Actualité du Collectif pour une Alternative Libertaire (CAL)de Montpellier, actualité des luttes. agenda AL Montpellier
Qu'en est-il véritablement de la (vidéo)surveillance ? A
quel point sommes nous observés, contrôlés, répertoriés ? Ce sont des questions que chaque dissident est amené à se poser, à condition qu'il soit en mesure d'accepter l'idée que notre société
adopte peu à peu une voie totalitaire. Ce n'est qu'en ayant accepté cette idée qu'il pourra se rendre réellement compte du carcan sécuritaire dans lequel tout un chacun est désormais
emprisonné...
Les puces RFID...
Leur nom vous a peut-être échappé, mais les puces RFID (Radio Frequency IDentification) sont sans doute les puces les plus omniprésentes. Elles se multiplient à une vitesse folle, au point qu'on
a déjà commencé à les coller sous la peau des gens (Verichipcorp) ou dans les vêtements (Bladerunner), avec toujours le même soucis de vendre aux gens la sécurité. L'idée se développe qu'une
simple puce pourrait contenir toutes les informations nécessaires à vos tâches quotidiennes, de votre identité à votre sécurité sociale, en passant par la carte de transport, la carte bancaire ou
la carte fidélité de votre magasin, tout en contenant un GPS permettant de vous retrouver en cas de problème. Incorporée dans votre clé de voiture, elle servirait de module de reconnaissance
contre le vol. Elles sont déjà dans les livres de certaines bibliothèques et commencent à être utilisées en remplacement du fameux code-barres de vos produits alimentaires. Ce sont également
elles qui sont contenues dans les bracelets "Bluetag" que portent aux poignet les nourissons dans certains hôpitaux (Filrfid). Bluetag est d'ailleurs un produit de la game Bluelinea, qui a su
utiliser la "magie RFID" dans un certain nombre d'autres objets (Bluelinea). Enfin, la boîte de nuit espagnole Baja Beach Club de Barcelon a adopté l'idée d'implanter la RFID sous la peau de ses
clients V.I.P. qui voudraient commander plus rapidement (Baja Beach Club)...
La vidéo-surveillance...
Il existe un système de surveillance qui se répend en Angleterre et semble faire baver un grand nombre d'élus européens et qui porte le nom de CCTV (Close Circuit Television). Le concept est
simple : il suffit de quadriller toutes les rues d'un quartier ou d'une ville de caméras de surveillance, puis éventuellement de rendre les images accessibles à tout-un-chacun depuis son poste de
télévision. Grâce à une console, le quidam pourra alerter directement le commissariat du quartier s'il pense avoir été témoin d'agissement louches. La ville de Middlesbrough en Angleterre est
même allée plus loin, couplant ses caméras avec des haut-parleurs permettant au poste de police de réprimander le passant qui aurait enfreint la loi ou les règles en vigueur dans la commune
(Dailymail ou Plusnews). Ceci s'intégrant dans un plan plus vaste de vidéo-surveillance, à l'échelle européenne, qui porte le doux nom de Urbaneye. Pour les policiers de la route, le système LAPI
(Lecture Automatisée de Plaques d'Immatriculation) permettra, grâce à une caméra installée sur le toit des voitures de police ou sur des lampadaires, de scanner les plaques des voitures en
stationnement, afin de repérer les voitures volées, en fonction des informations données par la base européenne des véhicules volés. Dans les pays anglo-saxons, le système donne accès à la carte
grise et permet de contrôler l'absence d'assurance... et pourquoi pas un jour la liste des infractions commises par les propriétaires des véhicules ?
Pour le reste, il y a la vidéo-surveillance classique : les caméras placées sur la voie publique, que Michelle Alliot-Marie voudrait porter de 20 000 à 60 000 d'ici 2009. Mais c'est sans compter
les caméras privées, qui sont aujourd'hui au nombre de 350 000 en France. On est encore loin des 4,5 millions de caméras de surveillance de l'espace public au Royaume-Uni ! Mais ça viendra, ça
viendra...
Ecoutes téléphoniques...
Tout d'abord il y a le simple "fadet" qui permet à la police d'obtenir, sans l'autorisation d'un juge, une réquisition téléphonique de votre opérateur, c'est à dire un relevé détaillé des numéros
entrants et sortant de votre portable. Actuellement, ce sont près de 4 millions de ces "fadet" qui sont transmis chaque année. Sinon il y a l'écoute, mais elle est facturée 700 euros (pour 4
mois) par l'opérateur et nécessite l'autorisation d'un juge. Le ministère de la justice en autorise quand même quelques 27 000 par an. La dernière solution reste de déclencher à distance le micro
du portable, sans que celui-ci ne s'allume et même s'il est en veille. Pour cela il suffit à la police de se faire envoyer un code informatique par l'opérateur. Ceci permettra d'écouter les
conversations à distance, grâce à l'autorisation de sonorisation donnée par la loi "Perben II". De toute façon, les professionnels peuvent faire usage de l'IMSI catcher qui force la transmission
de l'International Mobile Subscriber Identity et permet d'intercepter tous les appels GSM non cryptés d'une zone d'écoute...
Donc la meilleure solution quand on veut converser discrêtement, ça reste d'éteindre le portable et d'enlever la puce du boitier...
Les images du ciel...
Qu'on se le dise, elles ne sont pas encore au point ! Si il est possible d'obtenir des images haute résolution de vous depuis le ciel, on est encore loin de pouvoir vous surveiller dans vos
moindres déplacements depuis là haut. Pour ce qui est des satellites géostationnaires, ils sont placés sur une orbite située à 36 000 km d'altitude et sont en mesure de prendre des images
régulières à la verticale d'un même point à l'équateur, ce qui permet d'obtenir plusieurs images dans une même journée (tous les quarts d'heure), mais de mauvaise qualité. Pour avoir une
meilleure qualité d'image, les satellites d'observation (Spot, Formosat, Kompsat...) sont donc placés sur une orbite de 150 à 1000 km d'altitude et programmés pour résister à l'attraction
terrestre en rallumant régulièrement leurs moteurs. Il leur faut cependant une à deux heures pour effectuer le tour de la Terre (en fonction de leur altitude), alors il leur faudra faire un
certain nombre de tours pour revenir à la verticale du même point, étant donnée que la Terre aura tournée sur son axe entre temps. Le même satellite ne pourra donc prendre qu'une image par jour
du même point (plusieurs points, une quinzaine en moyenne, peuvent être photographiés) et ne sera pas capable de voir un grand nombre d'autres points du globe. Ne vous en faites pas, vous n'êtes
pas prêt d'être surveillés par satellite !
Par contre, lors de certains événements (G8, matches internationaux...), la police peut désormais sortir les dirigeables et autres drones de surveillance (cf. ELSA et Quadrifrance), ou même en
dehors d'événements particuliers, comme ce sera le cas au dessus des banlieues...
Nous sommes sans doute, au vu de ces informations et de toutes celles qui s'y ajoutent, en droit d'être paranoïaques, car l'homme ressent un plaisir énorme à développer les moyens technologiques
de son asservissement. La surveillance sous toutes ses formes se développe à une vitesse plus qu'inquiétante, prenant pour terreau la lutte contre la criminalité ou le terrorisme. Notre soucis
majeur sera de redéfinir les notions même de criminalité et de terrorisme, afin que la révolte, que le conflit, aient encore droit de cité et que la répression à l'encontre des attitudes non
normatives ne devienne pas une banalité. A chacun de prendre les risques et de se mettre en action, afin qu'on puisse réfléchir à la mise en place d'une riposte, qui devra passer sans doute par
l'élimination pure et simple de toutes les formes d'atteinte à notre image, par la destruction ou le contournement des moyens de surveillance.
C'est Urgent ! Big brother n'est plus une allégorie...
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