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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 17:06
Marre de la répression anti-syndicale à l'Université Montpellier III!

L'administration de l'Université Paul Valéry ne cesse de harceler les militants syndicaux qui s'opposent aux politiques d'austérité mises en place par cette soi disant direction de "goche"... Voici le communiqué des syndicats.

Les organisations soussignées demandent l’abandon par l’Université Montpellier 3 des poursuites disciplinaires contre deux syndicalistes de Solidaires Étudiant-e-s et une du SCUM/CNT-SO (Confédération Nationale du Travail – Solidarité Ouvrière) pour l’accusation fantaisiste de « trouble à l'ordre public ».

Les trois militant-es sont accusé-es de trouble à l'ordre public et d'agression à l’encontre de membres de l'UNI en avril 2014 lors des élections étudiantes à Montpellier 3. Les poursuites de l’université contre ces militant-es sont intolérables. Ils et elle ont été interdit-es de présence sur le campus durant 30 jours, causant l'impossibilité de se rendre aux examens !!!! La présidence a refusé tout dialogue, toute rencontre et ne répond même pas aux courriers qui lui sont adressés. A partir de faits mineurs, la Présidente et le Vice-Président s'acharnent sur les militant-es pour leurs activités syndicales dans l’université.

Face aux provocations répétées de l'UNI (organisation de droite extrême), accompagnée de militant-es du FNJ (Front National de la Jeunesse) et de la Ligue du Midi (groupuscule violent local d'extrême-droite), la Présidence a préféré faire intervenir CRS et BAC pour les protéger, opération qui a coûté des milliers d'euros au contribuable ! Les pressions policières, des militant-es faisant le geste de la quenelle, les inultes racistes, homophobes et islamophobes,... Autant de provocations et d'agissements qui ne sont pas acceptables sur un campus d'université. Un membre de la BAC a d'ailleurs affirmé être venu pour « protéger son neveu » illustrant les magouilles et les arrangements entre forces de l'ordre et groupuscules violents. Par ailleurs, preuve que l'UNI n'est pas la bienvenue à Paul-Valéry, elle a obtenu aucun élu (30 voix sur 20 000 étudiants!) contre 4 élu-es pour les organisations signataires (plus de 400 voix) !

Ce n'est pas la première fois que la présidence de l'Université Montpellier 3 s'adonne à la répression et au flicage. Elle dispose de listes noires illégales d'étudiant-es jugé-es indésirables (recours à la CNIL), elle a également poursuivi en conseil disciplinaire - lors du mouvement en 2013/2014 contre les mesures d'austérité - des étudiant-e-s mobilisé-es sans preuve valable (le dossier n'a d'ailleurs donné aucune suite)...

Mais qui sont les « agresseurs » ?

Sont-ce celles et ceux qui se battent pour une université publique, gratuite, critique et réellement ouverte à toutes et tous qu’ils et elles soient avec ou sans papiers ? Les personnel-le-s qui subissent contrats précaires à répétition, conditions de travail et de rémunération toujours plus dégradées ? Ou celles et ceux qui orchestrent licenciements, externalisation, coupes budgétaires, suppressions de postes, de filières, privatisation et dégradent ainsi les conditions de travail, de vie et d’études de la majorité des étudiant-e-s et personnel-les et l’imposent avec la force de l'intervention policière, couverts par les groupuscules d'extrême-droite ?!

Il apparaît ainsi que l’extrême-droite et la présidence se rencontrent inévitablement quand il s’agit de réprimer les étudiant-e-s en lutte. Sous couvert d'une image contestataire, la Présidence utilise les moyens législatifs répressifs et sans dialogue qui ont servi de socle au phénomène d’hyper-présidence, de concentration des pouvoirs, dû aux réformes universitaires LRU et Fioraso, qu'ils ont pourtant publiquement dénoncés.

Ces méthodes intolérables ne se retrouvent pas qu’à Montpellier. Partout les mêmes procédés sont employés par l’Etat afin de casser les mobilisations collectives, seule issue à un système qui menace chaque jour un nombre toujours plus grand d’entre nous.

Loin de ne frapper que nos seul-e-s militant-e-s, la répression s’abat sur tou-te-s celles etceux qui relèvent la tête pour se défendre. Ainsi, à Caen, le directeur de l’hôpital a fait appel aux forces de l’ordre contre le personnel gréviste en lutte contre les suppressions de postes et les réductions budgétaires. À Amiens Nord, ce sont plusieurs syndicalistes CGT de Goodyear, en lutte contre plus de 1200 licenciements, qui ont été condamné-e-s à de la prison avec sursis, tandis que d’autres ont été placé-e-s 39 heures en garde à vue suite à une plainte pour « menaces » d’un syndicat de cadres. En Espagne, ce sont récemment plusieurs années d’emprisonnement qui ont été requises contre des salarié-e-s d’Airbus qui avaient participé à la grève générale en 2010…i

Signataires : Solidaires Etudiant-e-s Montpellier, SCUM/CNT-SO, SUD Education 34, SUD Recherche 34, Solidaires 34

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 12:19
Outrage et rebellion: comment fabriquer des délits

Pour mettre la pression, les policiers ont un très bon outil qui est aujourd'hui remis en cause, l'outrage et la rebellion. En effet, ces "délits" sont des moyens de créer des motifs d'arrestation là ou il n'y a que du harcèlement policier...

L’outrage et la rébellion sont les petites armes de l’intimidation policière : assaisonnées à toutes les sauces, elles permettent aux "agents dépositaires de l’autorité publique" d’embarquer au poste, de mettre en garde à vue et d’envoyer au tribunal qui bon leur semble ou ne leur revient pas. Le dernier rapport de l’Inspection Générale de l’administration épingle une pratique lucrative qui se systématise.

La subjectivité de l’outrage

Une simple affirmation de la part du flic suffit à fonder l’outrage ou la rébellion :

  • L’outrage est défini comme étant "les paroles, gestes ou menaces, les écrits ou images de toute nature non rendus publics ou l’envoi d’objets quelconques adressées à une personne investie d’une mission de service public dans l’exercice ou à l’occasion de sa mission et de nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect de la fonction dont elle est investie" (art 433-5 du Code Pénal).
  • La rébellion est "le fait d’opposer une résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public agissant dans l’exercice de ses fonctions, pour l’exécution des lois, des ordres de l’autorité publique, des décisions ou mandats de justice" (art 433-6 du Code Pénal).

Seulement tout ça coûte cher d’après le dernier rapport de l’Inspection Générale de l’Administration (IGA) qui épingle le coût des contentieux du Ministère de Valls : 13,2 millions d’euros par an pour les flics et 604 000 euros pour les gendarmes, pour délits d’outrage, rébellion et violences volontaires.

Du beurre dans les épinards des bleus

Sur les 20 600 dossiers instruits par des flics en 2012 (30% de plus chaque année), seuls 300 n’ont pas abouti, tous les autres se font indemniser, les yeux fermés, par les deniers du Trésor. A chaque fois le flic se met 300-700 euros d’indemnités dans la poche, sans compter les jours d’ITT quand il s’est foulé l’ongle ou a subi un "traumatisme psychologique".

Quand l’IGA demande à la Direction centrale de la Police Nationale une liste des flics indemnisés, seul le Service d’Aide au Recouvrement des VIctimes (SARVI) est "en mesure" de répondre ; il fournit une liste édifiante de 147 noms qui à eux seuls suffisent à montrer à qui profite le crime :

6 fonctionnaires de police totalisent plus de 15 dossiers chacun ;
31 fonctionnaires de police totalisent entre10 et 14 dossiers ;
109 fonctionnaires de police totalisent entre 5 et 9 dossiers ;
1 fonctionnaire a ouvert 19 dossiers d
epuis 2009 !

Il a été signalé à la mission le cas d’un fonctionnaire « victime » à 28 reprises en 2012, sans aucune suite de la part de l’administration. Un Secrétariat Général de l’Administration Policière (SGAP) a signalé à la mission 62 cas d’agents victimes plus de quatre fois dans l’année, sans qu’il n’y ait eu aucun traitement de ces cas d’un point de vue managérial ou administratif ; un autre a signalé 28 cas. (sic)

Pour 100 000 gendarmes en France contre 144 000 flics, l’IGA relève 30 fois plus de plaintes chez les seconds et attribue le phénomène à un processus d’enquête et de validation des contentieux par la hiérarchie plus abouti dans la gendarmerie nationale.

Une manne judiciaire

Chaque dossier occasionne en outre 1000 euros supplémentaires de frais de dossier. Avec 5569 dossiers d’outrage, 5540 de rébellion et 8228 de violences volontaires, c’est un juteux business pour la justice...

L’IGA relève qu’« à Paris, cinq cabinets d’avocats [1], choisis au fil du temps, sans aucune mise en concurrence, se partagent « un marché » d’environ 2,5 M€ annuel, qui leur garantit un revenu d’environ 40 000€ par mois et par cabinet. Dans certaines circonscriptions de police en province, le nombre de dossiers de Protection Fonctionnelle (PF=dossier d’indemnisation) pour outrage est d’autant plus élevé qu’un avocat en est spécialiste, fait sa propre publicité y compris dans les commissariats ; ailleurs, l’avocat est lié personnellement à un fonctionnaire de police et la coïncidence fait que dans le ressort de ce barreau le nombre de dossiers d’outrages est particulièrement élevé... »

Si ça ne suffisait pas à nous convaincre que l’affaire est lucrative, la répartition des dossiers sur le territoire permet de se rendre compte qu’il y a des endroits où il fait bon être flic : quand à Paris on recense 760 dossiers d’outrage instruits, à Rennes on en a 1466 ; qu’en conclure ? Que les Rennais n’ont pas leur langue dans leur poche, que les flics de l’ouest sont susceptibles ou qu’à Rennes il doit y avoir un bon cabinet d’avocat de flics ? Je vous laisse choisir...

En tout cas, les tarifs ne sont pas les mêmes des deux côtés de la matraque : quand on est victime des flics, si on n’a pas été intimidé par l’entretien à l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) qui essaie de nous convaincre qu’on a exagéré les faits ou le préjudice ; si on a passé le procès, l’appel, en vain, avec un juge pressé de classer le dossier ; et si malgré tout ça on pousse jusqu’en cassation pour se faire casser une énième fois par la justice, on y a laissé un bon petit paquet de pognon à 5 chiffres.

Quand tu as tort, crie plus fort

En tous cas, ce qu’il y a de bien avec les flics, c’est qu’on sait toujours quand on met le doigt sur un point sensible : quand un flic a tort il porte plainte, quand tous les flics sont montrés du doigt ce sont leurs syndicats qui appellent à la grève et crient au loup !

En réponse à ce rapport de l’IGA qui épingle les flics et leur ministère sur 104 pages [2], le syndicat Alliance monte au créneau avec verve dans son dernier communiqué :
"Alliance Police Nationale CFE‐CGC dénonce cette idée technocratique qui présente les policiers comme des habitués du recours infondé et coûteux.
D’après l’IGA, les policiers seraient ceux qui abusent de ce droit à une défense légitime devant les juridictions ! Ce rapport est honte
ux !"

On aurait voulu le dire, qu’on aurait pas trouvé mieux : le flic est un instrument de la technocratie qui est habitué aux recours infondés et coûteux. Peut-être qu’il faudrait se demander si ce n’est pas la technocratie qui entoure le flic et le protège aveuglément qui serait viciée.

On comprend pourquoi ça s’inquiète chez les flics si les projets de loi censés les protéger encore davantage ne passent plus comme des lettres à la poste et que leur Ministre veut leur coller un matricule à l’uniforme. Mais qu’ils se rassurent, ils vont encore pouvoir caser quelques outrages et rébellion contre les militants avant que la source bienfaitrice ne se tarisse.

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Published by AL Montpellier - dans police repression outrage
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 11:31
Le mouvement étudiant prend de l'ampleur à Lyon 2

La loi Fioraso qui, dans le prolongement des lois LRU, accentue la privatisation de l’Enseignement supérieur, commence à faire réagir. La contestation monte dans certaines facs (Montpellier, Paris-VIII...). C’est au tour de Lyon-II d’entrer dans la danse : avec en toile de fond une direction d’université en voie de dislocation, les AG succèdent aux actions coup-de-poing, malgré la répression policière.

Le mouvement étudiant est en train de prendre de l’ampleur à Lyon-II. L’université Lumière a rejoint le camp des facs en lutte actuellement (Montpellier, Paris-VIII, …) : depuis quelques semaines des diffes de tracts et des tables d’informations sont tenues quotidiennement.

Ce mouvement est une réponse à la loi Fioraso, dite loi « d’autonomisation » et qui, dans la continuité des lois LRU, privatise toujours plus les universités. La loi Fioraso prévoit que le financement des différents cursus se fera par le biais d’investissements privés. Ce qui signifie deux choses : d’une part le contenu des formations sera moins indexée sur nos besoins que sur ceux de l’investisseur ; d’autre part les formations de sciences humaines et autres cursus jugés inutiles et non rentables seront à terme supprimés !

L’université Lyon-II, bien que non déficitaire, n’échappe pas à cette politique d’austérité. Le projet de son président, Jean-Luc Mayaud, est de rassembler les différentes universités (Lyon-I, Lyon-II, Lyon-III, la fac catho), avec d’autre écoles lyonnaises et la fac de Saint-Etienne pour former un pôle universitaire. L’enjeu : concentrer les moyens, fusionner les filières, et supprimer un maximum de postes…

« N’ayez pas peur de la démocratie ! »

Il semblerait que la crise ne fasse pas des ravages que chez les étudiant.e.s, les personnels et les enseignant.e.s. Elle s’immisce jusqu’au sein de l’administration Mayaud, en voie de désagrégation : 4 vice-présidents sur 6 ont démissionné, ne supportant plus la pression de la hiérardhie. Sentant le sol se dérober sous ses pieds, dimanche 24 novembre, le président de l’université, a déclaré dans un mail envoyé à tout le monde qu’il ne serait pas un « chef sacrificiel » et qu’il convoquait un conseil d’administration « élargi » pour « solutionner la crise à Lyon-II ».

L’assemblée générale des étudiant.e.s en lutte a décidé d’envahir ledit CA pour faire entendre ses revendications. Environ 200 personnes y sont parvenues, en bousculant les membres de la sécurité incendie (utilisée comme milice par Mayaud) qui nous barraient le passage. Nous avons pris place calmement dans l’amphi présidentiel en scandant : « Ce congrès est illégitime, délogeons les pantins du pouvoir », ou encore « N’ayez pas peur de la démocratie. » Pris de panique devant ces dangereux gauchistes, le président a officiellement annulé le CA au bout d’une demi-heure, tout en essayant malgré tout d’en faire monter des membres dans son bureau ni vu ni connu. Vu ! Pas de chance… Hors de question que ce conseil se tienne sans nous, on est donc allé trouver le président dans son bureau pour lui demander des explications.

« Dispersez vous les CRS ont ordre de vous charger »

Le bâtiment étant verrouillé de l’intérieur, une porte a été cassée… La foule est montée jusqu’au hall devant le bureau du président, mais les portes sont restées fermées… D’où AG sauvage dans ce hall, avec les étudiant.e.s et quelques prof et personnels qui nous avaient rejoints. Tout le monde est resté assiss devant la porte à discuter, jusqu’à l’interruption par une magnifique sommation : « Obéissance à la loi, dispersez vous, à partir de ce moment les CRS ont ordre de vous charger ! » Des CRS et des gars de la BAC sortaient de toutes part, c’était hallucinant !

Nous avons réussi à sortir collectivement du bâtiment, puis une fois dehors, à nous enchaîner les uns les autres pour éviter les interpellations ciblées. Les CRS nous ont poussés hors de l’enceinte de la fac et se sont jetés sur les personnes « gênantes » : 6 en tout, dont 2 d’AL. S’est ensuivie une garde à vue de vingt-deux heures pour violence aggravée en réunion, dégradations aggravées en réunion et rébellion. Nous sommes en attente des suites judiciaires de cette affaire… Les camarades qui n’ont pas été arrêté.e.s ont été dispersés à coups de tonfas, de boucliers et de lacrymo… Ils et elles se sont ensuite rassemblées devant l’hôtel de police où les attendait un comité d’accueil d’une trentaine de CRS.

500 en assemblé générale

Mardi 26 novembre s’est tenue la 4e AG de lutte, qui a réuni entre 400 et 500 personnes, ce qui montre que la mobilisation va crescendo, la répression ayant soulevé l’indignation. Résultat : des échanges plutôt positifs, pas figés sur le corporatisme étudiant (remise en cause du capitalisme, etc.). L’assemblé s’est prononcé :
contre la destruction des services publics ;
pour le réinvestissement de l’État à hauteur des besoins de l’université ;
pour l’interdiction aux forces de l’ordre de rentrer dans les facs ;
pour la représentation majoritaire des étudiants au CA
pour l’abandon des poursuites contre les étudiant.e.s interpellés ;
pour que les absences en TD ne soient pas compatabilisées.

Un certain nombre d’actions ont été décidées, parmi lesquelles :
participation et organisation de la prochaine coordination étudiante ;
occupation et blocage d’un amphi ;
blocage systématique des CA ;
participations à d’éventuelles journées de mobilisations nationales et actions interprofessionnelles ;
grève.

Par la répression ils croyaient étouffer la révolte dans l’œuf. Grossière erreur !

A Lyon-II comme partout, continuons la lutte contre les politiques d’austérité et les violences institutionnelles !

N’arrêterons pas le combat contre les véritables dégradations, commises par cette politique, et qui frappent nos conditions de vie, d’étude et de travail !

Myriam (AL Lyon), le 27/11/2013

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 12:39
Une histoire de la lutte des classes aux USA

La lutte des classes ce n'est pas que des gentilles manifestation et défilés pacifiques. Face à la violence de l'état mais aussi souvent du patronat, notre camp, celui des exploités, réplique. Voici un retour sur l'histoire de la lutte des classes aux USA au début du 20eme siècle

Les luttes ouvrières sont souvent marquées par leur violence. En 2010, dans une période de licenciements, les séquestrations de patrons semblent effrayer la bourgeoisie. C’est dans ce contexte que les éditions Sao Maï traduisent un livre de Louis Adamic sur l’histoire de la violence de classe en Amérique. La CGT, principal syndicat en France, semble avoir délaissé la grève générale et le sabotage préconisés au début du XXème siècle, pour se conformer à la routine bureaucratique. Au contraire, l’histoire de la classe ouvrière permet de puiser une variété de pratiques de luttes qui ne s’embarrassent pas de la légalité bourgeoise.

Le texte de Louis Adamic, publié en 1931, évoque la relation entre lutte ouvrière et criminalité aux États-Unis. Dans une société qui valorise la réussite et la concurrence, le prolétariat ne peut que s’appuyer sur l'illégalisme pour survivre. Un véritable syndicat du crime peut alors se développer. La criminalité peut également reposer sur un refus du travail et de l’usine.

A partir de 1830, de nombreux immigrés débarquent en Amérique. Mais ils doivent subir d’ignobles conditions de travail pour pouvoir survivre.

Mais, dans les années 1860-1870, les Molly Maguires se développent comme une société secrète. Leur nom provient de la veuve Molly Maguire qui s’oppose au système de rente dans l’Irlande de 1840. Ses groupes de mineurs irlandais n’hésitent pas à utiliser la violence face à leurs oppresseurs. « Tout propriétaire, tout agent assermenté expulsant un paysan du coin pour cause d’impayés, prenait le risque de signer du même coup son arrêt de mort », décrit Louis Adamic. Les patrons et propriétaires des mines vivent dans la terreur.

Les tabassages et assassinats sont décidés en réunions et des personnes, étrangères à la région du propriétaire, sont désignées pour réaliser l’exécution. Mais des détectives privés parviennent à identifier des meurtriers. La répression s’abat alors sur les Molly Maguires à partir de 1870. Cette violence ouvrière s’oppose à la brutalité de l’exploitation capitaliste. « En éliminant physiquement des propriétaires miniers et des employeurs, en en tabassant des centaines d’autres, ceux-ci améliorèrent, sans aucun doute possible, les conditions générales de travail », estime Louis Adamic.

A partir de 1860 s’amorce la période de l’industrialisation et du capitalisme triomphant. « La nation tout entière se lançait à la croisade de la réussite matérielle. Réussir à tout prix ! Au diable perdants et minables ! », décrit Louis Adamic. La population intériorise cette idéologie capitaliste. La concurrence sur le marché du travail prime sur la solidarité de classe. A partir de 1873, une crise économique se développe. Les réductions de salaires déclenchent des grèves. Mais les manifestations de rue sont violemment réprimées. En 1877, une grève des Chemins de fer éclate spontanément. La grève s’étend et les affrontements avec la Garde Nationale se multiplient. Dans un dépôt ferroviaire, des wagons sont incendiés. Dans de nombreuses villes, comme Baltimore ou Chicago, des émeutes ouvrières éclatent. Des troupes anti-émeutes de 20 000 hommes ont du être mobilisées pour mettre un terme au mouvement. Ses insurrections spontanées font peur à la bourgeoisie, plus facilement rassurée par des mouvements encadrés et dirigés qui peuvent être plus facilement démantelés. « Le prolétariat montrait tout simplement de puissantes dispositions à subvertir l’ordre existant », souligne Louis Adamic.

Durant les années 1870, la ville de Chicago abrite plusieurs mouvements révolutionnaires. Le Parti Socialiste Ouvrier (PSO) comprend un courant radical qui se réfère aux idées marxistes mais aussi anarchistes. En 1881 est créé le Parti Socialiste Révolutionnaire qui préconise la propagande par le fait. Johann Most, qui exalte l’attentat contre les autorités, devient le chef de file des mouvements radicaux. Contre les politiciens et les exploiteurs, il se réfère à la pensée de Bakounine. « Qu’on s’en remette à l’inextinguible esprit de destruction et d’annihilation qui fait aussi le printemps d’une vie nouvelle. La joie de la destruction est une joie créatrice ! », estime Bakounine. Les combats de rue et la dynamite sont valorisés par Most.

Les organisations ouvrières se multiplient. La grève ou le boycott peuvent permettre de négocier avec les patrons des améliorations des conditions de travail. Mais, face à la brutalité de l’exploitation capitaliste, la violence est considérée comme la seule arme des travailleurs. Les échecs électoraux alimentent la radicalisation des partis ouvriers et le développement de l’anarchisme à Chicago. Avec la crise industrielle de 1884-1886, la tension sociale s’intensifie. La journée de 8 heures devient le mot d’ordre qui fédère l’ensemble du mouvement ouvrier, y compris les anarchistes qui rejettent les revendications réformistes.

A Chicago, en 1886, un meeting est organisé sur la place de Haymarket. Sous une pluie battante, à la fin du meeting, la police décide d’intervenir pour évacuer les lieux. Face à cette provocation, une bombe explose. Les troupes policières tirent alors sur la foule des travailleurs. Les anarchistes répliquent également par des coups de feu. Mais cet épisode s’achève par un véritable massacre avec de nombreux morts, surtout du côté des travailleurs. Après ce carnage, la répression s’abat sur les anarchistes. La bourgeoisie, mais aussi les ouvriers, dénoncent la violence révolutionnaire. Des anarchistes sont jugés non pour leurs actes, mais pour leurs discours et leurs idées.

Mais, au moment de l’exécution plus d’un an après, les condamnés apparaissent comme des martyrs héroïques. Pourtant, après la bombe de Haymarket, le mouvement ouvrier s’effondre et toutes les grèves lancées par des syndicats échouent. L’American Federation of Labor (AFL) est créé. Mais ce regroupement syndical repose sur des bases corporatistes et réformistes. Si leur direction semble médiocre et corrompue, les syndicats fourmillent d’anarchistes.

Pour s’opposer au mouvement ouvrier révolutionnaire, l’État et les patrons limitent le cadre de la légalité. Les moyens légaux deviennent alors de plus en plus limités pour les travailleurs. La moindre pratique de lutte incite alors à sortir de la légalité.

Tandis que la bourgeoisie vit dans l’opulence et le luxe jusqu’à la vulgarité, la population subit la misère et la faim. Dans ce contexte, en 1893, le politicien populiste Coxey organise une marche de chômeurs vers Washington. Mais cette agitation ne débouche vers aucune perspective politique.

En 1894, une importante grève éclate dans le secteur des chemins de fer à Chicago. Ce mouvement a, de nouveau, effrayé la bourgeoisie.

Des grèves éclatent également à l’Ouest des États-Unis. La Fédération des mineurs de l’Ouest (FMO) s’inscrit dans une ligne politique très radicale. La violence révolutionnaire est alors banalisée, surtout lorsque les patrons engagent des milices privées. « Les dirigeants eux-mêmes courraient d’une bataille à l’autre, faisant aussi bien le coup de poing que le coup de feu contre les briseurs de grève et les troupes d’État », décrit Louis Adamic.

En 1905, la FMO se fédère avec d’autres syndicats de lutte pour créer l’IWW (Industrial workers of word). Cette organisation révolutionnaire vise l’abolition du capitalisme pour permettre aux travailleurs de reprendre la maîtrise de leurs conditions de vie. Mais cette nouvelle structure ne s’appuie pas sur une ligne politique claire. Des marxistes, des anarchistes et des partisans de l’action directe côtoient des politiciens opportunistes. Mais, en 1908, la tendance révolutionnaire prédomine. Pour l’IWW, la lutte des classes doit « se poursuivre jusqu’à ce que les travailleurs du monde entier, organisés en une seule classe, prennent possession de la terre et de l’outil de production, et abolissent le salariat ». Les wobblies, comme se nomment les membres de l’IWW, lancent de nombreuses grèves. Les wobblies se distinguent du syndicalisme corporatiste et réformiste de l’AFL.

Gombers, le dirigeant de l’AFL, estime que le syndicalisme doit se conformer au cadre de la légalité. Il s’oppose à la violence et au sabotage pratiqué par les révolutionnaires. Soucieux de respectabilité, Gombers ne cesse de dénoncer les émeutiers. Mais l’AFL n’hésite pas à pratiquer la violence et à faire usage de la dynamite. Pourtant, son discours discrédite les pratiques de lutte. « Cette duplicité des chefs s’exerçait, pour moi, au détriment non pas des syndicats pratiquant la destruction de biens, la brutalité et le meurtre, qu’au mouvement syndical tout entier », estime Louis Adamic. Les ouvriers du bâtiment, notamment les sidérurgistes, ont très souvent recours à la violence. Le patronat de ce secteur n’hésite pas à recruter des criminels pour briser les grèves. Seule la destruction de ponts et de bâtiments permet de faire plier les patrons. De 1905 à 1910, les salaires augmentent à coups de dynamite.

Otis, puissant patron, est également propriétaire du Los Angeles Times. Il déteste les syndicats et fait régner la terreur capitaliste. L’AFL décide alors de faire exploser le siège du Los Angeles Times. Mais la bombe détruit tout le bâtiment et vingt personnes meurent dans l’explosion. Otis accuse immédiatement les syndicalistes, hostiles à la liberté d’entreprendre et à la grandeur de Los Angeles. En revanche, les syndicalistes dénoncent une fuite de gaz et la vétusté de l’immeuble qui explique un tel carnage. En effet, l’objectif de l’explosion n’était pas de tuer.

L’arrestation des frères McNamarra, les dirigeants de l’AFL, devient une affaire politique qui symbolise la lutte des classes. « Celle-ci était désormais l’affaire de la lutte toute entière du capitalisme et de sa cupidité contre les travailleurs », résume Louis Adamic. Tous les dirigeants de l’AFL, une grande partie de la population et même le candidat socialiste à la mairie de Los Angeles, soutiennent les inculpés.

Mais les accusés doivent plaider coupables. Ils avouent avoir organiser l’explosion, sans la volonté de tuer. Dès lors, seuls les révolutionnaires et l’IWW continuent à défendre les frères McNamara et la pratique du dynamitage. En revanche, les dirigeants socialistes dénoncent le syndicalisme et la violence.

Plusieurs dirigeants de l’AFL sont également confrontés à la justice. Ce syndicalisme réformiste ne peut plus s’appuyer sur sa respectabilité. Le mouvement syndical de l’AFL s’effondre progressivement.

De 1912 à 1917, la guerre de classe devient beaucoup plus violente. Mais c’est le patronat qui est à l’offensive. Des briseurs de grèves, armés, n’hésitent pas à tirer pour tuer des ouvriers désarmés et pacifistes.

A San Francisco, l’effondrement du syndicalisme renforce le mouvement révolutionnaire qui s’approprie les pratiques les plus explosives. Thomas Mooney, pilier de la Fédération du Travail de Californie (FTC), illustre cette contestation aux accents libertaires. Dans un contexte de guerre mondiale, bercé par le patriotisme et le militarisme, une bombe explose à côté d’un cortège d’uniformes et de drapeaux. Tom Mooney est alors arrêté, avec d’autres anarchistes partisans de l’action directe. Billings et Mooney passent 23 ans en prison avant d’être finalement innocentés. Le patronat n’hésite évidemment pas à exploiter la tragédie de l’explosion pour mieux servir ses intérêts et discréditer le mouvement ouvrier révolutionnaire.

En dehors des wooblies, tous les syndicalistes défendent l’intervention militaire des États-Unis dans la guerre mondiale. Le mouvement ouvrier semble laminé. « Cette longue série de défaites avait fini par détruire chez les syndicalistes toute confiance en leur propre capacité de résistance au pouvoir, et à la détermination, de leurs adversaires », décrit Louis Adamic. Mais, en 1917, l’offensive ouvrière reprend. Le secteur de la sidérurgie, grâce à ses pratiques radicales, reste fortement organisé. William Foster tente de lancer une vague d’agitation dans la métallurgie, un secteur clé du capitalisme. Malgré la modération de l’AFL, en quête permanente de respectabilité, les ouvriers désirent déclencher une grève. Les soulèvements locaux se multiplient. Les syndicalistes, au contraire, voulaient simplement négocier avec les patrons. « Nous avons essayé de trouver une porte de sortie, en vain. Cette grève ne vient pas des dirigeants. Elle vient de la base syndicale », s’excusent les bureaucrates syndicalistes dans une lettre envoyée au président des États-Unis. Les capitalistes recrutent des milices armées pour briser la grève. Les ouvriers restent pacifistes et non-violents. Face à la peur et à la répression, ils doivent reprendre le travail. La guerre de classe ne peut que s’accompagner de la violence et du son de l’explosion.

L’IWW parvient à s’implanter et à développer un syndicalisme de lutte. Mais les wooblies sont constamment traqués par des truands au service des patrons. Pour défendre leur local de Centralia, les wooblies doivent même répliquer par des coups de feu.

En 1920, Sacco et Vanzetti sont arrêtés pour meurtre et pour braquage. Ses deux anarchistes sont surtout suspects car ils participent activement aux luttes sociales. « Cet homme pourrait, certes, ne pas avoir commis le crime qui lui est aujourd’hui attribué, mais il est toutefois moralement coupable en tant qu’ennemi des institutions existantes », déclare même le juge qui condamne Vanzetti. L’exécution des deux anarchistes vise à terroriser tous les mouvements de contestation.

De 1911 à 1920, la violence de classe provient presque toujours des intérêts capitalistes. Ses massacres appellent à une vengeance du prolétariat.

A partir des années 1920, c’est le patronat qui semble à l’offensive. Les républicains accèdent au pouvoir et le contrôle des syndicats sur le marché du travail est brisé. Le mouvement ouvrier semble s’effondrer.

La criminalité devient alors la seule solution. Les syndicats recrutent des « racketteurs » qui sont des cogneurs de métier. Explosions, tabassages, assassinats : la violence doit permettre de mettre la pression sur les patrons qui méprisent les droits des ouvriers. Seules ses pratiques assurent la survie des organisations syndicales. « Une fois de plus la dynamite et le coup de poing les avaient sauvées, particulièrement dans le secteur du bâtiment », observe Louis Adamic.

Les juges et les jurés refusent de condamner cette violence syndicale pour cause de représailles.

Les criminels deviennent de plus en plus présents dans les bureaux des syndicats et, progressivement, prennent le contrôle des organisations ouvrières. A Chicago, des gangsters comme ceux de la bande d’Al Capone dirigent les syndicats et exercent ainsi une influence politique. Ils assurent une « protection permanente » du syndicat contre un salaire versé chaque mois. Les syndicalistes défendent cette violence criminelle qui demeure le seul moyen de s’opposer à la terreur patronale. Le racket syndical permet d’entamer des carrières criminelles. Inversement, la violence rythme la guerre de classe en Amérique. « L’histoire des gangsters et celle des travailleurs syndiqués sont inextricablement liées », résume Louis Adamic.

A l’origine, les gangs regroupent des petits truands sans envergures. Mais dès lors qu’ils sont utilisés dans le cadre de la guerre de classe, ils construisent de véritables organisations criminelles. Les anciens syndicalistes ouvriers enseignent leurs pratiques aux criminels, comme manier les explosifs.

Le racket de « protection » devient un important secteur d’activité criminelle. Les gangsters déterminent d’abord un périmètre de la ville à contrôler. Ensuite, les commerçants doivent payer pour leur protection. Les gangsters empêchent les autres criminels et commerçants concurrents de s’installer dans le quartier. Ils ouvrent ensuite des lieux comme des bars clandestins pour permettre leur trafic d’alcool. La criminalité permet d’échapper au travail ouvrier et de gagner rapidement beaucoup d’argent. Un gangster comme Al Capone est même soutenu par la population. Il aide financièrement les plus pauvres à partir du racket sur les riches.

Les prolétaires refusent de subir les conditions de vie de classe ouvrière et rejoignent alors dans la classe criminelle. Même les gangsters les plus puissants sont issues dans classes populaires. La misère et le chômage favorise l’essor du crime organisé. L’illégalisme devient largement préférable à la condition de l’honnête ouvrier.

Les travailleurs de l’industrie doivent essuyer insultes et humiliations. Demander un travail ou obéir à un patron détruit toute forme de dignité. « Dans le racket, au moins, vous pouviez être quelqu’un », tranche Louis Adamic. En l’absence de mouvements collectifs de lutte, le basculement dans la vie criminelle s’impose alors comme une évidence.

Louis Adamic évoque des criminels rencontrés en 1929. « Leur mépris du pouvoir en place était sans bornes. Leur statut de hors-la-loi ne les embarrassait nullement. Ils étaient parfaitement conscients de leur supériorité vis-à-vis de la loi et du pouvoir policier », décrit l’écrivain. Des anciens gauchistes refusent de s’enfermer dans le cadre de la légalité pour assurer leur survie. Le trafic d’alcool est justifié par la nécessité d’enfreindre la loi. L’exploitation capitaliste s’apparente à une forme de racket légal. Il devient alors normal de racketter les patrons. « Qu’est-ce qui est pire : le dynamitage d’un immeuble, ou le licenciement de milliers d’hommes au milieu de l’hiver, quand leur famille crève la dalle ? », justifie un gangster. Il méprise les prolétaires qui préfèrent baisser la tête, se soumettre et être humiliés en silence. « Ces maudits prolos et leur fichu docilité face à la souffrance : tout ça me rend malade », poursuit le criminel.

Dans les années 1920 les IWW défendent toujours leurs pratiques de lutte. Mais le syndicalisme semble davantage réprimé et encadré. Le sabotage doit permettre d’attaquer la production et les profits des patrons.

La grève du zèle permet de ralentir les cadences pour privilégier la paresse contre le travail. Pour les wobblies, « le devoir de nuire à la classe propriétaire, à chaque fois qu’une possibilité se présentait, semblait ne jamais abandonner », décrit Louis Adamic.

Les wobblies sont souvent des travailleurs précaires qui changent souvent de métier. Mais ils rejettent l’exploitation capitaliste et le culte du travail bien fait. « Nulle part je ne trouvais d’entrain réel pour le travail, ni - de la part de personne - une fierté quelconque à se trouver obligé de bosser », témoigne Louis Adamic.

Les syndicats et le mouvement ouvrier s’effondrent. Mais des réflexes et des pratiques de lutte perdurent. « Il existait en revanche un puissant mouvement radical inorganisé impliquant des millions de travailleurs, qualifiés ou non, en dehors des syndicats et des partis politiques, socialistes ou communistes », décrit Louis Adamic. La radicalité ne s’exprime pas à travers un projet collectif mais surtout par un désir de vengeance personnelle.

Cet ouvrage présente une description passionnante de l’histoire des luttes ouvrières aux États-Unis. Mais il ne faut pas forcément en déduire une apologie de la violence. Loin de la démarche autoritaire et avant-gardiste des petits groupes armés, la violence politique doit permettre de construire une conscience révolutionnaire. « En définitive, la violence du prolétariat américain durera jusqu’à ce que les travailleurs acquièrent un esprit et des motivations révolutionnaires », souligne Louis Adamic. Seule la lutte radicale permet aux prolétaires de reprendre le contrôle de leur vie.

Source : Louis Adamic, Dynamite ! Un siècle de violence de classe en Amérique (1830-1930), traduction inédite de l’anglais notes et notice de Lac-Han-tse et Laurent Zaïche, Sao Maï, 2010

Extrait de l'avant-propos de l'ouvrage, par les éditions Sao Maï, publié sur le site de la Coordination des intermittents et précaires (CIP-IDF)

Repris sur zones subversives

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 11:06
Répression contre les grévistes étudiants à Bruxelles

Voici le communiqué d'un syndicat étudiant bruxellois après la répression qui a frappé les grévistes belges. Solidarité internationale!

Ce lundi 14 octobre à 16h30, plus d’une centaine d’étudiants de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) a réussi à bloquer la tenue de son conseil d’administration (CA) pour s’opposer à la « réforme de la gouvernance ». En effet, les étudiants réunis en assemblée générale jeudi dernier avaient voté le blocage du CA si le point « réforme » n’était pas reporté.

A l’arrivée des étudiants, les autorités avaient déplacé le CA dans un lieu qu’ils tenaient secret. Les étudiants ont constaté qu’en lieu et place du CA, les administrateurs embarquaient dans un bus pour une destination inconnue. Les étudiants ont alors bloqué le bus. Malgré la présence de nombreux étudiants devant celui-ci, le bus s’est élancé manquant d’écraser les manifestants au vu et au su des autorités et des administrateurs. Suite au blocage, un second bus est arrivé suivi d’une « escorte » policière dépêchée par l’ULB. Bus dans lequel se sont empressés de monter les administrateurs. Bloquant ce second bus sans aucune violence, les étudiants ont pourtant été réprimés avec une brutalité extrême. Plusieurs étudiants ont été blessés gratuitement : matraqués, jetés au sol, intimidés par la brigade canine – faisant un étudiant mordu – et finalement gazés par les forces de l’ordre.

Les autorités ont contacté la police contre leurs propres étudiants ! Celle-ci était présente sur le campus – et donc soumis à la responsabilité de l’ULB – avant 16h. Des policiers en civil étaient présents dans le hall d’entrée du Conseil d’Administration. Cette mascarade démocratique n’avait qu’un but : empêcher les étudiants d’exprimer leur opposition. En voulant faire passer en force le vote de la réforme de la gouvernance (pour laquelle les délégués des étudiants et des travailleurs s’étaient exprimés contre en juin dernier), les autorités de l’ULB n’ont pas hésité à employer la violence gratuitement plutôt que de répondre positivement aux revendications démocratiques des étudiants.

L’Union syndicale étudiante (USE) rappelle qu’une pétition demandant le report du vote et un référendum a récolté plus de 2000 signatures en 5 jours. Ceci n’a pourtant pas ému les membres du CA ce lundi. L’ULB reste sourde aux demandes des étudiants pour plus de démocratie. Les étudiants ont eu à faire face aux insultes, à la malhonnêteté et aux coups, mais ils n’ont pas cédé.

L’USE déplore le manque d’engagement du bureau des étudiants administrateurs (BEA) dans le dossier. Le BEA, malgré sa minorité progressiste, n’a pas pris en considération le vote démocratique du blocage décidé par l’assemblée générale. Pour l’USE cet agissement tient de la confiscation bureaucratique du pouvoir et n’a aucune légitimité démocratique. Le BEA, en tant qu’organe de représentation des étudiants, se doit de tenir des assemblées générales (AG) étudiantes démocratiques. Le mandat du BEA doit ainsi être défini par les revendications et les actions votées par les étudiants lors de ces AG !

L’USE continue à revendiquer de manière indissociable le report de la réforme après les élections universitaires de décembre, ainsi que l’initiation d’un débat contradictoire sur l’ULB concernant la réforme préalablement à la mise en place d’un référendum où tous les membres de la communauté universitaire (étudiants, travailleurs, chercheurs, professeurs) pourront s’exprimer. Nous nous retrouverons pour une nouvelle assemblée générale ce mardi à 12h au foyer de l’ULB, car nous n’entendons pas nous arrêter là !

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 20:23

Voici un article qui détaille comment le flashball est devenu un permis d'estropier pour la police française...

Un jeune intérimaire belge d’ArcelorMittal de 25 ans, John David, blessé lors de la manifestation des métallos mercredi à Strasbourg, a perdu l’usage de son œil après avoir été touché par un tir de Flash-ball.

Suite à cette violence policière – une de plus – , j’ai potassé la réglementation sur l’usage du Flash-ball et l’ai comparé avec les photos d’hier…

Aïe! Problème, big problème même!

Premier chose qui saute aux yeux… l’arme que les gendarmes ont utilisés à Strasbourg, n’est pas un Flash-ball!

Voici un Flash-ball:

flash-ball

Et voici ce qui a été utilisé hier…

LBD-40

Le premier est le vrai Flash-Ball Super-Pro à balles molles de 44mm (29gr.) commercialisé par Verney-Carron, en service depuis 1995, le second est le LDB40 "Exact Impact" à projectiles "mi-dur" de 40×46mm (95 gr. avec partie en plastique) commercialisé par Brugger & Thomet, en service depuis 2006, et conçu pour riposter à des armes réelles…

Voici un tableau comparatif de ces deux armes, où l’on voit bien la différence entre le "vieux" Flash-ball sans viseur au tir approximatif limité à 7-10 m et cette saloperie de LDB40 qui possède un viseur Eotech-552 – destiné à l’usage militaire – , qui a une portée précise entre 10 et 30 m! Selon le CNDS, en dessous de trente mètres le point visé est systématiquement atteint!

Flash-ball superpro & LDB40

 EOTECH sur ldb40

Avec le système de visée EOTECH et la précision du LDB40 pas d’excuse possible…        "là où JE vise, je touche"

Cette arme fut adoptée par les "forces de l’ordre" suite aux émeutes de 2005, pour pouvoir riposter aux agressions par armes. Elle fut discrètement incorporée dans l’ensemble des unités de police et de gendarmerie depuis.

- En 2009, la Direction centrale de la Sécurité publique avait rappelé la proscription de viser "au niveau du visage ou de la tête" et la nécessité d’une utilisation "proportionnée" (SIPA).

- Toujours en 2009, le CNDS à émit de graves réserves quand à son usage lors d’un attroupement et l’a déclaré "peu adaptée lors de manifestations"

-Si le classique Flash-ball n’est pas très efficace utilisé en tir tendu (chute de la trajectoire après quelques mètres) et jamais à moins de 7 m , le LDB40 quant à lui, DOIT être utilisé en tir tendu puisque sa balistique est comparable à une munition réelle (canon rayé), mais il ne peut JAMAIS être utilisé à moins de 10 m. Et point important, les deux ne peuvent en aucun cas être utilisés hors du cadre légal de la légitime défense!!!

Rapport CNDS LBD40

Rapport 2009 du CNDS sur le LDB40 – CLIQUEZ SUR L’IMAGE POUR LA LECTURE

info flashball & LDB40

Ils précisent bien "peut être létal à distance rapprochée"! Et ça vient du Ministère de la défense…

Face à la multiplication de plusieurs blessures sérieuses occasionnées par des tirs de Flash-ball la Direction centrale de la sécurité publique (DSCP) a adressé, en mai 2009, une note aux divers directeurs départementaux leur rappelant les "règles impératives" de l’utilisation de cette arme, notamment le respect des distances minimales "pas moins de sept mètres pour le Flash-ball" et "pas moins de dix mètres pour le LDB40" (15 selon le CNDS), proscrivant la visée "au niveau du visage ou de la tête" et insistant sur le fait que l’utilisation devait être "proportionnée" aux faits et liée à la légitime défense.

Interrogé en 2006 par l’AFP un expert en armes avait déclaré sous couvert de l’anonymat que le Flash-ball est une arme "théoriquement non létale" mais que le tireur ne doit en aucun l’utiliser à moins que la distance prévue (7 & 10 m) et surtout ne pas viser la tête car "une balle de flash-ball à bout portant peut tuer". Dans son entretien avec l’AFP en 2002, l’inventeur du Flash-ball, Pierre Richet, rappelait déjà les règles d’utilisation: "ne tirer qu’en légitime défense, que lorsque l’on risque de prendre un coup ou qu’on en a déjà pris un, ne pas braquer les gens", concluant "si on les transgresse, cela veut dire que l’on est incapable d’utiliser l’arme". CQFD!!!

On peut donc conclure en disant que ce LDB40 est prévu pour tirer de loin et avec précision sur une cible sélectionnée et ajustée… ce qui implique donc un "tir plus réfléchi, précédé d’un temps d’observation et d’ajustement dans le viseur de la cible"! Effectivement, c’est bien ce qui c’est passé à Strasbourg, regardez les photos, vous verrez des gendarmes en position de visée sur appui, viser calmement et consciencieusement leurs cibles – heureusement qu’ils tirent comme des clenches, il y aurait plus de blessés – , mais les photos montrent aussi des gendarmes qui ciblent des travailleurs à moins des dix mètres réglementaires, et surtout dans des situations CALMES, sans aucun danger pour eux!!! Un tribunal français a déjà condamné (30 avril 2012) un gendarme pour ce genre de faute grave ayant conduit à… la perte d’un œil!

Voici les photos qui montrent clairement les gendarmes viser sciemment les travailleurs:

Flash ball et LDB40

On y voit les deux, Flash-ball et LDB40, mais ils avancent et ne sont pas en danger et les "cibles" sont à moins de 10 m..!

projectile du  flashball LDB40

Le projectile du LDB40 a brisé la visière du casque… donc c’est bien la tête qui fut visée!

LDB-40

En sécurité sur une position en hauteur… mais on vise quand même les manifestants..!

flash-ball LDB-40 projectile mi-dur

Même dans une paluche de métallo c’est un fameux projectile, comment déjà? Ah oui, "semi-dur"…

flashball LDB-40 CRS

Ils n’ont pas l’air d’être en danger, les matraques sont posées… mais je vise toujours, on sait jamais!

flash-ball LDB-40 strasbourg

Des travailleurs qui n’ont pourtant pas l’air menaçant se font braqués par un LDB40 quasi à bout portant… ils sont +/- à respectivement 2.5, 4 et 5 m!!!

flash ball LDB-40 CRS rambo

Il a vraiment l’air en danger… Matraques posées sur les boucliers.

LDB-40 et flash-ball BAC

Pas moins de quatre flash-ball..! On dirait que c’est leur première manif, pas fier la BAC…

flashball

Au moins deux qui visent un métallo… Et c’est pas vraiment les jambes qu’ils visent là, hein!

Tout les témoignages parlent de tirs à hauteur de visages et quasi à bout-portant! De toutes façons avec leurs viseurs EOTECH, on voit nettement les yeux de celui qu’on vise… et on se marre "Tiens prends ça dans la gueule connard"! J’imagine bien les discussions au retour à la caserne: "dis donc, tu l’as pas raté le mec, hein. Y reviendra pas de sitôt celui-là…"  Et ils doivent en être fier en plus!

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ArcelorMittal: un manifestant belge perd l’usage d’un oeil – article de l’Humanité

Fash-ball: La totale

27 novembre 2007 blog – La liste des blessés s’allonge et la justice traîne

Le flash-ball, une arme à l’origine de graves blessures

AVIS ET RECOMMANDATIONS de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité - Saisine n°2008-1 du 12 mars 2008 (.pdf)

Info du syndicat hier:
Camarades, mauvaise nouvelle concernant John David: il a perdu son œil droit, il a une fracture de la pommette, et 8 points de suture a l’arcade. Il en a pour 5 jours là bas.

Dernières nouvelles: "on rentre à l instant de Strasbourg, John est en état de choc , il a quelques soucis de perte de mémoire suite a son état. Pour l’instant il porte une prothèse oculaire pour quelques semaines. Il va déposer plainte contre les flics francais et espère arriver a faire bouger les choses. Il nous demande un soutien fort et se réjouit de revoir sa famille et ses camas. Il doit rentrer lundi 11/02. Il vous embrasse tous et vous remercie pour votre soutien."

Le flashball ou le droit d'estropier pour la police!
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