "laïcité", du "féminisme" outragé par la vie quotidienne des dames arabes ?

N'est-il pas fâcheux qu'on cherche des responsables uniquement du côté de la droite extrême - qui en effet tire les marrons du feu - sans jamais mettre à nu la responsabilité écrasante de ceux, bien souvent - disaient-ils - "de gauche", et plus souvent professeurs de "philosophie" que caissières de supermarché, qui ont passionnément soutenu que les Arabes et les Noirs, notamment les jeunes, corrompaient notre système éducatif, pervertissaient nos banlieues, offensaient nos libertés et outrageaient nos femmes ? Ou qu'ils étaient "trop nombreux" dans nos équipes de foot ? Exactement comme on disait naguère des juifs et des "métèques" que par eux la France éternelle était menacée de mort.

Il y a eu, certes, l'apparition de groupuscules fascistes se réclamant de l'islam. Mais il y a tout aussi bien eu des mouvements fascistes se réclamant de l'Occident et du Christ-roi. Cela n'empêche aucun intellectuel islamophobe de vanter à tout bout de champ notre supérieure identité "occidentale" et de parvenir à loger nos admirables "racines chrétiennes" dans le culte d'une laïcité dont Marine Le Pen, devenue une des plus acharnées pratiquantes de ce culte, révèle enfin de quel bois politique il se chauffe.

En vérité, ce sont des intellectuels qui ont inventé la violence antipopulaire, singulièrement dirigée contre les jeunes des grandes villes, qui est le vrai secret de l'islamophobie. Et ce sont les gouvernements, incapables de bâtir une société de paix civile et de justice, qui ont livré les étrangers, et d'abord les ouvriers arabes et leurs familles, en pâture à des clientèles électorales désorientées et craintives. Comme toujours, l'idée, fût-elle criminelle, précède le pouvoir, qui à son tour façonne l'opinion dont il a besoin. L'intellectuel, fût-il déplorable, précède le ministre, qui construit ses suiveurs.

Le livre, fût-il à jeter, vient avant l'image propagandiste, laquelle égare au lieu d'instruire. Et trente ans de patients efforts dans l'écriture, l'invective et la compétition électorale sans idée trouvent leur sinistre récompense dans les consciences fatiguées comme dans le vote moutonnier.

Honte aux gouvernements successifs, qui ont tous rivalisé sur les thèmes conjoints de la sécurité et du "problème immigré", pour que ne soit pas trop visible qu'ils servaient avant tout les intérêts de l'oligarchie économique ! Honte aux intellectuels du néo-racialisme et du nationalisme bouché, qui ont patiemment recouvert le vide laissé dans le peuple par la provisoire éclipse de l'hypothèse communiste d'un manteau d'inepties sur le péril islamique et la ruine de nos "valeurs" !

Ce sont eux qui doivent aujourd'hui rendre des comptes sur l'ascension d'un fascisme rampant dont ils ont encouragé sans relâche le développement mental

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 11:32

black-bloc.jpegLes groupes anarchistes surveillés de près Des spécialistes du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) surveillent de très près ce qu’ils appellent eux-mêmes le « printemps québécois », selon ce qu’a appris TVA Nouvelles. Alors que plus de 180 manifestations ont eu lieu à Montréal au cours des dernières semaines et que 30 % d’entre elles se terminent par des actes illégaux et des blessés, selon le SPVM, le SCRS aurait à l’œil certains groupes d’anarchistes et des militants plus extrémistes qui prennent part à ces rassemblements. Selon des sources bien informées, des agents du SCRS étaient présents lors de l’émeute de vendredi à Victoriaville afin de recueillir des informations et identifier des individus qui pourraient représenter une menace à la sécurité nationale. « On a réellement eu affaire à un groupe très bien organisé, qui s’était très bien préparé et qui avait un plan bien précis », a souligné l’ex-directeur des services d’urgence de la Sûreté du Québec, Maurice Bezombes. Marc-André Cyr, historien des mouvements sociaux, a pour sa part indiqué que « dans 99 % des cas, c’est les policiers qui ont le rapport de force […] il ne faut pas oublier que ce sont eux qui sont armés, entraînés et protégés ». M. Cyr a toutefois souligné que les manifestants ont eu le dessus sur les policiers à deux reprises et pendant un bref instant, soit lors du salon Plan Nord et à Victoriaville. Des groupes ciblés Parmi les groupes ciblés par le SCRS, certains plus connus tels que le Black Block, mais également des membres de la Convergence des luttes anti-capitalistes (CLAC), le Parti communiste révolutionnaire (PCR), l’Union communiste libertaire (UCL) et le Réseau de résistance du Québécois (RRQ). Ainsi, il y a une importante distinction à faire entre les étudiants en grève et des groupes politiques et anarchistes qui sont ciblés par ses agents. L’ancien directeur du SCRS, Michel Juneau-Katsuya, a mentionné à TVA Nouvelles que des groupes de terroristes canadiens ont fait exploser 30 bombes, dont 20 par convictions politiques depuis 2001. En parallèle, durant la même période, aucune attaque à la bombe n’a été enregistrée sur le territoire canadien de la part de groupes terroristes provenant d’autres pays.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 11:50

Frontpopulaire.jpg Nicolas Sarkozy a été battu et va maintenant pouvoir aller se reconvertir chez Bouygues ou chez un autre de ses amis du Fouquet’s. Vu les cinq années de casse sociale que nous venons de subir et vu la campagne d’extrême-droite qu’a menée l’UMP durant ces dernières semaines, nous ne pouvons que nous réjouir d’avoir échappé à un nouveau mandat du président sortant. Mais si la défaite du fossoyeur des droits sociaux apparaît comme un soulagement pour le camp du travail, nous sommes encore loin du vrai changement et le temps des cerises n’est certainement pas pour demain. Il y a d’abord eu les appels du pied au FN durant l’entre-deux tours. Pierre Moscovici, directeur de campagne de F. Hollande et, par ailleurs, vice-président du lobby patronal Le Cercle de l’industrie, a ainsi annoncé qu’il comptait « combattre fermement l’immigration illégale ». Les propos de F. Hollande sur l’immigration lors du débat télévisé du 2 mai étaient également plus qu’ambigus. Ensuite, la posture « anti-austérité » des socialistes ces dernières semaines ne doit pas faire oublier qu’en novembre dernier Hollande voulait « donner du sens à la rigueur » et qu’il n’a pris quasiment aucun engagement sérieusement en faveur des travailleurs et des travailleuses : rien sur la retraite pleine et entière à 60 ans, rien sur les privatisations, rien sur les licenciements etc. il s’est d’ailleurs bien gardé de promettre quoi que ce soit après l’annonce des résultats, préférant évoquer des thèmes fédérateurs qui ne mangent pas de pain : la justice et la jeunesse. La période qui s’ouvre avec l’élection de F. Hollande appelle donc à la plus grande lucidité sur la politique qu’il va mener, afin d’éviter toute désillusion. Il y a bien longtemps que le Parti Socialiste est entièrement converti au libéralisme et ne propose plus que de le modérer. A l’heure des premiers choix, il y a donc fort à parier que le nouveau pouvoir préservera sans état d’âme les intérêts des capitalistes plutôt que de défendre les droits des travailleuses et des travailleurs. Si nous ne voulons pas de l’austérité qui s’annonce et si nous ne voulons plus de ce monde qui tourne à l’envers, il va donc falloir dès maintenant organiser la résistance et nous tenir prêt-es à riposter quand les promesses électorales feront place aux mesures de rigueur. Le 2e tour est passé et c’est à présent le 3e tour social qu’il faut imposer. Alternative Libertaire, le 7 mai 2012 A très bientôt dans la rue et dans les luttes !

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 11:57

A l'heure de l'election du Papandréou Français, un article de zones subversives qui remet en perspective ce que sont réellement les élections dans notre système...

 

 

alternance

 

Alors que les élections présidentielles s’organisent, il semble indispensable de réfléchir sur les limites de la démocratie, et sur les moyens de l’abattre.

 

« Les enfants croient au Père Noël, les adultes votent », Pierre Desproges: c’est sur cette exergue humoristique que s’ouvre le texte de Léon de Mattis consacré aux élections et, plus largement, à la démocratie. Dans son livre au titre percutant, Mort à la démocratie, il souligne les limites et la vacuité du formalisme démocratique. La logique de représentation et de délégation organise la passivité. Seuls les mouvements de révoltes brisent le ronronnement quotidien de la domination, pour permettre de réellement transformer le monde.

 

 

galaxie-valls2


Dans les arcanes du Parti socialiste

 

Le premier texte offre un témoignage subjectif de la vie politique au Parti Socialiste à la fin des années 1980, dans une section parisienne. Alors que ce parti s'apprête à reprendre le pouvoir sous fond de rejet du sarkozisme et de ses "affaires", il semble intéressant de rappeller la réalité du PS, véritable pépinière de bureaucrates. Social-démocrate à l’ancienne, l’auteur s’immerge dans une section de rocardiens et autres modernistes libéraux. Il décrit la sociologie des militants socialistes, cadres dans la pub ou dans diverses entreprises, et souvent passés par des cabinets ministériels. A l’image des autres socialistes, il semble coupé des mobilisations sociales. En 1986, il participe aux manifestations contre la loi Devaquet, mais il ne comprend pas les tracts qui soulignent les limites de cette lutte. « Je n’arrive pas à imaginer une autre solution que la conquête du pouvoir par des voix démocratiques » témoigne Léon de Mattis. 

Le récit est émaillé de dialogues parfois savoureux. Le récit de l’ascension de Manuel, au détriment d’Alain B., restitue l’ambition politicienne des deux ténors actuels de l’idéologie sécuritaire. « On l’a choisit parce que c’était vraiment le petit jeune qui en veut. Dans les universités d’été, il s’arrangeait toujours pour être pris en photo à côté de Rocard » décrit Claire pour évoquer Manuel.

Léon de Mattis décrit également la bataille interne pour s’imposer pour les élections municipales. Le PS inscrit tous les jeunes sur les listes, évidemment en position de non éligibles, pour se donner une bonne image. Pourtant, Léon ne considère pas les politiciens de haut vol comme antipathiques. « Ils sont finalement plus honnêtes parce qu’ils savent faire sentir, en même temps que la manœuvre, la nécessité de manœuvrer », souligne l’auteur. Loin de toute forme d’indignation sur les dérives de la politique, ce récit décrit le fonctionnement normal de la démocratie qui comporte inéluctablement sa part de « magouilles » et de carriérisme.

 

 

mattis

 

La soumission démocratique

 

Léon de Mattis dénonce le système d’élection du président, à partir de l’exemple des élections américaines en 2000 qui opposent Bush à Al Gore. Le candidat élu n’est pas celui qui recueille le plus de voix. Il évoque ensuite l’abstention en France, entre ceux qui ne vont pas voter et ceux qui ne sont même pas inscrits. L’élection ne représente donc pas l’expression d’une volonté populaire. Surtout, le vote permet de légitimer le système démocratique. Il évoque les élections en 2002, avec la dénonciation de l'abstention et le vote Chirac pour s’opposer à Le Pen. « Il semblerait plutôt que seuls ceux qui se sont abstenus au deuxième tour de la présidentielle peuvent aujourd’hui se dédouaner de la responsabilité de la chasse à l’enfant sans papiers que Sarkozy a déclenché dans les écoles, les collèges, les lycées. Bien plus que l’abstention, c’est le vote qui fait du citoyen le complice des infamies du pouvoir » estime Léon de Mattis. 

Mais il insiste surtout sur l’inutilité du vote pour changer la société et raille les initiatives de starlettes qui se mobilisent pour la participation électorale dans les quartiers populaires. « Pourtant, ce qui fait que les discriminations existent n’est pas quelque chose que le vote ou le système politique a la possibilité d’abolir: tout simplement parce que c’est un effet de ce même système. C’est bien ce quotidien fait d’humiliation et d’écrasement qui rend visible faux tout les principes de l’intégration citoyenne » estime Léon de Mattis.

 

 Un bulletin dans l'urne Couleur

 

L’action directe contre le légalisme

 

Le vote, par son inutilité, n’apparaît pas comme un enjeu central et décisif. Pire, il permet de justifier et de légitimer l’ordre existant. « Le vote n’est pas une manière de s’exprimer. Le vote n’est pas une manière de donner son opinion. Le vote est, par excellence, le moyen de faire fermer sa gueule à ceux qui ont des choses à dire. C’est même l’argument le plus commun de ceux qui veulent que surtout rien ne change. Cette loi a été votée. Ce gouvernement a été élu » analyse Léon de Mattis. Il devient ainsi illégal et illégitime de lutter, de faire grève, d’occuper, de bloquer. Mais les représentants élus ne représentent qu’eux même et leurs intérêts de classe. « Ceux là même qui veulent nous interdire d’agir au nom du résultat des élections ne représentent rien ni personne, si ce n’est le pouvoir que l’État leur attribue dans l’intérêt de sa conservation » explique Léon de Mattis. Il remet en cause le principe même de représentation qui impose une inégalité entre les représentants qui peuvent s’exprimer et les représentés qui doivent subir les décisions prises sans eux. « Tout le monde a une capacité égale à s’exprimer et personne n’a la légitimité pour discourir tandis que d’autres devraient se taire » souligne Léon de Mattis.

Mais il critique également le démocratisme et la logique de représentation qui s’impose dans les luttes sociales, avec ses porte-parole, ses petits chefs, ses syndicalistes et ses bureaucrates. Le syndicat permet d’intégrer le prolétariat dans la société capitaliste à travers des aménagements pour contenir la colère des exploités. « Le patronat et l’État se cherchent toujours des interlocuteurs « responsables » pour représenter ceux qui luttent contre eux: ils savent que c’est le meilleur moyen d’en stériliser la puissance potentielle » explique Léon de Mattis. Mais, malgré la méfiance à l’égard des syndicalistes, des dispositifs comme la « démocratie directe » peuvent comporter des limites. Les assemblées générales étudiantes acceptent les étudiants opposés à la lutte mais rejettent les non étudiants qui sont concernés par le mouvement. « Par la vertu des procédures démocratiques, le mouvement perdait sa puissance rebelle et se retrouvait pieds et poings liés entre les mains de ses détracteurs: ainsi le vote jouait-il pleinement son rôle, celui d’être l’organisation sociale de la passivité » souligne Léon de Mattis. Ses assemblées passent leur temps à voter des revendications inutiles et ceux qui luttent n’ont d’autre argument à opposer aux anti-bloqueurs que celui de la légitimité du blocage puisqu’il a été voté. « Il n’y a aucune permission à demander avant de s’opposer en actes aux décrets du pouvoir qui nous oppresse. La sédition n’a pas besoin de se justifier. Elle est en elle-même sa propre justification » souligne Léon de Mattis. A l’acte passif du vote, il oppose l’engagement réel de la révolte. 

 

 

mouvement social

 

L’oppression de l’État

 

Les théories de l’État, du contrat social et de la démocratie reposent sur le constat faussé d’une nature humaine supposée bonne ou mauvaise. « Il n’y a que des formes sociales plus ou moins oppressantes ou plus ou moins libres selon la nature des dispositifs sur lesquels elles reposent » explique au contraire Léon de Mattis. 

Une analyse en termes de classes sociales permet de comprendre l’État qui apparaît comme la forme d’un rapport de force social. Cette domination découle d’un rapport de classe et du capitalisme. « Dans ce rapport, il y a un pôle dominant, qui est la classe capitaliste, et un pôle dominé, les classes exploitées. La démocratie, en tant que régime particulier de l’État, n’est rien d’autre qu’une des modalités possibles de la mise en forme de la domination capitaliste » explique Léon de Mattis. L’État, loin d’être neutre, n’est pas un arbitre impartial des conflits sociaux. L’apologie des services publics et du recours à l’État par la gauche de gauche  permet alors d’améliorer le fonctionnement du capital, mais pas d’abolir l’exploitation et la domination. 

La démocratie apparaît comme une forme de l’État pour permettre la domination du capital, la dictature en est une autre. Avec la torture ou différentes formes d’état d’exception, la démocratie peut également utiliser les pratiques des régimes autoritaires lorsque l’État et ses intérêts semblent menacés. « Un monde libéré des contraintes de l’argent et de l’État, un monde sans exploitation et sans domination ne serait en rien une « démocratie » » souligne Léon de Mattis.

Contre la démocratie, il préfère les révoltes, les émeutes et les mouvements sociaux radicaux. Transformer le monde semble la seule issue, à partir des pistes de libération qui existent déjà. « Les expériences de discussions ou d’actions collectives anti-démocratiques, anti-hiérarchiques et anti-autoritaires existent déjà, et leurs formes ne cessent d’évoluer au gré des évènements et des choix collectifs » souligne Léon de Mattis. 

 

Source: Léon de Mattis, Mort à la démocratie, L’Altiplano, 2007

 

Articles liés:

Réflexions sur le vote et les élections

Congédier la gauche (de gauche)

Rubrique "Actualité des luttes"

Rubrique "Histoire des luttes"

 

Pour aller plus loin:

Des informations sur le livre Mort à la démocratie sur le site de l'éditeur L'Altiplano

Des interventions radio de Léon de Mattis sur le site Anarsonore

Léon de Mattis, "Démocrature", journal Et alors ? n°5

Léon de Mattis, "Etat et terrorisme", 21 juillet 2008

Jean-Pierre Garnier, "Les didons de la farce électorale", 26 avril 2012


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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 12:23
Bastille_2007.jpgRetour sur le troisième tour dans la rue à l'heure du deuxième tour qui s'annonce..

Rappellez-vous, 53%, la visage de Sarko qui s’affiche sur nos écrans, et qui promettait déjà cinq ans d’inégalités, de xénophobie d’Etat, de répression.
Rappellez-vous aussi, des milliers place Bellecour, quelques heures seulement après l’annonce des résultats, les CRS lâchés contre la rue en colère.
Premier président de la Ve république dont l’élection provoquera de telles scènes d’émeutes, l’arrivée de Sarkozy au pouvoir aura été l’occasion à Lyon de reprendre la rue, quelques soirs, quelques heures, un barroud d’honneur et de révolte
Petit retour sur quelques soirées embrasées, dans les archives de Rebellyon.info

Quelques jours avant le deuxième tour, les appels à un troi­sième tour « dans la rue » fleu­ris­saient déjà sur rebel­lyon.info. Quelques heures après l’annonce des résul­tats,

A 21 h, on cher­­chait encore le lieu d’un hypo­­thé­­ti­­que ras­­sem­­ble­­ment, annoncé nulle part et qui avait cir­­culé par le bouche à oreille. Place des Terreaux 20 per­­son­­nes, on part vers la place Bellecour sans trop d’espoir. Nous rejoi­­gnons en chemin mille ou deux mille per­­son­­nes qui font le chemin inverse, via la rue de la Ré. La classe.

lire la suite : Émeutes à Lyon au soir de l’élection de Sarkozy

 

 


 

 

Une autre petite vidéo est dis­po­ni­ble sur le site de LyonCapitale (le com­men­taire vaut le détour) : Les manifs anti-sarko dégé­nè­rent

- Quelques photos prises dans le centre de Lyon le lundi 7 mai vers 3h00 du matin, après la grosse manif’ spon­ta­née post-élection de Sarkozy... La colère gronde, la révolte tra­vaille.

- Le len­de­main lundi 7 mai, beau­coup n’avaient pas encore renoncé, et la rue repre­nait quel­ques heures l’ini­tia­tive : Lundi soir 7 mai à Lyon, manif sau­vage et affron­te­ments

L’émission RocKnRouL, sur RadioCanut, pro­po­sait dès le 8 mai un petit retour sono­res sur ces soi­rées de révolte.

RocKnRouL 8 mai (1/2)
RocKnRouL 8 mai (2/2)

Un arti­cle de Rebellyon cen­tra­li­sait les infor­ma­tions dès le 10 mai :

Même s’ils cou­­pent toutes les fleurs, ils n’empê­­che­­ront pas l’arri­­vée du prin­­temps !

Depuis le soir du 6 mai, les rues sont agi­­tées et les débats fusent. Voilà une vue d’ensem­­ble des infos/réac­­tions publiées sur Rebellyon

Lire la suite : Mouvement lyon­nais de résis­tance. (10/05/2007)

Pendant ce temps là, à la bas­tille à Paris ...


Fullmetalbastille par give2god

P.-S.

Repris sur Rebellyon.info

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 10:27

aube-doree.jpgAvec la crise, l'extrême droite et les idées fascisantes se developpent, en France et dans les autre pays européens. En Grèce un groupe à des années lumières à droite de FN risque de rentrer au parlement...

 

Athènes, des groupes d'extrême droite patrouillent dans certains

quartiers et passent à tabac les migrants, accusés de contribuer à

l'insécurité et de voler le travail des Grecs.

 

 

Les mouvements d'extrême droite semblent profiter de la crise

économique, sociale, politique et identitaire qui frappe la Grèce, 38

ans après la chute de la dictature des colonels (1967-1974). A

l'approche des élections législatives du 6 mai, leur poussée inquiète

les partis traditionnels. 

En Grèce, l'un des effets de la crise est la montée incontestable

de l'extrême droite. Créditées à 8% dans les sondages, les deux

formations qui la composent, LAOS et L'Aube dorée, devraient même entrer au parlement lors des prochaines élections législatives, le 6 mai. 

"A la chute de la junte, en 1974, l'extrême droite était

quasi-inexistante, composée de quelques monarchistes et de nostalgiques

du régime des colonels. Il existait un vide dans le paysage politique

grec jusqu'à la création du LAOS (ou 'alerte populaire orthodoxe') en

2000", explique Michalis Spourdalakis, professeur de sciences politiques à l'université d'Athènes. 

La collaboration du LAOS [au gouvernement]  a conduit ses

électeurs à se rapprocher d'un parti bien plus dangereux, L'Aube dorée 

Le LAOS est proche de la "droite populiste" d'Europe du Nord, notamment du Front national en France et de la Ligue du Nord en Italie. Le parti prône l'arrêt de l'immigration, s'oppose à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne et à la reconnaissance de la Macédoine sous son nom actuel, appellation qu'il considère comme faisant partie

de l'histoire grecque. En 2000, ses sympathisants ont manifesté contre

la disparition de la mention de l'origine religieuse orthodoxe sur les

papiers d'identité. Deux ans plus tard, à la surprise générale, le

mouvement avait rassemblé 13,7% des voix aux élections municipales dans

la circonscription d'Athènes-Le Pirée. Refusant l'étiquette d'extrême

droite, son dirigeant charismatique, Georges Karatzaféris, avait engagé, en 2007, les membres à signer une charte s'opposant "à tout phénomène

de racisme, d'intolérance et d'antisémitisme". 

 

 

Une organisation paramilitaire  sévit à Athènes

En novembre 2011, l'extrême droite a fait un retour remarqué dans le

gouvernement d'union nationale: deux députés du LAOS, Makis Voridis et

Adonis Georgiadis, ont été nommés respectivement ministre des Transports et secrétaire d'Etat au Développement et à la marine marchande. A la

signature du second plan de redressement, en février dernier, le parti a décidé de quitter le gouvernement. Pour

Michalis Spourdalakis, "la collaboration du LAOS l'a affaibli et a

conduit ses électeurs à se rapprocher d'un parti bien plus dangereux,

L'Aube dorée (Chryssi Avgi)". 

L'Aube dorée est un parti néo-nazi dont le symbole ressemble à

une swastika. Anti-européen, xénophobe, machiste, il se réfère plus à la Grèce antique qu'au monde germanique et exploite, d'ailleurs, le

sentiment anti-allemand qui se répand dans la société grecque en raison

de l'intransigeance de Berlin sur la mise en oeuvre des mesures

d'austérité. Les leaders du parti prétendent qu'ils sont soutenus par 12 000 personnes. 

Ces chasses aux étrangers se déroulent dans la quasi-impunité 

L'Aube dorée est bien connue des Grecs: cette formation

politique est, en fait, l'émanation d'une organisation paramilitaire qui sévit dans le centre d'Athènes depuis le début des années 2000. Autour

de l'église d'Agios Panteleimonas, des miliciens s'en prennent

régulièrement à des immigrés. En septembre dernier, un jeune Afghan

avait même été poignardé dans ce quartier. Le procès des agresseurs ne

cesse d'être reporté... Ces chasses aux étrangers se déroulent dans la

quasi-impunité. "Beaucoup de policiers sont eux-mêmes membres de l'Aube

dorée", précise Michalis Spourdalakis. Le ministre de la Protection du

citoyen, Michalis Chrysochoidis, affirme que, lors de sa prise de fonction en 2009, il avait appris que

"des partisans de l'Aube dorée et un certain nombre de fascistes

préparaient des actions pour assister la police". 

 

 

"Refaire d'Athènes une ville grecque"

Selon Michalis Spourdalakis, "l'organisation a trouvé le bon moment pour

opérer sa transformation en parti politique. Elle avait le public pour,

surtout dans ces quartiers du centre d'Athènes". En novembre 2010,

Nikolaos Michaoliakos, chef du mouvement, a été élu au conseil municipal d'Athènes avec le slogan: "Refaire d'Athènes une ville grecque". 

La crise économique a provoqué un véritable chamboulement de la scène politique 

Neuf clandestins sur dix passent par la Grèce pour pénétrer dans l'Union Européenne. En raison de sa position géographique, le pays a vu affluer, ces

dernières années, des immigrés de Moyen-Orient et d'Afrique

subsaharienne. Beaucoup ne souhaitent pas rester, mais se retrouvent

bloqués à Athènes en raison de la réglementation européenne. L'Aube

dorée "s'est faite une place sur la scène politique parce qu' il n'y

avait pas de politique d'immigration en Grèce. Pendant des années, il

n'y avait pas de refuges, pas de contrôle des papiers, pas d'aides

médicales", souligne Michalis Spourdalakis. La situation dans la

capitale a empiré avec la crise car ces migrants ne trouvent pas de

travail. La criminalité ne cesse d'augmenter et ils sont montrés du

doigt par l'extrême droite. Elias Kasidiris, un des dirigeants de l'Aube dorée, propose même de réinstaller les champs de mines anti-personnel à la frontière avec la Turquie pour stopper définitivement l'arrivée des clandestins. 

La montée de ce parti néo-nazi, à quelques semaines des

élections législatives, a poussé les partis traditionnels à prendre

position sur le sujet de l'immigration. Michalis Chrysochoidis, ministre (socialiste) de la Protection du

citoyen, a annoncé l'ouverture prochaine de centres de détention pour

les immigrés illégaux. Andreas Loverdos, Ministre de la Santé, a, quant à lui, provoqué une polémique: les sans-papiers devraient désormais

passer des examens médicaux pour les maladies contagieuses. Le LAOS

s'est déclaré favorable aux "expulsions massives d'immigrés illégaux,

seule condition à la reprise économique du pays". 

"Le besoin des Grecs de retrouver une fierté nationale"

L'Aube dorée exploite, surtout, le mécontentement et le repli identitaire liés à la crise. "La crise économique a provoqué un véritable chamboulement

de la scène politique. Les Grecs s'éloignent des partis traditionnels.

Les électeurs qui votent pour l'Aube dorée ne connaissent pas son

programme... C'est un vote protestataire", commente Michalis

Spourdalakis. Le mouvement séduit par son refus de payer les dettes, par son projet de nationalisation des banques et sa volonté de sortir de la zone euro. Selon le professeur de sciences politiques, le parti "joue

aussi sur le besoin des Grecs de retrouver une fierté nationale, mise à

mal par la crise". 

L'extrême droite ne cesse de gagner du terrain en Europe ces dernières années et

l'action de milices, rattachées à des partis néo-nazis, n'est pas une

exception grecque. En Italie, un militant du mouvement d'extrême droite, CasaPound, avait, en décembre dernier, tué deux vendeurs ambulants sénégalais à Florence. En Hongrie, la milice du parti néofasciste Jobbik, "la Garde hongroise", pratique

la chasse aux Roms

dans le Nord-Est du pays où la communauté est la plus importante.

 

REUTERS/Yiorgos Karahali

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 09:53

foxconn-iphone5.jpgChez Marx, les marxistes et les marxiens, on trouve souvent des références au Mode de Production Capitaliste (souvent abrégé MPC). Expliquons rapido ce qu’est un mode de production, et on enchaînera dans un prochain article sur ce qu’est précisément ce fameux MPC…


Commençons par citer tonton Engels :

« [C]e fait élémentaire voilé auparavant sous un fatras idéologique que les hommes, avant de pouvoir s’occuper de politique, de science, d’art, de religion, etc., doivent tout d’abord manger, boire, se loger et se vêtir : que, par suite, la production des moyens matériels élémentaires d’existence et, partant, chaque degré de développement économique d’un peuple ou d’une époque forment la base d’où se sont développés les institutions d’État, les conceptions juridiques, l’art et même les idées religieuses des hommes en question et que, par conséquent, c’est en partant de cette base qu’il faut les expliquer et non inversement comme on le faisait jusqu’à présent. »

 (extrait du discours d’Engels a l’enterrement de Marx)

Bref, un mode de production, c’est comment on produit ce dont on a besoin pour vivre :   On distingue dans ce processus la manière dont on s’organise pour produire, et les moyens dont on dispose.

-        La manière, ou dit autrement l’organisation des rapports entres les personnes :  on va appeler ces rapports des rapports de productions : par exemple, l’esclavagisme, ou des maîtres possèdent des esclaves qui produisent ce dont on a besoin pour bouffer, ou le salariat dont nous avons déjà parlé ici.

-        Les moyens, c’est-à-dire la matière ( outils, machines) et les connaissances de méthode pour produire, qu’on va appeler les forces productives : par exemple, les forces productives aujourd’hui sont vachement plus élevées qu’a d’autres époques, et on dispose de machines qui, actionnées par des prolos, fabriquent super vite plein de trucs.

Pendant longtemps, on a considéré chez les marxistes (dits « classiques ») en particulier, que les forces productives étaient neutres, et qu’il fallait juste les prendre, les gérer sans patrons, pour que tout roule. Et puis on s’est aperçu que sans patrons, le travail a l’usine était quand même super chiant. Que les forces productives ne se développaient pas simplement vers une plus grande efficacité, mais aussi en réduisant l’activité des prolos a celle de machines. Bref, qu’elle servaient aussi a casser les résistances sociales, et participait a nous montrer qui sont les maîtres.

On en reparlera…

Bientôt la suite : qu’est ce que c’est… Le Mode de Production Capitaliste (MPC) ?

 

Repris sur tantquil.net

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 09:48

etudiant-etranger.jpgLe collectif des étudiants étrangers de Montpellier est actif depuis bientot 6 mois. Voici un bilan fait par ses militants. Celui ci appelle aussi à un évènement le jeudi 3 mai...

 

A la suite du dépôt collectif du collectif des étudiant-es étranger-es à Montpellier, l'heure est a un premier bilan. Nous sommes fier d'annoncer que sur 4 des OQTF déposés, 3 ont été retirée à la suite du dépôt collectif. La majorité des demande de titre de séjour quant à elles ont été obtenue une semaine après le dépôt. La mobilisation que nous avons enclenché voilà maintenant 4 mois s'est avérée payante, mais ne s'arrête pas à cela, grâce à l'action du collectif, nous avons réussis à obtenir que soit mis un place un service de pré accueil pour les étrangers 9 h à 12 h, l'obtention automatique de récépissé, une réduction des délais d'obtention (un maximum de 15 jours), et d'une plus longue durée (passé de 3 à 4 mois). Les facultés auront désormais la possibilité de délivrer des pré inscriptions et enfin, pour les étudiants algériens, une réductions des délais d'attente pour la visite médicale à l'OFI à été obtenue. La délivrance de titres de séjours pluriannuels est quant à elle en négociation, et il n'est pas question de la laisser passer. Ces premiers résultats ne sont qu'un début et il est clair qu'ils n'ont pas été accordé grassement par la préfecture, le « dialogue » établi avec elle nous à montré à mainte reprise la mauvaise foi des administrations en charge des étranger-es, nous assénant sans cesse que les problèmes subis par les étudiant-es ne sont que de vagues problème techniques. En réalité, les étudiant-es sont tous et toutes livré-es à eux mêmes et victime d'une volonté étatique relayée par la préfecture, empêchant ainsi toute personne de s'épanouir librement sur le territoire. Tout ce que nous avons obtenues, c'est grâce à une lutte menée par les personnes concernés et soutenue par un grand nombre de personnes. Nous n'avons rien à attendre des politiques nos revendications nous devons être le plus nombreux possible à les porter, français, immigrés, étudiants ou non et c'est seulement dans la solidarité que nous les obtiendrons. Mais cela ne nous suffit pas, nous, collectif des étudiants étrangers, continuerons à nous mobiliser contre le racisme d'état et l'appareil de répression que doivent subir tous les sans papiers, nous revendiquons un accès à l'éducation pour tous et toutes, la liberté de circuler pour tous et toutes et la liberté de s'installer pour tous et toutes. Nous continuerons donc les manifestation, rassemblement et dépôt collectif, jusqu'à ce que la totalité de nos revendications soient entendu et appliquées, à savoir : L'abrogation des circulaires Guéant, l'arrêt immédiat des expulsions, le retour à la gratuité du titre de séjour, la régularisation de tous et toutes les sans-papier. Pour soutenir, nous informons d'un débat/concert/buffet qui se tiendra le Jeudi 3 Mai à la Maison des étudiants de la faculté de science dont voici le programme : _ 17h30 : Théâtre-forum sur les étudiants étrangers, la chasse aux sans papiers et la réapproriation de l'espace public. _ 18h : Présentation du collectif, de la situation des étudiants étrangers aujourd'hui en France suivit de débats. _ 19h : Concert. Orchestre créole antillais (Ye Mystikrick), Jazz-reggae (Irie Jahzz), Nassmed (Pop marocaine jazzy et engagée). Venez nombreux et faites tourner l'info!

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