Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 12:57

Encore un assassinat d'anarchiste en Russie. Face à un extreme droite qui tue le soutien est important...

nikita-1991-20121.jpg

Le 9 février 2012, à 6h30 du matin près de l’institut FIAN un-e concierge a trouvé le corps de Nikita Kalin, né en 1991. La police est arrivée sur le lieu à 8h00. Les flics ont finalement contacté la mère du jeune homme assassiné à 11h00. Selon sa mère, Nikita a été poignardé 61 fois, en plus son corps présentait de multiple fractures au niveau des côtes ainsi que des blessures à la tête. Rien ne lui a été volé. Actuellement un suspect a été arrêté, du sang de Nikita a été trouvé sur ses vêtements.

Il est clair que Nikita a été attaqué par un groupe de personnes. La police a aussi dit à la mère de Nikita (de manière officieuse) que le suspect détenu est un activiste national-socialiste (néo-Nazis), et qu’il refuse de donner le nom d’autres suspects. Malgrè la brutalité de ce meurtre, les enquêteurs n’ont toujours pas interrogé la mère de Nikita, ni ses ami-e-s, qui sont les dernières personnes à l’avoir vu. A cause de ces faits, nous pensons qu’il y a une intention d’enterrer le dossier, comme cela arrive parfois en Russie. Cependant, le suspect a déjà un avocat.

Nous craignons que l’enquête de la police ne travaille déjà pour les intêrets de la défense de la personne arrêtée. Votre soutien est donc nécessaire. Actuellement, une organisation des droits humains a fourni un avocat, mais des fonds sont toujours nécessaires pour les frais des funérailles. Nikita venait d’une simple famille de travailleurs et il n’a jamais caché ses opinions antifacistes et anarchistes. Si vous voulez aider ses ami-e-s et sa famille, vous pouvez faire un don à l’Anarchist Black Cross de Moscou, ici.


 

Nikita lors d'une manifestation contre les fraudes électorales, sur la pancarte qu'il tient, est inscrit: "Nous n'avons besoin d'aucune autorité! La Liberté ou la mort! Notre Candidat c'est l'auto-géstion!".

Le meilleur hommage c'est continuer le combat !

Ni oubli ni pardon devant les assassinats !

Repost 0
Published by AL Montpellier
commenter cet article
7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 13:45

Anni_di_piombo2-copie-1.jpgVoici un article qui revient sur la lutte armée en Italie dans les années 70 au travers de l'exemple de Cesare Battisti... son émergence, ses conditions mais aussi ses limites...

 

 

 

Les romans de Cesare Battisti replongent ses lecteurs dans l'ambiance des mouvements révolutionnaires dans l'Italie des années 1970. Cette expérience de luttes et de révoltes fait l'objet d'une criminalisation. Pourtant, des militants autonomes s'attachent à décrire leurs expériences pour transmettre la mémoire des mouvements contestataires et raviver l'espérance révolutionnaire.

 

 Article-copie-1.jpg


Cesare Battisti, révolutionnaire et romancier

 

De nombreux témoignages évoquent les mouvements révolutionnaires dans l’Italie des années 1970. « Pourtant, l’aspect existentiel parfois tragique, mais aussi joyeux, sinon délirant de cette expérience est demeuré presque toujours absent de l’abondante production sur le sujet » souligne Valerio Evangelisti dans sa préface de Dernières cartouches

Les romans de Cesare Battisti permettent de décrire le quotidien des partisans de la lutte armée et de restituer la passion qui anime les jeunes révolutionnaires. Cesare Battisti participe à la contestation étudiante en 1968 avant d’être condamné pour braquage en 1974. Il adhère au groupuscule des Prolétaires armés pour le communisme (PAC) en 1976 et participe pleinement au mouvement autonome.

Il adhère brièvement à une organisation révolutionnaire, Lotta Continua, qui fait clairement le choix de la lutte armée malgré sa dimension minoritaire et clandestine. Les militants de Lotta Continua semblent plus léninistes, et donc moins libertaires, que les autonomes. Mais, ils n’en demeurent pas moins contaminés par l’esprit, le dynamisme et la vitalité qui anime le « Mouvement ». Surtout, Cesare Battisti rejoint rapidement le groupe des Prolétaires armés pour le communisme. Malgré son culte de la violence minoritaire, cette petite organisation se rapproche des pratiques du mouvement autonome.

Cesare Battisti écrit en exil. Il est condamné par la justice italienne pour ses activités politiques dans les années 1970. Mais il semble probable que ses écrits lui attirent encore davantage les foudres de la justice et des États qui n’aiment pas ceux qui continuent d’attiser la flamme révolutionnaire contre le conformisme marchand.

 

 

 

 

 

Raviver l'atmosphère d'une contestation

 

Dans un roman inspiré de sa propre vie, intitulé Dernières cartouches, Cesare Battisti décrit le parcours de Claudio. Ce jeune délinquant, éduqué dans la tradition communiste, rejoint l’organisation Lotta Continua à sa sortie de prison. « A la différence des Jeunesses communistes, on parlait d’insurrection, du Che, de musique et d’un tas d’autres choses. Sans compter qu’on pouvait fumer des pétards en compagnie de filles pas trop bégueules » décrit Cesare Battisti. Le narrateur, en cavale, découvre le milieu révolutionnaire de Milan. Il se rend à un Centre social autogéré. Il décrit « un édifice barbouillé de graffitis et recouvert d’une gigantesque banderole rouge qui annonçait en lettres bancales et d’un ton menaçant: « Nous voulons tout, tout de suite » ». A Milan le narrateur rencontre Max, un autonome plutôt libertaire. Il découvre l’agitation révolutionnaire et passe de la petite délinquance à la lutte armée. « Entre les Autonomes et les types comme moi, il n’y avait pas une grande différence: ils portaient des passe-montagnes, agitaient poings et revolvers et ils n’y avaient pas de saints parmi eux. Une véritable armée de voyous qui avaient mis à feu et à sang la moitié de l’Italie sans que personne n’y comprenne quoi que ce soit. Et puis, ce qui me plaisait dans l’Autonomie, c’étaient les filles. Si elles se déchaînaient au lit comme elles le faisaient dans la rue, tous les risques étaient bons à prendre » commente le narrateur. Il s’immerge dans la contre-culture de l’autonomie à Milan. Librairies, disquaires, expositions et même un « séminaire sur la théorie des valeurs » lui deviennent familiers. En revanche, il ne saisit pas immédiatement l’importance des enjeux qui traversent les assemblées générales avec la confrontation de différents courants politiques. « Les nuances politiques je les découvrirai par la suite, comme l’histoire de la fin qui ne justifie pas les moyens » explique le narrateur. 

Claudio s’immerge dans le mouvement autonome et sa révolte devient révolutionnaire. « J’appris avec eux que notre objectif, celui du mouvement autonome dans toute sa diversité, n’était pas de conquérir le pouvoir mais d’abattre celui d’un pays qui n’avait encore jamais connu de véritable démocratie. Nous vivions une époque créative où l’on découvrait, par exemple, la libération des corps, l’ironie, la transgression, la communication libre. Le nouveau sujet révolutionnaire, c’était nous » résume le narrateur. Il insiste également sur l’importance de la théorie et de la lecture, de livres, de tracts, de journaux et de divers documents. 

« Un jour on est deux, un autre vingt; Et parfois on se retrouve à cent mille » décrit Stefano, militant autonome, pour évoquer l’importance fluctuante de son groupe. 

 

Autonomi3.jpg 


La répression et la mémoire

 

En dehors des activités politiques, ponctuées par quelques braquages, le récit de Battisti évoque les relations humaines, l’amour et l’amitié dans un climat de libération sexuelle. Mais cette période se caractérise également par une grande violence. Des assassinats et des attentats se banalisent. La répression de l’État se durcit progressivement. « A partir de ce jour-là, tout fut permis: perquisitions sauvages arrestations sommaires, tortures, exécutions. Des centaines de militants pourchassés abandonnèrent travail, famille, maison » décrit l’auteur. Ceux qui font le choix de la clandestinité s’isolent progressivement du reste de la population, y compris des autres militants révolutionnaires. Le mouvement révolutionnaire de l'Italie des années 1970, avec sa créativité et sa radicalité, s’effondre progressivement. Avec le durcissement de la répression, les groupes révolutionnaires s’organisent ensuite en prison. Les réunions interminables et les assemblées générales se prolongent dans l’univers carcéral, sous l’étonnement des gardiens.

 

 

Le récit de Battisti « a la particularité de retenir de l’atmosphère des années soixante-dix l’aspect humain, existentiel, parfois délirant, farfelu voire joyeux » selon Martine Bovo-Romoeuf. Selon, cette universitaire, le romancier décrit un personnage emportée par un contexte de luttes. Il n’est pas coupable d’actes illégaux, mais victime d’une époque. Battisti brosse des personnages d’anciens révolutionnaires fugitifs et désillusionnés. Mais la question de la fidélité à une jeunesse de révolte traverse ses récits.

Pourtant, malgré son dernier livre, Ma cavale préfacé ridiculement par Bernard Henri Lévy, Battisti n’adopte pas dans ses romans le ton du repenti nihiliste et revenu de tout. Au contraire, les maoïstes français, avec le roman de gare Tigre de papier du méprisable Olivier Rolin, ne cessent de faire la morale sur les dérives de la lutte armée et, surtout, de l’espérance révolutionnaire.

 

Anni_di_piombo3.jpg

Un héritage à faire vivre

Deux militants italiens, Pietro et Bella, décrivent leurs expériences de lutte dans une émission de radio. Dans l’Italie des années 1960, le prolétariat affirme son désir de rupture face à la bourgeoisie. De nombreuses grèves éclatent dans un contexte de prospérité capitaliste. Des jeunes italiens du sud migrent vers les zones industrielles du nord. Le Parti communiste italien (PCI) se rapproche des institutions et n’attire plus les jeunes ouvriers qui ont une conscience de classe. Le gouvernement est dirigé par la démocratie chrétienne. Les grèves spontanées s’accompagnent d’actions plus radicales comme le sabotage et l’occupation. Dans les facultés, des mouvements de contestation émergent également. Le changement ne passe pas par les élections, surtout lorsqu’elles reconduisent le même parti au gouvernement, mais par la lutte. Le PCI participe pourtant aux élections en espérant influencer les institutions.

Des liaisons se construisent entre les comités d’usine et les mouvements étudiants. La répression d’État assassine des manifestants, ce qui alimente la radicalisation d’un mouvement plutôt pacifiste et non violent. Les actions diverses s’organisent et se multiplient. Les squats doivent permettre d’impulser des luttes et non de former des ghettos de gauchistes repliés sur eux-mêmes. Des pratiques d’expropriation se répandent, notamment dans les grands magasins. Ses actions doivent permettre de diffuser des pratiques de rupture avec le capital.

L’identité de classe et la fierté ouvrière s’affirment et expliquent ce contexte de conflit social. Mais, lorsque la bourgeoisie reprend le dessus, son idéologie vise à détruire la contre-culture ouvrière. Malgré l’institutionnalisation des syndicats et du PCI, une culture marxiste demeure forte et s’accompagne d’une lutte des classes. Le débat politique se révèle alors particulièrement passionnant et explique les divergences entre les différents groupes. Ce dynamisme s’explique par la vitalité du marxisme critique, en rupture avec l’orthodoxie marxiste-leniniste ou trotskyste.

Ses témoignages brisent surtout le discours sur les « années de plombs » qui décrivent une ultra violence développée par des groupes clandestins. Au contraire, la violence reste diffuse et s’inscrit dans une lutte politique qui irrigue l’ensemble de la société. L’insurrection doit provenir d’un mouvement de masse et non de minorités gauchistes, comme les Brigades Rouges qui s’apparentent à une organisation d’État.

Pietro et Bella reviennent sur la période contemporaine. Les luttes actuelles devraient s’inspirer du bouillonnement de l’autonomie italienne avec ses pratiques originales. La réflexion politique semble aujourd’hui très faible, tout comme le désir de créer une autre société. Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et les gauchistes préfèrent s’opposer à une réforme en particulier et apparaissent comme l’extrême gauche du système capitaliste. Les luttes comme celles des salariés de Continental restent partielles et limitées. La transmission du désir de révolution se révèle trop faible. Il ne s’agit pas de s’opposer, de résister, de s’indigner mais aussi d’affirmer le projet d’une autre société.

 

 

Pour aller plus loin:

Cesare Battisti, Dernières Cartouches

Au fond près du radiateur, émission sur "La lutte armée italienne", sur la radio Fréquence Paris Plurielle

Martine Bovo-Romoeuf, "Cesare Battisti: roman noir et mémoires de la désillusion politique"

Dossier Cesare Battisti

Laboratoire Urbanisme insurrectionnel, "Italie: groupes révolutionnaires armés

Repris sur Zones subversives

Repost 0
Published by AL Montpellier
commenter cet article
6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 12:39

schtroumpf-valeur.jpgCet article est une suite au papier sur la notion de plus value parue sur notre blog, il y a quelque temps dont voici le lien http://al-montpellier.over-blog.com/article-qu-est-ce-que-c-est-la-plus-value-94953958.html Les deux articles viennent du site d'information révolutionnaire tantquil.net

 

Comme indiqué à la fin de la notion « qu’est ce que c’est… La plus-value », on peut diviser celle-ci en deux grandes catégories :

  • La plus-value absolue

  • La plus-value relative

Dans les deux cas, c’est nous, les prolétaires, qui produisons la plus-value par notre travail.

Pour comprendre la division en deux catégories, il faut prendre l’exemple d’une journée de travail :

Revenons donc à Dominique, qui travaille dans une usine de montres de luxes.

Sa journée de travail est de 8h .

Sur ces 8 heures, le travail nécessaire à la formation d’une valeur suffisante pour lui payer son salaire, sera par exemple d’une heure pile. Les 7 heures restantes, la valeur créée par le travail que fournit Dominique va au patron.  

Bien sur, le patron ne se met pas tout dans la poche : il doit payer les matières premières, rembourser les frais de machines. Il utilise pour cela une partie de la plus-value. C’est ce qui fait qu’on différencie la plus-value du taux de profit. Mais ce n’est pas l’objet de cet article…  

Disons juste que les matières premières, comme les machines, sont censées être la propriété du capitaliste, mais qu’il paye tout ça grâce à la plus-value, sur le travail des salariés…

Donc, pour revenir à la plus-value. Sur les 8h de taf, 7 sont gratuites, une seule sert à payer le salaire.

Un moyen très simple d’augmenter la plus-value va consister à augmenter le nombre d’heures travaillées, sans augmenter les salaires : si Dominique bosse 10h au lieu de 8, tout en étant payé pareil, alors la plus-value augmentera de près de 30% !

C’est ce qu’on appelle la plus-value absolue. C’est la base même de l’exploitation, et historiquement, c’est la première. Ainsi, l’augmentation continue de la journée de travail a permis aux capitalistes du XIXè siècle de faire un max de capital.

Mais on ne peut pas augmenter la journée de travail au delà d’un certain point : il faut bien dormir, manger… il y a une limite biologique. A cette limite biologique se rajoute une dimension sociale, de lutte: celle de l’acceptation, ou pas, d’une journée de travail de 14 heure. Mais ceci est une autre histoire, dont nous parlerons dans la troisième partie de cet exposé sur la plus-value!

La solution pour les capitalistes, consiste à nous faire bosser plus intensément, pendant la même durée de travail : au lieu de produire 100 montres en 8h, Dominique va en produire 150.

C’est ce qu’on appelle la plus-value relative.

Le taylorisme, par exemple, qui est un mode d’organisation du travail attribué à C.Taylor, s’inscrit dans cette perspective. On va chronométrer les gestes des prolos, tenter de les faire aller le plus vite possible. On va augmenter les cadences, mette en place des quotas de production…

Bien sûr, l’objectif n’est jamais uniquement d’augmenter la plus-value : il s’agit toujours de le faire en rappelant aux prolos qui est le maître. C’est pile poil le principe du taylorisme, où la journée de travail est marquée par la répétition abrutissante des mêmes gestes.

Aujourd’hui, le taylorisme s’est répandu partout : dans tous les tafs, il y a des quotas, des cadences : même chez les employés de bureau, ou dans la restauration !

 

repris sur Tantquil.net

Repost 0
Published by AL Montpellier
commenter cet article
6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 08:29

image.jpgLe 1er Mars avait lieu la manif’ nationale à Québec contre la hausse des frais de scolarité. L’occasion de revenir rapidement sur le mouvement étudiant en cours depuis deux ans et sur l’étrangeté du contexte de lutte nord-américain pour un regard lyonnais.

Face à l’annonce du gou­ver­ne­ment libé­ral d’une aug­men­ta­tion des frais de sco­la­rité à l’uni­ver­sité de 325$ chaque année pour arri­ver à 1625$ de plus en 2017, le mou­ve­ment étudiant prend péni­ble­ment son envol au Québec. Une aug­men­ta­tion de 70% qui s’ajoute à l’aug­men­ta­tion de 30% en vigueur depuis 2007. Contrairement à la pro­pa­gande gou­ver­ne­men­tale, les fonds trans­fé­rés en prêts et bour­ses ne sont des­ti­nés qu’aux per­son­nes déjà éligibles aux prêts et bour­ses. Mêmes parmi ceux-ci, 80% des gens ne rece­vront pas de com­pen­sa­tion pour la hausse. Pour éclairer très briè­ve­ment la situa­tion sociale des étudiants qué­bé­cois : le niveau moyen d’endet­te­ment étudiant est de 13000$ à la fin d’une licence et le tra­vail étudiant est en hausse cons­tante (en moyenne 17h par semaine).

JPEG - 237 ko

Au Québec, le mou­ve­ment étudiant est lar­ge­ment assu­jetti à la ges­tion des asso­cia­tions étudiantes. Ces struc­tu­res n’ont pas d’équivalent en France, elles jouent le rôle de syn­di­cat et de bureaux des élèves et dis­po­sent d’un mandat de repré­sen­ta­tion des étudiants. Ces enti­tés exis­tent au niveau d’une faculté, d’un dépar­te­ment, et par tru­che­ment fédé­ra­tif au niveau des uni­ver­sité et du pays. On ne choi­sit pas de s’affi­lier à son asso­cia­tion de faculté, de dépar­te­ment ou d’uni­ver­sité, on y adhère auto­ma­ti­que­ment quand on paye des frais. Elles seules ont le pou­voir de tenir des assem­blées géné­ra­les, c’est à dire que l’idée d’une Assemblée géné­rale auto­nome, voire au niveau de l’uni­ver­sité ne fait aucun sens ici. Ces assem­blées sont alors régies par un recueil de pro­cé­dure qui permet (dixit wiki) « de tenir des assem­blées géné­ra­les démo­cra­ti­ques et ordon­nées. » : le code Morin, hérité d’un notaire qué­bé­cois en 1938 et dont la majo­rité des asso­cia­tions étudiantes ont fait leur charte, par­fois modi­fiée. Au Canada anglo­phone et aux États-Unis, son équivalent est le Robert’s Rule Of Order.

Seule une asso­cia­tion peut se décla­rer en grève, pas un étudiant seul, encore moins une uni­ver­sité. Le code Morin est un dis­po­si­tif qui donne à ceux qui le connais­sent, en géné­ral des semi-pro de l’asso­cia­tif étudiant, un pou­voir cer­tain sur le dérou­le­ment d’une AG, un bureau­crate affûté peut par exem­ple deman­der une ques­tion préa­la­ble pour couper un débat et passer immé­dia­te­ment au vote... etc etc, les exem­ples sont nom­breux. Ce sys­tème fonc­tionne lar­ge­ment comme un dis­po­si­tif de ver­rouillage de l’auto­no­mie du mou­ve­ment étudiant et est insé­pa­ra­ble d’une auto­no­mie des uni­ver­si­tés accom­plie depuis long­temps (et du ver­rouillage de la poli­ti­que en Amérique du Nord). Cela ne veut pas dire que tous les mili­tants asso­cia­tifs soient des enne­mis, un dépar­te­ment mobi­lisé d’une uni­ver­sité radi­cale le sera aussi mais même dans ce cas la gou­ver­nance asso­cia­tive « cadre » les mou­ve­ments. Les plus gran­des de ces asso­cia­tions, celles des uni­ver­si­tés, sont consi­dé­rées comme de « véri­ta­bles par­te­nai­res sociaux », avec qui le gou­ver­ne­ment négo­cie durant les mou­ve­ments mais aussi tout au long de l’année. Monstres finan­ciers, ces asso­cia­tions pos­sè­dent sou­vent les bars, cafés, épiceries des uni­ver­si­tés en plus de dis­po­ser de sommes très impor­tan­tes (les rumeurs les plus folles cou­rent sur les pos­ses­sions immo­bi­liè­res à Montréal de l’asso­cia­tion étudiante de l’UQAM).

Alors qu’au cours de l’année 2010, seule des mani­fes­ta­tions spo­ra­di­ques bien que mas­si­ves (1er avril et 24 sep­tem­bre), l’annonce du mon­tant de la hausse en hiver 2011 a immé­dia­te­ment été saluée par de nom­breu­ses ini­tia­ti­ves loca­les (occu­pa­tion de bureaux des rec­to­rats uni­ver­si­tai­res, déploie­ment de ban­niè­res, péti­tions...). Le mou­ve­ment a alors repris son rythme de mani­fes­ta­tions très écartées et d’actions spo­ra­di­ques. Pendant l’été, 200 asso­cia­tions étudiantes repré­sen­tant plus de 200000 étudiants se sont pro­non­cées contre la hausse des frais de sco­la­rité. L’asso­cia­tion étudiante consi­dé­rée comme la plus radi­cale, l’ASSÉ (Association pour une soli­da­rité syn­di­cale étudiante) a crée la CLASSE (Coalition large de l’ASSÉ) , qui est devenu l’organe de repré­sen­ta­tion du mou­ve­ment.

A l’hiver 2012, la pres­sion monte enfin ! Le mou­ve­ment se radi­ca­lise et s’oriente vers une grève géné­rale illi­mi­tée. Actuellement, 73 asso­cia­tions regrou­pant plus ou moins 92000 étudiants l’ont voté. Les cégeps (ins­ti­tu­tion sco­laire payante divisé en sec­tions géné­ra­les et tech­no­lo­gi­ques qui se situe entre le lycée et l’uni­ver­sité et qui est aussi la ligne de frac­ture de la dés­co­la­ri­sa­tion des clas­ses popu­lai­res au Québec) comp­tent pour 52000 étudiants de ce chif­fre. L’UQAM (Université du Québec à Montréal), uni­ver­sité his­to­ri­que­ment la plus mobi­li­sée (la plus à gauche et la plus mixte socia­le­ment des 4 uni­ver­si­tés fran­co­pho­nes) compte 22835 étudiants en grève. Ce mou­ve­ment est le pre­mier mou­ve­ment étudiant d’ampleur depuis le mou­ve­ment de l’hiver 2005 contre les cou­pu­res de l’aide finan­cière (l’UQAM avait là aussi joué un rôle impor­tant). Cette grève de 6 semai­nes, qui a fait recu­ler le gou­ver­ne­ment, fut la plus longue grève étudiante au Québec (sic).

Pour un tas de rai­sons (la mobi­li­sa­tion des dépar­te­ments tra­di­tion­nel­le­ment peu mobi­li­sés, scien­ti­fi­ques en par­ti­cu­lier, l’ambiance des manif’, des AG, des cou­loirs de fac et des comi­tés de mob...), on a l’impres­sion que quel­que chose pour­rait se passer... quoi que ce soit qui bri­se­rait la tor­peur gelée d’une uni­ver­sité qué­bé­coise en hiver serait déjà bien.

Total des asso­cia­tions étudiantes EN GRÈVE ILLIMITÉE :

73 asso­cia­tions étudiantes Regroupant +/- 91 557 étudiantes et étudiants

Total des asso­cia­tions étudiantes ayant un mandat de grève illi­mi­tée – en attente du déclen­che­ment :

34 asso­cia­tions étudiantes Regroupant +/- 34 769 étudiantes et étudiants

Total des asso­cia­tions étudiantes qui seront en grève illi­mi­tée le lundi 5 mars :

94 asso­cia­tions étudiantes Regroupant +/- 116 865 étudiantes et étudiants

Repost 0
Published by AL Montpellier
commenter cet article
5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 16:18

journal-mars-copie-1.jpg

 

Edito

- Facholand

Pleins feux

- Désastre nucléaire de Fukushima : Conséquences détonnantes
- Gestion des risques : Le seuil acceptable pour mourir
- Encadré : Alternative libertaire s’oppose à l’industrie du nucléaire
- Nucléaire : À quand un Fukushima français ?

Social

- Élections présidentielles : La rupture ? Quelle rupture ?
- Explication : Les « accords de compétitivité »

Luttes

- Emploi et salaires : Tordre le coût du travail

Chroniques du travail aliéné : « Tout le monde fait des heures supplémentaires sans arrêt et elles ne sont jamais payées »

- Entretien : « Un squat, une vie collective, l’entraide »
- Fralib : Quand l’autogestion infuse
- PSA Aulnay : Prêts à bloquer l’usine

Social

- Entreprises : La reprise en main, dans l’air du temps
- Chômage - licenciements : On se serre les coudes le 24 mars à Paris

Antipatriarcat

- Prostitution : Que faire des clients ?

Dossier spécial : Printemps arabe, un an après

- Décevantes, les révolutions ?
- Syrie : Un anarchiste syrien témoigne
- Syrie : La Palestine libre contre Bachar el Assad
- Egypte : Yasser Abdelkawi (Mouvement socialiste libertaire), « La population est en colère de voir la révolution trahie. »
- Maroc : « Makhzen dégage ! », où en est-on ?
- Libye : Pour une voie populaire hors du CNT et des islamistes
- Maghreb ouvrier : La percée du syndicalisme autonome
- Tunisie : Pas d’état de grâce pour Ennahda

International

- Bulgarie : Offensive radicale contre les multinationales gazières
- États-Unis : Décoloniser, désoccuper les 100 %
- Mayotte : Promesses de guérilla rurale
- Hongrie : Laboratoire nationaliste
- Suisse : Libertaires de tous les pays

Dico Anticapitaliste : Qu’est-ce que “la base élèves 1er degré" ?

Histoire

- Entre espoir et désillusions : L’aventure algérienne des « pieds rouges »

Culture

- Société des jeux : Antivirus collectif
- Marx et Keynes : Les limites de l’économie mixte de Paul Mattick
- Cinéma : Les nouveaux chiens de garde de Balbastre et Kergoat
- Dévoilement : racisme anti-voile sur Dévoilement, du Hijab à la Burqa de Pierre Tevanian

 

Consultables en ligne:

 

Repost 0
Published by AL Montpellier
commenter cet article
5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 16:05

A l'occasion de l'ouverture d'un local du Bloc Identitaire à Bayonne, une manifestation antifasciste a été organisée. Elle a rapidement viré à l'affrontement avec les forces de l'ordre... Voici leur communiqué

 

 


 

 

 

Le bilan du nombre d’arrestations et de blessés au cours des affrontements entre militants antifascistes et les forces de police, jeudi soir, à Bayonne, à l’occasion de la présentation de l’antenne locale du Bloc identitaire (BI), reste encore flou.
Alors que les premiers chiffres publiés (cf. notre édition d’hier) faisaient état d’une interpellation possible et de trois blessés, il semblerait que le bilan soit plus lourd. Les affrontements se sont en effet prolongés après le rassemblement, dans les rues du Petit Bayonne notamment, et place Saint-André.
“Je ne peux pas vous donner d’informations, décision de la hiérarchie”, indique-t-on au commissariat central de Bayonne, qui, contacté par téléphone, a refusé de nous transmettre son bilan des échauffourées.
Le groupe IparEH Antifaxista, organisateur du rassemblement, comptabilise, lui, les arrestations de trois personnes (une pendant le rassemblement, deux après : devant l’hôpital et place Saint-André), ainsi que quatre manifestants blessés, dont un par un tir de flashball. Il dénonce également “les provocations” des Identitaires qui auraient déposé des tracts devant l’appartement d’un antifasciste pendant la nuit, selon un membre du groupe.
Joint par téléphone, le Bloc identitaire, condamnant les agissements d’une “bande d’asociaux, de punks à chiens, crasseux, ridicules et malodorants”, déclare de son côté ne pas pouvoir fournir de bilan.
“Asociaux”
Jeudi, aux alentours de 19h30, 80 militants antifascistes environ s’étaient rassemblés au rond-point Saint-Léon de Bayonne dans le but de manifester contre la soirée de lancement de la branche locale du Bloc identitaire, qui se tenait non loin de là, à 20 heures, à l’hôtel Amatcho.
Le rassemblement, qui avait lieu quelques heures seulement après la visite de Nicolas Sarkozy à Bayonne, a rapidement tourné court laissant place à des affrontements entre antifascistes et forces de l’ordre venues en nombre.

 

Repost 0
Published by AL Montpellier
commenter cet article
2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 13:47

 

Insurrection-510x372-copie-2.jpgVoici un article revenant sur les rapports entre romantisme et lutte des classes. Etre matérialiste est important mais enchanter le vie et la lutte l'est tout autant...

 

Michael Löwy étudie le romantisme révolutionnaire qui inspire les "courants chauds" du marxisme. Critique des différentes formes d'aliénation et affirmation des subjectivités radicales fondent une véritable utopie émancipatrice. Michaël Löwy demeure l’un des rares universitaires à étudier la critique de la vie quotidienne, à travers les surréalistes voire les situationnistes. Directeur de recherche au CNRS et militant au NPA qui regroupe tous les débris du gauchisme pourrissant, il présente ses travaux dans le cadre du séminaire Marx au XXIème siècle. A priori, le pire est à craindre: entre médiocrité universitaire et léninisme bêlant. « Je m’excuse de vous avoir empêché de participer à la manifestation des indignés » lance Michaël Löwy. Malgré la dégénérescence de ce mouvement en France, il ne s’agit apparemment pas d’un trait d’humour. Pourtant, les travaux de Michaël Löwy ouvrent des perspectives de réflexions pour une émancipation humaine. Michaël Löwy présente son livre publié avec Robert Sayre sur le romantisme anticapitaliste. Il définit sa conception du romantisme qui ne se limite pas à un courant artistique et littéraire, mais renvoie à une vision du monde qui s’exprime dans toutes les sphères de la culture. Pour lui, L’origine de l’inégalité parmi les hommes de Jean-Jacques Rousseau, publié au XVIIIème marque le début du romantisme. Mais le romantisme traverse tout le XXème siècle et perdure aujourd’hui. Le surréalisme s’inscrit dans ce sillage. Le terme de romantisme est controversé. Le débat entre Henri Lefebvre et les situationnistes porte en partie sur cette notion. Pour Michaël Löwy, le romantisme renvoie à une révolte culturelle contre la civilisation capitaliste industrielle occidentale moderne. Cette protestation se réfère à des valeurs du passé. La nostalgie permet de critiquer le présent de la société bourgeoise. Les romantiques critiquent l’individualisme féroce et la destruction des communautés, la quantification de la vie et des rapports humains, et le désenchantement du monde. Les courants chauds du marxisme Karl Marx critique la marchandisation des rapports humains, de l’amour et de l’amitié. La gauche considère pourtant le romantisme comme un mouvement simplement passéiste et réactionnaire. Mais il existe également un romantisme révolutionnaire. Marx, sans pour autant s’inscrire dans ce courant, reconnaît la légitimité du romantisme. Il existe également un marxisme romantique. Georg Lukacs, Walter Benjamin, Ernst Bloch, Theodor Adorno, Mariategui, E.P.Thompson, André Breton et les surréalistes illustrent ce romantisme révolutionnaire. Ernst Bloch se définit comme marxiste révolutionnaire et admire la civilisation gothique et médiévale. Comme Théodor W. Adorno, il élabore une relation dialectique entre le romantisme et les Lumières. Il distingue les « courants froids » des « courants chauds » du marxisme. Les courants froids privilégient une analyse scientifique et rationnelle du capitalisme. Les courants chauds s’appuient sur les utopies, les sentiments, l’amour. Les deux courants sont indispensables pour nourrir le marxisme. Mais l’analyse scientifique doit se mettre au service de l’utopie. Theodor W. Adorno pense l’inverse. Le romantisme doit se mettre eu service des Lumières. La pensée supposée réactionnaire du romantisme doit alimenter le progressisme. Walter Benjamin tente de renouveler le romantisme comme art, culture, pensée et action. En 1924, il devient marxiste mais enrichie cette pensée par le romantisme. Il développe une critique de la civilisation industrielle et technique. La révolution doit permettre d’interrompre le désastre. Il s’intéresse au surréalisme comme révolte libertaire de l’esprit et considère que les révolutionnaires doivent être pessimistes. Le surréalisme intéresse tous ceux qui se réfèrent au romantisme révolutionnaire. André Breton et les surréalistes apparaissent comme la queue de comète du romantisme. La haine du bourgeois et de la classe régnante concilient critique romantique et lutte des classes. André Breton dans son discours sur les cinq glorieuses de l’histoire d’Haïti attise la révolte. L'apport du romantisme révolutionnaire à la pensée critique Pour Michaël Löwy, il semble indispensable de se réapproprier le romantisme, souvent méprisé par la gauche progressiste. Au-delà, de la polémique sur le terme « romantique », il semble important de redécouvrir l’importance de la réflexion des courants chauds du marxisme. La critique radicale de la vie quotidienne, portée entre autres par les surréalistes et les situationnistes, demeure toujours délaissée aujourd’hui. Pour ses mouvements artistiques et politiques, il ne s’agit pas uniquement de supprimer les rapports sociaux de production. L’ensemble des rapports humains doit être bouleversé. Transformer le monde et changer la vie ne font qu’un, selon l’expression d’André Breton. La passion, le désir, la subjectivité apparaissent comme des moteurs d’un mouvement révolutionnaire et doivent fonder un nouveau projet de société. Mais, comme le soulignent Luc Boltanski et Eve Chiappello, cette "critique artiste" ne doit pas être dissociée de la "critique sociale" de l'exploitation capitaliste. Le management capitaliste semble friand des notions d'autonomie, de flexibilité, de prise en charge individuelle pour devenir « l’entrepreneur de sa propre vie ». Une autre dimension majeure découle du romantisme anticapitaliste. La valorisation du qualitatif contre le quantitatif permet de développer une critique de la civilisation techno-industrielle bien plus stimulante que l’écologie à la mode. L’accumulation de marchandises et la logique du profit détruisent les relations humaines. La qualité de la vie doit au contraire primer sur la quantité de marchandises possédées. La critique des nouvelles technologies peut découler de cette réflexion. Les nouveaux médias privilégient l’immédiateté, le nombre de clics, le buzz, le zapping contre une réflexion approfondie qui exige du temps. La société de l’écran modifie également les rapports humains puisque les individus ne se parlent pas, ne se rencontrent pas, ne construisent pas des projets communs mais se contentent d’être connectés, en restant figés sur leurs écrans. L'oppression technologique impose une artificialisation de la vie. Mais la critique romantique doit se garder d’un retour aux civilisations traditionnelles. Certains textes publié par L’Encyclopédie des Nuisances ou les écrits de Jean-Claude Michéa sombrent dans cet écueil. Se replier sur son petit jardin et retrouver le fantasme des communautés rurales traditionnelles avec son capitalisme artisanal ne peuvent pas fonder un projet de société alternative. De même, la position en surplomb des contempteurs de la valeur, et surtout de la lutte des classes, dessine davantage des carrières universitaires que des projets d’émancipation humaine. Romantisme et lutte des classes, critique de l’aliénation et de l’exploitation doivent demeurer indissociables. Il semble indispensable de détruire et de dépasser cette civilisation marchande pour construire une nouvelle organisation sociale afin de rendre la vie passionnante.

 

Repris sur Zones subversives

Repost 0
Published by AL Montpellier
commenter cet article
1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 12:03

Un article sur les tentatives d'infiltration du milieu militants par les flics, un rappel salutaire de leur techniques...

policiers1.jpgCe pourrait être une rencontre banale. Une discussion dans un hall d’hôtel de Lyon. Sauf que les deux protagonistes font partie de mondes qui sont sensés s’opposer. D’un coté, un activiste, militant anti-fasciste de premier plan. De l’autre un agent de la DCRI. C’est lui qui a convenu du rendez-vous. Il n’y a pas de cadre légal, c’est juste une discussion. Ça parle de l’actualité lyonnaise fafs/antifas, des questions sont posées sur les derniers squats publics ouverts, entres autres…

Petit retour en arrière. Courant 2011, un mili­tant est convo­qué au com­mis­sa­riat. L’appel n’expli­que pas les moti­va­tions. L’inté­ressé s’y rend et tombe sur un agent de la DCRI. Pour com­men­cer le deal parait simple, un échange de « bons pro­cé­dés » : lui accepte d’être en liai­son avec la DCRI et les flics, de leur côté, lui four­ni­ront quel­ques ren­sei­gne­ments utiles à l’occa­sion (« atten­tion tel jour ne sort pas de chez toi, il y a des fas­cis­tes en plan­que dans le coin »). Un télé­phone por­ta­ble est remis au jeune homme. Il accepte. En tout cas il ne dit pas non. Les jours sui­vants, il garde tout pour lui, seule une toute petite poi­gnée de gens est au cou­rant. Il va retour­ner à plu­sieurs repri­ses au com­mis­sa­riat et être par la suite invité dans des halls d’accueil de grands hôtels lyon­nais. Au fil des ren­contres, il y a ce sen­ti­ment d’être com­plè­te­ment dépassé, piégé, d’avoir mis le petit doigt dans un engre­nage infer­nal qu’il ne maî­trise plus. Il y aura bien quel­ques confes­sions à ses potes, des ten­ta­ti­ves de jus­ti­fi­ca­tion (« c’était pour infil­trer la police », « je n’ai jamais rien lâché »). Les poli­ciers lui pro­po­sent même de l’envoyer à Notre-Dame-Des-Landes aux frais du Ministère de l’Intérieur : « après tout toi ça te ferait plai­sir d’y aller et nous ça nous arrange ». Après le refus, il y a la fuite. Sans doute pour ne plus faire le jeu de la police, cer­tai­ne­ment aussi parce que la proxi­mité avec les condés reste heu­reu­se­ment dif­fi­cile à assu­mer au sein des milieux mili­tants ou « radi­caux ».

Plutôt que de cher­cher à mettre en accu­sa­tion tel ou tel, il semble indis­pen­sa­ble d’opérer quel­ques mises au point quant aux récen­tes ten­ta­ti­ves de recru­te­ments d’indi­ca­teurs. Rappeler quel­ques évidences pour que pré­ci­sé­ment ce genre d’his­toi­res ne se repro­dui­sent plus, et sur­tout ne tour­nent pas aussi mal.

Comment on en arrive là ?

Par une série d’erreurs, de conne­ries, dont une bonne part sem­blent liées d’abord à des fai­bles­ses col­lec­ti­ves et poli­ti­ques. Il règne par­fois d’étranges idées dans les milieux mili­tants. Il y a par exem­ple celle qui consiste à croire que les poli­ciers pour­raient être en cer­tai­nes situa­tions des alliés, comme si on reven­di­quait en creux la mise en place d’une bonne police, ou que l’on atten­dait de la part des pou­voirs publics qu’ils jouent leur rôle d’arbi­tre légi­time, notam­ment face aux agres­sions fas­cis­tes (voir les nom­breux comp­tes-rendus de manifs où les flics sont accu­sés d’être du côté des fafs et pas du « nôtre », etc.). C’est sur le fond de cette erreur poli­ti­que fon­da­men­tale que des mili­tants, sans doute bien inten­tion­nés, ont régu­liè­re­ment joué le rôle d’inter­lo­cu­teurs [1] pour la police. Et les flics ont beau jeu alors de dis­til­ler quel­ques infor­ma­tions du côté des fafs ou en direc­tion des anti­fas, pour contrô­ler leur affron­te­ment et au pas­sage racler quel­ques ren­sei­gne­ments utiles concer­nant plus lar­ge­ment les mou­ve­ments contes­ta­tai­res ou « radi­caux ». Seconde fai­blesse, qui est moins d’ordre « théo­ri­que » celle-là : on ne se tient pas assez. Il a manqué, dans cette der­nière his­toire, la soli­da­rité ou la force col­lec­tive néces­saire pour qu’une per­sonne se sente en mesure de résis­ter à la pres­sion poli­cière, et avant ça qu’elle soit capa­ble de faire face aux dif­fi­cultés qui l’ont ame­nées là. Il semble en l’occur­rence que le pre­mier argu­ment des flics lors de leur appro­che ini­tiale ait porté sur une pos­si­bi­lité de pro­tec­tion (« on sait que des nazis te cher­chent, qu’ils t’ont menacé de mort mais on peut te pro­té­ger si en échange tu nous rends ser­vice ») Quand les issues col­lec­ti­ves font défaut, évidemment on joue la carte perso, qui peut se tra­duire alors par toute une série de défaillan­ces et d’erreurs indi­vi­duel­les. On peut s’effon­drer, balan­cer tout et n’importe quoi, en pro­fi­ter pour régler des comp­tes avec tel ou tel… et sans aller jusque là, il y a le risque de vou­loir jouer au plus malin. En pen­sant qu’une col­la­bo­ra­tion avec les ser­vi­ces de police pour­rait tour­ner à son avan­tage, qu’on pour­rait leur mentir, ne pas leur donner d’infos, et même en obte­nir à leur insu, « voir ce qu’ils savent ». Sauf que face aux flics et à leur orga­ni­sa­tion, le rap­port de force dans la dis­cus­sion n’est jamais en notre faveur. C’est eux qui mènent la dis­cus­sion et qui se ren­sei­gnent [2], et sans en avoir l’impres­sion on risque tou­jours de confir­mer leurs hypo­thè­ses, de com­plé­ter leurs car­to­gra­phie des « milieux à risque » ou d’ali­men­ter leurs fan­tas­mes autour des diver­ses figu­res de « l’ennemi inté­rieur » (gré­vis­tes incontrô­la­bles, cas­seurs infil­trés, grou­pes vio­lents et autres grou­pus­cu­les anar­cho-machin chose). Jamais, il n’y aura de conver­sa­tion inno­cente avec la police. Tout ce qui est dit est, d’une manière ou d’une autre, sus­cep­ti­ble d’être réu­ti­lisé, contre soi ou contre d’autres. Sans comp­ter que plus on parle, plus les flics pen­sent qu’on en sait, plus ils en rede­man­dent, moins on peut s’arrê­ter subi­te­ment. La machine est lancée.

Comment pro­cè­dent les flics ?

Avec ce qui leur tombe sous la main (au gré d’un contrôle [3] ou d’une arres­ta­tion [4], au moment d’un procès…) mais tou­jours aussi avec une cer­taine idée du « bon client » c’est à dire sur la base d’un ciblage d’indi­vi­dus vul­né­ra­bles et/ou se met­tant sou­vent en avant. Même si les ren­contres peu­vent sem­bler infor­mel­les, et bien qu’elles s’ins­cri­vent bien sou­vent hors de tout cadre légal [5] (on se croise dans la rue, on invite la cible à venir dis­cu­ter tran­quille­ment au resto), la police va viser des per­son­nes sur les­quel­les elle a déjà un moyen de pres­sion. On entre alors dans le domaine des petits arran­ge­ments : sus­pen­dre une condam­na­tion pour des his­toi­res de stup’ ou des délits rou­tiers, éviter qu’une peine tombe, faci­li­ter aussi des pro­cé­du­res admi­nis­tra­ti­ves, ne pas « gâcher une car­rière dans la fonc­tion publi­que » pour des his­toi­res de casier [6]. Les vieilles cas­se­ro­les qu’on traîne peu­vent faci­le­ment se retour­ner contre nous sur le mode du chan­tage, ou alors les flics pro­po­sent car­ré­ment de rému­né­rer le tra­vail de ren­sei­gne­ment. Pour faire passer la pilule, les agents de ren­sei­gne­ment peu­vent faci­le­ment enro­ber leurs appels à col­la­bo­ra­tion d’un dis­cours de gauche, démo­cra­ti­que en diable : à les écouter, ils sou­tien­nent les mou­ve­ments sociaux / anti-nucléai­res / de jeu­nesse [rayer la men­tion inu­tile] mais ce qui les inté­resse c’est les incontrô­lés, les « extré­mis­tes vio­lents » qui jus­te­ment pour­ris­sent les gen­tilles ini­tia­ti­ves citoyen­nes. Cette recette à déjà été uti­li­sées ces der­niè­res années pour sonder ce qui pou­vait se passer dans les luttes de sans-papiers, au cours des mou­ve­ments lycéens ou au sein de la mou­vance écologique radi­cale/antis­pé­ciste. Heureusement, chaque fois les flics se sont faits envoyer bouler, malgré leurs pro­po­si­tions de « renvoi d’ascen­seurs » (on ferme les yeux sur vos acti­vi­tés mili­tan­tes, on arrange quel­ques dos­siers de régu­la­ri­sa­tion à la préf, on vous file du blé…). De manière géné­rale, ce que cher­che la DCRI, c’est de créer des rela­tions sur du long terme. Avoir des sour­ces sur qui ils peu­vent comp­ter et qu’ils peu­vent « acti­ver » quand ils ont besoin d’infos. « Gérer une source, ça s’apprend [...]. Un contact tu dois savoir le gérer pen­dant six mois ou un an avant qu’il t’apporte un ren­sei­gne­ment exploi­ta­ble » [7] comme le sou­li­gne un ex-RG. C’est pour ça que peu de ques­tions direc­tes sont posées les pre­miè­res fois, ils s’atta­chent plutôt à créer des liens, une com­pli­cité, des liens « affec­tifs »… Évidemment que se faire arrê­ter pour une action poli­ti­que et se taper une per­quiz où les flics tom­bent sur des plans de beuh ou des choses volées, c’est leur donner un putain de moyen de pres­sion.

Et main­te­nant qu’est-ce qu’on fait ?

Déjà refu­ser quand un agent débar­que et vous pro­pose une simple dis­cus­sion. Couper court direc­te­ment à la conver­sa­tion, on a rien à dire. Si les flics envoient une convo­ca­tion on peut tout à fait refu­ser de s’y rendre. Ce n’est pas un délit. S’ils veu­lent à tout prix enten­dre quelqu’un ils vien­dront le cher­cher mais le plus sou­vent l’audi­tion est un moyen pour eux d’obte­nir quel­ques infos, et dans ce cas-là ils peu­vent faci­le­ment lâcher l’affaire. De toute manière, autant ne pas s’y rendre de son plein gré, et ce refus est d’autant plus facile si il pro­vient d’une déci­sion col­lec­tive et assu­mée [8]. Contre-argu­ment : « mais comme ça on a plus d’his­toi­res, c’est fini ; si j’y vais pas, ils vont penser que je sais des choses, ça va m’être repro­ché ensuite. Moi d’façons je ne sais rien ». Ouais, sauf que 1) dans la plu­part des cas, c’est quand les flics sen­tent que ça ne prend pas, quand ils se pren­nent quel­ques refus à la suite, qu’ils lâchent l’affaire (sur­tout quand ils sen­tent que ça émane d’une posi­tion col­lec­tive) 2) même une conver­sa­tion ano­dine avec la police peut mettre dans la merde d’autres gens. Parce qu’on parle, que dans le flot de la conver­sa­tion on cite même sans le vou­loir, des noms, des lieux, des habi­tu­des, des his­toi­res déjà enten­dues. Autant d’éléments dont les flics vont se servir pour ali­men­ter leurs enquê­tes et pro­cé­der à de nou­veaux inter­ro­ga­toi­res. C’est d’ailleurs sans doute le pire, deve­nir indic malgré soi en dis­cu­tant non­cha­lam­ment avec les flics. Ou en ayant l’habi­tude de raconter quel­ques hauts faits n’importe où, au télé­phone [9], de se lancer des allu­sions foi­reu­ses par texto. Bref, si au bout du compte, on se retrouve face à des flics qui posent des ques­tions, la meilleure chose à faire reste encore de ne rien décla­rer. C’est faci­le­ment tena­ble en se retran­chant der­rière le fait que c’est un droit. On peut aussi insis­ter pour voir un avocat et ne rien décla­rer tant qu’il n’est pas là. Ce refus marche d’autant plus que dans bien des cas, l’entre­tien n’a rien d’offi­ciel.

Et si on a été convo­qué, qu’on s’y est rendu et qu’on a parlé, ou juste bavardé, hein, raconté deux trois his­toi­res… C’est sans doute pro­blé­ma­ti­que mais tout n’est pas perdu pour autant. Ce qu’il faut abso­lu­ment faire, avant que la situa­tion empire et ne devienne irré­cu­pé­ra­ble, c’est en parler aux gens concer­nés, à ses amis, et rendre publics un maxi­mum d’éléments. Partager tout ça. À la fois, pour voir très pré­ci­sé­ment ce que les flics cher­chent et savent déjà, tout en met­tant ensuite au cou­rant plus lar­ge­ment les gens qui doi­vent l’être. Et aussi dans le souci de trou­ver une issue col­lec­tive à ce mer­dier. Il faut à tout prix éviter de se retrou­ver seul face à ce qu’on vient de faire : on en finit pas de res­sas­ser ce qu’on a dit/pas dit, ce qu’on a laissé enten­dre. Garder ça pour soi ne sert à rien, tel­le­ment c’est lourd, angois­sant. Ne pas se res­sai­sir à plu­sieurs de ce type d’inci­dents est une erreur (un jour ou l’autre ça va se savoir et les dégâts ris­quent d’être encore plus impor­tants entre les gens et pour la per­sonne qui s’est trou­vée piégée). Rien que des his­toi­res tris­tes en pers­pec­tive.

À Lyon, dif­fé­rents col­lec­tifs, comme la Caisse de Solidarité, sont là pour pou­voir se res­sai­sir col­lec­ti­ve­ment de ces his­toi­res.

Mieux vaut pré­ve­nir…

Il est indis­pen­sa­ble de déve­lop­per une intel­li­gence com­mune autour des pra­ti­ques poli­ciè­res d’infil­tra­tion, de ren­sei­gne­ment et de répres­sion. Sans doute que faire du bruit, les rendre publi­ques permet déjà d’en limi­ter l’impact (et pas seu­le­ment parce qu’on grille les sour­ces). Mais il faut aussi s’atta­quer au ter­rain qui permet aux flics de manœu­vrer rela­ti­ve­ment faci­le­ment. Quelles prises nos formes col­lec­ti­ves d’orga­ni­sa­tion et de vie offrent-elles déjà aux flics ? Comment au fond la police fonc­tionne déjà en notre sein, créant une dis­po­si­tion à la col­la­bo­ra­tion ? Il y a sans doute tout le petit jeu des embrouilles qui n’arri­vent pas à s’assu­mer fran­che­ment en désac­cords, des rumeurs col­por­tées sur tel ou telle, toute cette machine à pro­duire des iden­ti­tés et des étiquettes bien pra­ti­ques quand il s’agit ensuite de les ranger en orga­ni­gramme… Mais plus essen­tiel­le­ment le pro­blème semble concer­ner la den­sité poli­ti­que des « mou­van­ces » poten­tiel­le­ment ciblées par la police. Autrement dit, ce qui peut per­met­tre de l’empê­cher d’opérer pré­ven­ti­ve­ment, c’est tout sim­ple­ment ce qui d’ordi­naire doit rendre nos exis­ten­ces et nos ini­tia­ti­ves poli­ti­ques un tant soit peu viva­bles : un peu moins de défiance et de res­sen­ti­ment, un peu d’intel­li­gence dans les conflits, un tant soit peu d’inté­grité ou de sin­cé­rité et sur­tout une soli­da­rité maté­rielle et affec­tive qui soit à la hau­teur.

Notes

[1] Un exemple parmi d’autre : en prenant l’initiative d’aller voir la préfecture en possession de captures d’écrans de discussions de fafs sur FaceBook.

[2] À noter que pendant ces conversations, à coté de la stratégie assez classique qui consiste à faire parler la personne en face de soi, les flics ont aussi tendance à « tester » l’autre en parlant et en observant ses réactions ou son absence de réactions. Exemple : quand un mec de la SDAT (Sous-Direction Anti-Terroriste) dit tout net, « tu sais ce qui nous intéresse, c’est pas les gens qui jettent des cailloux, c’est vraiment ceux qui veulent poser des bombes », et qu’en face la personne interrogée écoute avec intérêt, elle avalise de fait qu’elle évolue bien dans un univers où il est « normal » de caillasser la police. Et c’est sur ces gens-là, entres autres, que la police enquête. Retord mais efficace.

[3] Voir Tentative de recruter une taupe dans le bocage_ Contre un téléphone et des cacahuètes, NDDL, oct-nov (Indymedia Nantes)

[4] Voir Quand la brigade criminelle de Paris cherche à acheter un camarade… (Non Fides)

[5] Voir 22 v’là la SDAT (Rebellyon.info)

[6] Voir Affaire de Tarnac : la surveillance policière prise en flag (Les Inrocks)

[7] L’espion du président, 2012, p. 80

[8] Comme cela a été le cas par exemple dans l’affaire de la « Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne » où la décision à été prise, suite à plusieurs réunions, de ne pas se rendre à ce genre de convocations. Résultats les flics sont allés chercher les gens convoqués qu’ils voulaient vraiment choper et les autres ont pu passer à trav’.

[9] Dans un récent entretien au site Mediapart, Yves Bertrand, l’ex-patron des RG confirme que « Les écoutes, la DCRI en a fait comme vous pouvez manger des croissants ».

Source : http://rebellyon.info/Concernant-les-recentes-tentatives.html

Repost 0
Published by AL Montpellier
commenter cet article
29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 12:00

174904_vignette_reunion-principal.jpgDepuis plusieurs semaine, se poursuit un mouvement de grève du sur l'ile de la Réunion contre l'austérité et la vie chère dans l'ignorance totale des médias français, obnibulés par les élections présidentielles. Voici le communiqué d'une organisation de jeunesse Réunionnaise, qui par ailleurs n'épargne pas les directions syndicales...

 

 

Appel à la mobilisation avec les Réunionnais en lutte



 

Déclaration du JERF et du comité de mobilisation,  25 février 2012

 

Nous, Jeunes Emigrés Réunionnais en France, sommes une organisation indépendante de tous partis politiques. Nous luttons auprès des réunionnais en France face à la politique du CNARM, mais aussi contre le racisme et l’exploitation.

 

Les évènements actuels à la Réunion témoignent de la remise en cause des politiques coloniales et de la structure économique de l’île. 

Situation sociale à la Réunion :

 

Emigration : Près de 104 000 réunionnais vivent dans l’hexagone, soit 14% des natifs de la Réunion.

 

Population : 800 000 habitants qui compte 52% de jeunes.

 

Chômage : la moitié des jeunes du pays n’ont pas d’emploi

 

Seuil de pauvreté : 52 % de la population réunionnaise vit en dessous du seuil de pauvreté.

 

Santé et malaise des Réunionnais : La mortalité est plus importante qu’en France dans toutes les tranches d’âge, le sentiment de malaise est profond.

 

Racisme et humiliation :

 

Certains lieux de notre île sont des zones de non-droits pour les réunionnais et les réunionnaises, s’ils ont le malheur d’être jeunes et « foncés », et s’ils sont identifiés comme chômeurs, ils n’ont pas accès à certains endroits. Il y a de véritables ghettos de privilégiés qui sont les expatriés français (zorey) alors que les plus pauvres, et les familles de descendants d’esclaves sont des citoyens de seconde zone. Il y a de la place et du travail pour les zorey alors qu’il n’y en pas pour les réunionnais qui, eux, doivent partir.

 

Après cette présentation nous disons : Non ! Non à la récupération des révoltes à la Réunion !

 

emeute-reunion.jpgC’est ainsi que pendant les grèves de vie chère du premier trimestre 2009, à la Réunion, l’élite du PCR et du COSPAR (collectif d’organisations monté contre la vie chère), n’a pas mené à termes ce grand mouvement populaire qui aurait pu accompagner celui des Guadeloupéens. La tête du PCR et du COSPAR ont délibérément brisé ce mouvement. Le 5 mars 2009, des milliers de Réunionnais et de Réunionnaises se sont retrouvés dans les revendications des Guadeloupéens.

 

Lorsque ces personnes se sont retrouvées ensemble, la tête du PCR (Parti Communiste Réunionnais et ses coquilles telles que l’Alliance des jeunes, l’Alliance contre le chômage…) et  du COSPAR la di azot : « fane astèr » c’est-à-dire « dispersez-vous », « sirtou rès pa ansanm », « fé pa dézord dan somin » comme s’il ne s’agissait pas de leur pays, de leur vie, de leur ras-le-bol, de leur rage…

 

Ratenon de  « l’Alliance contre le chômage », en plein mouvement le 5 mars 2009  a déclaré à propose de la grève générale: « « Il ne faut surtout pas le faire » au moment où la grève se durcissait aux Antilles  … « Le préfet est d’accord pour négocier ».

 

Entre 2009 et 2012 leurs négociations n’ont servi à rien, sous prétexte de maintenir la cohésion sociale il a participé à l’explosion sociale ! Aujourd’hui c’est toujours la même rengaine, il court pour négocier avec le préfet alors que les réunionnais dans la rue scandent « Préfet Démission ».

 

10 ans après les révoltes de 1991, après mandats politiques sur mandats politiques, le PCR et les autres partis PS et droites diverses ont conduit la Réunion à un climat d’explosion sociale.

La Réunion n’est pas un sentiment, une sensation forte (île intense), c’est un pays où le chômage est plus fort qu’en Afrique, un territoire dont la forte croissance ne s’accompagne pas du développement, autrement dit d’un mieux-être social, économique et environnemental. Le paradoxe réunionnais est que le pays est classé selon les indicateurs économiques parmi les pays les plus riches (46è rang mondial).

 

Aujourd’hui, des jeunes de l’île se révoltent. Leur colère est légitime car pendant le mouvement contre la vie chère, la parole a été monopolisée par les politiciens professionnels. La grande partie de cette jeunesse délaissée sur le bord du chemin identifie le problème : la vie chère, le chômage, l’absence de perspectives d’avenir, la monopolisation et la récupération de la parole des réunionnais.

 

Ces révoltes sont la remise en cause du système politique tout entier, un système mafieux qui permet aux politiciens de la droite comme de la gauche de se remplir les poches et de remplir les poches des groblan.  Exemple : CBO Territoria qui s’occupe de la gestion foncière du groupe Bourbon de Chateauvieux possède à la Réunion un patrimoine foncier de 3200 hectares, le Groupe Bernard Hayot, béké martiniquais a été introduit également à la Réunion par son confrère réunionnais.

 

Les aides sociales de la France sont dépensées dans ces temples de la consommation que sont Leclerc, Score… Or, les bénéfices ne sont pas réinvestis à la Réunion mais profitent aux capitalistes. C’est autour de ces enseignes précisément qu’aujourd’hui, les réunionnais et les réunionnaises se retrouvent pour protester. Temples de la consommation visés par des jets de galets, protégés par des gardes mobiles autorisés à tuer.

 

Comment se fait-il que les politiciens qui volent de l’argent ne sont jamais punis par la loi ? Les révoltés, eux sont réprimés, pour 300 manifestants il y a 460 policiers et gendarmes sur place selon Guéant qui a envoyé deux escadrons en plus. Actuellement nous sommes à un peu moins de 200 interpellations.

 

Ce ne sont pas les quelques miettes jetées par les Dindar, Didier Robert, Vergès et autres élus qui, par des mesures « provisoires » dans un but de se faire élire aux élections, vont pouvoir régler les plaies béantes d’une structure politique et économique inadaptée à la Réunion. Structure politique corrompue, maintenue par les élites de la Réunion avançant main dans la main avec le pouvoir d’Etat Français.

 

C’est au peuple de décider de son destin politique, la répression et les miettes ne sont pas des réponses à une colère juste et légitime.

 

C’est un changement radical qui est attendu à la Réunion et en Métropole par les réunionnais émigrés, partis à 10000 km de leur pays pour trouver du travail.

 

 

Pas de justice de paix !

 

Non à la répression ! Non à la récupération !

 

La révolte n’est pas un crime ! La révolte est légitime !

 

Contact du Comité de mobilisation pour la Réunion libre :

06 26 39 86 95

Repost 0
Published by AL Montpellier
commenter cet article
28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 15:00

emeutes.jpgDans un retour sur les emeutes de 2005, voici une tentative de liste exhaustive des évènements qui on agité la France en novembre 2005. On y apprend notamment qu'une grand mère de 64 ans a participé aux émeutes...

Pour des raisons de lisibilité nous ne restituons qu'une partie de la chronologie...

 

CHRONOLOGIE des évé­nements du 27 octo­bre au 20 novem­bre 2005

 

parue dans La rév­olte des cités franç­aises, symptôme d’un combat social mon­dial

 

Sources. Nous avons uti­lisé pour cette chro­no­lo­gie les quo­ti­diens Libération, Le Parisien, le Monde... et les agen­ces AFP, Reuters...ainsi que les sites Internet Nouvelobs.com et http://fr.wiki­pe­dia.org/wiki/Émeute...

Les sites cites2­france.sky­blog.com/ et cet­te­se­maine.free.fr,qui ont publié aussi des chro­no­lo­gies des émeutes, s’appuient prin­ci­pa­le­ment (ainsi qu’une kyrielle d’autres sites) sur nou­ve­lobs.com

En der­nière ins­tance, en dehors de quel­ques repor­ta­ges de jour­na­lis­tes qui ont recueilli des faits direc­te­ment, la prin­ci­pale source de toutes ces recen­sions est la police.

D’après cer­tai­nes infor­ma­tions, le ministère de l’Intérieur aurait donné, dès le début des « émeutes », des ordres aux préfets pour que toutes les infor­ma­tions soient fil­trées avant d’être trans­mi­ses aux médias. On peut sup­po­ser que cette pra­ti­que a éliminé des sta­tis­ti­ques tém­oignant de l’expan­sion géné­rale des « trou­bles » tout ce qui a pu se passer dans les loca­lités de moin­dre impor­tance ou isolées.

Ainsi qu’en tém­oigne cette lettre d’un cama­rade de pro­vince (Saône-et-Loire) : « ...En tout cas, cette fois, les rév­oltes ne se sont pas limitées qu’aux gran­des cités des gran­des villes ; elles ont éclaté même dans de peti­tes villes, par exem­ple Montceau-les-Mines (30 000 habi­tants) où il y a eu quatre nuits consé­cu­tives d’émeutes ( voi­tu­res incen­diées, maga­sins brûlés, bagar­res avec les flics, etc.). Je sais qu’au Creusot il ne s’est qua­si­ment rien passé, à Dijon, il y a eu au moins deux nuits où ça a chauffé, comme à Châlon-sur-Saône . Dans l’Allier je sais qu’à Vichy il y a eu des voi­tu­res incen­diées mais rien d’autre... »

***

Ÿ C’est tou­jours suite à une bavure ou à un contrôle poli­cier, entraînant la mort d’un jeune, que les quar­tiers « s’enflam­ment ». La mort de deux mineurs à Clichy-sous-Bois, alors qu’ils se croyaient ou étaient pour­sui­vis par la police, n’a pas échappé à la règle.

- Jeudi 27 octo­bre

Ÿ Trois ado­les­cents enjam­bent les grilles d’un trans­for­ma­teur EDF à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Deux d’entre eux, Zied Benna, 17 ans, d’ori­gine tuni­sienne, et Bouna Traore, 15 ans, d’ori­gine malienne, trou­vent la mort en s’élect­ro­cutant. Le troi­sième, Muhittin Altun, âgé de 17 ans,dont les parents sont des Kurdes de Turquie, est griè­vement blessé. La polé­mique por­tera notam­ment sur le fait de savoir si ces garçons cher­chaient à éch­apper à la police, celle-ci affir­mant qu’elle ne les pour­sui­vait pas, le sur­vi­vant et d’autres jeunes tém­oignant d’une course-pour­suite. Muhittin Altun confir­mera le 10 au juge d’ins­truc­tion la « course pour­suite » dont lui et ses cama­ra­des fai­saient l’objet.

Ÿ La presse évoq­uera, le même jour, la mort sur­ve­nue dans la rue d’une autre ban­lieue pari­sienne, Epinay-sur-Seine, d’un quin­quagén­aire employé dans une entre­prise d’écl­ai­rage public. Jean-Claude Irvoas, qui se pro­me­nait en pre­nant des pho­to­gra­phies de lam­pa­dai­res pour son tra­vail, avait été roué de coups de poings et de pieds par trois hommes sous les yeux de sa femme et de sa fille. Il était mort peu après. Fait divers qui comme d’autres n’est pas en lien direct avec la rév­olte des cités mais par­ti­cipe d’une atmos­phère de vio­lence et sera uti­lisé pour faire l’amal­game avec les « émeutes ». Deux hommes seront arrêtés pour cette affaire, puis un troi­sième le mer­credi 9 novem­bre.

Ÿ A Clichy-sous-Bois, la nou­velle du décès de Zyed Benna et de Bouna Traoré jette dans la rue plu­sieurs dizai­nes d’ado­les­cents, envi­ron 200 selon le ministère de l’Intérieur. « On a vu les jeunes se masser pro­gres­si­ve­ment et venir au contact », indi­que un secou­riste. Ils s’en pren­nent d’abord aux pom­piers venus tenter de secou­rir les trois garçons réfugiés dans le trans­for­ma­teur ; les pom­piers doi­vent trans­por­ter le blessé au centre de secours de Clichy-sous-Bois pour éch­apper aux caillas­sa­ges.

- Nuit du 27 au 28 octo­bre

Ÿ Vers 23 heures, la bri­gade de sapeurs-pom­piers de Paris décl­enche le plan de secours « trou­bles urbains » tandis que des « bandes incontrôlées de plu­sieurs dizai­nes de jeunes », selon les termes de l’état-major des sapeurs-pom­piers de Paris, s’en pren­nent aux engins en inter­ven­tion, au centre de secours de Clichy-sous-Bois et à d’autres bâtiments. 23 voi­tu­res sont incen­diées.

- Nuit du 28 au 29 octo­bre

Ÿ 400 jeunes affron­tent pen­dant deux heures les poli­ciers à Clichy-sous-Bois et dans la ville voi­sine de Montfermeil. Une balle réelle est tirée contre un four­gon de CRS. 29 voi­tu­res sont brûlées, les vitres d’un centre com­mer­cial brisées, des abri-bus van­da­lisés ; une école, la poste et la mairie font l’objet de caillas­sa­ges. Face à ces jeunes, jusqu’à 300 poli­ciers ont rép­liqué jusqu’à 2 heures du matin.

Ÿ Un clas­si­que en pareil cas que la police sait en prin­cipe bien gérer. Mais cette fois, l’explo­sion de colère et de haine de la jeu­nesse des cités va se géné­ra­liser. N’ayant pas la pos­si­bi­lité de faire la grève, les jeunes vont s’en pren­dre à tout ce qui dans leur vie cou­rante appa­raît comme des cen­tres de contrôle, d’inter­dic­tion et de répr­ession : cen­tres com­mer­ciaux, écoles pri­mai­res ou mater­nel­les, églises, bus et dépôt de bus, véhi­cules, trains, per­son­nes, poste de police, mai­ries, poste, Sécurité sociale, tri­bu­naux, cen­tres cultu­rels, théâtres, gym­na­ses...

- Samedi 29 octo­bre

Ÿ 500 per­son­nes défilent en silence dans Clichy-sous-Bois, en mém­oire des deux mineurs morts.

Ÿ Vers 18 heures, on apprend à Bobigny (préf­ec­ture de Seine-Saint-Denis) qu’un dis­po­si­tif ren­forcé de près de 400 poli­ciers va être mis en place.

- Nuit du 29 au 30 octo­bre

Ÿ La rage reprend. Vers 23 h 30, la police ne compte que 17 feux de pou­bel­les et de véhi­cules, mais dans la nuit, 20 véhi­cules seront incen­diés à Clichy-sous-Bois. « Quelques écha­uffourées » selon la police, 6 poli­ciers légè­rement blessés.

- Dimanche 30 octo­bre

Ÿ Les affron­te­ments s’étendent à la limite de Clichy-sous-Bois et Montfermeil, 8 voi­tu­res incen­diées.

Ÿ Une gre­nade lacry­mogène uti­lisée par les CRS atteint une mos­quée de Clichy-sous-Bois. Le 7 novem­bre, Nicolas Sarkozy, minis­tre de l’Intérieur, déc­la­rera que la gre­nade, dont les gaz ont pénétré dans l’édi­fice, « n’a pas éclatée dans la mos­quée ».

Ÿ 22 per­son­nes en garde à vue, dont 9 inter­pellées durant la nuit. 11 jeunes vont être déférés diman­che soir devant le par­quet de Bobigny en vue de leur mise en examen.

- Lundi 31 octo­bre

Ÿ Trois adul­tes âgés de 20 à 27 ans sont condamnés par le tri­bu­nal de Bobigny à huit mois de prison, dont deux ferme, pour avoir lancé des pro­jec­ti­les contre des poli­ciers.

- Nuit du 31 octo­bre au 1er novem­bre

Ÿ La rév­olte fait tache d’huile : écha­uffourées à Clichy-sous-Bois (un cock­tail Molotov est lancé vers le PC des forces de sécurité) et dans six autres villes de Seine-Saint-Denis (Aulnay-sous-Bois, Bondy, Montfermeil, Neuilly-sur-Marne, Sevran, Tremblay-en-France), ainsi qu’à Chelles (Seine-et-Marne), ville limi­tro­phe de Montfermeil. 68 véhi­cules incen­diés dans le dép­ar­tement.

12 inter­pel­la­tions

- Mardi 1er novem­bre

Le jeu de l’apai­se­ment est rangé au pla­card, et l’Etat, sa police et sa jus­tice... sont sur le pied de guerre.

Ÿ Les famil­les des deux ado­les­cents morts à Clichy-sous-Bois refu­sent d’être reçues par Nicolas Sarkozy, minis­tre de l’Intérieur, en raison des propos qu’il tient sur les ban­lieues, attri­buant la ten­sion qui y règne à des « voyous », des « racailles » (Argenteuil, 25 octo­bre) qu’il faut « net­toyer au Kärcher » (La Courneuve, 21 juin).

Le 20 juin 2005, un enfant est tué par une balle perdue lors d’une fusillade à la Cité des 4 000 à La Courneuve. Nicolas Sarkozy, minis­tre de l’Intérieur, déc­lare lors de son dép­la­cement sur place vou­loir « net­toyer la cité au Kärcher ». Le 25 octo­bre, lors d’un dép­la­cement à Argenteuil, Nicolas Sarkozy uti­lise le mot « racaille » repre­nant le terme uti­lisé par une femme du quar­tier à laquelle il s’adres­sait.

Mais Sarkozy est présent à l’entre­vue que les famil­les accep­tent avec le pre­mier minis­tre, Dominique de Villepin. Celui-ci assure que « toute la lumière sera faite sur les cir­cons­tan­ces de cet acci­dent ». Le minis­tre délégué à la Promotion de l’égalité des chan­ces, Azouz Begag, dén­once la « sém­an­tique guer­rière, impré­cise » du minis­tre de l’Intérieur.

Ÿ Mardi soir, 13 per­son­nes sur les 19 inter­pellées samedi et diman­che sont déférées devant le par­quet de Bobigny. 8 d’entre elles seront jugées en com­pa­ru­tion imméd­iate le 2 novem­bre. 4 mineurs, inter­pellés pen­dant le week-end, sont remis en liberté.

- Nuit du 1er au 2 novem­bre

Ÿ Les affron­te­ments repren­nent en Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne, Yvelines et Val-d’Oise, 228 voi­tu­res sont incen­diées.

Ÿ 34 inter­pel­la­tions

Ÿ Le nombre d’incen­dies de voi­tu­res, qui peut paraître une comp­ta­bi­lité déris­oire, est pour la police un indice de la vio­lence des émeutes. En temps « normal », une cen­taine de véhi­cules sont incen­diés chaque jour dans l’Hexagone, pour toutes sortes de motifs (escro­que­ries à l’assu­rance, affai­res privées ou ven­geance, ou encore pour faire dis­pa­raître des traces ou des indi­ces met­tant en cause le milieu du ban­di­tisme).

Le ministère de l’Intérieur entend par « véhi­cules », il faut enten­dre non seu­le­ment des voi­tu­res, mais aussi des auto­bus, des motos et des cyclo­mo­teurs. Lorsque, le 17 novem­bre, le ministère annon­cera le retour à une situa­tion « nor­male », ce sera en raison de la fin des affron­te­ments entre jeunes et poli­ciers et du retour à moins de cent véhi­cules brûlés dans la France entière.

Ÿ Seine-Saint-Denis. A Bobigny, deux véhi­cules de la Direction dép­ar­tem­en­tale de l’équi­pement (DDE) sont incen­diés. A Bondy, le sabo­tage d’un trans­for­ma­teur EDF plonge la ville dans le noir ; le maga­sin Mondial Moquette de cette ville (4 sala­riés) est incen­dié.

Incidents à La Courneuve, Tremblay-en-France , Sevran, Livry-Gargan, Pierrefitte, Clichy-sous-Bois.

A Aulnay-sous-Bois, à la limite du Blanc-Mesnil, sept (selon Le Parisien, six selon Le Monde du 10 novem­bre) auto­cars détruits dans la zone d’acti­vité du Coudray.

Ÿ A Pau, dans le « quar­tier sen­si­ble » de l’Ousse-des-Bois, série d’actes de vio­lence ces deux der­nières nuits .

- Mercredi 2 novem­bre

Ÿ Sarkozy annule son voyage au Pakistan et en Afghanistan.

Ÿ Le pré­sident de la République appelle, en conseil des minis­tres, à « l’apai­se­ment des esprits ».

Ÿ Dominique de Villepin lui aussi reporte un voyage, au Canada, et annonce « un plan d’action » avant la fin novem­bre, tout en affir­mant qu’il n’y a « pas de solu­tion mira­cle face à la situa­tion des quar­tiers ».

Ÿ Entrée en vigueur du Plan de lutte contre les vio­len­ces urbai­nes mobi­li­sant 17 com­pa­gnies de CRS dans 17 dép­ar­tement sen­si­bles.

Ÿ Seine-Saint-Denis. Vers 19 heures, une qua­ran­taine d’indi­vi­dus van­da­li­sent le centre com­mer­cial de Bobigny, la préf­ec­ture du dép­ar­tement. La vitre d’une bou­ti­que de prêt-à-porter est brisée et les extinc­teurs vidés. Selon un gar­dien, les assaillants étaient cagoulés et ont blessé à la nuque une employée dans un super­mar­ché. Trois com­merçants seraient légè­rement blessés.

Ÿ 6 jeunes adul­tes com­pa­rais­sent à Bobigny. Des peines de 1 mois et 3 mois ferme sont pro­noncées contre 2 d’entre eux.

Ÿ Au Blanc-Mesnil, un bus de la ligne 251 est caillassé et stoppé par un bar­rage de pou­bel­les ; le chauf­feur et les pas­sa­gers des­cen­dent ; le bus est ensuite incen­dié.

Une ou deux rames du RER B sont visés par des pier­res à hau­teur du Blanc-Mesnil. « Une tren­taine de jeunes ont caillassé la rame, actionné de nom­breux signaux d’alarme et volé les effets per­son­nels de plu­sieurs voya­geurs ».

Ÿ Le 2 novem­bre, une quin­quagén­aire han­di­capée âgée de 56 ans est gra­ve­ment brûlée (20 %) au cours de l’atta­que d’un bus à Sevran (Seine-Saint-Denis).

La presse rap­por­tera le 4 ce fait divers par­ti­cu­liè­rement cho­quant, indi­quant qu’un bus de la ligne 15 des Courriers d’Ile-de-France (CIF) trans­por­tant une cin­quan­taine de per­son­nes avait été pris dans un guet-apens mer­credi 2 vers 21 h 30 et forcé de s’arrêter par des conte­neurs (bennes à ordu­res) enflammés placés au milieu de sa route, selon le par­quet de Bobigny. Des dizai­nes d’indi­vi­dus ont alors lancé une bou­teille d’essence enflammée dans le bus condui­sant le chauf­feur à deman­der aux pas­sa­gers de des­cen­dre. La vic­time n’a pu sortir et un jeune homme l’aurait aspergée d’essence [« deux jeunes mon­tent à bord et vident des bidons d’essence, asper­geant le conduc­teur et la pas­sagère munie de béquilles assise à l’avant. Après avoir brisé des vitres, les assaillants jet­tent des chif­fons embrasés dans le bus », écrit Le Parisien] ; d’autres auraient lancé un chif­fon enflammé dans le véhi­cule. » « Après l’atta­que du bus, les 200 émeutiers met­tent à sac le centre social. » (Le Parisien.)

Vendredi 10 mars 2006, soit près de quatre mois après les faits, trois ado­les­cents de 15 et 16 ans domi­ci­liés à la cité des Beaudottes (inter­pellés le 7 mars) ont été mis en examen pour vio­lence volon­taire avec arme, en réunion et avec pré­mé­di­tation et pour des­truc­tion volon­taire par incen­die com­mise en réunion ayant entraîné une ITT (Incapacité totale de tra­vail) supéri­eure à huit jours. Ils encou­rent vingt ans pour ces chefs d’inculpa­tion. Les trois mineurs ont été remis en liberté sous contrôle judi­ciaire dès le samedi 11.

Parmi eux se trou­vaient, selon la police, les « deux prin­ci­paux auteurs », le garçon qui a versé l’essence et celui qui a jeté le chif­fon enflammé. Le troi­sième aurait par­ti­cipé au « guet-apens » tendu au bus. Tous trois ont reconnu leur rôle dans le drame. L’un d’entre eux a expli­qué qu’il avait tenté de sortir la vic­time du bus, ce dont sem­blent tém­oigner des vêtements brûlés trouvés à son domi­cile. D’après l’enquête, il ne semble pas que les sus­pects aient volon­tai­re­ment aspergé d’essence la femme, mais plutôt qu’elle soit tombée dans l’allée du bus où avait été rép­andue l’essence, et qu’ils ne se soient aperçu qu’a pos­te­riori de sa prés­ence.


- Nuit du 4 au 5 novem­bre

Ÿ 897 véhi­cules incen­diés, dont 656 en Ile-de-France, 241 en pro­vince.

253 inter­pel­la­tions.

Ÿ Seine-Saint-Denis. Les forces de l’ordre (700 pom­piers, 1 400 hommes, dont 8 com­pa­gnies de CRS et 5 esca­drons de gen­dar­mes mobi­les) ont été ren­forcées par un hélicoptère équipé d’une caméra.

A Bobigny, alors que plu­sieurs per­son­nes com­pa­rais­sent au tri­bu­nal cor­rec­tion­nel, cinq voi­tu­res pren­nent feu dans les sous-sols du tri­bu­nal des prud’hommes. A Aubervilliers, à 18 h 45, un entrepôt tex­tile de 5 000 m2 est en feu. Des cock­tails Molotov sont jetés sur les pom­piers, la police inter­vient.

A Noisy-le-Grand, des inci­dents éclatent lors­que le centre com­mer­cial ferme plus tôt que d’habi­tude. Un cock­tail Molotov est lancé contre une école pri­maire. Un café-tabac est pillé.

A Saint-Denis, en plein centre-ville, des conte­neurs en plas­ti­que flam­bent. Un engin incen­diaire (qui ne pro­vo­que aucun dégât) est lancé sur le par­king du com­mis­sa­riat.

A Pantin, heurts entre jeunes et poli­ciers.

A Montreuil, incen­dies d’un maga­sin Leader Price,d’un par­king cou­vert, d’une conces­sion Renault.

A Pierrefitte, un engin incen­diaire est lancé contre la syna­go­gue ; l’incen­die d’une voi­ture a pro­vo­qué une cou­pure d’élect­ricité dans une partie du vil­lage. Une soixan­taine de per­son­nes sont allés se réfugier sur la place de l’église. ; deux per­son­nes sont inter­pellées.

A Villetaneuse, un bureau de poste est incen­dié.

A La Courneuve, un début d’incen­die dans une crèche est maîtrisé.

A Montmagny, un maga­sin Franprix a été atta­qué.

A Persan, un par­king sou­ter­rain incen­dié.

A Stains, durant la nuit, une agres­sion est com­mise dans la rue contre un homme de 60 ans, Jean-Jacques Le Chenadec. « Rien ne permet pour l’ins­tant de relier [ce fait] aux vio­len­ces urbai­nes que nous connais­sons actuel­le­ment », indi­que un poli­cier. L’homme, hos­pi­ta­lisé dans le coma, mourra lundi dans l’après-midi. Nicolas Sarkozy reçoit alors sa veuve, et le maire (PC) de Stains appelle à mani­fes­ter à 18 h 30 sur les lieux de l’agres­sion, bou­le­vard Maxime-Gorki. Jean-Paul Le Glou, adjoint au maire chargé des ques­tions de sécurité, pré­cise que « lier ces faits avec les vio­len­ces urbai­nes n’a rien d’évident », et que « le quar­tier de la Croix-Blanche est dis­tant de près d’un kilomètre du Clos-Saint-Lazare, la cité de Stains où se sont déroulés les inci­dents des der­niers jours ».

Ÿ Hauts-de-Seine. A Suresnes, vers 22 h 30, 44 véhi­cules brûlent sous une halle de marché. A Gennevilliers, plu­sieurs dizai­nes de poli­ciers sont déployés dans la cité du Luth, où quel­ques voi­tu­res ont été incen­diées et où 9 jeunes gens avec des cock­tails Molotov sont inter­pellés. A Clichy, 4 véhi­cules brûlés, un départ de feu dans un maga­sin Franprix. A Clamart, un camion détruit par un cock­tail Molotov.A Colombes, des pom­piers caillassés alors qu’il éteignent un incen­die de voi­tu­res.

Ÿ Val-d’Oise. 37 véhi­cules brûlés,

34 inter­pel­la­tions.

A Sarcelles, tir à balle réelle sur un bus. A Villiers-le-Bel,les CRS bou­clent une cité après des jets de cock­tails Molotov et incen­dies de voi­tu­res ; des dég­ra­dations ont été cons­tatées dans la biblio­thèque.. A Garges-lès-Gonnesse, feu de conte­neurs, jets de pier­res contre une voi­ture de jour­na­lis­tes.

Ÿ Seine-et-Marne. A Meaux, heurts entre jeunes et poli­ciers et pom­piers. Un véhi­cule de secours est incen­dié par un cock­tail Molotov alors que les pom­piers inter­vien­nent pour un malaise dans un immeu­ble.

A Torcy, l’espace cultu­rel Mosaïque, mitoyen du collège Jean-Monnet, a été incen­dié ; les flam­mes ne se sont pas pro­pagées à l’établ­is­sement sco­laire.

Ÿ Essonne. 60 incen­dies de voi­tu­res. Véhicules de police et de pom­piers caillassés. A Corbeil-Essonne, dans le quar­tier de Coquibus, un poli­cier blessé par deux pavés. Un engin incen­diaire contre une conces­sion Opel et un dépôt de pneus usagés. Plusieurs inter­pel­la­tions. A Epinay-sous-Sénart, inci­dents.

A Saint-Michel-sur-Orge, la mairie est ravagée en partie par un incen­die. A Brétigny-sur-Orge, une école mater­nelle et pri­maire a été détr­uite en partie.

Ÿ Yvelines. Selon la préf­ec­ture, 38 voi­tu­res ont été incen­diées et 16 per­son­nes ont été inter­pellées, dont 7 à Sartrouville qui s’apprêtaient à mettre le feu à l’ancienne mairie annexe.

Aux Mureaux, affron­te­ments entre une cin­quan­taine de jeunes et une soixan­taine de CRS. ; quatre poli­ciers légè­rement blessés, 15 inter­pel­la­tions. Incendies de voi­ture (une dou­zaine) aux Mureaux, à Mantes-la-Jolie et à Elancourt, 9 inter­pel­la­tions


Ÿ Le ministère de la Justice annonce que sur les 1 206 per­son­nes inter­pellées depuis le 27 octo­bre, une cen­taine ont été déférées à la jus­tice. Une ving­taine d’adul­tes majeurs ont été condamnés à des peines de prison ferme, en Ile-de-France, et trente placés sous mandat de dépôt dans l’attente d’un juge­ment. Cinquante mineurs ont été présentés devant le juge des enfants.

Ÿ En Seine-Saint-Denis, 12 lignes de bus RATP sont inter­rom­pues. Le trafic du tram­way et celui du RER B sont per­turbés.

Ÿ Hauts-de-Seine. Le trafic des bus est inter­rompu dans plu­sieurs com­mu­nes. A Colombes, un auto­bus est caillassé ; un bébé de treize mois qui se trou­vait à bord aurait été blessé ; l’infor­ma­tion sera dém­entie le len­de­main.

Ÿ A Paris, la per­ma­nence du député UMP Pierre Lellouche est visée par un cock­tail Molotov.

Ÿ Loire. Vers 16 heures, à La Ricamarie, ban­lieue de Saint-Etienne, un bus est incen­dié par un groupe de jeunes. Le chauf­feur et une pas­sagère sont légè­rement blessés. Un ado­les­cent de 17 ans avouera, mer­credi 9, sa par­ti­ci­pa­tion à l’incen­die de cet auto­bus.

Jeudi 10, 7 mineurs seront présentés au par­quet. Le trafic des bus est entiè­rement sus pendu dans l’agglomé­ration par la société STAS et ne repren­dra que mardi matin. En début de soirée, à Saint-Etienne, une école mater­nelle du quar­tier de Montreynaud est incen­diée. Au Coteau, ban­lieue de Roanne, huit poids lourds sont incen­diés.

Ÿ A Rouen, une voi­ture incen­diaire est lancée sur le com­mis­sa­riat de police du quar­tier des Sapins.

Ÿ Incidents spo­ra­di­ques à Toulouse, Orléans (une mairie annexe et une voi­ture de police sont la cible,en plein jour, de jets de pierre), Rennes.

Ÿ Essonne. A Grigny, quar­tier du Buffle, départ de feu dans une école. Alors que depuis quel­ques nuits les émeutiers sem­blaient éviter un contact direct avec les forces de l’ordre, de vio­lents affron­te­ments se sont pro­duits à Grigny entre 200 jeunes et des CRS. Dans le quar­tier du Méridien, une tren­taine de CRS atteints par des pro­jec­ti­les [34 blessés dans les rangs des forces de l’ordre]. Deux poli­ciers, atteints par des tirs de pis­to­let à gre­naille et de fusil de chasse, sont hos­pi­ta­lisés. Aucune arres­ta­tion n’a été signalée lors de ces heurts à Grigny,mais le mardi 8, le par­quet d’Evry ouvrira une infor­ma­tion judi­ciaire pour « ten­ta­tive d’homi­cide volon­taire ».


Ÿ Un bureau de police à Clermont-Ferrand est tota­le­ment détruit.

- Nuit de diman­che 6 à lundi 7

Ÿ C’est la plus forte nuit d’émeute : 1 408 véhi­cules sont incen­diés à tra­vers 274 com­mu­nes, menant à l’inter­pel­la­tion de 395 émeutiers présumés.

Les actes de vio­len­ces ont com­mencé dès l’après-midi, en ban­lieue pari­sienne comme en pro­vince (Orléans, Blois, Nantes Rennes, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Lyon, Saint-Etienne, Lille, Strasbourg...). Le mou­ve­ment, qui s’était brus­que­ment étendu samedi en pro­vince (554 voi­tu­res brûlées), a explosé diman­che (982 voi­tu­res brûlées), alors qu’il dimi­nuait « signi­fi­ca­ti­ve­ment » en Ile-de-France.

Ÿ A Paris, 9 jeunes gens, dont un mineur de 17 ans, sont inter­pellés diman­che soir et placés en garde à vue pour des dég­ra­dations et une ten­ta­tive d’incen­die d’un dépôt-vente.

Ÿ Seine-Saint-Denis. A Aulnay-sous-Bois, un centre social. est ravagé. Trois cock­tails Molotov sont lancés contre la façade du domi­cile de Martine Valleton, maire (UMP) de Villepinte.

Ÿ Hauts-de-Seine. A Asnières, un studio de pro­duc­tion télé­visu­elle est détruit par un incen­die d’ori­gine cri­mi­nelle. A Suresnes, un entrepôt phar­ma­ceu­ti­que.est détruit.

Ÿ Val-de-Marne. A Villejuif, plu­sieurs cock­tails Molotov ont été lancés sur la caserne des pom­piers, vide au moment des faits, selon la préf­ec­ture. Au Kremlin-Bicêtre, des cock­tails Molotov ont été jetés sur la police. Bilan : 8 poli­ciers légè­rement blessés, un car brûlé, une ving­taine de voi­tu­res brûlées dont deux jetées sur une sta­tion d’essence, une cen­taine de CRS mobi­lisés, 19 arres­ta­tions, des cabi­nes télép­ho­niques et arrêts de bus cassés, 15 voi­tu­res cassés, des pou­bel­les et motos brûlées.

Une crèche « prise pour cible » à Saint-Maurice : 4 mineurs de moins de 16 ans seront mis en examen samedi pour y avoir jeté des cock­tails Molotov.

Ÿ Des véhi­cules brûlent à Rouen (où une voi­ture bélier est lancée contre un com­mis­sa­riat de police d’un « quar­tier sen­si­ble »), au Havre, à Rennes, à Nantes, à Orléans (où des affron­te­ments oppo­sent poli­ciers et cas­seurs cagoulés, plus un lancer de cock­tail Molotov contre une rame de tram­way), à Toulouse (une tren­taine), Lille.

Ÿ Nice. Un peu après minuit, une ving­taine de voi­tu­res ont brûlé depuis le début de la soirée dans différents quar­tiers.

Vers 20 heures, un jeune homme de vingt ans est mis en examen et écroué à Nice pour jets de pro­jec­ti­les sur les forces de l’ordre et dét­ention d’engins explo­sifs.

Ÿ Deux cock­tails Molotov sont lancés contre le pres­bytère de l’île de Thau à Sète (Hérault), sans faire de dégâts.

Ÿ .

Ÿ Le conseil général de Seine-Saint-Denis annonce que des « mesu­res de gar­dien­nage » ont été prises dans une qua­ran­taine de collèges (sur les 116 du dép­ar­tement) pour éviter que les établ­is­sements soient tou­chés par les émeutes.

Ÿ A Bobigny, un jeune homme de 19 ans est condamné à dix mois d’empri­son­ne­ment dont quatre ferme et six avec sursis pour avoir lancé un cock­tail Molotov sur des poli­ciers samedi à Saint-Ouen.

Ÿ Val-d’Oise. A Cergy le gym­nase de Gency, une salle poly­va­lente, une école et une maison de quar­tier sont incen­diés.

Ÿ Essonne. Au Vigneux-sur-Seine, l’école Louise-Michel et la biblio­thèque sont incen­diées.

Ÿ Lundi 7,Creil (Oise) : une Pakistanaise du quar­tier du pla­teau Rouher est placée en garde en vue pour « man­que­ment aux obli­ga­tions paren­ta­les », après l’inter­pel­la­tion de l’un de ses cinq enfants, âgé de 15 ans, arrêté en fla­grant délit diman­che alors qu’il s’appêtait à incen­dier une voi­ture d’une société d’ambu­lan­ces avec une bombe aérosol et une boîte d’allu­met­tes. « Une pre­mière dans le cadre des vio­len­ces urbai­nes qui embra­sent depuis plu­sieurs jours l’agglomé­ration creilloise ». Libérée le mardi, elle devra suivre un stage de « paren­ta­li­sa­tion » avec des psy­cho­lo­gues !

Ÿ Isère. A La Tour-du-Pin, vers 7 heures, un début d’incen­die dans une école pri­maire et mater­nelle est maîtrisé. La biblio­thèque est détr­uite.

Ÿ .A Toulouse, dans l’après-midi, un bus de la ligne 3 est incen­dié par une quin­zaine d’indi­vi­dus en cagoule dans le quar­tier de la Reynerie. Un des assaillants d’un auto­bus saisit une gre­nade lacry­mogène lancée par la police, « vrai­sem­bla­ble­ment pour la ren­voyer sur les forces de l’ordre », repren­nent les jour­naux et les sites web, « pour l’éloigner d’un groupe d’enfants », indi­que la CNT-AIT (voir page 53) ; la gre­nade explose et lui arra­che la main ; il devra être amputé.

55 incen­dies de voi­tu­res.

Ÿ A Toulouse, à 20 heures, un jeune homme de 18 ans est condamné à 8 mois ferme pour avoir jeté des pro­jec­ti­les sur les forces de l’ordre.


Ÿ Le pre­mier minis­tre, Dominique de Villepin, resté dans l’ombre de Chirac depuis le début de la crise, estime vers 20 h 30 sur TF1 que « des réseaux cri­mi­nels orga­nisés appuient les dés­ordres » ; il annonce les mesu­res visant à rétablir l’ordre : res­tau­ra­tion des sub­ven­tions aux asso­cia­tions des « quar­tiers sen­si­bles », pro­po­si­tion d’avan­cer l’âge de l’appren­tis­sage à 14 ans, mul­ti­pli­ca­tion des bour­ses au mérite et des « inter­nats d’excel­lence » et, côté répr­ession, la mobi­li­sa­tion de « 1 500 poli­ciers et gen­dar­mes de plus » et, sur­tout, le recours excep­tion­nel par les préfets au couvre-feu en vertu d’une loi de 1955 appli­quant l’état d’urgence dans tout ou partie de vingt-cinq dép­ar­tements (voir à la date du 9 novem­bre).

Cette loi, fabri­quée pour faire face aux « rebel­les » algériens (loi qui pré­cédait les « pou­voirs spéciaux » en Algérie, votés par le PS et le PCF), a été appli­quée en France en 1961 lors du putsch des généraux, le 17 octo­bre de la même année quand la police a assas­siné des cen­tai­nes d’Algériens, puis en 1985 en Nouvelle-Calédonie face à la rév­olte des Kanaks. L’état d’urgence, inu­ti­lisé en France mét­ro­po­lit­aine depuis 1961, même pas en Mai 68, prend l’aspect d’une nou­velle pro­vo­ca­tion. Il prend effet le mer­credi 9 novem­bre avec la publi­ca­tion au Journal offi­ciel du décret du ministère de l’Intérieur. Il peut rester en vigueur douze jours, soit jusqu’au 20 novem­bre. Au-delà, il faut une loi. L’état d’urgence sera pro­longé pour trois mois.

L’arti­cle 5 de la loi de 1955 donne pou­voir aux préfets « d’inter­dire la cir­cu­la­tion des per­son­nes ou des véhi­cules dans les lieux et aux heures fixés par arrêté, d’ins­ti­tuer des zones de pro­tec­tion ou de sécurité où le séjour des per­son­nes est rég­lementé, d’inter­dire le séjour dans tout ou partie du dép­ar­tement à toute per­sonne cher­chant à entra­ver, de quel­que manière que ce soit, l’action des pou­voirs publics ».

Ils peu­vent pro­non­cer « des inter­dic­tions de séjour ou des assi­gna­tions à résid­ence » ; exiger la remise des armes, ordon­ner la fer­me­ture de lieux publics y com­pris cafés, res­tau­rants, salles de spec­ta­cle ou de débat ; inter­dire des réunions ; faire dili­gen­ter des per­qui­si­tions de nuit en dehors de toute procé­dure judi­ciaire. Le refus de se sou­met­tre au couvre-feu ou à ces mesu­res est puni, selon l’arti­cle 13 de la loi, de huit jours à deux mois d’empri­son­ne­ment et d’une amende.

Ÿ A Vaulx-en-Velin, un début d’incen­die dans une école mater­nelle est maîtrisé par les sapeurs-pom­piers.

Ÿ Lille, 25 incen­dies de véhi­cules.

Ÿ Vers 22 heures, à Evreux, 7 jeunes hommes de 19 à 22 ans sont condamnés à des peines de 8 à 12 mois ferme, pour vio­len­ces urbai­nes.

Ÿ Vers 23 heures, à Nancy, deux condamnés à 8 mois de prison dont 4 ferme pour l’incen­die d’une voi­ture ; à Orléans, 3 condamnés à 8 à 10mois ferme.

- Nuit du 7 au 8 novem­bre

Ÿ 1 173 voi­tu­res ont été brûlées dans toute la France au cours de la nuit du 7 au 8 et 330 arres­ta­tions ont été opérées.

Ÿ Seine-Saint-Denis. Nette décrue des vio­len­ces, selon la préf­ec­ture. A La Courneuve, vers 20 h 30, 300 à 400 per­son­nes mani­fes­tent à l’appel de la mairie et d’asso­cia­tions pour dire « non aux vio­len­ces ».

A Villepinte, un gym­nase a été incen­dié.

Ÿ Val-d’Oise. Sarkozy à Cergy.

Ÿ A Nanterre (Hauts-de-Seine), deux hommes de 23 ans sont condamnés à 8 mois et 1 an de prison ferme pour avoir fourni un bidon d’essence à des mineurs.


Ÿ Exemples donnés par Le Parisien : à Nantes, le 8, deux jeunes hommes de 18 et 21 ans condamnés à trois et quatre mois ferme pour fabri­ca­tion et dét­ention d’un cock­tail Molotov ; à Belfort, trois ado­les­cents de 18 à 19 ans condamnés à des peines de un à deux mois ferme pour incen­dies de véhi­cules.

Ÿ Outre les 106 condamnés, ont été écrouées 72 per­son­nes en prév­en­tive ; donc 178 détenus,parmi les­quels 23 mineurs.

En tout, 170 mineurs ont été présentés à un juge des enfants, dont 33 ont été placés sous mandat de dépôt et écroués.

Ÿ Un Français de 16 ans et un Ghanéen de 18, ori­gi­nai­res de Seine-Saint-Denis, soupçonnés d’avoir appelé à l’émeute sur leurs blogs, sont mis en examen pour « pro­vo­ca­tion à une dég­ra­dation volon­taire dan­ge­reuse pour les per­son­nes par le biais d’Internet ».

Ÿ Ain. Un incen­die ravage les bâtiments de la maison de la petite enfance de Saint-Maurice de Beynost, com­mune proche de Miribel.

Ÿ Le conseil rég­ional d’Ile-de-France indi­que qu’il votera le len­de­main mer­credi un plan d’urgence de 20 à 30 mil­lions d’euros pour les com­mu­nes sinis­trées par les vio­len­ces urbai­nes et pour les vic­ti­mes de dép­rédations.

Ÿ Michèle Alliot-Marie, minis­tre de la Défense, reporte le voyage qu’elle devait effec­tuer du 11 au 15 novem­bre en Australie et en Nouvelle-Calédonie en raison de la situa­tion en France.

Ÿ Le maire (UMP) d’Orléans prend à midi un arrêté muni­ci­pal ins­tau­rant un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans dans sa com­mune.

Ÿ Le conseil des minis­tres prend le décret d’appli­ca­tion de la loi sur l’état d’urgence per­met­tant aux préfets d’impo­ser un couvre-feu « dans des zones qui seront définies ». Ce couvre-feu sera appli­ca­ble « à partir de 0 heures »mer­credi. Le pré­sident de la République réu­nira à la fin de la semaine un nou­veau conseil des minis­tres où sera présenté un projet de loi per­met­tant la pro­ro­ga­tion de l’état d’urgence au-delà des douze jours prévus par le texte de 1955.

Ÿ Les syn­di­cats de police expri­ment leurs rés­erves sur la décision gou­ver­ne­men­tale d’ins­tau­rer un couvre-feu.

Ÿ Le tri­bu­nal de Bobigny doit juger dans l’après-midi au moins une quin­zaine de jeunes gens.

Ÿ « On ne peut pas dire que les patrons n’enga­gent pas les per­son­nes venant de ban­lieue (...), mais la culture ban­lieue est rela­ti­ve­ment anti­no­mi­que avec la culture de l’entre­prise », estime lors d’un « point presse »le pré­sident de l’Assemblée des cham­bres de com­merce et d’indus­trie, Jean-François Bernardin, ajou­tant que les patrons « vont au plus facile » en matière d’embau­che.

Ÿ Le conseil des prud’hommes de Bobigny est fermé « jusqu’à nouvel ordre », le per­son­nel du greffe exerçant son droit de retrait « en raison de la mul­ti­pli­ca­tion des actes vio­lents ».

Ÿ Mardi matin, à Toulouse, aucun bus ne cir­cule,les conduc­teurs ayant fait valoir leur droit de retrait.

Ÿ Une nou­velle pro­vo­ca­tion de Sarkozy, son pre­mier dép­la­cement noc­turne en pro­vince depuis le début des émeutes, à Toulouse : « Soit les bandes gagnent, soit la République l’emporte », dit-il.

Il cons­tate 184 voi­tu­res brûlées à 22 heures, contre 272 la veille, mais deux fois plus d’inter­pel­la­tions (en France). Il y aura en tout, dans la nuit de mardi à mer­credi, 617 voi­tu­res incen­diées, contre 1 173 la veille.

Ÿ Vers 18 heures. Villepin annonce que tous les jeunes de moins de 26 ans habi­tant dans une des 750 « zones sen­si­bles » seront reçus « dans les trois pro­chains mois » par l’ANPE pour se voir pro­po­ser une for­ma­tion, un stage ou un contrat ; 20 000 contrats d’accom­pa­gne­ment seront offerts ; les crédits de l’Agence natio­nale de la Rénovation urbaine seront aug­mentés de 5 % ; 5 000 postes d’assis­tants péda­go­giques seront créés dans les 1 200 collèges « sen­si­bles » et les bour­ses au mérite seront tri­plées (pour attein­dre 100 000) en 2006.

Fin avril 2006, selon le minis­tre du tra­vail Gérard Larcher, 120 000 jeunes auraient été reçus par l’ANPE depuis le mois de déc­embre, sur les 160 000 iden­ti­fiés. Parmi eux, 17 000 se sont vus pro­po­ser un emploi, 30 000 une for­ma­tion, 16 000 un contrat d’inser­tion dans la vie sociale (Civis).Le ministère reconnaît cepen­dant que l’impact sur le taux de chômage des jeunes en ZUS (autour de 40 %) reste impos­si­ble à évaluer.

Ÿ Les pre­miers couvre-feux, mardi 8 au soir : à Amiens (Somme) pour les mineurs de moins de 16 ans non accom­pa­gnés appli­ca­ble à minuit ; à Orléans de 21 heures à 6 heures jusqu’au 30 novem­bre ; et à Savigny-sur-Orge (Essonne), de 22 heures à 7 heures pen­dant un mois.

A Savigny-sur-Orge, selon la mairie, 5 ado­les­cents seront contraints dans la soirée de ren­trer chez eux. A Amiens, 2 mineurs ont été remis à leurs parents.

Ÿ Couvre-feux pour les mineurs aussi appli­ca­bles mardi soir, à Dugny (Seine-Saint-Denis), Asnières et Montrouge (Hauts-de-Seine), Elancourt (Yvelines). Ÿ S’affir­ment opposés au couvre-feu les maires de Bondy (PS) (Seine-Saint-Denis), Pau (PS), Bègles (Vert).

Ÿ Les préf­ec­tures de l’Hérault, d’Eure-et-Loir et du Val-d’Oise ont pris des arrêtés inter­di­sant la vente au détail de car­bu­rant aux mineurs. Cette mesure « bidon », car il est tou­jours pos­si­ble de siphon­ner de l’essence d’un véhi­cule, et même de s’en pro­cu­rer dans les gran­des sur­fa­ces, sera étendue par arrêtés dans plu­sieurs dép­ar­tements et villes, avec des varian­tes (cer­tains préfets inter­di­sent la vente au détail aux mineurs seu­le­ment, d’autres comme celui du Val-de-Marne l’étendent aux majeurs dépo­urvus de pièce d’iden­tité, d’autres à tout le monde) : Val-de-Marne, Val-d’Oise, Drôme, Hérault, Eure-et-Loir, Charente, Landes, Rhône, Loiret, Var, à Amiens, Bordeaux, Caen et Lisieux (Calvados).Le préfet de police de Paris le fera à son tour le 11 novem­bre.

Ÿ


Selon Le Parisien du 9 novem­bre (évé­nements du 8) : « Dans le quar­tier de la Reynerie, affron­te­ments avec les forces de l’ordre. Les effec­tifs, ren­forcés d’une cen­taine d’unités, étaient épaulés par un hélicoptère équipé d’un puis­sant pro­jec­teur. En une heure les pom­piers ont dû inter­ve­nir six fois dans les quar­tiers du Mirail, Bellefontaine, la Reynerie et Empalot. 16 voi­tu­res ont été incen­diées. »

Ÿ A Nice, un homme qui mar­chait dans le quar­tier des Moulins reçoit mardi sur la tête un haltère jeté du quin­zième étage d’un immeu­ble. Il mourra le mardi 15 sans avoir repris connais­sance. Le drame est mis dans un pre­mier temps sur le compte des vio­len­ces urbai­nes, ce que même la préf­ec­ture refuse de faire par la suite

Ÿ Vers 20 heures, des poli­ciers indi­quent qu’une cin­quan­taine de jeunes ont tenté en fin d’après-midi de piller un hyper­mar­ché et que 9 d’entre eux ont été arrêtés et placés en garde à vue.

Ÿ Nord. A Lille, 12 voi­tu­res incen­diées ; à Arras, un incen­die dans une grande sur­face de meu­bles.

Ÿ. Chalon-sur-Saône, une biblio­thèque incen­diée.

Ÿ. Incidents à Grenoble, à Clermont-Ferrand.

- Nuit du 8 au 9 novem­bre

Ÿ 300 com­mu­nes tou­chées.

Cela fait main­te­nant 13 jours que les confron­ta­tions des­truc­tri­ces nar­guent le pou­voir, que les appels au calme des « grands frères », des cure­tons isla­mis­tes, et des maires de tous bords ne par­vien­nent pas à refroi­dir les « petits frères déchaînés », qui, comme diront les RG, se concur­ren­cent dans des actions de plus en plus dures. Le bilan pour l’Etat et ses lois répr­es­sives n’est pas brillant, et la presse de droite et d’extrême droite se déchaîne et demande l’inter­ven­tion de l’armée, contre 10 000 jeunes sachant très bien gérer leur guér­illa urbaine, pen­dant que la gauche ver­tueuse ne cesse de réc­lamer « une police de proxi­mité » et la « mixité ».

Bilan natio­nal de la nuit mer­credi à midi : 617 véhi­cules incen­diés, 280 inter­pel­la­tions.

Ÿ En cette dou­zième nuit d’émeute, pour la pre­mière fois, le nombre de voi­tu­res incen­diées est plus impor­tant en pro­vince qu’en Ile-de-France.

Ÿ La police notera ici (en région pari­sienne) une « dimi­nu­tion sen­si­ble », là (en pro­vince) une « légère décrue »ou une « baisse d’inten­sité » des vio­len­ces, notam­ment dans les Alpes-mari­ti­mes, dans le Nord-Pas-de-Calais , en Picardie, à Nantes, à Rennes, à Strasbourg et dans l’Est, à Toulouse (20 véhi­cules brûlés et 6 inter­pel­la­tions),

Ÿ Les pom­piers venus de pro­vince épauler ceux d’Ile-de-France ont rega­gné leurs régions d’ori­gine.

Ÿ En Seine-Saint-Denis, une ving­taine d’incen­dies de véhi­cules, une dizaine d’inter­pel­la­tions, alter­ca­tions entre jeunes et poli­ciers à Epinay-sur-Seine, caillas­sa­ges à Bobigny, quel­ques dég­ra­dations de bâtiments (collège Paul-Painlevé à Sevran, gy


Ÿ Nord. A Auby, un incen­die a com­plè­tement détruit la méd­iathèque et endom­magé la mairie. Au total, dans la nuit, qua­torze bâtiments publics seront la cible d’engins incen­diai­res dans le dép­ar­tement. A Lille, huit lignes de bus sont inter­rom­pues. Ÿ Rhône. A Lyon, des heurts ont lieu et un jet de cock­tail Molotov à la sta­tion Mermoz du métro (ligne D) pro­vo­que un arrêt des trans­ports dans toute l’agglomé­ration.

A Vaulx-en-Velin, plu­sieurs bus ont été caillassés, dont un a été brûlé. A Décines, un cok­tail Molotov est jeté contre une école mater­nelle : une salle de cours est en partie détr­uite.

Ÿ Ain. A Miribel, plu­sieurs feux ont été allumés autour d’une crèche qui a subi quel­ques dégâts.A Oyonnax, une salle occupée par la Croix-Rouge a été visée, sans être gra­ve­ment endom­magée.

Ÿ Jura. A Dole, neuf bus de trans­port sco­laire de la société Monts-Jura sont la cible d’un incen­die. Les pom­piers procèdent à l’évac­uation de 24 habi­tants d’un immeu­ble proche.

Ÿ A Marseille, dans les quar­tiers nord, des heurts ont lieu dans lanuit et 17 per­son­nes, dont plu­sieurs mineurs, ont été inter­pellées et placées en garde à vue .Des vigi­les d’un centre com­mer­cial ayant inter­pellé un mineur soupçonné de vol à l’éta­lage, ont été aus­sitôt pris à partie par un groupe d’une cin­quan­taine de jeunes. A l’arrivée de la police, le groupe s’est replié vers une cité voi­sine en caillas­sant au pas­sage un bus de la ville et en incen­diant une voi­ture.

Ÿ Pas-de-Calais. A Outreau, les auto­rités évacuent une cen­taine d’habi­tants d’un immeu­ble à cause de l’incen­die volon­taire de 6 voi­tu­res en sous-sol. A Arras, deux grands maga­sins (But et Saint-Maclou) ont été incen­diés (voir page 61). Une salle des fêtes ainsi qu’un local de chauf­fe­rie ont été brûlés. Découverte d’une cave conte­nant de nom­breux cock­tails Molotov et quel­ques litres d’essence.

- Mercredi 9 novem­bre

Ÿ L’arrêté du ministère de l’Intérieur appli­quant l’état d’urgence dans tout ou partie de vingt-cinq dép­ar­tements pré­cise les zones où les préfets peu­vent ins­ti­tuer le couvre-feu :

Alpes-Maritimes : Nice, Saint-Laurent-du-Var. Bouches-du-Rhône : Marseille. Côte-d’Or : Dijon, Chenôve, Longvic. Eure : Evreux, Gisors. Haute-Garonne : Toulouse, Colomiers, Blagnac. Loiret : Orléans. Meurthe-et-Moselle : Nancy, Vandœuvre-lès-Nancy. Moselle : Metz, Woippy. Nord : l’ensem­ble des com­mu­nes de la com­mu­nauté urbaine de Lille-Métropole. Oise : Méru, Creil, Nogent-sur-Oise. Puy-de-Dôme : Clermont-Ferrand. Bas-Rhin : Strasbourg, Bischheim. Haut-Rhin : Mulhouse. Rhône : Lyon, Vénissieux. Paris : Paris. Seine-Maritime : Rouen, Le Havre. Seine-et-Marne : l’ensem­ble des com­mu­nes du dép­ar­tement. Yvelines : l’ensem­ble des com­mu­nes du dép­ar­tement. Somme : Amiens. Vaucluse : Avignon. Essonne : l’ensem­ble des com­mu­nes du dép­ar­tement. Hauts-de-Seine : l’ensem­ble des com­mu­nes du dép­ar­tement. Seine-Saint-Denis : l’ensem­ble des com­mu­nes du dép­ar­tement. Val-de-Marne : l’ensem­ble des com­mu­nes du dép­ar­tement. Val-d’Oise : l’ensem­ble des com­mu­nes du dép­ar­tement.

Le couvre-feu pren­dra effet le mer­credi 9 au soir et durera jusqu’au 4 jan­vier 2006. Plus de 1 000 hommes (CRS, gen­dar­mes, et poli­ciers) seront mobi­lisés pour son appli­ca­tion.

Ÿ Des arrêtés de couvre-feux seront pris dans les Alpes-Maritimes (21 com­mu­nes avec des mesu­res spé­ci­fiques pour Nice et Saint-Laurent-du-Var), en Seine-Maritime (Rouen, Le Havre, Elbeuf), dans la Somme (Amiens), dans l’Eure (Évreux) et dans le Loiret (Orléans et 5 autres com­mu­nes).

Ÿ A Evreux (Eure), le préfet prend un arrêté de couvre-feu appli­ca­ble le soir même, de 22 heures à 5 heures, dans une zone du quar­tier de la Madeleine. Cet arrêté res­tera le seul à s’appli­quer aux majeurs autant qu’aux mineurs.

Ÿ


Ÿ Du 27 octo­bre au 9 novem­bre, au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis, 50 000 habi­tants), dont le maire (PCF) menace de dém­issi­onner en cas d’appli­ca­tion du couvre-feu par le préfet, 88 voi­tu­res ont été incen­diées, ainsi que six auto­cars et deux poids lourds ; un gym­nase a brûlé,deux entrepôts, une pis­cine et une petite entre­prise ont fait l’objet de « vaines ten­ta­ti­ves » (?). 24 per­son­nes âgées de 15 à 20 ans ont été inter­pellées.

Ÿ Le préfet des Hauts-de-Seine expli­que qu’il a décidé de ne pas pren­dre d’arrêté ins­tau­rant le couvre-feu, en raison de la « baisse sen­si­ble » des vio­len­ces ces der­niers jours dans le dép­ar­tement. Les préfets de Seine-Saint-Denis, de l’Essonne, puis ceux du Val-d’Oise, des Yvelines, de Seine-et-Marne ont une atti­tude simi­laire.

Ÿ A partir du 9, toutes les lignes de bus de Toulouse s’arrê­teront de cir­cu­ler à 19 heures. Les sept lignes du sud de la ville à 17 heures. La société Connex modi­fie le par­cours d’une dizaine de lignes qui ne pas­se­ront plus par les quar­tiers dits à ris­ques. Le métro ne cir­cu­lera plus dans le sud de la ville après 17 heures.

Le 9, vers 17 heures, le préfet de Haute-Garonne annonce qu’il n’y aura pas « pour ce soir » de couvre-feu dans le dép­ar­tement.

Ÿ Vers 18 heures, le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel juge en com­pa­ru­tion imméd­iate deux jeunes majeurs qu’il condamne à 8 mois de prison ferme pour incen­die de véhi­cules ; et, après 20 h 30, en condamne deux autres à la même peine.

Ÿ Le trafic des trans­ports de l’agglomé­ration de Lyon est inter­rompu tous les soirs à partir de 19 heures, jusqu’à diman­che.

Le préfet du Rhône indi­que vers 17 heures qu’il ne prend pas d’arrêté ins­tau­rant le couvre-feu.

Ÿ A Bordeaux, le préfet de Gironde inter­dit la vente et le trans­port de car­bu­rant dans des récipients dans la com­mu­nauté urbaine. Le préfet du Loiret fait de même pour tout son dép­ar­tement.

Ÿ A Cenon, dans la ban­lieue de Bordeaux, un éch­ange de tirs a lieu dans l’après-midi entre des per­son­nes cir­cu­lant en voi­ture et des piétons. Il n’y a pas de blessés. L’infor­ma­tion sera connue dans la soirée.

Ÿ Le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Nantes condamne trois jeunes à des peines de deux à trois mois de prison ferme pour par­ti­ci­pa­tion aux vio­len­ces urbai­nes.

Ÿ Le préfet des Bouches-du-Rhône annonce à son tour qu’il ne prend pas pour l’ins­tant d’arrêté ins­tau­rant le couvre-feu dans son dép­ar­tement, qu’il juge « rela­ti­ve­ment épargné ».

Ÿ Le préfet du Vaucluse annonce qu’il n’a pas ins­tauré le couvre-feu.

Vers 19 heures, ce sont ainsi 19 préfets sur les 25 concernés par l’état d’urgence qui se sont abs­te­nus d’ins­tau­rer des couvre-feux, les six autres étant ceux des Alpes-Maritimes (dans 21 com­mu­nes), de Seine-Maritime (à Rouen, Le Havre et Elbeuf), de la Somme (Amiens), de l’Eure (à Evreux), du Loiret (dans 6 com­mu­nes dont Orléans) et de l’Oise (dans 4 com­mu­nes). Ce der­nier cepen­dant ne sera pas appli­qué. Ces arrêtés ne concer­nent que les mineurs, sauf celui du quar­tier de la Madeleine à Evreux. Celui-ci entre en vigueur à 22 heures ; il concerne 20 000 habi­tants. Des bar­rières sont ins­tallées et des forces déployées pour matér­ia­liser le périmètre où il s’appli­que.

- Nuit du 9 au 10 novem­bre

Ÿ « Un reflux impor­tant » selon le direc­teur général de la police natio­nale :482 véhi­cules incen­diés et 203 inter­pel­la­tions en France dans la qua­tor­zième nuit d’émeutes, de mer­credi à jeudi.

Ÿ Dans le Rhône, plus de 60 véhi­cules brûlés dans la nuit du 9 au 10, contre 88 la nuit pré­céd­ente.

Ÿ Dans le « Grand Ouest », 83 voi­tu­res brûlées contre 100 la nuit pré­céd­ente et 240 la nuit d’avant. A Evreux, dit la préf­ec­ture, la nuit s’est « bien passée » : on a vu quel dis­po­si­tif poli­cier était mis en place.

Ÿ En Seine-Saint-Denis, où la police estime la situa­tion « très calme », le dis­po­si­tif de « cel­lule de crise » est dés­activé.

Le 9 vers 23 heures le maire de Rosny-sous-Bois s’en prend à une équipe de jour­na­lis­tes de France 2 qui aurait, selon lui, contri­bué à « aggra­ver, voire à pro­vo­quer des trou­bles » dans sa ville, « sem­blant fra­ter­ni­ser » et « être protégée par les dél­inquants du quar­tier ».La direc­trice de l’infor­ma­tion de France 2 se dira le len­de­main « cons­ternée » par cette accu­sa­tion.

Ÿ A Belfort, une école est incen­diée en partie.

Ÿ Nord. Baisse du nombre d’incen­dies (27 véhi­cules brûlés à 23 heures). Une can­tine sco­laire par­tiel­le­ment détr­uite par les flam­mes à Villeneuve-d’Ascq.

Ÿ A Sens (Yonne), un poli­cier muni­ci­pal est légè­rement blessé par une balle tirée à la cara­bine alors qu’il effec­tuait une patrouille dans un « quar­tier sen­si­ble ».

Ÿ A Grenoble, la direc­tion des trans­ports en commun reconduit jusqu’au 13 novem­bre la fer­me­ture du réseau tram-bus à 20 h 30.

Ÿ A Grenoble, un garçon de 19 ans est condamné en com­pa­ru­tion imméd­iate à 13 mois ferme pour avoir jeté, dans la nuit de lundi à mardi, un engin incen­diaire contre un tram ; un autre, de 19 ans lui aussi, est condamné à 1 an ferme pour avoir, selon l’accu­sa­tion, incen­dié diman­che soir à Voiron un camion, un WC de chan­tier et 2 voi­tu­res.

Ÿ A Nice, un homme d’une ving­taine d’années est condamné à 1 an ferme pour l’incen­die d’un trans­for­ma­teur EDF diman­che à Vallauris.

Ÿ En début de soirée, à Toulouse, 27 voi­tu­res sont incen­diées ; l’une d’elles a été poussée dans l’enceinte d’une école mater­nelle.

4 inter­pel­la­tions.

Ÿ A Toulouse, après 23 heures, le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel juge en com­pa­ru­tion imméd­iate deux jeunes majeurs qu’il condamne l’un à 9 mois ferme pour vio­len­ces sur un poli­cier, l’autre à 180 heures de tra­vaux d’intérêt général pour dég­ra­dation d’un abri­bus.

- Jeudi 10 novem­bre

Ÿ A 14 heures, confér­ence de presse du pré­sident de la République.

Ÿ Les préfets du Var, de la Drôme, du Rhône inter­di­sent la vente et le trans­port de car­bu­rants dans des récipients por­ta­


- Nuit du 10 au 11 novem­bre

Ÿ La presse com­mence à parler d’un retour pro­gres­sif au calme, alors que les actes de vio­lence se pour­sui­vent au cours de cette 15e nuit d’émeutes. 7 poli­ciers sont blessés, dont 4 à Lyon.

Un bilan pro­vi­soire établi à 4 heures ven­dredi matin marque même un coup d’arrêt à la ten­dance bais­sière enre­gis­trée depuis les trois der­nières nuits. Il indi­que une légère hausse en Ile-de-France, avec 89 véhi­cules incen­diés contre 79 la nuit pré­céd­ente, contre-balancée d’une baisse tout aussi légère en pro­vince, avec 306 véhi­cules brûlés contre 315 la veille. La même sta­bi­lité se remar­que avec le nombre d’inter­pel­la­tions : 168 contre 169 la veille.

Bilan total de la nuit : 463 véhi­cules incen­diés, dont 111 en Ile-de-France. 201 inter­pel­la­tions.

Ÿ A 20 h 50, jeudi soir, France 2 dif­fuse les images de deux poli­ciers lançant des coups de pieds et de poings à un jeune homme à La Courneuve.

La veille, mer­credi 9,. Fouad A., 19 ans, a porté plainte contre des poli­ciers du com­mis­sa­riat de La Courneuve qui l’ont frappé alors qu’il était à terre, après sa garde à vue dans la nuit du diman­che 6 au lundi 7. La scène avait été filmée par une équipe de France 2. Le minis­tre de l’Intérieur a sus­pendu le 9 les huit poli­ciers (deux ont porté les coups et six ont été témoins). Cinq seront déférés au par­quet de Bobigny le 11 novem­bre, les trois autres remis en liberté.

Le 11 à 18 h 30, l’un d’eux est placé en dét­ention pro­vi­soire, les 4 autres sous contrôle judi­ciaire. Le syn­di­cat de poli­ciers Alliance juge leur mise en examen « inac­cep­ta­ble ». La cour d’appel de Paris déci­dera, lundi 14, la remise en liberté de ce poli­cier.

Quant à Fouad A., il sera de nou­veau inter­pellé le matin du samedi 12, soupçonné d’avoir jeté des pier­res sur des poli­ciers, et mis en examen lundi 14 pour « vio­len­ces aggravées ». Il est pour­tant remis en liberté, mais le par­quet de Bobigny fait appel de cette décision.

« On l’aurait de source sûre vu jeter des pier­res sur un camion de pom­piers. La coïn­cid­ence est trop belle . Mais ce n’est pas ici l’essen­tiel. Il se peut que ces accu­sa­tions soient fondées. Il se peut qu’elles ne le soient pas. Et s’il est un cas dans lequel on doit veiller scru­pu­leu­se­ment au res­pect de la préso­mption d’inno­cence, c’est bien celui-là. Mais qu’elles le soient ou qu’elles ne le soient pas, quel sens peut bien avoir la publi­cité faite autour de cette inter­pel­la­tion pré­cise, quand des cen­tai­nes d’autres demeu­rent ano­ny­mes ? Pourquoi poin­ter jus­te­ment celle-ci ? C’est sans doute parce que la culpa­bi­lité de ce garçon ren­drait aux yeux de cer­tains plus légi­times les vio­len­ces dont il avait fait l’objet », écrit Laurent Lévy sur le site lmsi.net (« les mots sont impor­tants »),en ajou­tant : « A ce jour [22 jan­vier 2006] rien n’a filtré sur les suites de cette affaire. Peu importe : la rumeur a rempli son office. »

Ÿ Dans la région pari­sienne, on cons­tate l’incen­die de la salle des fêtes Marcel-Pagnol à Epinay-sous-Sénart dans l’Essonne et quatre bus caillassés à Dammarie-les-Lys, en Seine-et-Marne.


La nuit pré­céd­ente, un total de 40 véhi­cules avaient été incen­diés dans les deux dép­ar­tements alsa­ciens.

Ÿ A Saint-Quentin dans l’Aisne un conces­sion­naire voit 80 de ses voi­tu­res d’occa­sions partir en fumée.

Ÿ Dans la nuit de jeudi à ven­dredi, des véhi­cules de police ont été brûlés dans l’enceinte du palais de jus­tice de Bordeaux.

- Vendredi 11 novem­bre

Ÿ Couvre-feu pour les mineurs non accom­pa­gnés à Emerainville (Seine-et-Marne), entre 22 heures et 6 heures. Et pour ceux de Mont-de-Marsan et de Saint-Pierre-du-Mont (Landes).

Ÿ Le 11, seules 10 per­son­nes avaient violé le couvre-feu ins­tauré dans cinq dép­ar­tements.

Ÿ Vaucluse. A Carpentras, une mos­quée est endom­magée par deux cock­tails Molotov qui ont été lancés par un homme masqué cir­cu­lant en scoo­ter dans le hall du bâtiment pen­dant la grande prière du ven­dredi.

Ÿ Le préfet du Tarn-et-Garonne inter­dit à son tour la vente de car­bu­rant en bidon.

Ÿ A Evreux une dou­zaine de per­son­nes dont trois mineurs ont été déférées au par­quet suite aux vio­len­ces du quar­tier de la Madeleine.

Ÿ Paris. Le pou­voir visi­ble­ment craint pour la capi­tale, et pour ras­su­rer la popu­la­tion pari­sienne, il décide d’inter­dire la vente et le trans­port de car­bu­rant au détail (bidons ou jer­ri­cans).

Vendredi 11 à 17 heures, le préfet de police inter­dit en outre dans la capi­tale, du samedi 10 heures au diman­che 8 heures, « toute réunion de per­son­nes de nature à pro­vo­quer ou entre­te­nir le dés­ordre sur la voie et dans les lieux publics », sous peine de huit jours à deux mois d’empri­son­ne­ment et/ou une amende de 3 750 euros.. Motif offi­ciel : « Des mes­sa­ges dif­fusés depuis quel­ques jours sur l’Internet et par SMS ont appelé le 12 novem­bre à des ras­sem­ble­ments dans Paris et à des “actions vio­len­tes” selon les termes de leurs auteurs. » Une mani­fes­ta­tion du MRAP reste cepen­dant auto­risée.

Ÿ Le 11 novem­bre sera jugé calme par les auto­rités, malgré l’aug­men­ta­tion des vio­len­ces urbai­nes.

 


Ÿ Aucun inci­dent nota­ble dans le centre de Paris, alors que les auto­rités redou­taient une « des­cente » de plu­sieurs dizai­nes, voire cen­tai­nes de cas­seurs.

Ÿ En ban­lieue lyon­naise, ten­dance à un retour à la nor­male : vers minuit, diman­che,la police compte 15 véhi­cules incen­diés ; 3 per­son­nes trans­por­tant de l’essence sont inter­pellées, selon la préf­ec­ture.

Ÿ Dans le nord de la France, les pom­piers sont inter­ve­nus une qua­ran­taine de fois pour divers incen­dies dont des feux de véhi­cules, de pou­bel­les, de biens publics et privés. La police a inter­pellé 8 per­son­nes.

Ÿ En Alsace et en Lorraine, à 4 heures, 9 voi­tu­res avaient été incen­diées, contre 13 lors de la soirée pré­céd­ente.

A Strasbourg, inter­pel­la­tions de 18 ado­les­cents, les plus jeunes âgés de 10 et 11 ans.

- Lundi 14 novem­bre

Ÿ Le gou­ver­ne­ment approuve un projet de loi pro­ro­geant l’état d’urgence pour trois mois, à comp­ter du 21 novem­bre.

Ÿ Le Conseil d’Etat rejette une requête qui deman­dait la sus­pen­sion de l’état d’urgence (voir samedi 13), mais il sou­li­gne que les pou­voirs de per­qui­si­tion doi­vent rester « sous contrôle judi­ciaire ».

Ÿ La Cour d’appel de Paris décide de remet­tre en liberté le poli­cier placé en dét­ention pro­vi­soire après sa mise en examen pour des coups portés à un jeune homme à La Courneuve (voir page 57).

Ÿ A 20 heures, le pré­sident de la République déc­lare entre autres qu’il faut sanc­tion­ner les famil­les qui refu­sent de pren­dre leurs res­pon­sa­bli­lités en matière d’auto­rité paren­tale, qu’il faut être strict dans les règles du regrou­pe­ment fami­lial, qu’il faut ren­for­cer la lutte contre l’immi­gra­tion irré­gulière et les tra­fics qu’elle génère, mais que les « enfants des quar­tiers dif­fi­ci­les » sont, « quel­les que soient leurs ori­gi­nes [...] tous les filles et les fils de la République ». Il appelle les élus à res­pec­ter la loi qui leur impose d’avoir au moins 20 % de loge­ments sociaux dans leurs com­mu­nes et annonce la création d’un ser­vice civil volon­taire qui concer­nera 50 000 jeunes en 2007.

Ÿ A Toulouse, trois bureaux de poste des quar­tiers du Mirail, Bagatelle et Bellefontaine, se met­tent en grève à l’ini­tia­tive de Sud et de la CGT pour dén­oncer « un ser­vice à deux vites­ses ».

Ÿ A Mulhouse, un jeune homme de 19 ans, déjà connu de la jus­tice, est condamné pour l’incen­die d’une voi­ture à 6 mois ferme.

Ÿ A Caen, 3 jeunes hommes sont condamnés en com­pa­ru­tion imméd­iate à 2 ans ferme pour l’un et 18 mois ferme pour les deux autres, pour avoir mis le feu la semaine pré­céd­ente à des bâtiments publics.

Ÿ A Valenciennes, une quin­zaine de jeunes gens, dont un seul majeur, sont inter­pellés dans le sec­teur de Bruay-sur-l’Escaut, où une école a brûlé le 7 novem­bre.

Ÿ A Amiens, un jeune homme de 19 ans est condamné à 6 mois ferme et deux autres de 18 ans sont condamnés à 3 mois ferme pour dég­ra­dations, vio­len­ces et outra­ges à agents,à la suite des affron­te­ments de ven­dredi.

Ÿ A Besançon, 3 jeunes gens majeurs condamnés à des peines de 2 à 6 mois ferme pour avoir caillassé des poli­ciers.

- Nuit du 14 au 15 novem­bre

Ÿ En début de soirée (avant 23 heures), 17 voi­tu­res sont incen­diées dans l’agglomé­ration lyon­naise.

Ÿ Sarkozy rend visite aux poli­ciers de Bobigny.

Ÿ Le retour au calme semble se confor­ter. A 5 h 30, mardi, la police compte 162 véhi­cules incen­diés et 42 inter­pel­la­tions en France. Le bilan défi­nitif de la police (à 9 h 20) est de 215 véhi­cules incen­diés (dont 60 en Ile-de-France et 155 en pro­vince).

Seules sept com­mu­nes ont été le théâtre de plus de cinq incen­dies de voi­tu­res, dont Paris (13 au lieu d’un seul la veille) et Lille (11). 71 inter­pel­la­tions.

Aucun poli­cier blessé.

Police et gen­dar­me­rie res­tent mobi­lisées avec 11 200 éléments engagés.

Ÿ En région pari­sienne, selon le ministère de l’Intérieur, des engins incen­diai­res ont encore été lancés contre des bâtiments publics : la tré­so­rerie prin­ci­pale de Bobigny et un trans­for­ma­teur EDF à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), l’office du tou­risme de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne).

En Seine-Saint-Denis, en outre, un auto­bus a été caillassé à Noisy-le-Sec et un local de pou­bel­les à été incen­dié à Montfermeil, ce qui a néc­essité l’évac­uation d’appar­te­ments voi­sins. Ÿ En Seine-Maritime, des pier­res ont été lancées sur des auto­bus à Rouen.

Ÿ Cher. Un local asso­cia­tif a été incen­dié à Bourges.

Ÿ A Toulouse, à 7 h 45, le bilan des vio­len­ces atteint son niveau le plus bas depuis 10 jours : 7 voi­tu­res incen­diées, 4 feux de pou­bel­les.

Ÿ Rhône. Un auto­bus caillassé à Décines .

Ÿ Loire. A Saint-Etienne, 6 (18 selon Wikipédia) auto­cars ont été détruits dans l’incen­die d’un entrepôt. A Saint-Chamond, plu­sieurs engins incen­diai­res (au moins trois) ont été jetés contre une mos­quée, pro­vo­quant de légers dégâts.

Ÿ A Cambrai (Nord), une crèche a été la cible d’engins incen­diai­res.

- Mardi 15 novem­bre

Ÿ Le couvre-feu ins­tauré en Seine-Maritime à Rouen, au Havre et à Elbeuf est levé en fin de matinée.

Dans l’après-midi, la préf­ec­ture de l’Eure indi­que que le couvre-feu imposé au quar­tier de la Madeleine à Evreux sera levé à partir de mer­credi.

Ÿ A Sarreguemines (Moselle), 3 jeunes condamnés à 1 an ferme pour des actes de van­da­lisme commis dans la com­mune de Carlin où ils résident.

Ÿ Pour sa pre­mière visite en ban­lieue depuis le début des trou­bles, le pre­mier minis­tre Dominique de Villepin passe une heure à la Maison de l’éco­nomie et de l’emploi d’Aulnay-sous-Bois.

Ÿ Dans un entre­tien au Monde, le DGPN, Michel Gaudin, déc­lare que 80 % des inter­pellés en ban­lieue seraient connus de la police. Sarkozy reprend cette affir­ma­tion l’après-midi devant l’Assemblée natio­nale.

Ÿ Nicolas Sarkozy annonce que « dix procé­dures d’expul­sion ont été engagées » contre des étr­angers ayant par­ti­cipé aux « vio­len­ces urbai­nes ».

Ÿ Le soir, l’Assemblée natio­nale adopte le projet de loi pro­lon­geant de trois mois l’état d’urgence.

Ÿ A Arras, Jérémy V., 20 ans, est condamné à 4 ans ferme pour l’incen­die volon­taire de deux maga­sins (voir page 51). Le pro­cu­reur deman­dait 3 ans ferme plus 1 an avec sursis. C’est la plus lourde peine pro­noncée pour des faits liés aux trou­bles d’octo­bre-novem­bre.

« C’était pour faire comme les autres », a dit Jérémy V., un fils d’ouvrier qui vit chez ses parents, quand le juge lui a demandé pour­quoi il avait mis le feu aux maga­sins de meu­bles But et Saint-Maclou d’Arras, près de chez lui. Puis à une R19, avec son copain Grégory B., la nuit du 8 au 9 novem­bre,. Jérémy titu­laire d’un BEP et d’un bac pro­fes­sion­nel de pein­tre en bâtiment, a avoué aux poli­ciers et aux juges qu’il avait lancé une bou­teille de soda rem­plie d’essence et de chif­fons à laquelle il a mis le feu sur le toit de la grande sur­face de meu­bles ; l’incen­die s’était pro­pagé au maga­sin de moquet­tes. Les direc­tions des deux maga­sins esti­ment les dégâts à 12 mil­lions d’euros. Pourquoi une aussi lourde peine ? Son casier judi­ciaire , une peine de sursis pour un petit trafic de résine de can­na­bis, n’y est pour rien, selon son avo­cate, Me Marjorie Thuilliez : « C’est un aver­tis­se­ment du tri­bu­nal en direc­tion de ses amis, présents à l’audience. On a voulu mettre en garde les futurs incen­diai­res d’Arras. »

Grégory, 24 ans, qui avait huit cita­tions à son casier judi­ciaire, dont cer­tai­nes pour vol et incen­die et a avoué avoir plié la porte de la R19 pour pren­dre l’auto­ra­dio, a pris dix mois.

Ÿ Un jour­na­liste du quo­ti­dien Le Parisien, Roberto Cristofoli, est placé en garde à vue pour avoir écouté durant les émeutes les fréqu­ences radio de la police avec un appa­reil fourni par des poli­ciers.

Ÿ A Foix, 2 lycéens condamnés à 3 mois ferme et 5 avec sursis pour avoir « volon­tai­re­ment dégradé cinq véhi­cules par l’effet d’une sub­stance explo­sive ».

- Nuit du 15 au 16 novem­bre

Ÿ Au cours de cette 20e nuit d’émeutes, 163 véhi­cules (27 en région pari­sienne et 136 en pro­vince) ont été incen­diées en France et 50 per­son­nes ont été inter­pellées.

Au total, 8 973 véhi­cules auront été incen­diés en 20 nuits, selon le déco­mpte de la police, et 2 888 per­son­nes inter­pellées.

Cinq com­mu­nes comp­tent plus de cinq véhi­cules brûlés, dont Arras (11), Brest (11),et Vitry-le-François, où l’incen­die d’un garage a pro­vo­qué la des­truc­tion de 11 véhi­cules.

Le ministère de l’Intérieur indi­que que « le niveau de mobi­li­sa­tion des forces de l’ordre reste élevé avec 10 600 poli­ciers et gen­dar­mes engagés », alors qu’on « ne relève pas d’affron­te­ment majeur. »

Ÿ Isère. A Pont-Evêque, un poli­cier a été blessé lors de l’inter­pel­la­tion d’un groupe de per­son­nes qui lançaient des bou­teilles d’acide en direc­tion de la mairie. A Grenoble, un collège incen­dié.

Ÿ Rhône. Un garage incen­dié à Saint-Fons.

Ÿ A Lyon, 4 mineurs sortis non accom­pa­gnés après 22 heures sont arrêtés. Ÿ Hérault. Incendie dans l’école de Lunel.

Ÿ Dans la Drôme, à Romans-sur-Isère, l’église Saint-Jean-d’Ars est gra­ve­ment endom­magée par un incen­die qui ne fait pas de vic­time. Samedi 19 novem­bre, 4 mineurs âgés de 14 ans à 17 ans seront mis en examen pour cet incen­die, sous le chef d’accu­sa­tion de « dég­ra­dation volon­taire par une sub­stance incen­diaire sur un édi­fice reli­gieux ».

Ils auraient agi par mimét­isme. Cet acte est pas­si­ble de vingt années d’empri­son­ne­ment car la des­truc­tion volon­taire d’un édi­fice reli­gieux est considérée par le droit français comme une « cir­cons­tance aggra­vante ». Ils habi­tent tous les quatre le quar­tier sen­si­ble de la Monnaie, où se situe l’église. Ils n’auraient pour l’ins­tant pas reconnu les faits.

Trois des quatre garçons, connus des ser­vi­ces de police, avaient déjà été condamnés. Deux d’entre eux, âgés de 15 et 17 ans, ont été placés en dét­ention pro­vi­soire. Les deux autres, âgés de 14 et 15 ans, ont été remis en liberté sous contrôle judi­ciaire.

- Mercredi 16 novem­bre

Ÿ Le Sénat débat du projet de loi pro­lon­geant l’état d’urgence. Le minis­tre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy jus­ti­fie cette pro­lon­ga­tion par le fait que le retour au calme n’est pas « défi­ni­ti­vement acquis ».

Ÿ Rhône. Le préfet annonce le main­tien jusqu’à jeudi matin du couvre-feu imposé aux mineurs de 22 heures à 6 heures dans 13 com­mu­nes.

Ÿ Le bâton­nier de Seine-Saint-Denis crée une « cel­lule de vigi­lance » com­posée d’avo­cats volon­tai­res afin d’appor­ter une aide juri­di­que aux étr­angers menacés d’expul­sion pour avoir par­ti­cipé aux émeutes.

- Nuit du 16 au 17 novem­bre

Ÿ Le 17 novem­bre, la direc­tion géné­rale de la police natio­nale décide de ne plus « com­mu­ni­quer » sur le sujet quo­ti­dien­ne­ment, comme elle le fai­sait depuis vingt et un jours.

C’est que les chif­fres ten­dent à deve­nir « nor­maux »,c’est-à-dire de moins de 100 véhi­cules brûlés en une nuit : il y en a eu 98 dans la nuit de mer­credi à jeudi ; et moins de 50 inter­pel­la­tions : il y en a eu 33, essen­tiel­le­ment pour trans­port d’engins incen­diai­res et infrac­tion au couvre-feu concer­nant les mineurs.

De plus, aucun affron­te­ment nota­ble ni incen­die de bâtiment ne semble avoir trou­blé cette nuit.

Selon un der­nier bilan de la police natio­nale, 9 071 voi­tu­res, deux-roues moto­risés ou auto­bus ont été incen­diés depuis le début des vio­len­ces et 2 921 per­son­nes ont été inter­pellées.

Près de 10 000 poli­ciers et gen­dar­mes demeu­rent cepen­dant en alerte dans les cités sen­si­bles où, au total, 126 gar­diens de la paix, gradés et offi­ciers, ont été blessés lors d’affron­te­ments ou de guet-apens.

Ÿ A Aix-en-Provence, une école mater­nelle est très légè­rement endom­magée par deux ou trois jeunes qui ont esca­ladé vers 22 heures la clôture de l’école, et ont mis le feu au bureau de la direc­trice, à une pou­belle et à la voi­ture du gar­dien. Ce der­nier a imméd­ia­tement alerté les secours.

- Jeudi 17 novem­bre

Ÿ La préf­ec­ture de la Somme annonce sa décision de sus­pen­dre le couvre-feu à partir du 18 novem­bre à 8 heures.

Ÿ Couvre-feu levé dans le Loiret (6 com­mu­nes), dans le Rhône (13 com­mu­nes),

Ÿ A Vienne (Isère), 1 condamné à 3 ans ferme pour des­truc­tion avec des cock­tails Molotov de trois auto­cars et 1 condamné à 2 ans ferme pour s’être atta­qué à une can­tine sco­laire à Beaurepaire.

- Vendredi 18 novem­bre

Ÿ 93 véhi­cules ont été brûlés au cours de la nuit du 17 au 18 novem­bre en France contre 98 la nuit pré­céd­ente. Une porte-parole de la Direction géné­rale de la police natio­nale (DGPN) a fait état de 12 inter­pel­la­tions.

Ÿ A Evry, 1 per­sonne majeure et 2 ado­les­cents , inter­pellés mer­credi 16, sont déférés au par­quet d’Evry pour avoir incen­dié une crèche le 6 novem­bre.

Ÿ A Angers, un jeune homme de 19 ans est condamné à 2 ans ferme et 1 avec sursis pour avoir incen­dié 13 voi­tu­res à Cholet.

Ÿ A Paris, 2 500 per­son­nes mani­fes­tent contre l’état d’urgence.

Ÿ Fin de l’inter­dic­tion de vente de car­bu­rant au détail en Eure-et-Loir.

Ÿ Denis Fauriat, secrét­aire général du par­quet de Seine-Saint-Denis, et les magis­trats de différents tri­bu­naux de grande ins­tance mon­trent au cours d’une confér­ence de presse, chif­fres à l’appui, que la plu­part des 2 921 inter­pellés (dont 590 ont été écroués dont 107 mineurs) sont plutôt des gamins sans anté­cédent judi­ciaire. Ainsi, à Bobigny, sur 212 per­son­nes déférés au tri­bu­nal de grande ins­tance, « la très grande majo­rité des majeurs avaient entre 18 et 22 ans et leur passé pénal n’était pas impor­tant », et « la très grande majo­rité » des mineurs avaient « un profil de primo-dél­inquant ». Même ana­lyse à Lyon, Nancy, ou Marseille.

Sur envi­ron 1 800 pré­venus, 120 seu­le­ment sont étr­angers.

« A Lille, ceux qui ont peuplé les tri­bu­naux ces der­niers jours sont des fils d’ouvriers “et de plus en plus, de chômeurs” qui vivent dans les quar­tiers en dif­fi­culté, Français dits “de souche”, ou issus de l’immi­gra­tion belge, polo­naise, por­tu­gaise, espa­gnole, maghré­bine et afri­caine. » (Libération du 18 novem­bre.)

Ÿ A Pau, 3 jeunes sont mis en examen et placés sous mandat de dépôt après l’incen­die du lycée Saint-John-Perse (200 000 euros de dégâts).

Ÿ A Auch, un jeune homme de 19 ans condamné à 4 mois dont 1 et demi ferme pour l’incen­die de 2 véhi­cules.

Ÿ Bilans. Selon la DGPN, 650 per­son­nes ont été écrouées, dont un peu moins de 20 % de mineurs. Parmi les inter­pellés, 6 % à 8 % sont étr­angers. Selon la Chancellerie, au 18 novem­bre, 422 per­son­nes avaient été condamnées à des peines de prison ferme, 577 mineurs présentés à des juges pour enfants dont 118 placés sous mandat de dépôt.

- Samedi 19 novem­bre

Ÿ Publication au Journal offi­ciel de la loi pro­lon­geant l’état d’urgence. Le texte entrera en vigueur à partir du lundi 21 à 0 heure. Il pro­roge pour trois mois (jusqu’au 20 février) l’état d’urgence ins­ti­tué le 8 novem­bre pour une durée de 12 jours par deux décrets qui arri­vent à échéance diman­che soir à minuit.

Jacques Chirac lèvera l’état d’urgence à partir du 4 jan­vier (décret adopté par le gou­ver­ne­ment mardi 3 jan­vier).

- Lundi 21 novem­bre

Ÿ A Trappes (Yvelines), vers 4 heures, plu­sieurs voi­tu­res sont incen­diés par des cock­tails Molotov dans la cour du lycée de la Plaine-de-Neauphle, et le gar­dien de l’établ­is­sement meurt asphyxié alors qu’il ten­tait d’éte­indre les flam­mes.

L’enquête abou­tira à l’inter­pel­la­tion jeudi 3 février de 4 jeunes dont 1 mineur de 17 ans.

- 24 novem­bre

Ÿ 200 par­le­men­tai­res UMP deman­dent au minis­tre de la Justice s’il envi­sage d’enga­ger des pour­sui­tes contre les grou­pes de rap ou chan­teurs Monsieur R, Smala, Lunatic, 113, Fabe, Salif et Ministère Amer.

Ÿ Le ministère de l’intérieur indi­que que 1 540 inter­pel­la­tions ont été effec­tuées dans le cadre des enquêtes judi­ciai­res en ban­lieue depuis les émeutes, chif­fre qui s’ajoute aux 3 200 émeutiers arrêtés en fla­grant délit.

Ÿ Lors d’une visite à un bureau de poste de Villetaneuse incen­dié dans la nuit du 4 au 5 novem­bre, puis au bureau du quar­tier sen­si­ble d’Orgemont à Epinay-sur-Seine, le minis­tre de l’indus­trie François Loos indi­que que sur tout le ter­ri­toire, entre le 27 octo­bre et le 23 novem­bre, 51 établ­is­sements pos­taux et 108 véhi­cules ont été détériorés. Le pré­ju­dice est évalué à près d’un mil­lion d’euros.

Ÿ A Brest, 3 hommes de 18 à 29 ans sont mis en examen pour « ten­ta­tive d’assas­si­nat », pour des tirs à balles réelles sur des poli­ciers dans la nuit du 7 au 8 novem­bre.


Cette ana­lyse est en de nom­breux points contra­dic­toire avec celle du minis­tre de l’Intérieur, du pro­cu­reur général de la cour d’appel de Paris, Yves Bot, ou encore du maire du Raincy, Eric Raoult.

Le rap­port des RG sou­li­gne que les isla­mis­tes n’ont eu « aucun rôle » dans le décl­enc­hement et dans l’expan­sion des émeutes : « Ils avaient tout intérêt à un retour rapide au calme pour éviter les aml­ga­mes. » Cette note d’une petite dizaine de pages, arrivée le 23 novem­bre sur le bureau du minis­tre de l’Intérieur, parle d’une « fort sen­ti­ment iden­ti­taire ne repo­sant pas uni­que­ment sur leur ori­gine eth­ni­que ou géog­rap­hique, mais sur leur condi­tion sociale d’exclus de la société franç­aise. ». Pour les RG, « tout s’est passé comme si la confiance envers les ins­ti­tu­tions mais aussi le sec­teur privé, source de convoi­tise, d’emploi et d’intég­ration éco­no­mique, avait été perdue ». Ils évoquent une crise plus grave que de sim­ples vio­len­ces urbai­nes : un mou­ve­ment sin­gu­lier par son ampleur (274 com­mu­nes tou­chées), sa durée dans le temps (vingt jours avant le retour au calme) et son coût (plus de 250 mil­lions d’euros).

- 2006

Pour le pas­sage à la nou­velle année, la presse intro­duit le terme « rép­lique » uti­lisé lors du Tsunami l’année pré­céd­ente. Cette ten­ta­tive de « natu­ra­li­ser » un évé­nement social avec ses causes bien réelles, montre l’impuis­sance et l’angoisse du monde bour­geois qui prend cons­cience que la terre trem­ble sous ses pieds.

Ÿ Le 2 jan­vier, l’Elysée annonce que Jacques Chirac décide de mettre fin à l’état d’urgence à comp­ter du 4.

Ÿ Le 11 jan­vier, le pro­cu­reur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, a cons­taté lors de l’audience solen­nelle de ren­trée du TGI de la capi­tale, en dres­sant le bilan de l’acti­vité de ce tri­bu­nal (57 per­son­nes ont été déférées à Paris), qu’il n’y avait eu en novem­bre « nulle trace de reven­di­ca­tion de type iden­ti­taire, de struc­tu­ra­tion ou d’orga­ni­sa­tion de mou­ve­ments qui appa­rais­sent lar­ge­ment spon­tanés, nul stig­mate d’une impul­sion ou d’une récu­pération poli­ti­que ou reli­gieuse. » Et d’ajou­ter son com­men­taire : « Les moti­va­tions des actes sont dif­fi­ci­les à cerner [...] il en res­sort mas­si­ve­ment une dimen­sion ludi­que et imma­ture. »

Ÿ 17 jan­vier. A Grasse, 2 jeunes gens de 18 ans sont été condamnés, l’un à 1 an l’autre à 6 mois ferme, le pre­mier pour avoir poussé une voi­ture en flam­mes vers les forces de l’ordre dans la nuit du 7 au 8 novem­bre dans la cité de la Zaïne, à Vallauris (Alpes-Maritimes) ; le second, pour avoir incen­dié le 9 novem­bre à Cannes la voi­ture d’une rela­tion, par « ven­geance de famille ».

Ÿ Au 26 jan­vier, 7 procé­dures d’expul­sion ont été engagées contre des étr­angers, selon le ministère de l’Intérieur, qui n’a pas sou­haité se pro­non­cer sur leur abou­tis­se­ment. En novem­bre, Sarkozy avait déclaré que « 120 étr­angers, pas tous en situa­tion irré­gulière, avaient été condamnés ». En fait, la com­mis­sion d’expul­sion du TGI de Pontoise n’a eu à se pro­non­cer que sur deux cas (voir page 48).

Ÿ Samedi 25 février. Pau. 5 jeunes, dont 4 mineurs, sont mis en examen pour une tren­taine d’incen­dies de voi­tu­res et de pou­bel­les commis à Pau entre novem­bre et février. 1 a été placé szous mandat de dépôt, les autres mis en liberté sous contrôle judi­ciaire.

Ÿ 25 février. Le ministère de l’Intérieur indi­que que « M. Djoussou, res­sor­tis­sant béninois, vient d’être éloigné vers Cotonou, par un vol com­mer­cial d’Air France qui a quitté Roissy hier en début d’après-midi » (voir page 48).

Ÿ Le 28 février, le minis­tre délégué à l’Aménagement du ter­ri­toire annonce la création d’une cir­cons­crip­tion de police en Seine-Saint-Denis cou­vrant Montfermeil et Clichy-sous-Bois. Un hôtel de police sera cons­truit dans cette der­nière ville.

Ÿ Le 7 mars, une femme âgée de 63 ans est inter­pellée à Chenôve (Côte d’Or), dans la ban­lieue de Dijon, pour « des­truc­tion de biens dan­ge­reuse pour les per­son­nes » : elle est soupçonnée d’avoir allumé 13 feux de pou­bel­les depuis sep­tem­bre au pied de son immeu­ble. Placée sous contrôle judi­ciaire, elle a obli­ga­tion de consul­ter un psy­chia­tre.

Chenôve a été le théâtre de « vio­len­ces urbai­nes » en novem­bre et plu­sieurs jeunes gens ont alors été arrêtés et jugés pour d’autres incen­dies.

Repost 0
Published by AL Montpellier
commenter cet article

Nous contacter

montpellier@
alternativelibertaire.org

Qui sommes nous ?

Blog du Collectif Alternative libertaire (CAL) de Montpellier

AL34

 Nous sommes des militants et militantes anarchistes révolutionnaires et

communistes libertaires vivant et travaillant sur Montpellier et son département.


Fondée en 1991, AL fonctionne sur un mode fédéraliste et autogestionnaire. L’organisation

est constituée d’une fédération de groupes locaux,


Retour à la page d'accueil

Agenda militant

Nous y serons

MANIFESTATION INTER-REGIONALE ANTIFASCISTE

MONTPELLIER    => DIMANCHE 6 AVRIL

RENDEZ VOUS A 13H A PLAN CABANES

(TRAM 3, ARRET PLAN CABANES)

Articles Par Catégories