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Actualité du Collectif pour une Alternative Libertaire (CAL)de Montpellier, actualité des luttes. agenda AL Montpellier

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Sondage sur le racisme: pourquoi il ne faut pas faire confiance aux sondages!

Suite à un sondage du journal Le Monde, les médias français ont multiplié les titres alarmants sur une montée « des crispations » en France. L’extrême droite se lèche les babines. Petit démontage.


Le résul­tat inquié­tant d’un son­dage publié sur trois plei­nes pages dans Le Monde du 25 jan­vier a été repris dans toute la presse, en chœur et sans se poser de ques­tions. Dans une enquête sur « Les cris­pa­tions alar­man­tes de la société fran­çaise », 70 % des Français juge­raient qu’il y a « trop d’étrangers dans leur pays », et qu’à 62 % ils ne sen­ti­raient « plus chez eux comme avant ». Autre infor­ma­tion alar­mante : 87 % esti­me­raient que la France a besoin « d’un vrai chef pour remet­tre de l’ordre », ou à 86 % que « l’auto­rité est une valeur trop sou­vent cri­ti­quée aujourd’hui ». Le quo­ti­dien en conclut que « les ingré­dients d’un popu­lisme massif sont donc réunis ».

Diantre, le moment serait grave et le fas­cisme à nos portes !

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Sur Francetvinfo, le 26 janvier, on se lâche

Sans sous-esti­mer la ques­tion du racisme ou du popu­lisme en France, on peut tout de même se poser quel­ques ques­tions sur ce son­dage. En pre­mier lieu, les affir­ma­tions pro­po­sées aux sondés sur leur rap­port à l’immi­gra­tion ou à l’auto­rité ne leur lais­sent que deux choix, alors qu’il s’agit de sujets par­ti­cu­liè­re­ment fins ou com­plexes. Pire, les ques­tions sont for­mu­lées de manière anxio­gène pour celles rela­ti­ves à l’immi­gra­tion, et favo­ra­bles au « popu­lisme » pour celles concer­nant l’auto­rité. Elles influen­cent ainsi elles-mêmes les répon­ses.

Le besoin d'un vrai chef

La façon même dont le son­dage d’Ipsos est réa­lisé est également pro­blé­ma­ti­que : « par Internet ». Déjà que la fia­bi­lité des son­da­ges est sou­vent proche de zéro, celle de ceux réa­li­sés en ligne atteint le néant.

Alain Garrigou, qui tient le blog « Régime d’opi­nion » consa­cré aux son­da­ges cri­ti­que sévè­re­ment le son­dage par Internet dans cette affaire :

Sur un panel de plu­sieurs cen­tai­nes de mil­liers d’inter­nau­tes contac­tés par cour­rier électronique, les volon­tai­res répon­dent aux enquê­tes mises en ligne. On a donc affaire à des échantillons spon­ta­nés. (…) Ce recours au volon­ta­riat a un défaut que connais­sent bien les son­deurs : des per­son­nes poli­ti­sées, sou­vent à l’extrême droite, s’expri­ment plus volon­tiers.

Par ailleurs, Le Monde oublie com­plè­te­ment de com­pa­rer ses chif­fres à ceux d’une autre enquête, qu’il avait publié le 2 juillet 1998. Déjà à l’époque, le jour­nal fai­sait flip­per tout le monde en affir­mant que « 70 % des Français étaient « tentés » par le racisme. Le chif­fre fit l’effet d’une bombe. On le reprit en boucle tel quel, sur les ondes, dans les éditoriaux [1]. » Autant dire que le chif­fre ne semble pas avoir trop évolué, donc, en 14 ans. Bon, mais alors, qu’est-ce qui pousse Le Monde à publier des trucs pareils ? Est-ce qu’on veut lutter contre les idées de l’extrême droite quand on pose des ques­tions sur le « racisme anti-blanc », une notion inven­tée par les Identitaires ?

Complicité

Le son­dage a été réa­lisé avec la com­pli­cité de la Fondation Jean Jaurès, un think tank « socia­liste », et le Cevipof, le centre de recher­ches poli­ti­ques de Sciences Po, qui aime bien répé­ter que la France est à droite, comme la plu­part des cher­cheurs qui le com­po­sent d’ailleurs. Et il a bien fallu qu’ils se met­tent à trois, avec Ipsos, pour four­nir une ana­lyse de haut vol. Celle-ci serait comi­que [2] si elle ne repre­nait pas tex­tuel­le­ment la socio­lo­gie de cui­sine de l’extrême droite : les Français seraient répar­tis entre « bobos » (la caté­go­rie qui tue où tu mets tout le monde dedans), « liber­tai­res » (esti­mée à 12%, la Fédération Anarchiste et Alternative Libertaire vont faire des mil­lions de cartes d’adhé­sion pro­chai­ne­ment), « ambi­va­lents », « cris­pés » ou encore « popu­lis­tes » (les fâcheux, mais dont la rédemp­tion est proche grâce à la Gauche pop’ qui va leur per­met­tre d’être à la fois raciste ET de gauche).

Parce que tiens, c’est jus­te­ment de la Fondation Jean Jaurès qu’est issue « la Gauche popu­laire ». Cette nou­velle ten­dance du Parti Socialiste, emme­née par l’ex-strauss-kha­nien Laurent Baumel, appelle à aban­don­ner des poli­ti­ques jugées trop favo­ra­bles aux immi­grés afin de reconqué­rir l’électorat ouvrier du Front National. L’un des média­ti­ques fon­da­teurs de la Gauche Populaire, Laurent Bouvet, est l’auteur de concepts de poids comme celui que lui jalou­sent les Identitaires d’« insé­cu­rité cultu­relle ». Responsable de la Fondation Jean Jaurès et membre du Cévipof, Laurent Bouvet a d’ailleurs accepté l’invi­ta­tion du site Novopress pour dis­cu­ter fin 2011 [3] !

Quand la pseudo-enquête du Monde et de ses aco­ly­tes permet ensuite à Marine Le Pen de clai­ron­ner (dans le même jour­nal !) que « Les Français pen­sent comme nous », on se demande à quoi jouent les incen­diai­res du Monde… Mais sur­tout quelle est l’étrange stra­té­gie que mène cette gauche réac­tion­naire qui consiste à sures­ti­mer et, au final, à légi­ti­mer les sen­ti­ments racis­tes, isla­mo­pho­bes et popu­lis­tes.

 

Repris sur rebellyon

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