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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 11:21

Toute la population française de plus de 15 ans sera fichée et biométrisée... Pour une identité mieux protégée et une vie simplifiée, a expliqué Claude Guéant : bienvenue chez Big Brother.  Le fichage généralisé avance à grands pas. Un article de la presse bourgeoise...

 

 

 

fichage-liberation-du-codebarre3.jpgJeudi a commencé et s'est terminée, à l'Assemblée nationale, la discussion de la proposition de loi relative à la protection de l'identité, visant à instaurer des cartes d'identité à puces. Elle a précédemment été adoptée par le Sénat en première lecture fin mai. Et par l'Assemblée Nationale jeudi. Tranquillement, et dans l'indifférence générale. 11 députés (ONZE) étaient présents. La protection de l'identité taraude le député.

 

De quoi s'agit-il ? Du fichage de toute la population française de plus de 15 ans. Le tout, présenté par notre ministre de l'Intérieur préféré. Prétexte : l'usurpation d'identité. Méthode : la carte d'identité biométrique, et la centralisation des données dans un grand fichier.

 

Pourquoi des cartes d'identité à puces ? Attention, c'est que l'heure est grave. Claude Guéant commence son discours avec des chiffres impressionnants : 200.000 victimes par an, plus que les cambriolages et les vols d'automobiles. Et 80.000 usurpations d'identité annuelles. Bon, on discute parfois des chiffres, admet Claude, mais une chose est sûre : ça coûte cher.

 

Et ça n'est pas tout (qu'on ne les accuse pas de ne penser qu'aux sous) : la fraude est en plus un traumatisme pour la victime (anecdote à l'appui).

Alors, 200.000 cas par an, et ça coûte cher, et les victimes sont traumatisées. Mais que fait le gouvernement ?

 

Eh bien justement, il biométrise la carte d'identité, bonnes gens.

 

Biométrie roissy 

Embarquement par contrôle biométrique à Roissy, 2011 (Sipa)

 

Claude Guéant a donc présenté la "puce régalienne" et la "puce de services dématérialisés" facultative, LA solution au drame de l'usurpation d'identité. Son discours à l'Assemblée fut prononcé en langue de bois administrative ordinaire, avant de virer au slogan publicitaire : "Deux composants", chanta-t-il aux 11 députés qui avaient fait le déplacement, "pour une identité mieux protégée et une vie simplifiée". Il manque une petite musique façon touloulou, comme à la RATP, et le petit logo façon Conseil Général.

 

Il y aura, selon le projet, deux puces dans les cartes d'identité numérique. Deux.

 

La première puce est dite "régalienne", et contiendra les informations suivantes : nom de famille et d'usage, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, domicile, taille et couleur des yeux, empreintes digitales (huit doigts) et photographie d'identité. Toutes ces informations seront fichées dans un banque de données centralisée. Comme celles du passeport.

 

Régalienne, ça sonne rassurant. "Il faudra donner les empreintes de huit de ses doigts par la technique des empreintes roulées et non pas posées. Elle est très différente de celle de l’empreinte posée car c’est une technique criminologique. Nous ne sommes plus alors dans une démarche de reconnaissance d’identité, mais dans la logique d’un fichier de recherches criminelles. Il y a eu un glissement. " (Serge Blisko)

 

Le caractère policier et totalitaire de cette mesure est naturellement accablant, puisque (il faut écouter les débats) une simple empreinte permettra de retrouver l'identité d'une personne.

 

Mieux, la possibilité de reconnaissance faciale des individus, en couplant les dispositifs de surveillance vidéo et les infos des données biométriques, se profile à l'horizon.

 

Vidéosurveillance à Saint Nazaire

Caméras de vidéosurveillance à Saint Nazaire

 

Pour la députée SRC Delphine Batho, c'est clair : "Le véritable objectif de ce texte, c'est le fichage biométrique de la totalité de la population à des fins de lutte contre la délinquance". Sandrine Mazetier (députée SRC) partage son point de vue. "Ce texte a clairement un objectif policier. (...) Il semble totalement disproportionné de mettre en place un fichage généralisé de la population française pour lutter contre 15.000 faits d'usurpation d'identité constatés par la police."

 

Mais ça n'est pas tout : dans cette carte d'identité officielle, il y aura aussi une puce "de services", optionnelle, rendant possible l'enregistrement "de données permettant à son titulaire de s'identifier sur les réseaux de communication électroniques et de mettre en œuvre sa signature électronique".

 

Qu'est-ce qu'un dispositif permettant d'effectuer des achats vient faire sur une carte d'identité ? Comment le ministère de l'Intérieur peut-il prêter la main à des dispositifs commerciaux ? Le procédé, au delà de ses applications policières, fait frémir : les citoyens deviennent avant tout des consommateurs, et le Ministère de l'Intérieur se reconnaît une fonction de garantie des transactions commerciales.

 

La cœxistence, dans une seule pièce d'identité, de dispositifs de fichage de la population et de sécurisation des moyens de paiements, ouvre la porte sur un avenir terrifiant : une société totalitaire de consommateurs, fichés, fliqués, recensés, surveillés.

 

Et c’est ce dispositif qui a été voté jeudi, par 11 députés présents, en catimini, dans l’indifférence générale. "Pour une identité mieux protégée et une vie simplifiée".

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 10:26

Voici le dernier communiqué de coordination de soutien aux sans papiers sur l'état préoccupant de Mohammed

 

sans-papiers-le-13-aout_187.jpgMohammed a débuté une grève de la faim et de la soif mardi soir au centre de rétention de Sète. Cet acte désespéré est le fruit des politiques injustes qui sont faites aux personnes sans-papiers.


Mohammed a passé environ la moitié de sa vie en France (soit plus de 20 ans), toute sa vie et ses liens familiaux sont ici. Mais l'ensemble des décisions administratives et judiciaires ont nié cette réalité, et Mohammed risque l'expulsion à tout moment.

 

Dès aujourd'hui Mohammed est en danger, au 6èmejour de sa grève de la soif, sa santé devient très précaire. Nous craignons de plus une expulsion de force demain malgré son état de santé.


La Coordination des Comités de Soutien aux Sans-Papiers demande expressément à la préfecture de revenir, sans attendre, sur sa décision d'éloignement du territoire, de libérer Mohammed et de réexaminer son dossier. Elle appelle à un rassemblement mardi 24 janvier devant la préfecture à 18h (Mohamed en sera à son 7° jour de grève de la faim et de la soif).



La Coordination des Comités de Soutien aux Sans-Papiers

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 13:13
Un article du collectif CIP/IDF sur la légitimité de la fraude au minima sociaux...

Comme le susurre la ritournelle, tout est à nous, rien n’est à eux, tout ce qu’ils ont, ils nous l’ont volé...

Quand la fraude aux minima sociaux devient légitime

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque.
À te regarder, ils s’habitueront

René Char

Tandis que nos sommités s’acharnent à vouloir réduire l’impôt sur la grande fortune tout en s’en prenant à l’assistanat et aux bénéficiaires « cancéreux » du RSA, il serait intéressant de nous interroger sur la légitimité pour les plus nécessiteux de recourir à la fraude pour satisfaire leurs besoins élémentaires.

Mauvais arguments

D’abord, éliminons l’idée qu’il puisse y avoir une légitimité à justifier la fraude par le bas au seul prétexte que d’autres ne se gênent pas. A commencer par les margoulins des sommets qui se goinfrent sans vergogne à grands coups de paquets fiscaux et fourberies légales. L’attitude classique du “œil pour œil, fraude pour fraude” ne conduit qu’au désordre, au n’importe quoi et pour finir au triomphe de la loi du plus fort. Bottons ensuite les fesses aux habituels contre-arguments sentencieux :

• « frauder les minima sociaux est injuste pour ceux qui suent sang et eau à travailler pour un misérable SMIC » : manœuvre classique des plus aisés pour diviser les plus nécessiteux ;

• « la fraude, le travail au noir, les escroqueries en tout genre lèsent et appauvrissent la collectivité » : faux puisque le produit financier de ces prétendues “arnaques” est immédiatement réinjecté dans l’économie réelle ;

• « la loi s’impose à tous » : faut-il encore, comme on va le voir, que la loi soit légitime !

Les droits de l’homme légitiment la désobéissance civile

En réalité, il n’est pas à chercher très loin pour trouver une légitimation à l’acte de désobéissance civile qu’est la fraude aux minima sociaux.

Un seul article de la Déclaration universelle des droits l’homme de 1948, celle-là même qui fonde notre République, y suffit :

« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires » (article 25)

Dans un pays regorgeant de richesses et des moyens matériels ou humains pour les produire, ceux qui privent une frange de plus en plus importante de la population des moyens financiers suffisants pour satisfaire ses besoins vitaux élémentaires se délégitiment eux-mêmes et délégitiment les lois qu’ils prétendent faire appliquer.

D’insupportables leçons de morale

À l’inverse, ceux que l’organisation sociale et économique d’un pays riche maintient sans raison valable en-dessous du seuil de pauvreté (880 euros en France) sont parfaitement légitimés à recourir à tous les moyens nécessaires pour satisfaire leurs besoins vitaux.

La fraude, le système D, la menue rapine, le travail au noir, la saisie autoritaire des biens de première nécessité qui font défaut peuvent légitimement être considérés comme des armes de légitime défense. Comme le pain de Jean Valjean dans les Misérables de Victor Hugo.

Les malversations des classes dominantes, même légalisées par ces dernières, sont, elles, assimilables à de vulgaires actes de crapulerie sans autre motif que la soif de domination. Que dire alors des insupportables leçons de morale que certains de leurs éminents représentants infligent aux autres ?

« Quand quelque chose nous apparaît non légitime, même si c’est légal, il nous appartient de protester, de nous indigner et de désobéir » (Stéphane Hessel)

Source : Chroniques du Yéti

Précisions : L’article 25 de la DDHC n’est pas retenu dans le bloc constitutionnel de 1958 qui se limite aux 17 premiers articles. On retrouve néanmoins son équivalent dans l’article 11 du préambule de la Constitution de 1946, qui lui fait parti de ce bloc, je cite :

11. Elle (la Nation) garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. (source Legifrance.)

Quelques conseils...

Avec le battage travailliste forcené qui vient de reprendre à droite, cela fait du bien que d’autres points de vue s’expriment.

On pourra consulter les éléments du débat public tel qu’il est présenté dans le journal officiel de tous les pouvoirs, et aussi la prose d’Actuchômage à ce sujet, ici ou

Oui, de ces minima, il est légitime de contourner l’insuffisance et l’arbitraire par la fraude. Et ni monsieur Hessel, ni l’indignation n’ont à voir avec cela. C’est affaire de nécessité et de choix, d’acte et pas de posture morale.

Il faut souligner un paradoxe, tout comme la loi crée… des illégalismes, ces minima imposent, par leur fonctionnement même, des modalités de fraude. Exemples.

Faire mine d’être "isolé"
Le fait que le RMI/RSA ne soit pas un revenu individuel conduit à essayer de dissimuler, lorsque c’est possible, toute vie maritale ou non isolée. En effet se déclarer en couple revient, si le, la conjoint/e dispose d’un revenu (salaire, alloc chômage, AAH, etc.) supérieur ou égal à 587 euros, à être privé de RSA. Lorsque le conjoint gagne moins, cette somme sera néanmoins déduite du droit versé : celui-ci est dégressif en fonction de la taille et des revenus du ménage. Pour obtenir les 410€ d’un RSA individuel et pas la moitié d’un RSA couple (587€ divisés par deux, soit 293,50€), on doit donc essayer de rentrer dans les clous de l’"isolement", quitte à se doter d’une existence administrative relativement distincte de la vie réelle (être scindé, un peu de schizophrénie créatrice en somme). Ce que la CAF sait pertinemment, elle qui suppose lors de des contrôles et visites domiciliaires que les allocataires "isolés" ne le sont pas (ce quelle a à charge de 5prouver et ne peut se contenter d’affirmer).

Se dire non étudiant
Ces revenus sont souvent officiellement destinés à favoriser l’insertion (on veut notre bien, c’est sûr…), mais ils sont interdits à bon nombre de ceux qui justement... s’insèrent. Ainsi le RSA est-il interdit aux étudiants… sauf de très rares cas ou une reprise d’étude s’effectue, avec l’aval du Conseil général, dans le cadre de l’insertion. Si passé 25 ans on a pas de bourse, de parents qui soutiennent, un taff ou plusieurs qui permettent de subvenir à ses besoins, et lorsque rien de tout cela ne suffit, il est alors logique de chercher à dissimuler la poursuite ou la reprise d’études. Pour s’inscrire au RSA (qui se cumule partiellement avec des emplois déclarés mal payés), il faut juste éviter d’être à la sécu étudiant (avoir la Sécu salarié, chômeur, ou la CMU) et/ou d’être déclaré à charge des parents sur leur déclaration fiscale annuelle. Ou en tout cas expliquer que c’était le cas avant mais que tout ça est terminé.

Jeunes : faire couple pour un demi RSA
Pour les moins de 25 ans qui n’ont pas droit au RSA (cette interdiction d’accès est une contribution socialiste aux inégalités qui date de la création du RMI, en 1988), sauf si ils ont au moins un enfant, il est une voie d’accès : se déclarer en concubinage ou se pacser avec un allocataire du RSA permet d’accéder à une fraction d’un RSA désormais calculé pour un couple. On voit donc des formes d’entraide où un allocataire accepte de se déclarer en couple pour qu’une autre personne interdite de RSA en raison de son âge puisse toucher les 177€ qui s’ajoutent au 410€ du RSA de l’isolé…
Ces montants s’appliquent dans le cas de deux personnes à qui la CAF déduit le forfait logement. Si elles peuvent se déclarer sans domicile (en se faisant héberger administrativement auprès d’une association soigneusement choisie pour éviter "suiveurs" et "inséreurs" forcenés, ou d’une personne de leur choix, sans y être pour autant "domiciliée", c’est à dire y habiter), ou sans domicile stable (hébergées de ci de là), ce sera 700 au total ( 467 pour l’allocataire, 233 pour son "conjoint", si on choisit ce mode de répartition).
Attention :
• comme pour les étudiants, il ne faut pas figurer sur la déclaration d’impôts des parents. Avec l’inflation du contrôle, les fichiers CAF, Trésor Public, Pôle emploi, Intérim sont interconnectés.
• cela suppose un peu de soin (ne pas avoir d’existences administratives visiblement contradictoires, se faire adresser tous ses courriers administratifs au même endroit) et une relation de confiance, histoire d’être en mesure de suivre correctement son dossier (avoir les infos sur les courriers reçus en temps et en heure, etc.), de pouvoir jouer le jeu - ce qui ne veut pas dire se soumettre - avec le maximum de cartes en mains ; histoire aussi que l’allocataire, qui reçoit le virement de la CAF, reverse bien la part du "conjoint", considéré lui comme "bénéficiaire" et non comme allocataire en titre.

Le RSA n’étant pas, on le voit, un revenu individuel, mais calculé selon la composition du "ménage", on consultera le site officiel pour se renseigner depuis sa propre situation, ses propres pistes http://www.rsa-revenu-de-solidarite....

On pourrait citer bien d’autres exemples de fraude, de moyens de se défendre (ainsi ne pas aller aux convoc de Pôle emploi, voire ne pas leur répondre au téléphone, est-il censé être illégitime et punissable de radiation mais en fait….). Il faudrait évidemment le faire pour partager le plus largement possible les manières de ne pas perdre sa vie à la gagner et d’éviter un dénuement trop brutal. Vous pouvez d’ailleurs nous envoyer recettes et conseils à permanenceprecarite@cip-idf.org. Nous publierons ce qui peut l’être sans causer de dommages aux allocataires et ayant droits, assorti de l’anonymat de rigueur.

Pour les Parisiens, avec ou sans fraude, un petit mode d’emploi de l’aide sociale municipale de la ville la plus riche du pays :
À Paris comme ailleurs : Arr€t€z vos salad€s, balanc€z l’os€ill€ !

Quoi qu’il en soit de l’ignominie de la droite, n’oublions pas de prendre la mesure de la responsabilité historique et actuelle de la gauche, toute catégories et boutiques confondues, dans la stigmatisation des “assistés" (et c’est pas des patrons qui vivent du travail des autres que parlent ces gens lorsqu’ils emploient ce terme...). Par ses pratiques, ses mesures et ses discours, la gauche a fourni des appuis concrets aux saloperies que se permet la droite.

Qui se souvient que bien avant le "travailler plus" sarkozyste de 2007, Lionel Jospin avait, dès 1998, alors qu’il était premier ministre, répondu à une mobilisation massive des chômeurs et précaires en disant « préférer une société de travail à l’assistance » ? Qui peut raisonnablement croire que la doctrine socialiste ait été modifiée sur ce point ?

La précarité se développe depuis plus de 30 ans mais c’est l’angle mort de la gauche comme des syndicats. Ce qui est en cause c’est l’indécrottable (?) idéologie du travail qui les conduit à défendre l’économie, c’est à dire la politique du capital. Et attention, on a pas fini d’en voir les effets.
L’automne dernier, on a commencé à nous expliquer que les retraités abusaient de faire payer les jeunes et de les plonger dans le dénuement avec leurs droits à pension. De vrais parasites ! Des assistés ! On a désormais tous une dette à la société. C’est bien ce qu’il s’agit d’abolir...
En vrai, on sait que pour beaucoup de nous, entrés sur le marché du travail depuis le début des années 70’, il n’y aura pas de "retraite complète" car toute une vie d’emplois discontinus et de chômage mal ou non-indemnisé ne permettra pas d’atteindre les 40 annuités requises.

Les effectifs du "minimum vieillesse" étaient en baisse (des droits à pension supérieurs devenant accessibles), ils ont recommencés à croître depuis quelques années. Sait-on que la première réforme qu’envisage le PS dès juin 2012, si leur candidat est élu, c’est une réforme des retraites ? Se souvient-on que le "comité d’orientation des retraites", qui a défini la réforme de 2010, avait été créée par Jospin ?

La gauche compte sur le bilan de Sarkozy et son discrédit pour l’emporter, mais que propose-t-elle ? Actuellement, dans les départements, elle gère le RSA. C’est donc elle qui coupe les allocs, diligente les visites domiciliaires de la CAF, cherche à imposer des stages de merde et des emplois sans intérêt. Hollande promet un peu de blé pour les étudiants, à condition qu’ils satisfassent, en plus de leurs études, à une contrepartie… Royal, eh bien elle, elle garde sa petite cuillère en argent et vient de se déclarer d’accord pour 5h de travail hebdo au minimum pour les RSAstes… (et pour l’encadrement militaire des déscolarisés, la gauche de droite est toute bien décomplexée, ça roule...).

Le chômage n’est pas l’envers du travail mais l’un de ses moments.
Alors que l’on cesse de soumettre nos vies à la (fausse) mesure du travail, l’emploi. Le verrou que le calcul de la durée d’emploi impose à l’encontre des droits, eh bien il doit sauter ! Sinon l’insécurité sociale “nouvelle” ne va cesser de s’aggraver.

Ce qui est nécessaire avant tout c’est que les premiers concernés prennent leurs affaires en main, agissent, rejoignent et créent des collectifs de chômeurs, précaires, intermittents. Elle serait où l’alternative ?

Après tout, nous sommes tous des irréguliers de ce système absurde et mortifère, autant partir de là.

Une lecture complémentaire, sachant que des agents contrôleurs Caf procèdent à 300 000 intrusions au domicile chaque année :

En ces temps de chasse à la « fraude sociale », quelques conseils face aux contrôles domiciliaires de la CAF

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 14:10

A l'heure de l'interdiction de mégaupload et d'un controle accru de l'internet, voici une fiche des différentes méthodes

de téléchargement tranquille et sans risque...

 

lenine-hadopi.jpgComment contourner les lois sur le téléchargement. Alors que le FBI vient d’arrêter 7 personnes en relation avec Megaupload et d’arrêter les serveurs de ce site de téléchargement centralisé, voici une fiche pratique issue d’Outrage n°7 qui donnait déjà un certain nombre de pistes, toujours valables, pour télécharger sans soucis. L’article date de 2009, n’hésitez pas à le compléter dans le forum en bas de l’article.

LA LOI HADOPI OU loi « Création et Internet » a été adop­tée au Sénat en sep­tem­bre 2009. Elle sanc­tionne « le par­tage de fichiers en pair à pair en tant qu’infrac­tion au droit d’auteur », autre­ment dit le télé­char­ge­ment sau­vage. Un peu comme dans un tri­bu­nal, « la réci­dive est punie de manière crois­sante » en fonc­tion d’un « prin­cipe de riposte gra­duée » : d’abord un mail de menace, ensuite une lettre recom­man­dée et pour finir la cou­pure de la connexion Internet « après débat contra­dic­toire » (un débat lar­ge­ment « auto­ma­tisé », un peu comme si on plai­dait devant R2D2).

En plus d’aller dans le sens des grands Networks de diver­tis­se­ment et des bonnes gros­ses mai­sons de dis­ques, la loi Hadopi a ses petits coups de vice : d’abord elle ne sanc­tionne pas seu­le­ment le fait d’aller choper des conte­nus pro­té­gés par les fameux droits d’auteur ; elle vise aussi le « défaut de sur­veillance de son accès Internet contre l’uti­li­sa­tion de celui-ci par un tiers pour la dif­fu­sion d’une œuvre auprès du public ». Autrement dit le web rêvé d’Hadopi c’est celui où tout le monde passe à la caisse mais aussi par­ti­cipe à la para­noïa et au fli­cage géné­ra­li­sés. En prime, après le pre­mier aver­tis­se­ment, les inter­nau­tes sont sommés d’ins­tal­ler un logi­ciel espion sur leur bécane, his­toire de lever tout malen­tendu. Pour la petite his­toire, avec Hadopi les méchant-es pirat-es poten­tiel­les doi­vent faire la preuve de leur inno­cence, là où dans la doc­trine clas­si­que on est inno­cent pré­ci­sé­ment jusqu’à preuve du contraire. On arrête pas le pro­grès…

Sauf que ces shé­rifs du web ont l’air d’oublier que ses gran­des plai­nes vir­tuel­les sont encore lar­ge­ment sau­va­ges, infes­tées de hackers inven­tifs et rusés, qui gar­dent tou­jours des coups d’avance. En plus l’effet masse joue du côté des pira­tes : on estime leur nombre à 5 mil­lions rien que pour la France, si bien que malgré les 6 ou 7 mil­lions d’euros attri­bués au dis­po­si­tif Hadopi, le « légis­la­teur » compte sur­tout sur l’effet dis­sua­sif. Première règle donc : ne pas trop bali­ser. Ensuite cette fiche pro­pose quel­ques moyens assez sim­ples (mais pas tou­jours très lisi­bles, c’est vrai) pour contour­ner les émules de Big Brother. Règle numéro 2 : on peut conti­nuer à uti­li­ser les logi­ciels habi­tuels de télé­char­ge­ment (Emule, Bittorent, mojo, aMule…), mais en rusant un peu (acti­ver le cryp­tage, passer par des proxys et fil­trer les IPs mal­fai­san­tes).

Première stratégie : ruser comme le coucou

Pour débus­quer les frau­deurs du net, les ins­tan­ces de contrôle vont cher­cher à les pister notam­ment à tra­vers leurs adres­ses IP. Identifiant unique d’un ter­mi­nal réseau sur le net qui après requête auprès de l’opé­ra­teur inter­net four­nit vos noms, comp­tes ban­cai­res, adresse pos­tale, etc. Le moyen le plus simple pour télé­char­ger des fichiers illé­ga­le­ment ça reste de passer par la connexion wifi du voisin : c’est inter­dit par la loi, mais quand ce voisin s’appelle Quick ou MacDo et laisse sa connexion ouverte, c’est une invi­ta­tion au crime. Si la connexion est pro­té­gée (au moyen d’une clé wep, wpa, ou autre), on peut pira­ter le code. Le plus simple c’est le cryp­tage wep, en par­ti­cu­lier avec le logi­ciel Aircrack-ng. Autre pos­si­bi­lité : cher­cher un code Neuf-Wifi ou Free-Wifi . Ces codes sont alloués aux client-es de ces opé­ra­teurs qui peu­vent ensuite « emprun­ter » les connexions des autres abonné-es, par­tout dans la métro­pole (là on surfe sur les contra­dic­tions d’un sys­tème qui veut faci­li­ter l’exten­sion du réseau en tout point, et qui de fait mul­ti­plie les failles). Utiliser de pré­fé­rence le code d’une per­sonne désa­gréa­ble, ou de quelqu’un qui pourra faci­le­ment nier, notam­ment par ce qu’il n’y a aucune trace de fichier ou de mou­ve­ment sus­pect sur son ordi (voir la partie sur la contes­ta­tion).

Si on passe pas par chez le voisin on peut uti­li­ser un proxy, c’est-à-dire un ser­veur « man­daté » par une appli­ca­tion pour effec­tuer une requête sur Internet à sa place. Il faut donc avoir confiance en ce ser­veur et s’assu­rer qu’il est bien crypté. Aller voir du côté de http://proxy.btac­cel.com. Outre le télé­char­ge­ment déporté (http://btac­cel.com) btac­cel four­nit un web proxy simple d’uti­li­sa­tion. Enfin un peu simple.

SuperChargeMyTorrent (ou http://furk.net et http://bitlet.org) est un ser­vice en ligne qui permet, contre quel­ques euros, de rendre ano­nyme vos connexions Bittorrent, non pas en télé­char­geant le bit­tor­rent à votre place, mais en redi­ri­geant le trafic tor­rent à tra­vers leurs ser­veurs. C’est donc un proxy pour tor­rent, qui en prime encap­sule vos paquets de don­nées, cachant ainsi même à votre four­nis­seur d’accès ce qui cir­cule dans ses tuyaux. Cela permet aussi de passer outre la cen­sure et le fil­trage de pro­to­co­les appli­qués dans une entre­prise ou une école.

Sinon, TorrentRelay est un site au concept plutôt sym­pa­thi­que vu qu’il vous pro­pose de télé­char­ger des fichiers sur Bittorrent à votre place. Pour trou­ver des listes encore plus lon­gues et chian­tes à lire : http://public­proxy­ser­vers.com.

Deuxième stratégie : ruser comme le caméléon

L’idée c’est d’acti­ver le cryp­tage dans les logi­ciels. On peut en passer d’abord par des connexions VPN sécu­ri­sées. Sur le Virtual Private Network, tout ce qui cir­cule est crypté et votre IP reste cachée. Votre ordi­na­teur est inté­gré à une sorte de grand réseau privé, un archi­pel pirate qui cons­ti­tue une des prin­ci­pa­les failles d’Hadopi. Pour en savoir plus et tester cette option on peut faire un tour sur ipodah (hadopi à l’envers, bande de petits plai­san­tins), ana­noos, ItsHidden, http://s6n.org/are­thusa/fr.html et ipre­da­tor(Service de The Pirate Bay). Attention cer­tains sont un peu payants.

Il y a aussi les réseaux peer to peer encryp­tés et ano­ny­mes : c’est la troi­sième géné­ra­tion des réseaux d’échange de fichiers. Y aurait moyen théo­ri­que­ment de passer par Tor mais en fait ça rame trop, alors mieux vaut tenter sa chance avec MUTE (logi­ciel Kommute), Ants, ou free­net ( Freenet ), qui est à la fois un peu com­plexe et très à la mode).

Ce qui est pas mal avec Internet c’est qu’on peut mul­ti­plier les séries de noms bien ésotériques. Ainsi, tou­jours pour ce qui concerne les réseaux de par­ta­ges de fichiers sécu­ri­sés on trouve encore : Mnet, OFFSystem, Omemo (qui met ano­ny­me­ment en commun l’espace dis­po­ni­ble sur les dis­ques durs des uti­li­sa­teurs), OneSwarm et son logi­ciel Vuze (popu­laire et facile à ins­tal­ler), Rshare et son logi­ciel stealth­Net (facile, ano­ny­mi­sa­tion forte avec des taux de télé­char­ge­ment très cor­rec­tes), gnunet, I2P (Invisible Internet Project : fonc­tion­ne­ment sem­bla­ble à Tor avec son logi­ciel IMULE). Multiplicité des biais, donc, pour mettre en commun et assu­rer notre opa­cité. Tout un pro­gramme.

Note tech­ni­que et stra­té­gi­que : actuel­le­ment ces réseaux sont par­fois un peu plus lents mais ça doit s’amé­lio­rer avec leur adop­tion mas­sive par le public. « Plus on est de fous plus on rit ».

Petite varia­tion sur le même style : les news­groups encryp­tés ; pour 10 € par mois envi­ron, vous pour­rez télé­char­ger caché et à très grande vitesse sur Giganews, PowerUsenet, Usenet.net ou encore UseNeXT.

Autre petit détour­ne­ment : uti­li­ser les ser­vi­ces de sto­ckage de don­nées pour télé­char­ger de manière com­plè­te­ment ano­nyme. Les 2 prin­ci­paux ser­veurs de sto­ckage sont RapidShare et MegaUpload. Depuis ces sites on peut cibler son butin de films ou de musi­ques à partir de moteurs de recher­ches comme http://daleya.com et http://files­tube.com (http://hunt­my­mu­sic.com et http://Boostermp3.com pour les fans de musi­que). Il existe quel­ques hacks pour télé­char­ger sans limite ou avoir un compte Premium. Ceux qui mar­chent chan­gent sou­vent ; en voici un quand même (un plugin fire­fox en l’occur­rence) : http://www.illi­mi­tux.net/addon/ Bon, tout ça il faut le mettre sou­vent à jour, vu que les pla­te­for­mes chan­gent sou­vent de sys­tème.

Troisième stratégie : ruser comme les babouins

Ce qui marche vrai­ment mais alors vrai­ment bien sinon, ce sont les par­ta­ges « phy­si­ques » entre amis : c’est ce qu’on fai­sait avant l’adsl et avant l’Internet, on se prête des dis­ques durs, des cd, dvd, des clés USB… dans la vraie vie. Agir en meutes ou en hordes.

Un peu la même idée mais de retour dans la réa­lité vir­tuelle : le F2F à la place du P2P. Le F2F ça veut dire Friend to Friend, un réseau d’« amis » qui ne par­ta­gent qu’entre eux. Certains per­met­tent de cryp­ter ce qui s’échange entre mem­bres comme open swarm mais aussi PEER2ME ou HAMACHI.

Quatrième stratégie : ruser comme la tique

Non plus télé­char­ger mais uti­li­ser le strea­ming : la lec­ture ou dif­fu­sion en conti­nue. On suce l’info à mesure qu’elle est dif­fu­sée. Plus besoin alors de récu­pé­rer l’ensem­ble des don­nées d’un mor­ceau ou d’un extrait vidéo avant de pou­voir l’écouter ou le regar­der.

Les gros sites de strea­ming comme Youtube et Dailymotion sont de plus en plus sur­veillés, mais il existe une mul­ti­tude d’alter­na­ti­ves (un exem­ple : http://www.lookiz.com). Un point d’entrée pour se tenir au cou­rant des meilleurs sites de strea­ming du moment : http://www.stream-actu.com

Ça c’est sur­tout pour les conte­nus vidéo. Pour le strea­ming spé­cia­lisé audio, en vrac : Spotify (celui qui monte), deezer, jiwa, Jamendo, Soundzit, Goom, GrooveShark, MusicMe, iMeem, MusicMesh, Musicovery (mon chou­chou), http://Rockola.fm, http://Yes.fm, http://Blip.fm, http://Songza.fm, http://Dizzler.com, http://Finetune.com… Pour conser­ver les don­nées, et contour­ner l’éphémère du strea­ming, on peut uti­li­ser le plugin VideoDownloadHelper de fire­fox, vid­ta­ker.com ou http://kcoo­lon­line.com. Si l’idée c’est de télé­char­ger des mp3 à partir des clips you­tube, essayer http://dirpy.com.

Cinquième stratégie : ruser comme un arracheur de dent

Oups, vous vous êtes fait repé­rer. Il y a eu le mail et main­te­nant le recom­mandé qui vous menace de couper la ligne. À ce moment là il y a pos­si­bi­lité de contes­ter en envoyant votre disque dur équipé du logi­ciel espion recom­mandé par Hadopi. Il est peut être malin alors d’envoyer un deuxième disque dur ou un autre ordi­na­teur avec le logi­ciel espion ins­tallé. La ligne de défense c’est un peu « ah ces salauds ont uti­li­ser la pre­mière ruse : se connec­ter chez le voisin grin­cheux ! ». En vrai, a priori, il n’y aura rien à raconter : si à l’examen du disque aucune trace de pira­tage n’est retrou­vée, vous rece­vrez une petite lettre d’excuse. Note tech­ni­que impor­tante : vu que la loi n’est pas encore appli­quée, cette ruse là est encore à tester. On est dans de la théo­rie.

L’empire contre-attaque

Qui dit pira­tes dit cor­sai­res : dans cer­tains pays la RIAA (Recording Industry Association of America, asso­cia­tion inter­pro­fes­sion­nelle qui défend les inté­rêts de l’indus­trie du disque aux États-Unis et qui « créent, fabri­quent, et/ou dis­tri­buent envi­ron 90 % de tous les enre­gis­tre­ments audio légi­ti­mes pro­duits et vendus aux États-Unis ») est auto­ri­sée à pour­rir les télé­char­ge­ments sur­tout bit­to­rent. Nous avons connu il y a quel­ques années l’arri­vée de fake sur emule (des faux fichiers) dont la plu­part venait de l’indus­trie. Deux autres métho­des d’inter­ven­tion de ces bâtards : 1) une atta­que por­tant sur les fichiers où des faux lee­cher essayent de ralen­tir les télé­char­ge­ments. 2) l’autre atta­que porte sur les connexions ; les faux lee­cher établissent autant de connexions pos­si­bles au fichier piraté afin d’empê­cher les autres de s’y connec­ter.

Mais ces 2 métho­des sont inef­fi­ca­ces si on active le filtre IP. Nyark nyark nyark…

Pour la France, on peut enfin poser un nom sur Big Brother. Le Ministère de la Culture a choisi la société Extelia (filiale de la Poste et expert du vote en ligne) pour chas­ser et tra­quer jusqu’au bout du monde les malé­fi­ques pira­tes du web. Techniquement le rôle d’Extelia consiste à faire le mat­ching (la cor­res­pon­dance) entre les IPs que les ayants droits lui balan­ce­ront et les adres­ses emails et pos­ta­les que les four­nis­seurs d’accès devront leur donner. Extelia a 10 mois pour réa­li­ser un pro­to­type qui balan­cera de manière auto­ma­ti­sée 1 000 mails par jour aux inter­nau­tes sus­pects. À sa charge aussi l’envoi des recom­man­dés en cas de réci­dive.

Extelia a subi quel­ques atta­ques récem­ment. Dès cet été des failles XSS, des fichiers confi­den­tiels, des fichiers de per­son­nes et une liste d’adres­ses emails ont été hackés et rendus publics. Ça a fait tel­le­ment tache qu’ils en ont parlé à l’assem­blée natio­nale. C’est vrai que c’est assez drôle quand on sait que l’Hadopi devra sanc­tion­ner les abon­nés à Internet qui ne sécu­ri­sent pas suf­fi­sam­ment leurs accès. Ou quand on se rap­pelle qu’Extelia est la société qui gère aussi les ser­vi­ces de vote électronique.

Une der­nière mise au point pour finir : selon cer­tains pes­si­mis­tes, la pra­ti­que du télé­char­ge­ment illé­gal serait en passe de tuer l’indus­trie de la culture. Le plus tôt sera le mieux.

 

Repris sur Rebellyon.info

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 07:12


  hakim.jpgLe 10 janvier, Wissam el Yamni mourait des suites d'un arrêt cardiaque
survenu lors d'un tabassage policier en règle au cours de la nuit du
nouvel an. Une dizaine de jours plus tard, à Aulnay, Abdel el Jabri
succombait lui aussi à un arrêt cardiaque après avoir croisé le chemin
de policiers. Deux noms qui s'ajoutent à la longue liste des victimes
des violences policières.

Si l'historien Maurice Rajfus décompte près de 200 morts entre 1977 et
2001, leur nombre n'a depuis pas cessé d'augmenter : Abou Bakari Tandia,
Zyed Benna, Bouna Traoré, Reda Semmoudi, Yakou Sanogo, Lamine Dieng --
les affaires se suivent et se ressemblent.

Il n'est désormais plus acceptable de parler de bavures alors qu'il
s'agit clairement de violences volontaires voire de meurtres dont le
caractère raciste est facile à démontrer. Ces homicides ne sont
d'ailleurs que la partie émergée de l'iceberg : dans l'ombre se
découvrent les humiliations quotidiennes des contrôles au faciès, les
gardes à vue, les insultes et les conséquences désastreuses d'une
politique carcérale impitoyable.

Les habitantes et habitants des quartiers populaires n'en peuvent plus
de cette pression policière et de ces crimes impunis ; les proches des
victimes s'organisent. En ce moment ont lieu les procès des policiers
impliqués dans la mort d'Hakim Ajimi à Grasse en 2008 et de ceux
impliqués dans la mort d'Ali Ziri à Argenteuil en 2009. Dans cette
dernière affaire, comme le craignaient toutes celles et tous ceux qui se
battent pour que justice soit rendue, un non-lieu a été requis par le
procureur de Pontoise...

Alternative libertaire apporte son soutien aux proches des victimes et
dénonce l'impunité dont bénéficient les responsables de ces crimes. Pour
exiger vérité et justice dans le procès des policiers impliqués dans la
mort d'Hakim Ajimi, Alternative libertaire appelle notamment à venir se
rassembler ce vendredi 20 janvier à 18 heures à Marseille devant le
tribunal de grande instance (6, rue Joseph Autran) et, à Paris, à la
même heure, à la Fontaine des Innocents. Mettons fin au régime policier
d'exception imposé au quartiers populaires !

Alternative libertaire, le 19 janvier 2012

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 14:48

Voici l'analyse d'un camarade sur la stratégie du FN...

 

marine-le-pen.jpgMarine Le pen monte monte, dans les sondages. Elle fera vraisemblablement un score autour de 20% au premier tour de la présidentielles, voir plus. Pourtant, la probabilité pour le FN de gagner les élections présidentielles est quasi nulle.

Comme le PCF en son temps, le FN est d'ailleurs assez conscient de cet état de fait : même en cas de présence au second tour, il sera confronté (comme il l' a été par le passé) au front uni contre lui.

La carte que joue ce parti aux présidentielles, c'est donc de s'en servir de tribune.

Car ne nous y trompons pas, le FN joue un jeu en deux temps, les présidentielles sont un tremplin médiatique énorme pour ce parti, mais l'enjeu pour lui, ce sont les élections locales.

 

Un parti qui doit renforcer son appareil

Les dernières élections Cantonales l'ont bien montrés : si aujourd'hui, le FN a la capacité de rassembler un nombre considérable de suffrages, il ne dispose pas (encore?) de l'appareil militant pour en tirer réellement profit : ainsi pour les cantonales, de nombreux candidats estampillés « FN » n'ont pas fait de campagne réelle, a part sur internet.

Développer son appareil est donc vital pour ce parti. Dans cette logique, les élections municipales sont a n'en point douter la perspective N°1 chez les frontistes. Avoir des élus locaux, s'insérer dans la vie de quartiers, voire administrer ou ( c'est beaucoup  plus probable) co-administrer des communes, voilà qui donnerait au FN l'assise locale qui lui manque, désormais qu'il dispose  d'une couverture nationale a la mesure de ses ambitions.

 

La question qui reste donc  a résoudre pour le FN, c'est celle des alliances. Sans elles, sans la fin du « cordon sanitaire », le FN est condamné a la figuration.  Un score même élevé aux élections présidentielles, ne la lui épargnera pas : la période qui suit 2002, par exemple, alors même qu'on avait pu voir J.M Lepen au second tour des présidentielles, n'a pas été la période la plus faste de ce parti, et s'est achevée par la (relative) déroute de 2007. 

 

Avec qui s'allier ?

Les déclarations tonitruantes des leaders de la droite ne trompent personne : si aujourd'hui, ils dénoncent haut et fort les alliances avec le FN, ils ne l'ont pas toujours fait[1], et rien n'indique qu'ils ne retournent pas leurs vestes une fois de plus.

D'autant que  la déroute annoncée de l'UMP risque fort de faire éclater ce parti, entre centristes et droite dure. Or soyons lucides : le véritable obstacle a l'alliance entre les héritiers du RPR, ou ceux de Démocratie Libérale[2], et le FN, c'est bien la question de l'alliance au centre.

Un centre qui , en cas de victoire PS, lorgnerait surement vers un compromis a gauche, porté a la fois par le Modem de F.Bayrou, et les engagements pris par F.Hollande d’administrer une politique de rigueur.

Les prochaines élections municipales de 2014 pourraient donc très bien voir se monter des listes de coalitions ex-UMP-FN...

Dans un contexte de crise,voilà fait froid dans le dos, un vrai scénario a l'italienne. Surtout que lorsque le FN est a la mairie, les petits groupes fascistes paradent dans les rues, organisent des milices citoyennes, etc etc.

Pas besoin d'aller plus loin pour comprendre le calcul du Bloc Identitaire qui soutient M.Lepen...



[1]    Le 11 septembre 1983, lors d'élections municipales partielles à Dreux, la liste du RPR Jean Hieaux alliée à celle du leader du FN Jean-Pierre Stirbois l'emporte.  Jacques Chirac, président du RPR, déclare a ce sujet, le 18 septembre suivant : « Je n'aurais pas du tout été gêné de voter pour la liste RPR-FN au second tour. Cela n'a aucune espèce d'importance d'avoir quatre pèlerins du FN à Dreux comparé aux quatre ministres communistes au conseil des ministres ».  Pour Jean-Claude Gaudin, « les Drouais ne doivent pas se tromper de combat : il faut battre l'adversaire socialo-communiste. 

 

[2]    DL qui s'est d'ailleurs déjà très bien accommodée d'une alliance ave le FN : en 1998 a direction de DL soutient l'élection de présidents de régions UDF avec les voix du FN (Jean-Pierre Soisson en Bourgogne, Jacques Blanc en Languedoc-Roussillon, Charles Baur en Picardie et Charles Millon en Rhône-Alpes)

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 13:07

 

labege.jpgDepuis maintenant près de deux mois, quatre jeunes hommes et femmes sont en détention « provisoire » à la maison d’arrêt de Seysses, sans qu’aucune date ait jamais été avancée concernant leur remise en liberté. Et on retrouve dans leur « affaire » un scénario désormais bien rodé pour la police et l’institution judiciaire : d’abord la criminalisation des personnes arrêtées, au moyen de l’étiquetage « ultra-gauche » ; puis une détention « provisoire » qui s’éternise ; enfin, un prélèvement d’ADN dont le refus est sanctionné pénalement…

 

Le 14 novembre dernier, une centaine de gendarmes mobiles ont opéré une impressionnante rafle à Toulouse dans sept lieux d’habitation (pour la plupart des squats) et interpellé une quinzaine de personnes (dont une famille de sans-papiers) ; ils ont ensuite mis six d’entre elles en garde à vue. Ces personnes ont toutes nié les faits qui leur sont reprochés ; elles ont juste reconnu un engagement militant (pour la plupart depuis le lycée avec le mouvement anti-CPE) et ont refusé le prélèvement d’ADN. Quatre sont donc présentement en détention, une autre jeune femme a été inculpée mais placée sous contrôle judiciaire, et un jeune homme a été libéré mais en tant que « témoin assisté ».

Les arrestations intervenues à Toulouse entrent dans le cadre de l’« affaire de Labège » : le 5 juillet 2011, une dizaine de personnes non identifiables ont pénétré dans les locaux de la direction interrégionale de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ, organisme qui dépend du ministère de la Justice) à Labège, dans la banlieue de Toulouse. Ce groupe a déversé des excréments sur des ordinateurs et des bureaux, tagué quelques slogans sur des murs, et laissé sur place des tracts non siglés dénonçant l’accentuation permanente de la politique sécuritaire à l’encontre des mineur-e-s avant de se volatiliser quelques minutes plus tard.

L’action visait donc clairement la ligne répressive de l’Etat – dénoncée par une partie des éducateurs eux-mêmes, notamment en 2002 lors de la création des établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM). En mai dernier, en effet, une révolte a éclaté à l’EPM de Lavaur, dans le Tarn. L’administration pénitentiaire et la PJJ y ont répondu par l’intervention des équipes régionales et de sécurité (ERS), des mesures d’isolement, des conseils disciplinaires et des transferts. La PJJ a alors déclaré qu’une partie des jeunes détenus étaient « irrécupérables », et elle a demandé « plus de sécurité, un profilage des détenus et une reconnaissance de la pénibilité [du] métier ». Au début de l’été, le Parlement s’apprêtait de plus à adopter une refonte de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs, comprenant entre autres la création d’un tribunal correctionnel pour les récidivistes de plus de 16 ans en ce qui concerne des délits passibles d’au moins trois ans d’emprisonnement.

Toujours est-il que l’action de Labège s’est déroulée sans violence – hormis un bref lâcher de bombe lacrymogène en direction d’un membre de la PJJ quand celui-ci a arraché le sac à dos d’un membre du groupe (il n’a eu aucun arrêt de travail et n’a pas porté plainte). Le procureur de la République, qui s’est déplacé sur les lieux avec le préfet le lendemain, a de plus remarqué lui-même que l’action menée « n’a[vait] finalement fait que peu de dégâts ». D’où l’évidente disproportion de l’opération lancée quatre mois plus tard par des forces de l’ordre surarmées pour procéder à une vague de perquisitions et d’arrestations à Toulouse, sur la base du sac laissé sur place à Labège (si ce sac semble bien appartenir à un des prévenus, ce dernier affirme l’avoir perdu lors de son déménagement en juin dernier).

A la fin de leur garde à vue, les lourdes inculpations que le juge a prononcées à l’égard de cinq personnes ont été les suivantes : « - Participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou de dégradations de biens ;

  • violence commise en réunion sans incapacité ;
  • dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en réunion. » En dépit du fait que ces personnes n’appartiennent à aucune organisation et que l’action de Labège n’a pas été revendiquée, l’étiquette « ultra-gauche » qui a été collée sur leur dos et sur leur dossier, et que les médias ont reprise, a suffi à les criminaliser (l’ordonnance de placement en détention provisoire concernant un des prévenus affirme ainsi que celui-ci « reconnaît son appartenance à un mouvement d’extrême gauche, lequel est à l’origine des faits reprochés comme en attestent les tracts laissés sur place » ; or le terme d’« ultra-gauche » qui lui a été attribué pendant la garde à vue ne représente en rien une organisation). Et ce malgré l’absence de preuves jusqu’à ce jour, car l’instruction court toujours. De même que l’« appartenance à la mouvance anarcho-autonome » et d’autres qualificatifs de ce genre, l’étiquetage « ultra-gauche » sert ainsi depuis des années maintenant à créer un véritable délit d’opinion.

Par ailleurs, le refus opposé par les « inculpé-e-s de Labège » à un prélèvement d’ADN va leur valoir un procès, début mai, quoique cet ADN leur ait de toute façon été prélevé contre leur gré en garde à vue (sur les gobelets et couverts utilisés pour se restaurer durant ce laps de temps). Les avocats des inculpé-e-s se sont à une exception près abstenus de faire appel de la mise en détention, sur l’idée que le juge attend les résultats des tests pour décider de leur libération ou non ; mais on peut sérieusement en douter, après sept semaines de détention. Il est bien plus probable que ces résultats sont déjà connus, et qu’il s’agit plutôt pour le juge de laisser mariner toute cette jeunesse en prison, dans l’espoir de la faire craquer et avouer ou du moins « coopérer » (tout en observant qui se mobilise pour les soutenir, aussi et bien sûr, afin d’alimenter les fichiers et de trouver d’autres « coauteurs » de l’action incriminée), surtout si le résultat des tests n’a pas « démontré » la culpabilité des inculpé-e-s. Rappelons que le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) a la particularité d’être alimenté de force – le prélèvement est « juridiquement contraint » car, en garde à vue, l’officier de police judiciaire a l’obligation d’informer le prévenu qu’il peut refuser ce « prélèvement biologique », mais en ajoutant aussitôt que « ce refus constitue un délit », et pas des moindres, puisque le code pénal prévoit jusqu’à un an ferme et 15 000 euros d’amende. Une situation kafkaïenne, étant donné le nombre de gens qui, relaxés du délit pour lequel on leur demandait leur ADN, demeurent poursuivis pour le délit de refus de prélèvement ; c’est qui plus est un « délit continu » : tant que l’on persiste dans son refus, on peut être convoqué à tout moment pour une nouvelle demande de prélèvement. Cette situation fait que certains ont porté leur cas devant la Cour européenne des droits de l’homme (voir http://www.slate.fr/story/47639/adn...).

Par les détentions « provisoires » qui s’éternisent, l’institution judiciaire entre également, et une fois de plus là encore, en complète contradiction avec la « présomption d’innocence » censée former le socle de la justice française. Il n’est que de voir la population des prisons, composée pour moitié de prévenu-e-s dans l’attente d’un procès qui peut avoir lieu deux ou trois ans plus tard. Ou se rappeler l’expérience pénitentiaire de Julien Coupat (plus de six mois) ; et, encore plus fort, celle des six Parisiens qui sont traduits en justice en mars prochain : entre sept et treize mois de « provisoire », avec un placement sous contrôle judiciaire ensuite (leurs quatre affaires ont été rassemblées sous le prétexte d’une même « association de malfaiteurs dans un but terroriste » – voir notamment l’article de Camille Polloni paru sur Inrocks.com le 19 janvier 2011 : http://www.lesinrocks.com/actualite...).

Depuis leur arrivée à la maison d’arrêt, la situation des « inculpé-e-s de Labège » n’a pas évolué : chaque fois que le tribunal a dû réexaminer leur incarcération, il a choisi de les maintenir en prison. Les motifs qu’il invoque demeurent :

  • « d’empêcher une concertation frauduleuse avec les complices », alors que les deux jeunes femmes ont été enfermées dans la même cellule et que les deux jeunes hommes ont effectué leurs promenades ensemble durant leurs premiers jours à la maison d’arrêt ;
  • « d’empêcher une pression sur les témoins ou victimes », alors que dans l’action de Labège il n’y a pas eu de victimes et qu’aucun témoin n’est en mesure d’identifier ses responsables.
  • « de prévenir le renouvellement de l’infraction », alors qu’il ne s’agirait pas de récidivistes mais de « primo-délinquants », selon le jargon judiciaire, s’il s’avérait qu’ils et elles sont coupables.

L’attitude du tribunal à l’égard du seul prévenu qui a fait appel de sa mise en détention puis, débouté, a déposé une demande de remise en liberté montre bien que pour ce tribunal la culpabilité des inculpé-e-s est acquise. Lors de l’appel, qui s’est déroulé en présence de ce prévenu et dont l’audience était publique, la juge a lu le texte de l’ordonnance de placement en détention provisoire et s’est s’exclamée lorsqu’il a été question de la PJJ : « C’est parfaitement hilarant, quand on connaît le dévouement du personnel de la PJJ ! » ; peu après, c’est son collègue qui s’est écrié, à la mention que les inculpé-e-s avaient refusé le prélèvement d’ADN par conviction politique, qu’il ne voyait « vraiment pas » comment on pouvait associer les termes « ADN » et « politique »… Après quoi, ce tribunal a demandé au prévenu s’il avait quelque chose à ajouter, et, relevant qu’on le qualifiait d’« ultra-gauche » dans l’ordonnance de mise en détention, il a voulu savoir ce que le tribunal entendait par là en précisant qu’il était prêt à en débattre puisqu’il n’appartenait à aucune organisation. Autrement dit, il a répondu sans arrogance, mais sans se laisser démonter ni baisser la tête dans l’attitude attendue de repentance, partant de culpabilité admise. Inacceptable, pour le tribunal – d’où le commentaire suivant, à la fin de l’arrêt de la cour d’appel le maintenant en détention : « Son attitude laisse présumer qu’il agit délibérément même s’il conteste formellement les faits. » La demande de remise en liberté s’est soldée quant à elle en deux temps trois mouvements dans le bureau du juge : celui-ci a campé sur ses positions, en motivant son refus de remettre l’inculpé en liberté par les arguments précédemment utilisés, mais en ajoutant cette fois qu’il ne croyait pas à la promesse d’embauche obtenue pour six mois à compter du 2 janvier 2012. Autrement dit, après avoir en novembre invoqué un manque de « garanties de représentation » pour mettre cet inculpé en détention (au prétexte qu’il n’avait pas repris une inscription à la fac en septembre mais s’était inscrit à Pôle emploi), cette proposition de travail n’a pas davantage satisfait le tribunal : il a laissé en prison cet inculpé malgré un casier judiciaire vierge, l’existence d’un logement loué et de revenus (modestes mais réels), et sans avancer la moindre preuve corroborant les accusations portées à son encontre.

On assiste ainsi, grâce aux innombrables lois sécuritaires adoptées depuis une dizaine d’années, à la criminalisation d’une certaine jeunesse radicalisée : selon ses besoins du moment, l’Etat réprime les jeunes de banlieue ou les « jeunes » en général, les « étrangers » ou les sans-papiers, les Roms, les « anarcho-autonomes », les activistes politiques ou les participants à des mouvements de la contestation sociale. Les milieux tour à tour en butte à la répression se trouvent à la merci du pouvoir. D’une part, parce que la détention « provisoire » peut être prolongée, selon le bon vouloir des juges, pendant des mois et des mois voire des années – une situation qui a plusieurs fois incité la Cour européenne des droits de l’homme à critiquer la France là-dessus aussi et à lui demander de revoir cette pratique. D’autre part, parce que le refus de prélèvement d’ADN est sanctionné pénalement et de façon répétitive.

Pareille situation démontre, s’il en était besoin, l’urgence de la contrer par l’affirmation d’une solidarité concrète envers les personnes en butte à la répression parce qu’elles contestent le système capitaliste et son organisation sociale. Seule la manifestation de cette solidarité peut leur éviter la marginalisation dans laquelle l’Etat cherche à les piéger et vers laquelle la répression tend trop souvent à les pousser. Il faut dénoncer haut et fort la perversité d’une détention « provisoire » qui revient à faire exécuter une peine avant même qu’un jugement ait été rendu – d’autant plus que semblable procédé anéantit toute possibilité de relaxe lors du procès : quand celui-ci finit par avoir lieu, le tribunal condamne à une peine couvrant la durée de la préventive, afin de ne pas être attaqué en justice pour détention arbitraire. Alors, décidément, ne laissons plus faire !

Françoise (Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux)

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 15:01

Une interview d'Immanuel Wallerstein, ponte de l'économie, qui pense prévoir la fin du capitalisme, une intervention intéressante...

 

 

fin-dollar.jpgSignataire du manifeste du Forum social de Porto Alegre ("Douze propositions pour un autre monde possible"), en 2005, vous êtes considéré comme l'un des inspirateurs du mouvement altermondialiste. Vous avez fondé et dirigé le Centre Fernand-Braudel pour l'étude de l'économie des systèmes historiques et des civilisations de l'université de l'Etat de New York, à Binghamton. Comment replacez-vous la crise économique et financière actuelle dans le "temps long" de l'histoire du capitalisme ?
Immanuel Wallerstein : Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la "longue durée", qui voit se succéder dans l'histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l'homme à son environnement matériel, et, à l'intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950). Nous sommes aujourd'hui clairement dans une phase B d'un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d'histoire du système capitaliste.

 

Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s'endettent, massivement. Nous sommes aujourd'hui dans la dernière partie d'une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l'économie connaît une situation de déflation réelle.

Mais, aujourd'hui, ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c'est que le capitalisme ne parvient plus à "faire système", au sens où l'entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop et trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l'équilibre, et l'on assiste alors à une bifurcation.

La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu'alors, et l'on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l'usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin.

 

Pourquoi ne s'agirait-il pas plutôt d'une nouvelle mutation du capitalisme, qui a déjà connu, après tout, le passage du capitalisme marchand au capitalisme industriel, puis du capitalisme industriel au capitalisme financier ?

 

Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles - il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l'information. Mais je pense que les possibilités d'accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries.

A cet égard, le rattrapage économique de l'Asie de l'Est, de l'Inde, de l'Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour "l'économie-monde" créée par l'Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l'accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d'oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s'achever n'a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu'en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu'en 1945. En fait, la dernière période d'accumulation réelle - les "trente glorieuses" - n'a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !

 

Y a-t-il des précédents à la phase actuelle, telle que vous la décrivez ?

Il y en a eu beaucoup dans l'histoire de l'humanité, contrairement à ce que renvoie la représentation, forgée au milieu du XIXe siècle, d'un progrès continu et inévitable, y compris dans sa version marxiste. Je préfère me cantonner à la thèse de la possibilité du progrès, et non à son inéluctabilité. Certes, le capitalisme est le système qui a su produire, de façon extraordinaire et remarquable, le plus de biens et de richesses. Mais il faut aussi regarder la somme des pertes - pour l'environnement, pour les sociétés - qu'il a engendrées. Le seul bien, c'est celui qui permet d'obtenir pour le plus grand nombre une vie rationnelle et intelligente.

 

Cela dit, la crise la plus récente similaire à celle d'aujourd'hui est l'effondrement du système féodal en Europe, entre les milieux du XVe et du XVIe siècle, et son remplacement par le système capitaliste. Cette période, qui culmine avec les guerres de religion, voit s'effondrer l'emprise des autorités royales, seigneuriales et religieuses sur les plus riches communautés paysannes et sur les villes. C'est là que se construisent, par tâtonnements successifs et de façon inconsciente, des solutions inattendues dont le succès finira par "faire système" en s'étendant peu à peu, sous la forme du capitalisme.

 

Combien de temps la transition actuelle devrait-elle durer, et sur quoi pourrait-elle déboucher ?

La période de destruction de valeur qui clôt la phase B d'un cycle Kondratieff dure généralement de deux à cinq ans avant que les conditions d'entrée dans une phase A, lorsqu'un profit réel peut de nouveau être tiré de nouvelles productions matérielles décrites par Schumpeter, sont réunies. Mais le fait que cette phase corresponde actuellement à une crise de système nous a fait entrer dans une période de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants, à la tête des entreprises et des Etats occidentaux, vont faire tout ce qu'il est techniquement possible pour retrouver l'équilibre, mais il est fort probable qu'ils n'y parviendront pas.

 

Les plus intelligents, eux, ont déjà compris qu'il fallait mettre en place quelque chose d'entièrement nouveau. Mais de multiples acteurs agissent déjà, de façon désordonnée et inconsciente, pour faire émerger de nouvelles solutions, sans que l'on sache encore quel système sortira de ces tâtonnements.

Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l'impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun : il existe aujourd'hui un laps de temps pendant lequel nous avons chacun la possibilité d'influencer l'avenir par notre action individuelle. Mais comme cet avenir sera la somme du nombre incalculable de ces actions, il est absolument impossible de prévoir quel modèle s'imposera finalement. Dans dix ans, on y verra peut-être plus clair ; dans trente ou quarante ans, un nouveau système aura émergé. Je crois qu'il est tout aussi possible de voir s'installer un système d'exploitation hélas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif.

 

Les mutations antérieures du capitalisme ont souvent débouché sur un déplacement du centre de "l'économie-monde", par exemple depuis le Bassin méditerranéen vers la côte Atlantique de l'Europe, puis vers celle des Etats-Unis ? Le système à venir sera-t-il centré sur la Chine ?

La crise que nous vivons correspond aussi à la fin d'un cycle politique, celui de l'hégémonie américaine, entamée également dans les années 1970. Les Etats-Unis resteront un acteur important, mais ils ne pourront plus jamais reconquérir leur position dominante face à la multiplication des centres de pouvoir, avec l'Europe occidentale, la Chine, le Brésil, l'Inde. Un nouveau pouvoir hégémonique, si l'on s'en réfère au temps long braudélien, peut mettre encore cinquante ans pour s'imposer. Mais j'ignore lequel.

 

En attendant, les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l'effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n'acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s'exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. Et n'oubliez pas que nous, les Américains, nous sommes tous armés...

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 01:11

Alors qu’Alexandre Gabriac et sa clique des jeunes fascistes appelaient à manifester dans les rues de Lyon, près de 1 500 personnes ont répondu à l’appel antifasciste, dont un grand nombre de libertaire, pour rappeler que les rues de Lyon n’appartiendront jamais aux néo-nazi.

antifa-lyon.jpgLire aussi : Opération Lyon Propre (#anonymousAntifa, hacking des sites fascistes pendant que se déroulait la manifestation)

La situa­tion est rela­ti­ve­ment tendue à Lyon en début d’après-midi. Alors que les anti­fas­cis­tes se ras­sem­blent par cen­tai­nes au cœur du quar­tier de la Guillotière (où Gabriac espé­rait ini­tia­le­ment faire abou­tir sa mani­fes­ta­tion) rien ne laisse pré­sa­ger l’ampleur de la mobi­li­sa­tion anti­fas­ciste, ni du nombre de fas­cis­tes qu’arri­ve­ront à ras­sem­bler, en face, les quel­ques nos­tal­gi­ques de Pétain ras­sem­blés pour l’occa­sion. On blague un peu en pen­sant à tout le mal qui pour­rait arri­ver au local des fas­cis­tes situé au cœur de la Guillotière et on lance les pre­miers slo­gans contre l’extrême droite.

Vers 14h30 le cor­tège s’élance en direc­tion de Bellecour, quel­ques élus et repré­sen­tants de partis, suivi d’un camion CGT, ouvrent la marche. Oh sur­prise, le camion sono ne nous abreuve pas des niai­se­ries habi­tuel­les, mais passe un peu de musi­que (les bérus, plus étonnant encore un chant de la CNT de 1936) et enchaine les slo­gans. Juste der­rière suit le cor­tège liber­taire, dense et entouré de ban­de­ro­les, loin d’être assez nom­breu­ses pour limi­ter la foule. Pas la peine de se comp­ter, la presse et la fli­caille s’en char­ge­ront, une chose est sûre, nous sommes nom­breux et déter­mi­nés cette après-midi à Lyon pour faire face à l’extrême droite. Quelques autres cor­tè­ges sont pré­sents, de partis (NPA ou les Verts) ou de syn­di­cats (SUD, CGT, FSU). Et sur­tout beau­coup de gens déter­mi­nés, sans étiquette par­ti­cu­lière, vien­nent appor­ter leurs forces, la mani­fes­ta­tion gagnera également en nombre tout au long de son par­cours.

Rapidement quel­ques fumi­gè­nes sont cra­qués et vien­nent ajou­ter à l’ambiance, mais dès l’arri­vée à Bellecour force est de cons­ta­ter que l’accès au Vieux Lyon, pour l’occa­sion offert à l’extrême droite par la pré­fec­ture, nous est défendu par des bar­riè­res anti-émeutes. La pré­sence poli­cière, bien visi­ble, n’est pour­tant pas collée à la mani­fes­ta­tion comme on en a sou­vent l’habi­tude. C’est que la ten­sion est pré­sente, et que l’actua­lité poli­cière aug­mente encore l’ani­mo­sité à leur encontre. La mort de Wissam et d’autres sont à l’esprit de beau­coup (des cama­ra­des de Clermont-Ferrand feront d’ailleurs en fin de mani­fes­ta­tion une inter­ven­tion à ce sujet).

Ce qui devait arri­ver arriva, et lors­que les bar­riè­res anti-émeutes se retrou­vent en vue du cor­tège, une partie de celui-ci tente d’y accé­der, mais rejoin­dra la mani­fes­ta­tion quel­ques minu­tes plus tard. Laquelle, après un pas­sage aux Terreaux, lon­gera les quais en sens inverse jusqu’à Bellecour, cher­chant régu­liè­re­ment les failles du dis­po­si­tif poli­cier. Lequel reçoit au pas­sage quel­ques pro­jec­ti­les (magni­fi­que jeté de sapin d’ailleurs). Les fachos ne sont pas visi­bles en face et la mani­fes­ta­tion finis­sant place Bellecour, la plu­part des par­ti­ci­pants se dis­per­sent avec l’assu­rance que les fachos n’auront pas occupé Lyon aujourd’hui, et avec pour cer­tains la décep­tion de ne pas avoir pu les empê­cher d’accé­der à St-Jean comme au reste de la ville.

Quelques infor­ma­tions nous par­vien­nent d’ailleurs au long du par­cours de la fai­blesse de la mobi­li­sa­tion fas­ciste. Entre les que­rel­les de cha­pel­les avec les iden­ti­tai­res, le GUD, ou bien 3e Voie (alors plan­quée à Crémieu), Gabriac aura à peine réussi à ras­sem­bler deux cents per­son­nes pour l’écouter faire l’apo­lo­gie de Pétain en direct (« le plus grand mili­taire fran­çais » dixit). Dont de nom­breux grou­pes venus de loin, voire d’autres pays, puisqu’il aura même accueilli une délé­ga­tion de racis­tes hon­grois. Sa petite mani­fes­ta­tion a tout de fas­ciste : marche au pas, en rang, dra­peau et ser­vice d’ordre se voyant déjà en milice fas­ciste. Leur par­cours leur aura tou­te­fois laissé la sur­prise de longs murs recou­verts de slo­gans anti­fas­cis­tes : et non, nazis, vous ne serez jamais chez vous à Lyon !

Trois inter­pel­la­tions ont eu lieu à proxi­mité de Saint-Jean, trois anti­fas­cis­tes qui ont visi­ble­ment réussi à tra­ver­ser le pont. Nous sommes sans nou­vel­les d’eux à l’heure actuelle. Au moins une autre per­sonne a été arrêté lors des face à face avec la police devant les ponts de la Saône, on est également sans nou­velle de cette per­sonne. Les infor­ma­tions sur les arrê­tés sont les bien­ve­nues pour orga­ni­ser le sou­tien.

 

Repris sur Rebellyon.info

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 13:38

Avec la formule « TVA sociale », le pouvoir frappe un grand coup en matière de mauvaise foi. Petit jeu de questions/réponses pour comprendre le mécanisme de cette nouvelle mesure d’austérité :

Kesecé, la TVA sociale ?

Il est difficile d’être précis, tout simplement car le gouvernement ne l’est pas. Pour l’instant, on ne sait pas exactement le contenu de la mesure. Mais on en connait le principe : faire payer une partie des « charges patronales »  par une augmentation de la TVA.
Mais encore ? Et déjà, c’est quoi, les « charges patronales » ?
Pour les patrons, le fait de nous payer est en soi une charge. Elle figure dans ce qu’ils appellent « les coûts de production » : faire baisser les salaires, c’est faire baisser les charges, car ils ont moins à débourser pour faire fabriquer des produits, ce qui permet d’améliorer leur taux de profit.
Donc, les charges patronales, c’est les salaires, tout simplement ?
Oui. Mais c’est un peu délicat pour les patrons de gueuler haut et fort qu’ils vont baisser les salaires. Donc les attaques vont se concentrer sur la part de salaire, dans la fiche de paye, qui n’est pas versée directement : les cotisations.   
Ces cotisations sont la part du salaire versée en différé : non pas tout de suite, mais lorsqu’on est au chômage, malades, ou trop vieux pour bosser (la retraite).  Elles servent aussi à financer les allocations familiales.  (Pour une explication simple du salaire, voir la notion à ce sujet).
« Exonérer les patrons d’une partie des charges » c’est donc leur permettre de verser moins de salaire différé. Un exemple :
Dominique est salarié par Richard. Chaque mois, Richard verse 2500 euros pour payer Dominique : sur cette somme, 1500 finissent directement dans la poche de Dominique, c’est son salaire net.  2500-1500= 1000.

Comme le montre le graphique, la part de salaire différé que paie Richard, c’est donc 1000 euros. (500 au titre des cotisations dites patronales, 500 pour les cotisations dites salariales) .
Grace à la nouvelle loi, Richard est exonéré en partie de ses cotisations patronales, qui servent à financer les allocations familiales , disons 300 euros. Le salaire différé que paie Richard tombe donc à 700 euros au lieu de 1000.
Donc, le salaire total de Dominique (différé+net) a baissé d’autant :

Son salaire total est donc maintenant de 2200 euros.
Bon, c’est bien beau, mais si ça n’entraine pas de souci a Domi, où est le problème ? Tout le monde est content, non ?
Et bein… le souci, c’est qu’on ne va pas pour autant arrêter ( du moins pas d’un coup) de soigner les prolos, de leur verser des allocs, etc. Il faut donc financer les caisses.

C’est là que la TVA dite « sociale » entre en jeu : de l’argent, il y en a, dans les poches de Dominique ! Pourquoi ne pas augmenter la TVA, dit le gouvernement? Aller, bingo, augmentons la TVA ! (et baptisons la « TVA sociale », ce sera plus joli!)

Reprenons l’exemple de Dominique : Avec quel argent consomme-t-il (ou elle) ? Bein avec son salaire net, pardi ! Ses 1500 euros, dont on parlait tout à l’heure !

Donc, si on augmente la TVA, qu’est ce qu’il va se passer, pour Dominique ?

  La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt général sur la consommation qui est directement facturé aux clients sur les biens qu’ils consomment ou les services qu’ils utilisent en France ( source http://www.impots.gouv.fr )

Bref, si on augmente la TVA, les prix vont monter: Donc, avec 1500 euros, Dominique pourra s’acheter moins de choses:
On dit dans ces cas-là que l’inflation augmente . ( Nous reviendrons sur cette histoire d’inflation un de ces jours.)

Le salaire réel de Dominique, le salaire réel des prolos, va baisser. Voilà toute l’histoire de cette TVA, dite « sociale »…
Une belle arnaque: nous faire payer via la TVA une partie de notre salaire différé,  en trois mots, nous payer moins.

Bien sûr dirons certains, Richard (le patron) peut choisir de répercuter la baisse du salaire différé, en augmentant le salaire direct… C’est vrai. Mais après avoir tant hurlé contre ces « charges » qui le paralysent, voudra-t-il les reverser direct aux salariés, s’il a le choix? On peut en douter…

( Nous n’avons pas évoqué dans cet article la question des prolos au chômage, à la retraite, au RSA… Bien sûr, eux aussi vont trinquer!  )

Reste, bien sûr, la solution de la lutte.

Note: on nous signale qu’un argument pour défendre cette fameuse « TVA sociale », c’est qu’elle serait un frein aux délocalisations…

Sur le sujet, donnons la parole à Phillipe d’Arvisenet, chef économiste pour BNP Paribas:

Le coût du travail en Chine est très inférieur à ce qu’il est dans les pays de l’OCDE. Si l’on prend comme référence des pays comme l’Allemagne, la France, les Etats-Unis d’un côté et la Chine de l’autre, on a un écart au niveau des salaires qui va de 1 à 20. Pour dire les choses autrement, 10 euros de salaire horaire ici c’est ½ euro de salaire horaire en Chine. Cela n’épuise pas le sujet du coût du travail puisqu’il y a bien d’autres choses qui rentrent dans le coût d’un produit qu’on fabrique à partir du travail, notamment les gains de productivité.
Le niveau de productivité en Chine est très inférieur à ce qu’il est dans des pays comme la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne. Il y a un écart de 1 à 3, grosso modo, entre ces niveaux de productivité, ce qui vient relativiser énormément le coût du travail, et là on passe d’un écart de 1 à 20, selon la manière dont on voit les choses, à un écart qui est plutôt de 1 à 6 ou 1 à 7.

 

Pour aller plus loin dans cette réflexion sur la questions des réductions de salaires, de la mondialisation et de la crise actuelle, c’est ici.

 

Repris sur Tantquil.net

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