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Une petite contribution sur la dette de l'état français. Un sujet éminement opaque mais qui nous coute cher en terme de droits perdus...

 

huissier.jpg Qui détient la dette de la France ? Cette question, chaque contribuable français est en droit de se la poser. Ses impôts ne servent-ils pas à payer en partie les intérêts de la dette ? Or, si l’on dispose des quelques informations générales, savoir en détail qui détient les créances françaises et pour quel montant relève du secret extrêmement bien gardé. L’opacité est totale et couverte par la loi. Enquête

1 317 milliards d’euros. Tel est le montant, fin 2011, de la dette de l’État français. Qui sont ses créanciers ? La dette est-elle concentrée entre quelques richissimes mains ? Ou répartie entre une multitude de petits épargnants, du détenteur d’une assurance vie en Picardie au retraité du Minnesota qui vit des dividendes versés par son fonds de pension ? Les prêteurs sont-ils des spéculateurs, prêts à tout pour faire monter les taux d’intérêt, ou des investisseurs tranquilles ?

« Le savoir permettrait de mesurer les conséquences potentielles d’un défaut de paiement, même partiel. Et de ne pas se retrouver dans une situation de spoliation de petits épargnants », explique Thomas Coutrot, économiste et coprésident d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne). Les banques européennes, et françaises, qui ont bénéficié avant Noël d’un beau cadeau de la Banque centrale européenne – un prêt à 1 % sur plus de 450 milliards d’euros – pour les inciter à acheter de la dette européenne, jouent-elles le jeu ? Pour tenter de répondre à toutes ces questions, il faut suivre le parcours d’un bon ou d’une obligation du Trésor.

42,5 milliards d’euros d’intérêts versés à des inconnus ?

Pour se financer, l’État émet des titres financiers que des investisseurs achètent. Plusieurs types de titres, avec chacun leur échéance et leur taux d’intérêt, sont régulièrement proposés à la vente [1]. C’est l’Agence France Trésor (AFT) qui gère leur mise aux enchères (adjudication). Vingt grandes banques agréées, les « spécialistes en valeur du Trésor » (« SVT », de BNP Paribas à Goldman Sachs, en passant par Natixis, la Deutsche Bank ou la Société générale), sont chargées de les écouler sur les marchés financiers. Elles savent donc à qui elles revendent éventuellement ces titres. Ensuite, obligations et bons du Trésor circulent sur les marchés, mais son détenteur final perçoit chaque année ses intérêts. Ceux-ci totalisaient 42,5 milliards d’euros – la charge de la dette – en 2010. En théorie, on devrait donc savoir à qui ils sont versés.

Sur le site de l’AFT, le citoyen curieux apprend juste que 66 % des détenteurs de la dette sont des « non-résidents ». « En gros, un tiers de la dette est détenu par des investisseurs français, un tiers au sein de la zone euro, et un tiers à l’étranger, en dehors de la zone euro », précise Tân Le Quang, responsable de la communication au sein de l’agence. Problème : « Les non-résidents peuvent être de faux non-résidents, des Français détenteurs d’un portefeuille d’obligations via un paradis fiscal », objecte Michel Husson, de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires). « Un investisseur saoudien, qui détient de la dette française car il a investi dans un fonds d’investissement à Londres, est comptabilisé comme un investisseur britannique », complète Patrick Artus, économiste à la banque Natixis [2] « Les trois plus gros détenteurs de la dette française sont le Luxembourg, les îles Caïmans et le Royaume-Uni », lance-t-il. Les Îles Caïmans, un paradis fiscal des Caraïbes autant peuplé que Châteauroux (44 000 âmes), pourrait donc ainsi faire basculer le destin des Français ?

La dette, un secret d’État ?

Les enquêtes réalisées par l’Agence France Trésor auprès de ses vingt banques partenaires permettent d’en savoir un peu plus sur les gros acheteurs : principalement des banques centrales, des fonds souverains, des assureurs, des banques commerciales et des fonds de pension. Ce que confirme la base de données financières eMAXX, mise en place par Thomson et l’agence de presse Reuters, qui publient régulièrement la liste « des 50 plus gros détenteurs de dette souveraine française » (hors banques centrales). Nous y retrouvons des assureurs (Axa, Allianz…), des mutuelles (MMA, MAAF, Groupama…), des banques (BNP-Paribas, La Banque postale, ING…) et une multitude de fonds d’investissement, principalement européens. Nous n’en saurons pas davantage : « Ce sont les banques qui voient les flux, pas nous. Les investisseurs en dette souveraine n’ont pas l’obligation de dévoiler leur position », confie Tân Le Quang. Mais pourquoi est-il impossible de savoir qui détient quoi et combien ?

C’est pourtant simple : cette absence de transparence est inscrite dans la loi. « Les textes actuellement en vigueur [3] n’autorisent les conservateurs d’instruments financiers (…) à communiquer aux émetteurs la liste de leurs détenteurs finaux qu’aux seuls émetteurs d’actions, de bons de souscription d’actions ou d’instruments de taux donnant immédiatement ou à terme accès au capital. Par conséquent, l’Agence France Trésor (AFT) ne peut pas identifier précisément les détenteurs [des obligations et bons du Trésor] », répond, en 2010, le ministère de l’Économie et des Finances à un sénateur trop curieux. Traduction : si les entreprises ont le droit de savoir qui sont leurs actionnaires, il est interdit à l’État français de connaître ses créanciers. La dette, un secret bancaire ?

Opacité généralisée

Face à cette opacité, « nous soupçonnons une extrême concentration, confie Thomas Coutrot. On pourrait très bien disposer d’informations statistiques sur la concentration des portefeuilles et la nature de ceux qui les détiennent ». Des chercheurs suisses ont récemment révélé que 147 multinationales, tout en se contrôlant elles-mêmes, possèdent 40 % de la valeur économique et financière des dizaines de milliers de multinationales du monde entier (lire notre article). Il serait étonnant qu’il n’en soit pas ainsi pour les dettes souveraines. Selon les données présentées par la Banque des règlements internationaux (BRI), un organisme géré par 58 banques centrales nationales, les banques étrangères possédaient en juin dernier 13 % de la dette de l’État français. Soit 176 milliards d’euros, dont plus des deux tiers sont entre les mains de banques britanniques, japonaises, allemandes, états-uniennes et suisses. Mais il ne s’agit que d’un euro sur dix empruntés.

Il est pourtant tout à fait possible, en théorie, d’en savoir plus. C’est la société Euroclear France [4], un organisme boursier privé, qui est « le dépositaire central des titres français ». Elle sert d’intermédiaire entre la Banque de France et les détenteurs de titres du Trésor pour leur verser leurs intérêts ou leur pécule quand l’emprunt arrive à échéance. Un peu comme la chambre de compensation Clearstream sert, au Luxembourg, de « péage » entre les transactions financières. Euroclear France sait donc parfaitement qui détient combien à quel moment. Mais la loi l’autorise à ne pas rendre publiques ces données. Pourtant, ce sont bien les citoyens qui paient la charge de la dette.

Ivan du Roy

Photo : Dan Simpson

Notes

[1] Leur échéance de remboursement s’étale d’un à cinquante ans. Leur taux varie entre 1 % et 4 %. Plus l’échéance de remboursement est lointaine, plus le taux est élevé.

[2] Le Monde du 23 juin 2011.

[3] Notamment l’article L. 228-2 du code de commerce, décret d’application n° 2002-803 du 3 mai 2002 publié au Journal officiel du 5 mai 2002, et l’article L. 212-4 du code monétaire et financier relatif à la nominativité obligatoire

[4] Ancienne Société interprofessionnelle pour la compensation des valeurs mobilières (Sicovam).

Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 13:32
- Par AL Montpellier
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Voici un article qui revient sur la fermeture de megaupload et ce que ça implique en termes de libertés sur internet...

 

 

kopimi-250x250.jpg Tout Internet attendait avec une grande impatience la réaction de la député Marland Militello.. non je déconne, on était deux… Kitetoa et moi même.  Et bien voilà, c’est fait. Dans un élan incontrôlé et surtout incontrôlable dont elle seule a le secret, la député nous gratifie de son avis d’expert sur l’impact de Megaupload sur les usages du Net et son architecture. Pour elle, à n’en pas douter, il s’agit là d’une « étape importante dans l’histoire de l’internet responsable » la mise en gras n’est pas de moi, vous l’aurez bien compris. L’internet responsable (avec un petit i), ce n’est pas Internet. En fait l’internet responsable, c’est l’internet civilisé qu’elle défendait ici. Mais en temps de campagne présidentielle, on ne civilise plus Internet, on rend ces irresponsables d’internautes, responsables. À l’époque de la fermeture de Napster, la député Marland Militello pensait qu’Internet était une recette de dessert à la crème. Elle n’a donc pas vu, en ces temps anciens, jubiler les ayants-droit qui étaient persuadés d’en avoir terminé, une bonne fois pour toute, avec le piratage. Puis les ayants-droit ont découvert la General Public Licence… et ouais, pas de chance, c’était il y a plus de 10ans, séquence émotion : le code de Napster était libre, il donna ainsi naissance à un des dizaines de logiciels peer to peer. Chère Muriel, devinez quoi … en cherchant bien, je suis persuadé qu’il existe des Megaupload like tout bien packagés, avec le code source, prêts à pulluler sur Internet (comme c’est déjà d’ailleurs le cas).

Première leçon à tirer donc, ce n’est pas un scoop, la député Marland Militello n’a pas la culture du réseau lui permettant de comprendre que la fermeture de Megaupload est une étape, logique, comme celle qu’Internet a déjà vécu, et dont il s’est toujours relevé, poussé par une base d’utilisateurs toujours plus importante, induisant une intelligence collective plus importante pour pallier ces petits désagréments.

Puis, la député menace : « Car, au final, ce sont les internautes eux-même qui feront les frais du piratage en n’ayant plus qu’une offre artistique appauvrie à cause du piratage. » C’est bien connu, la création va mourir, Internet est plat, et on va tous mourir à cause de l’échange et de l’accès non marchand à la culture… pitoyable comme argument, mais tellement à l’image d’une politique de mauvaise foi pas fichue de faire la différence entre un échange non marchand et un échange marchand.

À chaque article à propos d’Internet, la député Marland Militello nous rappelle qu’« Internet est un formidable outil », c’est systématique, c’est en fait son second tic d’écriture… le premier vous le connaissez tous, nous allons y revenir plus loin. Cette formule « Internet est un formidable outil », c’est la formule magique qui précède à chaque fois une énorme connerie de sa part. Dans cet article, ça nous donne : « (NDLR : Internet) n’est pas un espace où toutes nos valeurs sont abolies, où l’on peut tout se permettre, ce qui serait d’ailleurs la négation de la liberté, la négation de l’Internet et le début de l’oppression ». Et hop le couplet d’Internet, peuplé de gens sans foi ni loi… qu’il faut C I V I L I S E R !

Nous arrivons au tic d’écriture de la député Marland Militello : « Et c’est grâce aux initiatives de notre Président de la République Nicolas Sarkozy que la communauté internationale est décidée à ne plus céder à un certain fatalisme qui pouvait exister en la matière. » Vous vous souvenez ? « Notre président de la république Nicolas Sarkozy ».

Puis ça continue : « L’Histoire de la culture se souviendra de Nicolas Sarkozy comme de « l’homme qui a dit non ». Wow ! L’histoire de la culture ! Rien que ça ! Internet se souviendra surtout de l’homme qui a permis à une mafia comme Megauload de s’enrichir sur le dos des artistes en criminalisant le P2P avec 2 HADOPI et une offre légale inexistante.

Je vous passe le pavé du milieu, la député n’ayant rien mis en gras dans ces quelques lignes et fatigué que je suis de la lire, je passe aux trucs importants de son billet.. les trucs en gras.

« En France, grâce à la majorité présidentielle et à Nicolas Sarkozy, nous sommes en avance sur le monde entier : nous avons depuis 2010 l’Hadopi dont la mission première est justement celle-ci. »

Et oui il est important ce message, car au cas où vous ne l’avez pas encore compris, c’est « grâce à notre président Nicolas Sarkozy » que le soleil se lève et que la terre tourne. La France est une Nation pionnière sur Internet qu’un seul mandat de Nicolas Sarkozy aura suffit à torpiller. Bilan de la politique numérique de notre président, le poids du numérique dans l’économie en France est inférieur au poids du numérique dans l’économie de tous nos voisins européens, et la tendance est à la nette baisse. Et oui madame la député, vous pouvez vous féliciter de vos conneries, mais les internautes ne sont pas dupes. Et ils n’oublieront pas que la politique numérique de Nicolas Sarkozy s’est bornée à la vente de systèmes de surveillance à des dictatures. Donnez nous plutôt des explications à ce sujet au lieu de nous raconter votre soupe électoraliste ridicule ! Ne venez pas nous donner des leçons de morale alors que vous défendez implicitement la vente d’armes à des dictateurs, ce contre les principes fédérateurs de notre République.

« Continuons à lutter contre la gangrène idéologique qui tente de justifier le piratage. Continuons à lutter contre cette menace pesant sur notre création et notre patrimoine culturel« .

Je passe sur la suite, vous voir parler de sécurité des échanges et de chiffrement me fait mourir de rire, il faudrait peut être commencer par assimiler les bases avant de vous lancer dans des concepts que vous ne maîtrisez pas.

 Madame la député, si je devais me faire une image de ce qu’est une gangrène pesante, vous figureriez en très bonne place.

Passons maintenant au résultat de la politique que vous défendez, je vais vous la faire simple, avec des petits dessins.

La mise à mort de Megaupload (que nous ne pleurons toujours pas) intervient dans un contexte un peu particulier, celui d’une levée de boucliers anti SOPA/PIPA, faisant suite à une minitellisation du Net. Cette minitellisation a été engagée en France par les lois iPred et HADOPI. Les ayants-droit ont pour rêve ultime de devenir les producteurs exclusifs des contenus disponibles sur Internet, monnayables selon un business model dont ils maîtrisent la chaine de A à Z. S’ils le pouvaient, les ayants-droit vous interdiraient d’uploader tout contenu, y compris les contenus que vous produisez vous même. Philippe Capron, directeur financier de Vivendi Universal, par ailleurs principal actionnaire du fournisseur d’accès Internet SFR, expliquait, il n’y a pas si longtemps que ça, que la fibre optique ne servait qu’à pirater… ça vous donne une idée du niveau de compréhension qu’on ces gens d’Internet.

Dans l’optique d’un ayant-droit, il faut comprendre que chaque contenu qu’il ne vend pas et qui est visualisé des millions de fois sur Internet, c’est autant d’argent perdu pour lui, autant de temps de cerveau disponible qu’il ne vous vendra pas… on parle bien ici d’industrie culturelle, les créateurs on s’en fout : tout comme HADOPI se fout des créateurs, tout comme iPred se fout des créateurs, tout comme PIPA et SOPA se foutent des créateurs. Le but n’a jamais été de rémunérer la création, les créateurs ne vivent pas mieux depuis HADOPI, ce malgré les 35% de « Magic » Nicolas.

Le législateur a criminalisé les échanges non marchands (le P2P), il a donc par ce biais, et ce n’est pas faute de lui avoir expliqué à maintes reprises, participé très directement à l’émergence puis au succès du direct download, dont Megaupload.

Le service de Megaupload, société fiscalement optimisée à Hong Kong et dont l’infrastructure physique se trouvait aux USA, dans l’AS de Carpathia Host et aux Pays-Bas, dans l’AS de Leaseweb, posait déjà de sérieux problèmes aux fournisseurs d’accès européens.

Les premiers à se réjouir de la fermeture de Megaupload, en France, ce ne sont donc pas les ayants-droit, mais les fournisseurs d’accès. En deux schémas, vous allez vite comprendre pourquoi

Avant HADOPI, les internautes échangeaient comme ça :

Dans ce premier schéma, les internautes échange d’AS français à AS français (de l’AS de Free à l’AS d’Orange, de l’AS d’Orange à l’AS d’SFR … etc). Le coût de la bande passante est quasi nul, car pour peu que le trafic s’équilibre, la bande passante fait l’objet d’accords de peering. Tout le monde est content, ça coûte pas un rond, il faut juste entretenir les infrastructures nationales, grassement amorties sur vos abonnements.

Comme HADOPI a criminalisé le P2P, les internautes ont commencé à utiliser des services de téléchargement, centralisés aux USA. Ce qui nous donne un truc comme ça :

Sur ce second schéma, tous les internautes qui autrefois échangeaient entre eux, en P2P, et consommaient une bande passante qui n’empruntait que les infrastructures de nos FAI nationaux, passe par des points de centralisation, l’arrivée des fibres transatlantiques, <message subliminal>un endroit rêvé pour exercer une surveillance de masse </message subliminal> , du shaping pour brider vos téléchargements, j’en passe et des meilleures.

Vous commencez donc à comprendre le problème. Personne, dans le petit monde d’Internet, n’a intérêt en France à ce qu’un service de type Megaupload, dont le trafic accusait ces derniers temps une croissance bien superieure à celle de Youtube, prospère, surtout s’il est situé de l’autre côté de l’Atlantique.

En France l’épisode Cogent avec le magnifique Stéphane Richard, qui place des douaniers dans ses routeurs pour affirmer que tout ce qui provient de Cogent est illégal, est une illustration assez connue de la problématique que nous expliquons ici.

On peut facilement en déduire qu’il en était de même pour les FAI Néo Zélandais. La collaboration avec les services américains a donc été naturelle. Il y a même fort à parier que les autorités du monde entier ont collaboré au takedown de Megaupload, poussées, non seulement par les ayants-droit, mais aussi par les fournisseurs d’accès, un peu agacés d’avoir à faire croitre leur facture de transit à sens unique.

Contrairement aux débilités éructées par la député Marland Militello sur son blog, Nicolas Sarkozy n’est pour rien au takedown de Megaupload, il n’arrêtera pas le piratage et la France n’est en avance que sur sa dette publique.

Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 13:28
- Par AL Montpellier
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Voici un article de zones subversives sur le mouvement de l'autonomie italienne. Si nous

ne partageons pas tous les points de vue de l'auteur, notamment sur la qualification des Brigades Rouges de "Réformisme armé", c'est l'occasion de revenir sur un mouvement qui, avec une réelle base ouvrière, à la différence du mouvement autonome dans d'autre pays, a sur renouveler les questions posées par la lutte révolutionnaire

 

 

 

potereoperaio.jpgMarcello Tari retrace l’atmosphère de l’autonomie dans l’Italie des années 1970. Loin de la grisaille léniniste des Brigades rouges, ce « réformisme armé » mâtiné de gauchisme mortifère, l’insurrection autonome apparaît comme une fête, nourrie par le désir, le plaisir, la passion. 

 


 

Les « années de plombs » pour l’État apparaissent comme des années de jouissance pour le prolétariat. L’aventure du mouvement autonome, qui enfièvre l’Italie des années 1970, demeure méconnue. Les médias traitent cette histoire de révoltes et de luttes sur le registre judiciaire à travers les « affaires » Cesare Batisti ou Marina Petrella. Les milieux intellectuels s’intéressent davantage au gauchisme mondain de Toni Negri , ancien militant autonome qui chante les vertus du capitalisme new look. En revanche, peu d’études sérieuses se penchent sur l’effervescence de l’Autonomie italienne, sinon pour la réduire à un déchaînement de violence.

L’ouvrage de Marcello Tari replonge dans l’ambiance du « Mouvement », à travers ses tracts et ses multiples journaux. L’Autonomie, loin de se réduire à patauger dans des flaques de sang, renvoie à un mouvement qui s’attache à passionner la vie pour transformer radicalement le monde. Les attaques contre le capital s’accompagnent d’une critique radicale de la vie quotidienne.


 

 

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Radicalisation et élargissement des luttes ouvrières

 

Depuis la fin des années 1960, la tension sociale s’avive dans l’usine Fiat de Turin. Mais la collaboration des syndicats permet au patronat de contenir les désirs insurrectionnels. Dans ce contexte une révolte ouvrière devient une lutte sociale et politique contre la production et l’État. En 1969, une lutte majeure éclate à la Fiat avec une victoire qui démontre que les ouvriers peuvent former une puissance collective capable de déstabiliser le puissant patronat italien. En 1973, lorsque les ouvriers se rencontrent sans les bureaucrates syndicalistes, ils échangent leurs idées et leurs pratiques. Grève sauvage, sabotage, blocage de l’usine: de nouvelles formes de lutte émergent. 

Mais les ouvriers décident de bloquer non seulement leur usine, mais aussi toute la ville, pour s’approprier le territoire. Ce blocage total dure trois jours mais marque durablement les pratiques du mouvement ouvrier qui sort de l’usine pour occuper l’ensemble de l’espace urbain. Mais le blocage de la production renvoie également au refus du travail, pour vivre enfin pleinement. « Bloquer la production signifiait laisser libre cours aux flux du désir », résume Marcello Tari. Cantines illégales, squats, « marchés rouges »: de nouvelles pratiques, par la construction d’espaces autonomes et autogérés, se répandent depuis l’usine de Mirafiori de Turin pour embrasser l’ensemble du territoire métropolitain. 

En 1973, le présidant chilien Allende est assassiné. La peur d’un coup d’État fasciste devient plus concrète. Les dirigeants du Parti communiste italien (PCI) décident de se rapprocher de la Démocratie chrétienne (DC). Les autres communistes commencent à s’armer.


 

Idées et pratiques nouvelles

 

Le Mouvement se distingue des multiples groupuscules gauchistes à la prose illisible qui grouillent sur les vagues de contestation sociale. L’Autonomie comprend de multiples courants politiques avec toutes les variétés du marxisme et de l’anarchisme, mais aussi le luxembourgisme, le dadaïsme, et un marxisme libertaire influencé par les idées situationnistes ou conseillistes. Potere Operaïo concocte un étrange mélange de léninisme et de spontanéisme. Mais la volonté léniniste de construire un parti se dissout dans l’ampleur du Mouvement. 

L’Autonomie semble diverse et non réductible à une idéologie. Le refus de la délégation politique et du réformisme demeurent ses traits les plus saillants. Le désir de subversion et la réinvention quotidienne du communisme unissent les multiples subjectivités radicales qui composent ce mouvement. 

Entre 1973 et 1975, des collectifs autonomes déclenchent des luttes dans les quartiers populaires romains à partir des problèmes liés au logement. Ses conflits semblent massifs avec 3000 logements occupés et 25 000 auto réductions qui concernent l’électricité, le gaz, l’eau, le téléphone. A Turin, des auto réductions s’organisent dans les transports en commun. A Milan des expropriations se déroulent dans les supermarchés. En 1974, des groupes tentent d’entrer gratuitement dans des concerts de rock. Ses diverses piques se répandent et traduisent le mot d’ordre issu des luttes ouvrières: de la revendication à l’appropriation. 

En mars 1973, à Bologne, l’Autonomie ouvrière organisée réunit les assemblés et comités ouvriers de différentes villes. 


 

 

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Nouveaux sujets révolutionnaires

 

De 1974 à 1976, Milan devient le lieu de convergences de multiples luttes et expériences autonomes. La contestation sociale s’étend au-delà du mouvement ouvrier et des usines de Turin. « Prenons la ville ! » devient le slogan de l’organisation Lotta Continua et de tout un mouvement. L’Autonomie forme alors « une constellation de collectifs, de revues, de comités, de singularités qui se reconnaissent dans ce paradigme de la subversion » selon Marcello Tari.

Des actions directes sont organisées. Mais le mouvement autonome se distingue des groupes clandestins, comme les Brigades rouges, qui fétichisent la violence pour prendre le pouvoir et non pour le détruire. L’action violente doit exprimer le désir du mouvement et non être planifier par une avant-garde qui se vit comme une « délégation prolétarienne ». Les exploités, ouvriers mais aussi employés, critiquent l’assujettissement au travail, à l’image de la caissière obligée de sourire. Les chômeurs, les étudiants, les femmes et les minorités sexuelles, composent la « plèbe » selon l’expression de Foucault, et deviennent des nouveaux sujets révolutionnaires. 

Des journaux, comme Rosso, et autres revues permettent d’exprimer une subjectivité radicale, avec une critique de la culture, de l’intellectuel et toute forme de médiation. « La théorie de la révolution veut dire une pratique directe de la lutte de classes » affirme Mario Tronti. Les rues et les places deviennent des « territoires libérés » pour permettre une convergence des désirs. Le Mouvement transforme le quotidien en ouvrant des espaces de rencontres. « C’était un autre monde, oui, tout autre que les places désertifiées, plastifiées et hypersurveillées des métropoles européennes aujourd’hui » souligne Marcello Tari.

Les lycéens s’opposent à « l’organisation capitaliste des études ». La « société de répression », contre les drogues et l’homosexualité, est critiquée y compris au sein des organisations politiques imprégnées par la morale sexuelle du gauchisme. 

 

 

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Jouir plutôt que travailler

 

Le Mouvement porte la guerre sociale dans la vie quotidienne et refuse la séparation entre le politique et le personnel. Les rapports humains, qui reposent sur des bases sexistes et classistes, sont attaqués. L’amour, l’amitié, la sexualité doivent devenir révolutionnaire. Cette perspective débouche vers des luttes de libération. 

Le refus du travail doit permettre « l’habitation d’un temps libéré, antiproductif et fortement érotisé » selon Marcello Tari et s’inscrit dans une critique, non seulement du capitalisme, mais aussi de la vie quotidienne. Le travail demeure perçu comme un rapport d’exploitation mais aussi comme une aliénation des individus. Face au capital, l’Autonomie riposte par la jouissance et le communisme comme « totalité de la libération ». « La pratique du bonheur est subversive lorsqu’elle se collectivise » affirme le journal A/traverso

Dans un article intitulé « De la lutte salariale à la nouvelle subjectivité ouvrière » analyse le passage de la « revendication des besoins » à « l’explosion des désirs ». L’affrontement investit la vie quotidienne. « On veut parler ici de la lutte contre le commandement, contre les chefs, contre la hiérarchie et en même temps, du refus ouvrier de la machine bureaucratique léniniste, quel que soit le groupe qui la propose » continue l’article. La libération des désirs s’attaque à toutes les formes d’autorité, de contrainte, de soumission. 

Le Mouvement se caractérise par sa diversité et se révèle sauvage et indomptable. L’Autonomie refuse toute forme d’unification ou de centralisation.

 

 

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Libération des désirs

 

L’autonomie féministe se distingue du féminisme légaliste. Les féministes autonomes s’attaquent au travail domestique et remettent en cause l’ordre patriarcal et la famille. Des groupes d’« autoconscience » permettent aux femmes d’échanger leurs expériences, d’exprimer leurs désirs et de critiquer leurs conditionnements sociaux. Ce féminisme, à l’image de l’Autonomie, s’attaque à tous les dispositifs de pouvoir et aspire à balayer toutes les normes. « Les thèmes du corps, de la sexualité, de la psychanalyse, envahissent les collectifs d’usines, de quartiers, les dispensaires, de même que la théorie marxiste des besoins, rapportée à la matérialité de l’oppression sexuelle des femmes, et à la « critique de la survie affective » imprègne les deux groupes issus de collectif milanais de via Cherubini » observe Lea Melandri. L’autorité des petits chefs mâles du Mouvement se voit contestée et ridiculisée. 

Bifo et A/traverso distinguent un clivage entre une autonomie qui s’attache à une direction centralisée et « l’autonomie comme capacité de vivre ses propres besoins, ses propres désirs, en dehors de toute logique de négociation avec le gouvernement ». 

Dans le sillage de l’autonomie féminisme émerge des mouvements homosexuels. Ils pratiquent également des groupes d’autoconscience. La lutte contre la répression sexuelle s’intensifie. Après le slogan « Prenons la ville », le nouveau mot d’ordre devient « Reprenons la vie » pour élaborer une pratique collective du bonheur. « Où que l’on aille à l’époque, il y avait des endroits, des rues, des maisons, des lieux où on pouvait faire de nouvelles rencontres, construire des langages, étreindre des corps, fabriquer des machines de guerre au-delà et à l’encontre de tout conventionnalisme » souligne Marcello Tari. 

 

 

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Passionner la vie

 

Les jeunes prolétaires politisent la contre-culture. La revue Re Nudo organise des rassemblements musicaux et politiques. Des jeunes refusent de payer l’entrée des concerts et perturbent les représentations des pseudo-stars. Des lycées sont occupés pour contester l’autorité des professeurs. Des auto-réductions se pratiquent dans les cinémas et les restaurants. A l’occasion d’occupations de places du centre des fêtes sont improvisées. « Nous ne préparons pas des festivals, nous créons des situations » affirme le journal Puzz dans une veine situationniste. 

 

Le journal A/traverso et Radio Alice expriment l’esprit du Mouvement et insistent sur la réalisation des désirs. A/traverso estime que le groupe devient une alternative à la famille, au parti, et à toutes les organisations hiérarchisées. Mais le groupe ne doit pas se replier sur lui-même mais être lié à l’ensemble du Mouvement. Radio Alice s’attache à la destruction de l’ordre symbolique et linguistique pour permettre une multiplication des désirs. Dans le sillage du mouvement dada, la séparation entre l’art et la vie est abolie pour passionner le quotidien.

 

 

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Luttes insurrectionnelles

 

Le Mouvement de 77 apparaît comme l’apogée de l’Autonomie. Le contexte est différent de celui des grandes grèves ouvrières. Le capitalisme s’est restructuré et le secteur industriel décline. Mais les salariés du secteur des services, les travailleurs précaires, les chômeurs, les étudiants forment un prolétariat diffus. « Du travail pour tous, mais très peu et sans aucun effort » devient le slogan scandé par les manifestants, loin des revendications salariales traditionnelles. 

 

Le gouvernement démocrate chrétien impose des mesures de rigueur. Une université est occupée par les étudiants après une agression fasciste. La contestation s‘amplifie, contaminée par l‘esprit de l‘Autonomie. « On respirait dans les cortèges un climat de fête et de guerre, d’érotisme et de créativité, qui avaient caractérisé l’irruption des différents mouvements autonomes de libération » décrit Marcello Tari. Le 5 février, toutes les facultés romaines sont occupées. Dans les universités, les étudiants sont rejoints par le jeune prolétariat: les Indiens métropolitains. Ils expriment une créativité joyeuses inspirée par les mouvements dada et surréaliste. Ils participent aux manifestations autonomes en criant des slogans comme « Orgasme libre ». Une inscription gigantesque barre la façade de l’université romaine: « L’imagination détruira le pouvoir et un éclat de rire vous enterrera ». Les interventions des petits bureaucrates qui respirent l’ennui militant sont perturbées, tout comme les cours. 

Mais le PCI, qui dirige la mairie, tente de déloger les occupants. Pourtant, le terrible service d’ordre du PCI fuit à l’assaut des autonomes. La police attaque l’université, mais les occupants parviennent à s’échapper. Selon Marcello Tari cet épisode révèle l’antagonisme, entre le PCI institutionnalisé et le mouvement des autonomies, « entre le socialisme des sacrifices et le communisme des désirs ».

 

 

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Apogée et chute du mouvement

 

Bologne devient l’épicentre du mouvement de 1977. Cette ville, administrée par le PCI concilie communisme et consumérisme. Dans cette ville étudiante, le mouvement privilégie la contre-culture, l’extranéité  et les pratiques de réappropriation comme les autoréductions. Mais, avec le durcissement de la répression, le Mouvement bolognais ne peut plus échapper à la confrontation directe avec l’État. Malgré la violence des affrontements, les autonomes sont soutenus par des personnes qui ne participent pas au Mouvement. « Ne pas séparer la subversion contre l’État de celle contre le quotidien, la déstabilisation du capital-État de la déstructuration de la société » explique le succès du Mouvement à Bologne selon Marcello Tari. « L’arme qu’utilise le mouvement est la plus terrible, celle de la transformation du quotidien » résume un collectif de Bologne. 

Le 12 mars, les barricades sont dégagées et le PCI pense que le mouvement est terminé. Mais de nouveaux cortèges sillonnent la ville. Une émeute éclate dans une prison qui enferme des manifestants. Mais, le lendemain, les chars occupent la ville.

 

« Nous n’appartenons plus à votre civilisation ! » scandent les manifestants à Rome. A partir du 12 mars, le mouvement de contestation prend une ampleur nationale. Un défilé de plus de 100 000 personnes sillonne la capitale. Malgré des scènes de guérilla urbaine, avec des fusillades et des bâtiments incendiés, l’insurrection ne fait aucun mort. Milan apparaît également comme un autre foyer de contestation. Mais les petites villes semblent les plus actives. Dans le sud de l’Italie, le mouvement autonome pallie l’absence d’État. Cependant, la répression s’accentue. Des attaques et des explosions visent surtout des cibles symboliques. Mais aucune action ne permet de bloquer durablement l’économie. Les premiers morts, dans un contexte de répression féroce, génèrent un délitement progressif du mouvement. Acculés à l’illégalisme par l’État policier, les autonomes peuvent difficilement rester liés aux luttes légales importantes, comme celle pour les transports gratuits. 

 

 

 

Pour vivre la révolte

 

Le livre de Marcello Tari ne se distingue pas par sa réflexion stratégique, notamment pour expliquer l’échec du Mouvement, mais permet de décrire les débats et les luttes qui animent le courant le plus radical et libertaire du mouvement révolutionnaire dans l’Italie des années 1970.

La référence à l’Italie des années 1970 est utilisée par les autonomes français noyés dans l’activisme et l’insurrectionalisme à grand spectacle, de type black block. Plutôt que la violence symbolique et minoritaire ou les alternatives de pacotille, les grands mouvements de lutte se révèlent plus efficaces. L’appropriation des entreprises et le blocage des flux de production permettent d’attaquer plus concrètement le capital. Sébastien Schifres souligne les limites d'un mouvement qui n'aspire pas à la réappropriation des moyens de production et à une perspective de révolution sociale. Surtout, le mouvement autonome ne touche que les franges précaires de la jeunesse et semble loin de contaminer l’ensemble de la société.

Mais, dans cette période de crise du capitalisme, l’Autonomie italienne dessine des perspectives émancipatrices malgré son échec. Une politique de la liberté et du désir alimente des luttes qui s’embrasent sur tous les fronts. Si les autonomes français réduisent le Mouvement à son insurrectionalisme mythifié, son originalité et sa puissance provient surtout de sa critique en actes du quotidien. Ce mouvement propage des pratiques de lutte et d’émancipation dans tous les aspects de la vie. Les sujets révolutionnaires se multiplient et l’expression libre des désirs se heurte à la logique du capital et du travail. L’Autonomie parvient à passionner la vie pour proclamer la fête et la jouissance.

 

Source: Marcello Tari, Autonomie ! Italie, les années 1970, La Fabrique, 2011

 

Repris sur zones subversives

Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 17:02
- Par AL Montpellier
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Un article du Jura Libertaire sur les suites de l'expulsion du squat le TTGC à Figuerolles

 

Salut,

Une belle surprise pour les habitants de Figuerolles, quartier dans lequel se trouve(ait) le Squat Très Très Grand Cœur, expulsé jeudi matin, qui ont pu voir quelques banderoles sur les bâtiments vides de la SERM.

L’info a rapidement circulé, et quelques photos ont été prises.

On peut y lire « Ci-gît le TTCG, squat ayant accueilli des centaines de gens pendant 4 mois. Expulsé le 25/01 par le GIPN sur ordre de la SERM » ou « Bâtiment laissé vide par la SERM. 1 toit pour 10 personnes »

Face à la répression, la solidarité est notre arme !

Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 07:28
- Par AL Montpellier
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A Grenoble, a lieu depuis un certain temps une lutte contre le fait d'imposer Monéo aux étudiants. Le CROUS pour casser cette mobilisation, a envoyé la police pour empecher une diff de tract...

 

moneo.gifGrenoble, ce mercredi 25 janvier 2012, une diffusion de tracts contre monéo et la carte d’étudiant électronique a lieu sur le campus au restaurant universitaire Diderot. Des affiches sont collées à l’intérieur et à l’extérieur des locaux. Rappelons que depuis la rentrée, la carte Monéo est devenue obligatoirepour bénéficier du tarif étudiant dans les restos U. En contraignant les étudiants à s’équiper, on prépare l’arrivée de la carte d’étudiant électronique. Signalons que suite à des actions de ce type, la carte Monéo n’est plus obligatoire dans le restaurant voisin « l’Entracte ».

Mais voilà, la direction du CROUS n’entend pas lâcher du lest dans les autres restos U du campus. Vers midi et demi, deux étudiants qui distribuaient des tracts à l’intérieur du restaurant sont sommés de sortir par Nadji Cherrah, directeur des restaurants Diderot et Barnave, ce qu’ils font après quelques discussions. Peu de temps après deux autres étudiants entrent à leur tour dans le restaurant (un restaurant universitaire, donc a priori un lieu public). Ils demandent à voir le responsable. Une employée le contacte par téléphone.

Cinq minutes plus tard, apparaît Nadji Cherrah, visiblement excédé, le téléphone à la main. Il signale d’emblée qu’il est en ligne avec la police et colle le téléphone sur l’oreille d’un des étudiants. Celui-ci, croyant à une banale tentative d’intimidation, raccroche le téléphone. M. Cherrah est sans doute de ces petits chefs zélés, toujours prêt à collaborer avec la maréchaussée, mais de là à penser qu’il ait appelé la police avant même de leur avoir adressé la parole, cela semble difficile à croire. Une discussion s’engage alors avec lui et les salariés du CROUS qui l’ont accompagné.

Mais Nadji Cherrah ne bluffe pas. Il a réellement appelé la police. Voilà comment dix minutes plus tard, des policiers nationaux débarquent dans un restaurant universitaire en plein milieu du repas pour mettre fin... à une simple discussion entre deux étudiants et trois salariés du CROUS. Après avoir été expulsés du bâtiment par la police, les deux étudiants sont soumis à un contrôle d’identité. La police repart alors, non sans que M. Cherrah n’ait annoncé sa volonté de porter plainte.

La direction du CROUS sait que Monéo est une arnaque, et que les étudiants ne s’équipent que parce qu’ils y sont contraints. Plutôt que de l’admettre et de retirer ses bornes Monéo, elle envoie la police et menace de porter plainte pour une distribution de tracts. Avec une telle manière de régler les problèmes, comment s’étonner que la colère gronde parmi les salariés du CROUS ? Rappelons que le 8 décembre 2011, de nombreux salariés du CROUS se mettaient en grève pour protester notamment contre la dégradation de leurs conditions de travail. Ils attendent toujours une réponse satisfaisante de la direction...

Des étudiants opposés à Monéo et à la carte d’étudiant électronique.

PS : Et rappelez vous, Catherine Miaux, directrice du CROUS de Grenoble est toujours très heureuse de répondre au téléphone et de recevoir des mails de la part d’étudiants opposés à Monéo : 04-76-57-44-83 / catherine-miaux[a]crous-grenoble.fr



Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 14:23
- Par AL Montpellier
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Rendez vous !

 

Formation gratuite au droit du travail

 Le samedi 28 janvier à 14h à la Maison des chômeurs, 4 Rue Levat (à coté de la gare)

 Organisé par le Collectif Luttons contre la précarité et le CRÉER MNCP

 

Rassemblement pour la régularisation de Mohammed à 14h30 à la préfecture organisé par la coordination de soutien aux soutien aux sans papiers

 

 

 

 

 

Emissions

Des militants d'Alternative Libertaire contribuent à animer une émission de Radio.

C'est Campus Horizon sur Radio Campus 102.2 FM tous les 2 mardis de 17h à 18h

 

Prochaine émission mardi 24 janvier de 17h à18h

 

Voici la derniere émission sur Monéo, la privatisation des Universités et le fichage.

 

http://www.radiocampusmontpellier.fr/joomla/podcast/campushorizon/campushorizon061211.mp3 

Charlie Bauer

 

 
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