Actualité du Collectif pour une Alternative Libertaire (CAL)de Montpellier, actualité des luttes. agenda AL Montpellier
L’austérité c’est aussi le sort de la Hongrie,
portée par un parti de droite dure à en faire rêver un Fillon (dont
un des fidèles soutien, L. Wauquiez, a déclaré publiquement l’année dernière sa sympathie au régime) ou un Copé qui a encore il y a quelques temps appelé au travail forcé pour
les allocataires du RSA… Comme quoi ils peuvent se mettre d’accord, les deux coté de l’UMP. Bref, un état des lieux de la situation, et des mesures d’austérité: et pour commencer et rire un
peu quand même, une ch’tite citation du chef d’état, qui lui aussi « veut moraliser le capital »:
« Le capitalisme spéculatif est dégradant car il nuit aux entreprises et aux emplois en Hongrie et dans le monde entier. C’est pourquoi le nouveau système économique en Hongrie doit se fonder sur la production, c’est-à-dire le travail, en lieu et place de la spéculation. » Extrait du discours d’investiture de Victor Orban en 2010.
Salaires directs et indirects (chômage, retraites, sécu…) :
Fonction publique :
Coût de la vie :
Privatisations / liquidations :
Conditions d’exploitations :
(clique sur l’image pour l’agrandir)
Situation politique :
C’est Victor ORBAN qui dirige la Hongrie avec son parti la Fidesz (droite très « décomplexé ») depuis 2010, il l’était déjà entre 1998 et 2002. Il faut préciser qu’il est arrivé au pouvoir suite à la débâcle du parti socialiste dûe à une série de scandales et ce après 8 ans de gouvernement. L’un de ces scandales fut la diffusion d’un enregistrement en 2007 du premier ministre Ferenc Gyurcsany , où il évoque sans complexe les mensonges de son parti et le peu de solutions qu’il a face aux problèmes économiques du pays. Il dit avoir menti :
«Est-ce que nous devons nous excuser ? Oui. Pourquoi ? Parce que nous avons tardé à faire face à la situation et poursuivi une politique économique
insoutenable, parce que nous avons bercé les électeurs d’illusions» et enfin avoir dit « que des conneries » à son peuple pendant des mois. Cette histoire a provoqué des émeutes en
Hongrie notamment a l’instigation des groupes fascistes comme le Jobbik, dont on vas parler plus bas.
Une nouvelle constitution :
La coalition du Fidesz a une majorité des 2 tiers du parlement et ils en ont profité pour se concocter une réforme institutionnelle sous le nom de « Loi Fondamentale de la Hongrie » en vigueur depuis le 1er janvier 2012.
Du point de vue idéologique, elle fait la part belle à la religion et limite le nombre d’églises reconnues (et donc subventionnées), mais surtout elle inscrit le taux d’imposition sur le revenu fixe à 16%. C’est à dire que les hongrois payent 16% d’impôts, qu’ils soient millionnaires ou smicard. Ils ne se sont pas cachés de l’avoir mis dans la constitution pour empêcher un futur gouvernement de faire payer un peu plus les riches. Au moins eux ils sont au courant de la lutte des classes et comptent bien continuer de la gagner. C’est à ce moment que Hillary Clinton et Cohn-Bendit se sont indignés de la situation. Bon c’est pas à cause de la disparition du mot « république », de la part nouvelle de la religion ou de l’inscription dans la constitution du taux d’imposition, mais parce qu’ils en ont profité pour changer le mode de nomination du président de la banque centrale, qui était avant élu, pour changer par une nomination du gouvernement. Ce point a d’ailleurs finalement été retiré.
Les médias :
Une Loi sur les médias a aussi été votée. Elle instaure un « conseil des médias » pour soit-disant vérifier entre autre la neutralité politique des journalistes. Pour la petite histoire, lors d’une manifestation qui rassemblait quand même plusieurs milliers de personnes la télévision publique présentait des images de rues vides, comme s’il n’y avait jamais eu de manifs. Il fallait aller voir la télé privée pour voir la différence. Le privé au service de la liberté d’expression ça ne s’invente pas…
Droite extrême ou extrême-droite :
Cet Orban et son parti sont vraiment bien à droite, mais à côté du parti Jobbik, c’est un petit chou à la crème. Eux sont plutôt dans les rues avec des uniformes, un peu connotés nazi, qui s’appelle délicatement la «Magyar Garda ». Les uniformes c’est pour le folklore, mais les coups qu’ils foutent sur la gueule des roms le sont beaucoup moins. Dans les mairies qu’ils dirigent ils s’en prennent surtout aux Roms, sous couvert qu’ils sont au chômage (parce qu’ils sont feignants bien sur !).
Dans une municipalité, 60% des allocations sont versées sur des cartes ne pouvant être dépensées que pour l’achat de produits présents dans une liste
de produits de première nécessité faite par la mairie, et dépensables uniquement dans les commerces locaux ( voir a ce sujet l’article sur la tchéquie, ou cette mesure est appliquée a plus large échelle).
Ils ont aussi été dans l’avant-garde du travail gratuit et obligatoire des chômeurs, pour pouvoir conserver leurs allocs.
Ben oui vous savez, faire travailler des gens (bon surtout des Roms bien entendu !) sur de grands chantiers gratuitement, surveillés par des flics à la retraite sur la base du volontariat (pour les flics, pas pour les feignasses bien sur). Sinon, plus d’allocs ! Ça pue le fascisme…
Depuis le 1er janvier une loi votée aussi par la Fidesz a généralisé cette pratique à tout le pays. S’il y en a qui pensent qu’ils ne font pas assez dans le social, obnubilés qu’ils sont sur les roms, ce charmant gouvernement fait ce qu’il peut, ce qu’on présente dans la partie sur l’économie plus loin.
Quelques cas révélateurs de la crise économique et des « solutions » du gouvernement :
Toujours dans le registre des blagues économiques, le gouvernement vient de proposer qu’en échange d’un rachat de dette hongroise d’au moins 250 000 euros, il offrirait la nationalité hongroise, pour d’après eux attirer des investisseurs (surtout chinois). D’accord les immigrés ils aiment pas trop, mais bon faut pas déconner quand même, c’est la crise, tout le monde doit faire des sacrifices…
Repris sur Tantquil.net
La version longue ici: link